Tout Nick Hornby et Uncharted
27 décembre 2007 à 11:30
Parce que c’est la trêve et que du coup l’actualité footbalistique est au point mort, parlons un peu cadeaux de Noël. Et vous, vous avez eu quoi sous le sapin ?
Uncharted, Drake’s Fortune
Uncharted, Drake’s Fortune. Un jeu PS3 fait par Naughty Dog
Jusqu’a dimanche dernier je n’aurais pas été foutu de vous dire pourquoi j’avais acheté une PS3 - A part parce que j’avais eu une ristourne sur le prix par un pote. Pendant 6 mois je n’ai joué qu’a PES (version PS2). J’ai testé Résistance, Fall of Men mais ce jeu est finalement plutôt vilain, avec un scénario crédible comme le 4-4-2 du FC Metz. J’ai aussi évité d’acheter Call Of Duty afin de conserver un semblant de vie sociale. Du coup on ne peut pas dire que cette PS3 soit le truc le plus rentable que j’ai acheté. Jusqu’a dimanche donc, jour où j’ai reçu du papa Noël LE jeu que j’attendais. Depuis une vidéo de preview où on voyait un gars tendance Indiana Jones sauter au-dessus d’une falaise et botter le cul à des pirates dans des décors d’îles paradisiaques, mon attention était toute dirigée vers ce jeu.
Uncharted, c’est l’histoire de Nate, un chasseur de trésors engagé par une journaliste - méga bien gaulée - pour suivre la trace de Francis Drake, corsaire et aventurier anglais qui a vécu au 16e siècle (et qui a vraiment existé). Hasard ou pas, Nate prétend en être un descendant direct, ce que personne ne croit car Francis Drake est censé être mort sans avoir eu d’enfants. Sans dévoiler la suite de l’histoire, là est un peu tout le nœud de l’intrigue qui se met en place dans le jeu par la suite.

On se retrouve rapidement dans le feu de l’action. Résoudre des énigmes dans un temple Inca perdu au milieu de nulle part, échapper à des pirates modernes pas très très sympas, suivre la piste d’un trésor qui a déjà attiré les conquistadors espagnols et les Nazis... Bref, tout se mélange, on retrouve tous les codes du film de genre "Aventure, Pirates et cocotiers". Les scènes cinématiques sont nombreuses (mais pas trop, le dosage est bien fait). Il y a aussi pas mal de phases de jeu où la seule chose qui est demandée au joueur est de diriger Nate dans des salles différentes, un peu comme si on prenait part à la cinématique. Ce n’est pas extrêmement passionnant d’un point de vue ludique mais ça permet de conserver de la cohérence au niveau du scénario (par exemple, on est amené à explorer un ancien sous-marin allemand, mais finalement la seule chose que l’on fait c’est déverrouiller les portes, les unes après les autres et découvrir ce qu’il y a derrière, sans risque de tomber sur un Cyberdémon parce que finalement, ça n’aurait pas de sens).
Les angles de caméra rajoutent à la dimension cinéma d’ailleurs. En règle générale, la vue est à la 3e personne et suit l’action au plus prêt (avec un mode zoom resserré au-dessus de l’épaule pour les phases de shoot) mais à de nombreux moments, la caméra se déplace pour cadrer Nate dans des plans larges du plus bel effet. Si l’on prend en compte le fait que tout - les fringues, les personnages, les feuilles des arbres, les cailloux - est sublime, ça donne un résultat ahurissant. La musique est bien fichue aussi, corrélée à l’action pour faire monter la sauce quand il le faut.
Visuellement, c’est donc très, très beau. Les textures, les modèles, les décors, tout est top. Gros bémol tout de même, on ne peut pas vraiment se balader comme on veut sur les îles à la manière de ce que l’on faisait dans un Far Cry par exemple. On se retrouve parfois bloqué par des murs invisibles empêchant d’accéder à d’autres endroits, de contourner certaines embûches, etc. La linéarité du décor est nécessaire car Uncharted est un jeu qui utilise une action scriptée pour dynamiser sa narration. C’est un parti pris qui à du sens, il s’agit de raconter une histoire, pas de vendre un simulateur de balade sur une île paradisiaque.
Au niveau gameplay, ça ressemble beaucoup à Tomb Raider. Le maniement dans les phases de plate-forme, les énigmes à élucider, le gunfight, c’est même carrément pareil. Nate est moins bien roulé que Lara Croft mais il fait le même genre d’acrobaties. Mais c’est mieux fait : les déplacements sont plus fluides, le tir ne ressemble pas trop à du bal trap, et les décors font moins "carrés" dans leur conception. Bref, on y croit à fond.
Bon je n’ai pas encore fini le jeu mais j’ai déjà avancé dedans comme un malade, je peux le dire sans me tromper - et j’ai pas encore lu un seul des tests qui a été fait par la presse spécialisée : c’est un hit, ça déchire, c’est bon comme du bon pain. Même mes copines qui n’y comprennent rien au jeu vidéo ont trouvé ça canon. C’est dire. Si comme moi vous vous demandez à quoi sert la PS3, Uncharted est la réponse. Merci petit papa Noël.
L’intégrale des Bouquins de Nick Hornby
Romans et recueils de Nick Hornby, aux éditions Penguin Books

Nick Hornby, c’est l’auteur de Carton Jaune (Fever Pitch en anglais) ce bouquin autobiographique racontant comment il est devenu fan de foot (et d’Arsenal en particulier) et comment cette passion lui a bouffé la vie jusqu’à influencer sa vie professionnelle et sentimentale. Une vie rythmée par les gros matchs de l’histoire d’Arsenal dans sa période pré Arsène Wenger (en gros dans sa période de lose ou un titre était fêté comme la fin du monde). En bon fan de foot, c’est le premier livre de Nick Hornby que j’ai lu. Lecture sympa, surtout parce qu’il est bourré de références au football, mais on a parfois du mal à suivre l’auteur dans ces délires, tellement il est à fond dans son truc. J’ai ensuite découvert un autre bouquin de Hornby, High Fidelity, qui fut son premier roman. Et là c’est un de mes livres préférés. Largué par sa copine, le personnage principal - un fan de musique vendeur de vinyles dans une petite boutique - reviens sur sa vie sentimentale en dressant son Top 5 de ses pires ruptures amoureuses, et essayant de comprendre ce qui cloche chez lui. Un pur moment de bonheur, une vision très masculine des relations amoureuses et de la façon dont un homme fait face, loin de la vision néandertalienne qui transparaît en général. Un bouquin - plutôt bien - adapté au cinéma par Stephen Frears.
Hornby à l’habitude de traiter de la masculinité, du passage de l’état d’ado à celui d’adulte pour faire face aux vrais problèmes et à la dure réalité de la vie. Des sujets traités avec simplicité, on a rarement l’impression que les personnages concernés sont "exceptionnels". Ils sont justes normaux, on peut d’ailleurs très bien s’identifier à eux, pour peu qu’on ai déjà eu des sentiments ou des désillusions une fois dans sa vie.
Bref, après la lecture de ces deux livres, j’étais plutôt convaincu du talent de l’auteur. Du coup je me suis fait offrir à Noël le reste de la collec Nick Hornby, pour voir. En vrac :
31 songs : Passage en revue de 31 chansons qui plaisent à l’auteur, pour diverses raisons. Il raconte leur découverte, leur écoute et leur histoire aussi. Il apporte son analyse sur les textes, et décris ce qu’il ressent quand il les entend. Une sorte de profession de foi pour dire "Ces chansons là sont vachement bien, et je vais vous dire pourquoi".
About a boy : Rencontre entre un adulte qui se comporte encore comme un gamin, et un gamin qui se comporte déjà comme un adulte. Une belle analyse de la peur de l’engagement et de ce qu’est un homme dans le monde moderne (Nous ne sommes pas que des brutes sans cervelle).
How to be good : La vie normale d’une famille, Katie et David (au bord du divorce) et leurs enfants, change du jour au lendemain quand un guérisseur mystique entre dans leur vie et pose les bonnes questions : Comment faire le bien sans se faire du mal ? On suit Katie dans son analyse de ce qu’elle voulait être et de ce qu’elle est devenue. Ou comment admettre que la vie n’est pas toujours ce que l’on en attendait.
A long way down : 4 laissés pour compte du bonheur profitent de la nuit du nouvel an pour décider d’en finir une bonne foi pour toutes avec la vie. Ils se retrouvent par hasard sur le toi du même immeuble, et leur rencontre leur fait retrouver, peu à peu, l’envie d’avancer. Ou pas.
Slam : Sam est un gamin de 15 ans fan de skateboard. Il a l’habitude de se confier sur sa vie et ses problèmes - comme le fait que sa petite amie soit tombée enceinte - en discutant avec son ami imaginaire : un poster de Tony Hawk, la mégastar de skate board. Ca deviens intéressant quand le poster de se met à lui répondre...
Bon, il en manque quelques un pour avoir la collection complète, mais il y a déjà de quoi faire.
Photos
Uncharted - Plan large
|
Uncharted - Phase de tir
|
Les bouquins de Nick Hornby
|
Uncharted, Drake’s Fortune
|
» Tout Nick Hornby et Uncharted, Joyeux Noël · 1er janvier 2008 21:41 | |
|