Chrétien, de la Lorraine au Maroc
15 novembre 2007 à 08:15
Demain soir aura lieu au stade de France un match amical entre la France et le Maroc. Malheureusement, toujours pas de nancéiens dans l’effectif des bleus (Quelqu’un pour refiler le numéro de téléphone de Sébastien Puygrenier à Domenech ?).
En revanche, coté marocain, on retrouve 3 joueurs rouge et blanc(1), rien que ça. Moncef Zerka, back dans les back après une méchante blessure, Youss’ Hadji en forme depuis le début de saison, et enfin Michaël Chrétien. Oui, pour ceux qui l’ignoraient encore, Michaël Chrétien est Marocain. Ou plutôt Michael Chrétien Basser, comme le nom de son père, Abdal, marocain de naissance. Ses parents n’ayant jamais été marié, c’est le nom de sa mère, française, que porte le meilleur latéral droit de L1. Mais quand il rejoint la sélection du pays d’origine de son papa le patronyme paternel refait surface, ceci n’étant visiblement pas un problème pour le joueur(2).
Back to the roots
En parcourant les forums spécialisés (comme ceux de Mountakhab, une des références du football marocain) on constate que l’arrivée de Mika en équipe nationale, en août 2005, à soulevé pas mal d’interrogations. Précédemment sélectionné en équipe de France espoir, il a fait le choix de ses racines en rejoignant la sélection du Maroc, à tort ou à raison(3). Evidemment, avec un nom pareil, jouer pour un pays du maghreb, c’est plutôt original. Les Marocains - tout comme les Tunisiens ou les Algériens - ont l’habitude de voir arriver en sélection des joueurs nés en France et se tournant vers leur équipe nationale aux dépend de l’équipe de france. Mais en général, ces joueurs ne se présentent pas avec un nom qui renvoie aussi clairement à leurs pays de naissance. Et dans ce cas, force est de constater que s’appeler Chrétien et jouer pour le Maroc déclenche parfois des réactions négatives. Imaginons qu’un joueur nommé Mohamed Musulman intègre les rangs de l’équipe de France - Ou qu’un joueur du Celtic de Glasgow se nomme Jean-Paul Protestant - on ne devrait pas attendre longtemps avant de voir émerger quelques remarques négatives(4). Mais visiblement tout cela n’empêche pas Mika Chrétien de dormir. L’obtention de ses papiers marocains aura pris un peu plus de temps que prévus, mais désormais, tout roule. Sélectionné régulièrement depuis 2 ans, son bilan est honorable. S’il n’a pas encore la même aisance dans le jeu que celle qu’il montre avec Nancy, les observateurs sont d’accord pour dire qu’il représente l’avenir de la sélection au poste d’arrière droit. On dit même de lui qu’il est le digne successeur de Walid Regragui(5).
Mika, un type à la cool
Michaël Chrétien, c’est un mec du coin, il est né en 1984 à Nancy. Il a grandi du coté de Vandoeuvre où son papa fut un honorable joueur en 4e division. Très influencé par ce dernier, le jeune vandopérien est un enfant facile et à l’écoute qui apprends vite que le sérieux et le travail sont des valeurs qu’il doit respecter. Après avoir débuté dans le club de son quartier de Vand’Est, il part se perfectionner dans la Meuse, au centre de préformation de Madine où il passe deux ans. Il intègre ensuite le centre de formation de l’ASNL (et non pas celui de Troyes. Ah ah). Déterminé à devenir footballeur pro, Chrétien passe son bac en parallèle sur les conseils de son père, qui aurait aimé le voir continuer les études afin de pouvoir faire face en cas d’échec. Après avoir joué en CFA, il débute avec le groupe pro de l’ASNL en 2002, à 18 ans. Il s’impose directement et joue presque toute la saison de ligue 2. l’année suivante, quand Correa prends l’équipe alors relégable en national, il s’appuie sur quelques joueurs cadres, dont Chrétien Depuis cette période, il n’a plus jamais quitté l’équipe type. Indiscutable et rarement mis en concurrence, il a été de toutes les victoires récentes de l’ASNL et fait même partie de l’équipe type des 40 ans du club avec Platini et Biancalani, à même pas 23 ans. C’est pas banal.
Autant dire que ça rigole pas mal pour Mika en ce moment. D’ailleurs il parait qu’il est surveillé par de gros clubs (Lyon, Marseille, l’AS Rome ou le PSV Eindhoven) et il n’a jamais caché que son ambition n’était pas de rester éternellement à Nancy : « Quand je serais prêt et que j’aurai renvoyé l’ascenseur à l’ASNL qui m’a formé, le moment sera venu de regarder plus haut. » Ok, mais le plus tard possible alors.
Lire aussi :
- Un France-Maroc au parfum lorrain
- Un moment unique
- Chrétien, au nom du père
- Maghreb - Avoir la double, devoir choisir
1 : Et presque 4 car Abdes Ouaddou est aussi sélectionné.
2 : Lu sur le site officiel de l’ASNL : « C’est le nom de mon père. En France, j’ai toujours utilisé celui de ma mère et cela ne me dérange pas de passer de l’un à l’autre. Je suis même très fier de m’appeler Basser en équipe nationale. »
3 : Certains pensent d’ailleurs qu’il a fait ce choix un peu trop rapidement - Comme Rousselot, le président du club qui a dit dans une émission de radio que Chrétien n’avait pas « assez attendu » - s’interdisant du coup une carrière en équipe de France. Pourtant, comme Mika le dit lui-même : « Je me sens marocain à 100% et français à 100%. » Et puis finalement c’est son choix, il faut le respecter.
4 : Voir ces réactions ( et là aussi ) lues sur un forum spécialisé.
5 : Oui, c’est un compliment.
Photos
Contre le PSG cette saison
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Content après la finale de la coupe de la ligue
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Finale Nancy - Nice
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En coupe d’Europe contre Feyenoord
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Photo de groupe en 2004
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L’Equipe en parle aussi
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