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Stan habite dans une petite ville de province. Il aime le foot, la musique, le cinéma et la bière. il aime aussi en parler. Découvrez sa ville et son club de foot - l’AS Nancy Lorraine. Mais pas seulement ...

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Made in Nancy : No Opera

11 décembre 2007 à 17:46 Made in Nancy : No Opera

Rencontre avec Marc, alias No Opera, pour parler en toute liberté de musique, de foot et de ligaments croisés. Résumé de cette rencontre qui s’est déroulée... au café Opéra bien sûr, autour d’une petite bière

No Opera est un projet musical original ancré à Nancy et composé d’un unique membre. Marc a 22 ans, et il est étudiant au long court (ça laisse du temps pour la musique). Né à Nancy - où il habite depuis presque 8 ans - il vient d’une famille aux forts accents mosellans - et italiens, d’un peu plus loin. Marc n’a pas eu une jeunesse dorée. En effet, passer la majeure partie de sa scolarité à Commercy, ce n’est pas évident tous les jours. Pour passer le temps, Marc joue au foot dans le club local. Il atteint un bon niveau en PHR, est même parfois capitaine mais n’aime pas trop l’esprit de compétition exacerbé des ses petits camarades. Une donnée que l’on retrouve dans sa musique d’ailleurs : Il fait son truc, pour le plaisir. Pas pour être le premier, ni pour être le plus fort.

Cette distance avec l’esprit Dider Deschamps, et surtout une méchante blessure aux ligaments croisés à l’age de 15 ans le fait se tourner vers un des ses anciens passe-temps, qu’il avait laissé tomber pour aller taper dans la balle : la Musique. Après avoir fait du Solfège (trop à son goût), de la clarinette et du piano dans ses jeunes années, il entend les Pink Floyd dans une soirée trop enfumée et décide de se mettre à la guitare pour faire pareil. Comme ça, à l’arrache. Il lance son groupe de rock avec ses potes du lycée, pour rapidement passer à une création musicale plus originale - et surtout plus solitaire. A grand renfort de tripatouillages musicaux sur ordinateur ou avec différents outils de mixage et d’enregistrement, une logique d’homme orchestre se mets en place. De son propre aveu, Marc n’est pas un expert musical. En tant que profane, on a du mal à s’en rendre compte. Il sait utiliser son oreille et profiter de ses outils pour en tirer le meilleur.

La production musicale est déjà conséquente. Depuis 2006, No Opera c’est deux albums et un EP pour une trentaine de morceaux. Une production en flux tendu, guidée surtout par les inspirations et influences du moment plutôt que par une vraie logique d’album thématique. Pas d’ambition de message ou d’univers spécifique, juste de la musique. Les paroles - quand elles existent - sont compactes, simples, et en anglais pour ne pas avoir à entrer dans cette logique de la nouvelle chanson française où l’on favorise trop les paroles au détriment du son. A la manière de ce que font les Islandais de Sigur Ros, certains morceaux sont chantés dans une langue qui n’existe même pas. Le comble de la musique en somme : une information sonore brute, pas de discourt, pas de morale et pas de rimes en "ette". Le message quand il existe est à lire entre les lignes. (A Ballad for) Kim Peek par exemple, hommage sonore à cet autiste qui a inspiré le personnage de Rain Man. Une éponge de connaissance incapable d’exploiter son potentiel. Une métaphore à peine masquée de la société de surinformation : On peut potentiellement savoir tout sur tout en deux clics mais on préfère jouer au poker en ligne ou mater un bulldog faire du skateboard sur Youtube.

Quand on entend No Opera, on n’a pas vraiment l’impression de profiter du travail d’un seul amateur éclairé. Les influences sonores de No Opera sont nombreuses : Radiohead, Cure, Godspeed, Low, Joy Division. Une admiration particulière aussi pour le travail de Danny Elfman ou de Angelo Badalamenti sur les bandes originales de films. Sa culture musicale, Marc se la construit lui-même pendant quelques années en piochant directement là où on trouve de tout : sur le net. C’est rarement légal mais il faut bien avouer que c’est le meilleur moyen d’être exhaustif et d’échapper aux merdes qui passent en boucle à la radio. Cette grande variété musicale se retrouve au moins sur deux plans dans la production de No Opera : Diversité dans la population hétéroclithes des morceaux, et diversité de techniques et de sonorités au sein même de ces morceaux. Balade pop/folk, délires électroniques planants, mélodies Piano à deux à l’heure. Cette dimension "bidouillage musical" donne de la richesse à l’ensemble. Raison pour laquelle on pense souvent - à tord - qu’il s’agit d’un travail de groupe. Marc fait tout tout seul, juré craché. Mais il aime bien constater que certains s’y trompent parfois. C’est d’ailleurs pour cela qu’il ne produit pas sous son propre nom ou même sous un pseudonyme : pour que l’on puisse penser que derrière No Opera se cache un collectif polymorphe, plutôt qu’un seul mec finalement assez discret et surtout très critique avec son travail. Pas de promo sur son projet ou très peu : des infos sur son Myspace et sur quelques forums très ciblés où il connaît déjà tout le monde. Trop modeste, Marc déteste poliment les morceaux qu’on lui dit trouver bons voir très bons. C’est difficile de le faire parler de ses créations. A se demander comment on peut faire pour en entendre parler, à part via le bouche à oreille. Evidemment, il ne se produit pas sur scène. Le live, techniquement, ne serait pas possible, trop compliqué de reproduire ce travail de studio en temps réel.

Coté foot, Marc est original. Ancien abonné de Saint-Symphorien, fan de la première heure des PP flingueurs, il a pleuré quand Metz à raté de peu le titre de champion en 98. Il est extrêmement critique avec l’ami Carlo Molinari "Sur le long terme, sa gestion est désastreuse et trop timide. Remplacer Pires par Rizzeto c’est pas super logique". On est d’accord. En même temps, il soutient l’ASNL et se réjouit de sa réussite actuelle. Pas passionné par le tryptique Paris / Lyon / Marseille, il déplore d’ailleurs le manque de visibilité des clubs plus modeste en France. A l’étranger, il s’informe des résultats de la Fiorentina, une des rares équipes italiennes à ne pas jouer comme une équipe italienne. Souvenirs de l’époque Batistuta, une idole alternative en opposition au rouleau compresseur Ronaldo, la megastar de l’époque. En foot comme en musique, il reste dans le contre-pied : "Les gens sont parfois étonnés de constater que mes albums sont totalement gratuits en téléchargement. Une logique participative basée sur le volontariat - comme ce qui a été fait pour le dernier album de Radiohead - n’a même pas été envisagé parce que finalement, ce n’est pas le but". L’important, c’est de participer en fait.

Merci à Marc pour la disponibilité et à Billou pour le tuyau

- No Opera. Pas de label ou de conneries de ce genre. Dernier album : Architecture • Architecture.
- Le Café Opéra, (Anciennement le Pierre qui mousse) 5, Terrasse de la pépinière, 54000 Nancy. Allez-y en été, prenez un milk shake passion en terrasse, c’est du bonheur.

Les liens :
- Site officiel, où vous pouvez télécharger les albums.
- Myspace pour devenir copain avec lui
- Tonlist association musicale Nancéienne dont il fait partie.

Mes morceaux préférés, pour la bonne bouche :

Mine

Kings

Alone

Permafrost pt.2

Architecture

Cytheria

Chewie is my co-pilot

(A Ballad For) Kim Peek






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» Made in Nancy : No Opera · 22 janvier 2008 22:32

C’est un point de vue, ça aurait mérité d’être argumenté

 Stan   

» Made in Nancy : No Opera · 22 janvier 2008 17:14

C’est quand même très faible...

 Icar   

» Made in Nancy : No Opera · 17 décembre 2007 20:03

Merci de nous faire découvrir ce jeune artiste. C’est un plaisir d’écouter ses compositions.

 Mandorallen