Calme plat à Metz
28 octobre 2007 à 15:28
Samedi, jour de derby lorrain. On attendais ça depuis deux ans. Entre Nancy et Metz, la rivalité existe, même si ce n’est pas une guerre de tranchée non plus, du moins en temps normal. Mais ce week end, problème : le dernier match à domicile de Metz, contre Strasbourg, s’est fini en pugilat avec envahissement de terrain, jet de projectiles et autres joyeusetés.
Pas le genre de truc qui donne envie d’aller au stade pour un derby. J’avais quand même acheté mes places parce que bon, on ne va pas avoir trop peur non plus hein. Je voulias à la base parler des souçis de supporters à Metz, en contactant les membres des groupes concernés. Mais ils ont tous fait silence radio les jours précédents, et force est de constater qu’il sont restés tout à fait corrects lors du match.
Pour assurer le coup à fond, il était prévu d’aller au stade sans signe distinctif (maillot, écharpe, bonnet à grelots), et de s’installer dans une tribune messine calme et en hauteur (histoire d’éviter de se prendre des gnons si ça tourne au sirop d’érable). Accompagné d’un pote, je prends donc le TER de 14h18 en gare de Nancy. Arrivée vers 15h à Metz. Le match est dans plus de 2 heures, on va avoir le temps de se balader un peu, voir même d’aller boire une mousse dans un coin.
L’accueil chaleureux
C’était sans compter sur le comité d’accueil. Alors qu’un petit groupe de supporters nancéien "a la cool" nous accompagnait à la sortie de la gare, une légère escouade d’environ 20 policiers en tenue anti émeute vint à notre rencontre sur le parvis. Avec toute la politesse qui caractérise un fonctionnaire de police mis sous pression par la diabolisation systématique des supporters de football, nous nous voyons interrogés : "Vous allez au match ?"... Réponse affirmative, du coup le sympathique gardien de la paix empoigne le col de ma veste pour me forcer à rejoindre un groupe formé de tous les gens soupçonnés de vouloir se rendre au match. Nous voilà donc 30 jeunes gens, filles et garçons tous aussi paisibles, entourés de 20 policiers chargés de nous escorter jusqu’au stade, à pied, au sein d’un cortège mené par une camionnette à gyrophare. Le tout sous les regards incrédules des badauds qui ont dû nous prendre pour un groupuscule neo-nazi d’une grande dangerosité.
Evidemment les discussions avec les membres de notre escorte ne nous permettent pas de nous échapper de cette mascarade, ni d’en savoir beaucoup plus sur le pourquoi du comment. Un des fonctionnaire nous explique qu’un ordre venu de très très haut imposait aux forces de l’ordre d’encadrer tous supporters nancéiens susceptibles d’aller au stade en dehors du parcage visiteur (lequel parcage n’étant occupé que par des gens venant en bus depuis Nancy, ce qui est plus facile à gérer). Raison invoquée : éviter tout problème, et assurer notre sécurité. Volontés louables, mais le manque de réflexion des décideurs est flagrant. Quoi de moins discret qu’un groupe de gens entourés de flics arrivant à Saint-Symphorien pour un derby, sous les yeux haineux de supporters messins convaincus. Ces derniers n’ayant que peu apprécié les quelques invectives en allemand lancées par des membres de notre petit groupe qui ont un humour discutable. Le plan était, initialement, de nous escorter au stade, puis de nous laisser tranquillement accéder à nos tribunes respective. Sauf qu’aprés notre arrivée en fanfare, il était difficile de nous disperser aux abords du stade sans risquer les embrouilles
Discrétion assurée
Du coup, notre petit cortège délirant s’arrête au pied de la tribune est. Le responsable de la sécurité du stade, affublé d’une drôle de petite moustache, nous invite à rejoindre d’autres supporters nancéiens arrivés précédemment. Nous passons une grille pour nous retrouver donc avec cet autre groupe, au pied de la tribune visisteur. Detail important, je suis détenteur de places en tribune C, c’est-à-dire pile à l’opposé de là où nous sommes. Ca sent un tout petit peu la merde. Incompréhension totale. L’autre groupe a l’air plutôt louche, les têtes font peurs, les champs encore plus. Nous restons là près d’une heure. La crainte initiale de prendre du retard et rater le début du match laisse place a celle de se prendre un coup de matraque d’un policier qui, en cas de débordement, ne prendrais pas le temps de me demander mon état civil avant de taper dans le tas. Donc a moins d’avoir envie de prendre des coups, il faut mieux ne pas rester dans le coin.
Impossible de s’en aller, a moins de tenter un petit catch avec les forces de l’ordre. Un des policiers m’indique que nous serons accompagnés vers nos tribunes respectives (pour ceux qui ont des billets) une fois que tous les supporters nanceiens arrivant en bus seront entrés en tribune. En gros, nous avions été mis par erreur avec des supporters assez chauds et il leur était maintenant impossible de faire le tri. Les cars de supporters nancéiens arrivent et se vident dans un flot continu qui dure une éternité. De mon côté je devais retrouver d’autres potes devant la tribune pour leur donner leurs places. Evidemment si nous n’étions "libérés" qu’après le début du match, ça devenait un peu compliqué. J’essaye de trouver un responsable au sein des forces de polices, visiblement le décideur est un commissaire qui doit être tranquillement en famille sur son canapé. Personne n’est apte à prendre la décision de nous laisser sortir du cordon de sécurité. Le responsable de la sécurité du stade ajoute même qu’il est hors de question de nous laisser partir, quoi qu’il arrive. Et ceci même s’il convient que nous n’avons visiblement rien à faire ici. Sa petite moustache est beaucoup moins drôle tout à coup.
C’est pour ton bien
Les stadiers de l’ASNL, sur place pour s’occuper des gens dans le parcage visiteur, ne se soucient pas trop de notre sort, étant donné que nous sommes catalogués comme un groupe de bordéliques. Par chance, je reconnais parmi eux l’un des stadier de Picot avec qui j’avais discuté lors de la présentation de l’effectif en début de saison. Il me reconnait et se dirige vers moi. Avec son aide, nous reprenons nos discussions et palabres auprès du chef de la sécurité. Nous sommes à un quart d’heure du début du match. Enfin, on nous permet de rejoindre notre tribune, accompagné d’un policier qui nous fait passer par la zone VIP pour aller plus vite. Deux autres personnes ont pu nous accompagner, un jeune couple flippé comme deux lapins qui vont se faire rouler dessus par un 4x4. D’autres n’ont pas eu notre chance. Destinés à s’installer en tribune est, ils doivent rester dans le cordon. Bon courage les mecs. Un petit sprint pour aller distribuer les billets puis pour monter en tribune. Il était moins une, le match va commencer.
Conclusion, les policier ne sont pas débiles. Ils étaient en grande partie convaincus de notre bonne foi tout du long. Mais ils étaient pieds et poing liés par des ordres incohérents donnés par des incompétents qui pensent que la majorité des supporters de foot sont des fous sanguinaires. Dans l’affaire, on sentait bien le manque d’expérience face à une situation de derby précédée par des incidents dans le stade. Evidemment, encadrer chaque personne de 20 flics est un bon moyen d’empêcher les problèmes en dehors du stade, mais c’est un peu exagéré, surtout si c’est pour se faire traiter comme un troupeau de mouton emmené l’abattoir. Ce "Sarkozysme" n’est pas forcément la vision que j’ai de la sauvegarde ma propre "sécurité".
Et le football alors ?
Pour ce qui est du match, il faut avouer qu’on s’est fait plutôt chier. La parcage visiteur était remplis et très bruyant, on a même eu droit à quelques fumis. Sur le terrain, quelques rares occases des deux côtés. Metz est vraiment en déficit de confiance, les joueurs ont passé leur temps à perdre les ballons en touche ou en 6m. Les grenats ne peuvent vraiment compter que sur le talent du gamin Pjanic et sur les tacles à la gorge d’Agouazi. En seconde mi-temps, après quelques changements (dont la sortie de l’improbable Eric Cubilier), on a senti un (très) léger mieux. Mais pas de quoi être très dangereux. L’ASNL a été juste moyen. On attend un peu plus du 2e du championnat opposé au dernier, surtout quand celui-ci n’a gagné qu’un petit point à domicile. Jamais trop inquiétée, la defense est restée assez tranquile, alors que les driblleurs en ont fait un peu trop. La plus belle occase est venue d’un frappe sympa de Puygrenier après un super enchainement sur la gauche de Malonga.
Comme quoi, Puyg’ n’est pas si "tue l’amour" que ne veux le faire croire le pas très drôle Guy Carlier dans la pas très bonne émission "france2foot". Olivier Rouiller l’a d’ailleurs souligné sur l’antenne de Canal+ avec toute la malice qui le caractérise. Pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent. En gros, journée galère, match sans saveur, j’aurai peut-être mieux fait de rester chez moi.
Photos
Un fumi en parcage lors du match
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Metz - Nancy
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Le parcage visiteur
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La horda, et les visiteurs à leur gauche
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