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		<title><![CDATA[So Foot 50 / Maradona - SO FOOT.com]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/blogs/sofoot50_maradona/]]></link>
		<description><![CDATA[SO FOOT fête son 50e numéro, il fallait marquer le coup. Cela faisait longtemps que l'envie fourmillait sous les chaussettes roulées sur les chevilles, huit centimètres au-dessus de la languette, pas plus : Maradona mériterait bien un super numéro, une anthologie, un truc de dément.]]></description>
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			<title><![CDATA[So Foot 50 / Maradona - SO FOOT.com]]></title>
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		<title><![CDATA[Entretien avec Ricardo &#8216;El Bicho' Pellerano]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2008-01-17T10:04:22Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
Ancien capitaine d'Argentinos Juniors-River (1970-73, 44 matchs, 1 but), Argentinos Juniors (1974-76 et 1978-79, 181 matchs) et Quilmes (1977, 39 matchs, 1 but) - et père de Christian Pellerano, actuel capitaine de Velez Sarsfield -, Ricardo &#8216;El Bicho' (la bête) Pellerano a vu naître El Pelusa dans le football professionnel, avant de l'accompagner dans ses premiers pas d'entraîneur à Mandiyu et Racing. Retour sur les débuts du meilleur joueur de l'histoire du football au deuxième étage d&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Ancien capitaine d'Argentinos Juniors-River (1970-73, 44 matchs, 1 but), Argentinos Juniors (1974-76 et 1978-79, 181 matchs) et Quilmes (1977, 39 matchs, 1 but) - et père de Christian Pellerano, actuel capitaine de Velez Sarsfield -, Ricardo &#8216;El Bicho' (la bête) Pellerano a vu naître El Pelusa dans le football professionnel, avant de l'accompagner dans ses premiers pas d'entraîneur à Mandiyu et Racing. Retour sur les débuts du meilleur joueur de l'histoire du football au deuxième étage du bar San Miguel, dans la rue Avellana</strong>.<br/><br/>
<strong>Vous avez vu jouer les Cebollitas lorsque vous étiez à Argentinos Juniors ?</strong> Oui bien sûr, cette équipe c'était la sensation du moment, c'était l'avenir du football argentin. Je déjeûne à ce titre encore aujourd'hui avec l'entraîneur de cette époque, Francis Cornejo. D'ailleurs, je trouve ça étrange que personne n'ait reconnu ses qualités. Il n'a pas su se vendre tout simplement parce que le football n'est pas un commerce ou un moyen de gagner de l'argent pour lui. Tout le monde le connaît grâce au monstre Maradona. Moi je crois qu'il ne s'est jamais remis de l'avoir connu et formé. Francis Cornejo m'a beaucoup inspiré, et pour moi c'est un modèle dans ce qu'il fait. Aujourd'hui je fais d'ailleurs presque le même job que lui : je travaille comme chasseur de talents pour une entreprise. Diego savait que j'aimais bien faire ça et je crois qu'il appréciait ma vista. Je pense que c'est pour ça qu'il m'a pris dans son staff quand il est devenu entraîneur de Mandiyu.<br/><br/><strong>Vous avez été son adjoint ?!</strong> Oui, moi et Carlos Freyn. Je devais observer les adversaires et gérer les entraînements des gardiens (sic)...<br/><br/><strong>Quand est-ce que vous avez vu Maradona pour la première fois ?</strong> Moi je venais de River Plate, et à l'époque j'étais devenu capitaine d'Argentinos Juniors. Cornejo est venu me voir un samedi matin après l'entraînement parce que j'étais le joueur qui avait quasiment le plus d'expérience dans notre équipe. Il voulait que je vienne voir Diego parce qu'il avait des doutes sur son âge. Il voulait mon avis. C'était déjà une équipe qui avait une réputation, puisque les Cebollitas avaient enchaîné plus de 130 matchs sans être battus. Quand je suis allé les voir jouer, ils étaient effectivement extraordinaires, mais Diego était vraiment au dessus du lot. Il m'a tellement surpris que je me suis retourné vers Francis : «<i>Mais c'est qui ce nain fantastique ?</i>». Au début j'ai eu moi aussi de sérieux doutes sur son véritable âge, parce qu'il jouait vraiment déjà comme un adulte. Vous savez, l'Argentine c'est un peu comme le Nigeria, on ne sait jamais vraiment si les joueurs n'ont pas triché sur leur âge. Après j'ai émis l'hypothèse que Maradona avait peut-être un faux jumeau, et que celui qui jouait sur le terrain était le plus grand des deux. On s'est quand même vite rendu à l'évidence : ce gamin était différent de tous ceux qu'on avait pu voir auparavant. Moi j'avais eu la chance d'évoluer avec Alonso à River Plate, qui était considéré comme l'un des meilleurs joueurs de l'histoire du football argentin. C'était aussi le cas de Bochini, mais Maradona les surclassait. A 15 ans, on savait déjà qu'il pourrait aller beaucoup plus loin qu'eux. C'est ce que j'ai dit à Cornejo : «<i>Ce mec c'est une révolution, fais très attention à lui</i>».<br/><br/><strong>Mais qu'est-ce qu'il avait de si particulier ?</strong> Ses prises de balle, c'était quelque chose, la balle restait littéralement collée au pied, et on sentait qu'il n'avait pas besoin de forcer pour la maîtriser. C'était le seul qui savait faire des contrôles de la poitrine. Il était beau à voir jouer. Quand vous allez voir des gamins, ils jouent tous la tête baissée, Maradona lui ne regardait jamais la sphère. Ce qui m'a aussi marqué, c'est son toucher de balle, il avait cette manière si particulière de jouer avec, bref le ballon lui collait déjà au pied comme de la glue. Et ça c'est le signe des grands joueurs ! Pelé jouait comme ça, mais là c'était mieux que le Brésilien. Tu sentais qu'il avait une bonne vision du jeu, mais qu'il pouvait aussi aller tout seul au but. C'était un vrai dribbleur, mais qui pouvait te faire une passe dans n'importe quelle position. Je me rappelle avoir dit à Francis que Diego n'avait ni ménisques, ni ligaments, et j'avais raison, il était fait en caoutchouc. Maradona a dit un jour que le ballon ne se salissait pas, pour moi c'était clair, ce mec était né avec, ça faisait partie de son corps, c'est comme s'il avait eu une troisième main greffée à la place du pied. Quand je suis retourné à l'hôtel de concentration le samedi après-midi, j'étais impressionné par ce que j'avais vu. Je suis alors allé voir Juan Carlos Montes, notre entraîneur, pour lui dire que nous avions un phénomène dans les équipes de jeunes. «<i>Tu vas penser que je suis fou, mais nous avons un monstre et il n'est même pas dans notre équipe. Il faut que tu le convoques pour te faire une idée parce que je n'ai jamais vu quelque chose de semblable</i>». Au départ il ne voulait pas, il disait qu'il était trop frêle, trop petit, et trop jeune. J'ai insisté pour qu'il le monte en équipe première et trois mois plus tard, il jouait son premier match avec nous. <br/><br/><strong>Cornejo n'était pas trop triste ?</strong> Tu sentais qu'il aurait bien voulu le garder encore un peu. Mais qui n'aurait pas voulu le conserver dans son équipe ? Il savait néanmoins qu'il ne pouvait pas le retenir chez les jeunes, alors il venait nous voir pour nous dire de faire attention à lui, de le protéger.<br/><br/><strong>Revenons à Montes. Au début donc il ne voulait pas l'aligner ?</strong> Non ! Il disait qu'il n'avait pas d'expérience. Mais c'est quoi l'expérience quand on a tout le talent du monde ? Tu peux être centenaire et ne rien avoir compris de ta vie. L'expérience c'est le début de la vieillesse. Les dirigeants du club étaient eux aussi dubitatifs, ils avaient peur de se ridiculiser en faisant jouer un gamin de 15-16 ans. Je suis donc allé les voir, et je leur ai demandé l'âge qu'ils avaient...«<i>On a 50 ans</i>» qu'ils me disent, et moi je leur réponds : «<i>Bah si vous avez de l'expérience, enfilez tous des maillots et venez jouer à notre place, on va voir si ce sera mieux !</i>». A l'entraînement, il nous rendait tous fous. On se faisait mettre à l'amende par un gamin. Il y a des même eu des moments où les autres gars de l'équipe voulaient l'assassiner ; ils ne supportaient pas de se faire humilier. C'est pour ça que je l'ai pris sous mon aile. C'est à partir de là qu'est née entre nous une grande amitié. Il n'a jamais oublié ce que j'ai fait pour lui, et je pense que c'est aussi pour ça qu'il m'a appelé quand il est devenu entraîneur...<br/><br/><strong>Vous l'avez donc conseillé quand il était plus jeune...</strong> Oui, il y a quelque temps, il était dans une émission de télévision, et le journaliste lui a demandé quel entraîneur l'avait le plus marqué. Il a répondu Francis Cornejo et Ricardo Pellerano. Mais je n'ai jamais été entraîneur, donc ça vous montre un peu quelle relation nous avons pu entretenir. Moi j'étais défenseur central, et je me souviens qu'il me demandait toujours ce qu'il fallait qu'il fasse dans telle ou telle situation. Il voulait connaître mes points faibles et mes points forts pour comprendre les défenseurs adverses. Il a toujours été très curieux...<br/><br/><strong>Vous continuez toujours à le défendre ?</strong> Maradona a toujours eu besoin qu'on le défende, même aujourd'hui. Des mecs comme ça, il faut les protéger. C'est ce que j'ai fait quand il était plus jeune, et ce que je continue à faire aujourd'hui, c'est pour cela qu'il a beaucoup d'affection pour moi. Tu sais, je regrette que nous, les Argentins, ne soyons pas très nationalistes, nous avons du mal à défendre nos idoles. Nous trouvons toujours un moyen de les attaquer. La vie de Maradona est ce qu'elle est, il ne veut pas être un exemple, mais personne n'est irréprochable dans ce pays. Maradona a été le meilleur joueur de football de l'histoire, et nous, les Argentins, on trouve encore le moyen de le mettre plus bas que terre.<br/><br/><strong>Il était comment dans le vestiaire ?</strong> Il était tranquille. Il était vraiment timide, ce n'était pas quelqu'un qui parlait beaucoup. Il se mettait toujours avec les plus jeunes joueurs, et ils écoutaient de la musique ensemble. Maradona adorait ça, il était dingue de musique, il en écoutait avant tous les matchs, car il disait que ça lui donnait du rythme.<br/><br/><strong>Et le premier match de Maradona ?</strong> Maradona aurait pu débuter avant, mais il s'était mangé quatre matchs de suspension avec l'équipe réserve pour avoir critiqué un arbitre. Je crois qu'il lui avait dit qu'il n'était pas au niveau ! (Rires). Il débute finalement le 20 Octobre 1976, à 15 ans, plus précisément à dix jours de ses 16 printemps, face à Talleres de Cordoba. C'était une grande première, et pour l'occasion des journalistes du <strong>Grafico</strong> avaient été dépêchés pour le suivre. T'en connais beaucoup des joueurs qui jouent leur premier match en pro et qui ont l'honneur d'un tel reportage ? Ce qui est marrant avec ce match, c'est que le stade d'Argentinos Juniors ne pouvait pas contenir plus de 20 000 personnes. Or aujourd'hui si tu crois les gens qui te disent avoir été présents ce jour-là, tu pourrais penser qu'il y avait 5 millions de personnes. <br/><br/>
«<strong> <i>Il rentre en fin de match, et sur sa première action il fait un petit pont à Cabrera !</i> </strong>»<br/><br/>
<strong>Quels souvenirs gardez-vous de ce match ?</strong> Il faut savoir que Talleres de Cordoba avait une sacrée équipe à l'époque. Ils avaient déjà 5 ou 6 joueurs qui allaient devenir champions du monde en 1978. Ce n'était pas n'importe quoi ! Il rentre en fin de match, et sur sa première action il fait un petit pont à Cabrera ! Il avait d'ailleurs failli marquer ce jour-là. Je le répète, c'était un truc de fou, on aurait dit qu'il avait joué toute sa vie en première division. A 15 ans, il avait déjà le niveau de son équipe de Naples. Il était au top.<br/><br/><strong>Il avait un clan déjà à l'époque ?</strong> Son clan c'était sa famille. Son père était là dès qu'il le pouvait. Je ne sais pas à quel point il était dur avec son fils, mais en tout cas c'est l'une des plus belles rencontres que j'ai faites de ma vie. C'est un être humain spectaculaire, qui est toujours resté le même, malgré la gloire de son fils.<br/><br/><strong>Vous passez un temps à Quilmes avant de revenir finalement à Argentinos Juniors. Juste au moment où Maradona est transféré à Boca ?</strong> Oui c'était en 81, le club l'avait vendu 6 millions de dollars au club xeneize. C'était une somme astronomique pour l'époque. River le voulait depuis longtemps, depuis qu'il avait commencé aux Cebollitas en fait...Mais je me rappelle surtout qu'un club anglais, Sheffield je crois, avait failli l'emmener en Angleterre avec Carlos Fren (devenu plus tard entraîneur-adjoint de Maradona à Mandiyu, aux cotés de Ricardo Pellerano, Ndlr) qui jouait également pour Argentinos à ce moment là. Finalement ça ne s'est pas fait, heureusement pour eux.<br/><br/><strong>Comment les supporters ont-ils vécu son départ ?</strong> Très mal, mais les gens ne lui en ont pas voulu. Ils savaient qu'ils ne pouvaient pas le retenir éternellement.<br/><br/><strong>Comment gérait-il sa popularité de votre temps ?</strong> Il n'aimait pas beaucoup ça. A vrai dire les journalistes l'énervaient. A Argentinos, il faisait déjà l'objet d'un harcèlement médiatique. Quand on allait dans un restaurant, il y avait "deux mille" personnes qui venaient le voir pour un autographe. A la 201ème, quand son plat était froid, il disait qu'il ne voulait plus signer d'autographes et les gens s'énervaient, ils l'insultaient, ils disaient que c'était un fils de pute, bref, pour les gens Maradona devait être tout le temps disponible. Mais où est la limite ? Il faut avoir des nerfs solides pour supporter ça, vous n'êtes jamais tout seul, vous n'avez pas d'intimité, il faut être souriant tout le temps. Il y a des fois où il avait du mal à cacher son malaise, mais je le comprends, il n'avait même pas 18 ans. C'était un gamin ! A la fin, Maradona mangeait tout seul dans sa chambre. Il mangeait sur son lit pour ne pas avoir à parler aux gens. C'était triste. Une autre fois, lors d'un match amical en Colombie, Maradona a provoqué une guerre médiatique entre les présidents de l'America Cali et du Deportivo Cali, deux clubs qui se détestent viscéralement. Chacun voulait avoir une photo avec Maradona, tant et si bien qu'ils ont fini par se foutre sur la gueule. Maradona n'était qu'un trophée avec lequel il fallait s'afficher.<br/><br/><strong>Comment vivait le groupe face à toute cette attention envers Diego ?</strong> Les gars ne comprenaient pas ce qu'il passait, il y en a qui étaient jaloux, mais moi je savais ce qui allait se passer. Pour moi, c'est comme si un Saint faisait partie de notre équipe. Si on avait joué avec Pelé, ça n'aurait pas été pire. J'étais persuadé que Maradona allait faire la même chose que lui avec Santos. C'était une chance énorme pour Argentinos Juniors de devenir une très grande équipe. Mais tout le monde ne pensait pas comme ça. Personne ne voyait cette opportunité unique. Si Maradona était resté un peu plus longtemps au club, Argentinos Juniors serait devenu le Santos argentin. Un club mythique, avec une star unique.<br/><br/><strong>Vos coéquipiers étaient jaloux de Maradona ?</strong> Oui, il y en avait beaucoup. Mais c'est humain d'être envieux du talent de Maradona !<br/><br/><strong>Est-ce que le club avait basé sa communication sur Maradona ?</strong> Communication ? Non car il n'y en avait pas. Mais Maradona a été une rentrée d'argent très importante pour le club. Les dirigeants organisaient des matchs amicaux dès qu'ils le pouvaient. Des tonnes de propositions affluaient de toutes parts, il y avait donc beaucoup d'argent à se faire. Mais faut être clair : les gens ne voulaient pas voir Argentinos, ils voulaient juste Maradona. Si on l'avait envoyé faire des jongles tout seul, ça leur aurait suffi je pense. Maradona a permis à tout le monde de vivre mieux, puisque nous recevions de l'argent pour ces matchs amicaux. Mais les joueurs n'arrivaient pas à comprendre le fait que Maradona touche un peu plus qu'eux. Un jour, un gars est venu me voir et il n'était pas content. Je lui ai demandé s'il était Maradona, et il m'a répondu que non : «<i>Bah alors tu crois que les gens viennent te voir toi ? Tu crois que tu aurais des primes s'il n'était pas là ?</i>». Il s'est rendu compte tout de suite de sa connerie !<br/><br/>
<strong> <i>«<i>Si tu fais le clown, je te découpe!</i>»</i> </strong><br/><br/><br/><br/><strong>Sur le terrain, il n'avait pas peur de diriger une équipe ?</strong> Non, il savait parfaitement ce qu'il fallait faire. Au début, il voulait gagner et humilier l'adversaire par des dribbles. Avec le temps, il s'est néanmoins rendu compte qu'il ne pourrait pas jouer trop longtemps à ça sinon il allait se faire tuer. Avant le match, il y avait certains défenseurs adverses qui venaient le voir pour lui dire de faire gaffe, du genre : «<i>Si tu fais le clown, je te découpe</i>». Donc au lieu de dribbler 5 joueurs, il en dribblait trois et il passait la balle. Il a changé son style de jeu, il l'a amélioré même. Il avait l'habitude de recevoir la balle le dos tourné aux cages adverses, il supportait alors tout le poids du défenseur. Avec Argentinos, il essayait de moins garder la balle. Je crois qu'avec nous, il a largement amélioré son physique, même si c'était déjà un privilégié de la nature. J'ai toujours dit que ce qu'il y avait de plus extraordinaire en lui, c'était son corps. Toujours en mouvement, petit gabarit, virevoltant, parfaitement coordonné dans les mouvements. Après quand tu regardais ses dents par exemple, elles étaient parfaites, on aurait dit un gamin de Recoleta (le quartier bourgeois de Buenos Aires), pas un gamin pauvre de Fiorito. Malgré ce qu'on peut penser, il a toujours fait très attention à son apparence et à sa forme physique. Ce n'était pas seulement un technicien, c'était avant tout un grand sportif. Ce n'est pas lui qui a travaillé son physique, c'est Maradona. Il passait tout son temps avec la balle, donc il avait le physique idoine pour ce sport. C'est comme une chaussure neuve qui s'ajuste à la forme de ton pied à force de la porter. <br/><br/><strong>Vous avez kiffé jouer avec lui ?</strong> Bien sûr. Celui qui n'a pas été heureux de jouer avec Maradona, il ne peut pas dire qu'il aime le football. Lors du deuxième match en pro, Juan Carlos Montes le met titulaire contre les Newell's Old Boy de Rosario. Or notre entraîneur avait été joueur de ce club-là, et il est venu me voir car j'étais le capitaine. «<i>Si tu gagnes le toss, tu prends la balle, car, nous, nous n'avons pas de public</i>». En fait il voulait qu'on ait la balle tout de suite car il s'était rendu compte que Newell's pratiquait tout de suite un pressing très haut. Il a dit à Maradona de dribbler dès le départ. Et plus précisément, il s'était rendu compte que Gallego ouvrait souvent les jambes pour défendre, alors il voulait qu'il lui fasse un petit pont. Un truc impossible à réaliser...Avant le match, je vais parler à Maradona pour lui rappeler les consignes de Juan Carlos et lui, tranquillement, il me répond : «<i>Ne t'inquiètes, pas j'ai compris</i>». Je suis allé me placer au centre de ma défense en me disant qu'il n'en avait rien à foutre. Puis quand l'arbitre a sifflé le début du match, Gallego est monté tout de suite sur Diego, et il s'est mangé le fameux petit pont. Puis Diego a dribblé trois autres joueurs, et la balle est sortie en corner. Je me suis mis les mains sur la tête, et je me suis retourné vers Juan Carlos : «<i>Ce mec est un génie !</i>». Juan Carlos n'en revenait pas, car il pensait qu'il n'allait pas réussir à réaliser ce qu'il lui avait demandé. Plus tard, Juan Carlos et moi sommes allés voir les dirigeants pour qu'ils agrandissent le terrain, parce que ça nous défavorisait. Moins tu es technique et plus tu cours. Or un petit terrain favorise le pressing. Avec Maradona, il nous fallait un terrain plus grand pour qu'il puisse s'exprimer et diriger convenablement le jeu de l'équipe. On est donc allés jouer sur le terrain de Ferrocaril Oeste. C'est la dernière bonne décision prise par nos dirigeants. Avec la vente de Maradona, ces derniers ont fait n'importe quoi. Au lieu de renouveler le stade ou les terrains d'entraînement, ils ont préféré construire 20 terrains de tennis, ce qui est complètement grotesque ! Ils ont gaspillé l'argent dans des conneries...<br/><br/><strong>Quelle était la vie de Maradona à cette époque ?</strong> Il avait une vie normale et il sortait déjà avec Claudia. Elle venait des fois à l'entraînement, et comme ils n'avaient pas de voiture, ils me demandaient de les arranger, de les emmener en discothèque. Des fois je lui disais d'arrêter de parler de football, parce que Claudia voulait danser. <br/><br/><strong>Et Cyterspiller dans tout ça ?</strong> Jorge habitait en face du stade, il était toujours avec nous. Jorge était un visionnaire, il a fait beaucoup de bien à Maradona à une époque où il aurait pu se faire avoir dans les contrats. Quand je jouais à River, j'ai accepté des contrats mauvais. Si je l'avais eu avec moi, peut-être que ça aurait été mieux.<br/><br/><strong>Est-ce que le club a augmenté Maradona quand il a commencé à jouer en première division ?</strong> Oui ils ont dû l'augmenter. Mais je me rappelle surtout qu'ils lui avaient acheté un appartement à côté du stade, à la Paternal. C'est là qu'il sort de Villa Fiorito. Ca a été un changement énorme pour lui. C'était la première fois qu'il récolta vraiment les fruits de son travail.<br/><br/><strong>Et comme entraîneur il était comment ?</strong> Je vais te raconter une anecdote pour que tu comprennes Maradona, pas seulement l'entraîneur ou l'homme. C'était un 23 décembre, juste avant de signer un contrat avec Racing. Il m'appelle et me dit de venir chez lui rapidement pour signer parce qu'il y avait les dirigeants et les sponsors du club. Moi au début je ne voulais pas y aller, j'étais à l'autre bout de la ville, et franchement ça me cassait les pieds, en plus je n'avais pas encore fait les cadeaux pour les enfants...Il partait en vacances à Cancun, et moi j'ai cru que c'était une excuse pour que je l'accompagne à l'aéroport. Bref, comme je n'avais pas de voiture, j'ai demandé à un ami de m'accompagner, et sur le chemin je lui dis de ne pas raconter qu'il a vu Maradona car personne n'allait le croire. Quand on est arrivés chez lui, Claudia préparait les valises, et Maradona parlait avec un joueur qu'il voulait dans sa nouvelle étape d'entraîneur, un jeune. Mon ami regardait tout ça comme s'il s'agissait de la vierge Marie. Quand il a fini de parler au joueur, il m'a emmené en bas dans le garage où il rangeait toutes ses voitures, des voitures magnifiques. Et là il me tend des clés et me dit : «<i>C'est mon cadeau de noël</i> ». C'était une golf. Au début j'ai refusé puis il a commencé à s'énerver...Et j'ai finalement accepté. Puis le couple est parti, et moi, mon ami, et le joueur sommes restés tout seuls. Là le téléphone de mon ami a commencé à sonner, et avant qu'il ne décroche, je lui ai répété ce que je lui avais dit dans la voiture : de ne pas dire qu'il était venu chez Maradona parce que personne ne le croirait. Il décroche et au bout du fil c'était sa femme qui râlait parce qu'il avait oublié un rendez-vous avec elle. Et là cet imbécile raconte qu'il est chez Maradona. Sa femme a cru qu'il se foutait d'elle : «<i>Tu te fous de ma gueule fils de pute ! Tu me prends pour une imbécile ?</i>» (rires). Quand il a raccroché, je lui ai dit : «<i>Je t'avais dit que personne ne te croirait !</i>» (Rires). Le pire c'est que ma femme m'a engueulé quand je suis rentré avec la Golf. Elle croyait que je l'avais volée !<br/><br/><strong>Pourquoi Maradona a-t-il échoué dans sa carrière d'entraîneur ?</strong> Les gens avaient trop l'image du Maradona footballeur. Pour être un grand technicien, il faut avoir une bonne équipe, et Maradona n'a toujours disposé que de joueurs modestes. <br/><br/><strong>Mais pourquoi va-t-il à Mandiyu alors, une équipe vraiment modeste ?</strong> Parce que la proposition était bonne. Il était emballé par l'idée d'être un bon entraîneur. Mais Francis Cornejo n'est jamais devenu entraîneur par exemple !! C'est très difficile. Maradona n'est pas un mauvais entraîneur, sauf que sa marge d'erreur est plus petite. Les gens lui demandent beaucoup, or quand tu vois que des entraîneurs font descendre des équipes en deuxième division et qu'ils reviennent l'année suivante avec une autre équipe de l'élite, tu te dis qu'il y a une injustice quelque part. Aujourd'hui Maradona devrait travailler pour la Fédération ou la sélection argentine, voilà ce que je pense.<br/><br/><strong>C'était quoi sa tactique lorsqu'il entraînait ?</strong> Maradona aimait jouer l'attaque, il parlait beaucoup aux attaquants, et un peu moins aux défenseurs. Le problème c'est qu'il donnait des consignes qui étaient irréalisables pour les avants-centres. Il pensait que tout le monde pouvait faire comme lui, mais c'est impossible ! Sa philosophie consistait à faire tourner la balle, et notre système de jeu, c'était un 4-3-1-2, du classique à l'époque.<br/><br/><strong>Et quelle ambiance faisait-il régner dans le groupe ?</strong> Je me rappelle qu'il tenait beaucoup à ce que son groupe soit uni. Alors il organisait des asados (des barbecues), que préparait son père. La vérité c'est que c'était très bon et qu'il y avait une très belle ambiance. Il était très proche de ses joueurs. Lorsqu'on est allés à Racing, c'était pareil, pour son arrivée, il avait organisé un barbecue géant.<br/><br/><strong>Est-ce que vous et Carlos Fren aviez de l'autorité sur Maradona ?</strong> Oui bien sûr, la communication était facile. Carlos avait beaucoup de caractère et se disputait pas mal avec Diego sur la composition d'équipe.<br/><br/><strong>Et comment les joueurs voyaient-ils leur entraîneur ?</strong> Je crois qu'ils étaient impressionnés par lui. Ils avaient plus d'admiration pour le mythe que pour l'entraîneur. Ils voulaient toujours parler avec lui. Maintenant je ne sais pas si c'était par curiosité ou pour progresser. Vous ne voyiez néanmoins jamais Maradona sans qu'il soit entouré de joueurs.<br/><br/><strong>Et quand vous avez appris qu'il était au bord de la mort, vous êtes allé le voir ?</strong> Oui j'ai eu ce privilège, ça a été un moment vraiment dur duquel je ne préfère pas me souvenir. Moi je préfère le voir vivant avec son showbol par exemple. Le football c'est tout ce qu'il aime. C'est le seul moment où il est heureux : sur un terrain et en short.<br/><br/><strong>Est-ce qu'il avait de l'admiration pour vous parce que vous étiez son capitaine ?</strong> Je crois qu'il a toujours voulu être un leader, et je pense qu'il s'est un peu inspiré de mon rôle. D'ailleurs il a fini par porter le brassard d'Argentinos Juniors. Ce dont je suis fier c'est d'avoir été son capitaine, il n'y a pas beaucoup de gens qui peuvent s'en vanter ! <br/><br/><strong>Est-ce que Maradona a de l'avenir en tant qu'entraîneur ?</strong> Franchement je le vois plus en tant qu'entraîneur de jeunes que de professionnels. Il a le contact facile, il est très généreux et très affectueux, il adore les gosses en plus. Par son vécu, je pense qu'il peut apporter plus à la formation qu'à un joueur qui possède déjà un style propre. Le pire ennemi de Maradona entraîneur, c'est son passé de joueur. Les gens le verront toujours comme celui qui a marqué le but contre les Anglais, et c'est dommage. Aujourd'hui les joueurs testent l'entraîneur, ce n'est pas facile, et je ne sais pas si Maradona saurait faire face à une crise. Maradona est plus un beau joueur qu'un mauvais gagnant : il préfère le beau jeu à un résultat. Je pense que ce sera difficile pour lui à l'avenir de prendre les rênes d'un club argentin. Avec tous les problèmes qu'il a eus, notamment les stupéfiants, les dirigeants sont devenus plus méfiants, et c'est totalement con. Maintenant je pense que le football argentin n'a pas du tout été reconnaissant envers lui. S'il n'est pas à l'AFA, c'est simplement à cause de raisons politiques, mais ça fait belle lurette qu'il mériterait d'y faire ses preuves !<br/><br/><strong> <i>Propos recueillis par JPS et Alex Gonzalez</i> </strong>]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Entretien avec Roberto Mouzo]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/entretien-avec-roberto-mouzo-103291.html]]></link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
Roberto Mouzo est le capitaine historique de Boca Juniors, celui qui a joué le plus de rencontres avec les Xeneize (396 matchs officiels) mais aussi le plus de Superclasicos de l'histoire argentine (29). Grand défenseur, et accessoirement compagnon de Maradona à Boca, ils ont gagné ensemble le Metropolitano 81.

Est-ce que vous étiez présent lorsque Maradona avait mis 4 buts à Boca à la Bombonera, lorsqu'il jouait avec Argentinos ? Heureusement non ! (rires) Ce jour-là, Maradona était vra&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Roberto Mouzo est le capitaine historique de Boca Juniors, celui qui a joué le plus de rencontres avec les Xeneize (396 matchs officiels) mais aussi le plus de Superclasicos de l'histoire argentine (29). Grand défenseur, et accessoirement compagnon de Maradona à Boca, ils ont gagné ensemble le Metropolitano 81.</strong><br/><br/><strong>Est-ce que vous étiez présent lorsque Maradona avait mis 4 buts à Boca à la Bombonera, lorsqu'il jouait avec Argentinos ?</strong> Heureusement non ! (rires) Ce jour-là, Maradona était vraiment remonté contre nous parce que Hugo Gatti (gardien fou de Boca) avait réchauffé l'ambiance en disant que Diego était un petit gros qui n'allait pas lui marquer un seul but. Après ces déclarations, Maradona avait promis qu'il lui planterait deux buts. Gatti m'a raconté qu'il s'était excusé au moment du toss avec Diego, mais il n'avait pas accepté ses excuses ; au contraire : «<i>Hugo, j'ai réfléchi pendant la nuit et je ne vais pas t'en mettre deux, mais quatre</i>». C'est ce qu'il a fait !!! <br/><br/><strong>Vous vous rappelez de la première fois où on a parlé de la venue de Maradona à Boca Juniors ?</strong> Oui bien sûr. C'était un événement même dans le vestiaire ! Pour nous, c'était une bonne chose qu'une promesse comme Diego nous rejoigne. A Argentinos Juniors il s'était déjà distingué, aussi on s'est dit que nos chances de devenir champions allaient être beaucoup plus importantes.<br/><br/><strong>Et l'entraineur, Silvio Marzolini, il en pensait quoi ?</strong> Ecoute, quand le transfert de Maradona s'est confirmé, Silvio est venu me voir un peu gêné pour me demander si ça ne me dérangeait pas de donner le brassard de capitaine à Maradona. Moi je lui ai dit oui sans hésiter. Nous voulions qu'il se sente chez lui dès le début. On voulait le mettre en confiance pour qu'il donne le maximum sur le terrain. En plus j'ai dit à Silvio que le capitaine devait représenter le style de jeu de l'équipe. Or à cette époque, on voulait offrir du spectacle, jouer l'attaque, et Maradona correspondait plus à cette image-là que moi qui était un défenseur central, et c'est ce que j'ai dit à Silvio : «<i>J'ai fait tous les postes de la défense, je suis arrivé jusqu'au numéro 6</i> (NDLR : En argentine, la coutume veut qu'on caractérise les postes par des numéros, exemple : avant-centre : 9),<i> mais je n'arriverai à porter ni le numéro 9, ni le numéro 10. Alors que Maradona oui</i>». Quand il est arrivé, nous avons donc organisé un diner de présentation, et je lui ai légué ce soir-là le brassard de capitaine. C'était un signe de bienvenue, un geste fort. <br/><br/><strong>Mais vous avez été le joueur qui a porté le plus de fois le brassard de capitaine à Boca Juniors. Vous étiez expérimenté, un ancien du groupe, soit tout le contraire de Maradona...</strong>J'ai considéré qu'il était important que Diego se sente soutenu. Ca le mettait dans l'obligation de tout donner, de s'investir au maximum pour ses partenaires et pour ce grand club qu'est Boca. Il faut par ailleurs savoir que les adversaires qui jouaient contre Boca étaient surmotivés, pour eux c'était le match de l'année. Donc voir Maradona, le meilleur joueur de l'époque avec le maillot de Boca, ça les surmotivait "encore plus". Au début, le Boca de Maradona a eu un peu de mal, car tout le monde voulait notre peau. Ca n'a pas été un avantage que de l'avoir, contrairement à ce que l'on pourrait croire. Les mecs en face se dépouillaient pour ne pas être ridicules, donc ils couraient 10 fois plus que contre n'importe quel autre club du pays.<br/><br/><strong>Et ils étaient comment les adversaires avec Diego ?</strong> Ils étaient toujours à deux sur lui. A vrai dire, ils se faisaient recoudre les jambes à chaque match. Le trouver sur un terrain, c'était quasiment impossible, car il était toujours suivi par un mec. Au début, comme je vous ai dit, ça a été un peu difficile pour lui. Il avait été exposé médiatiquement, les gens connaissaient son talent depuis Argentinos Juniors, ce n'était plus une surprise. Aussi les adversaires voulaient se le faire ! Ils voulaient rentrer chez eux et dire «<i>T'as vu ce que j'en ai fait de Maradona ?!</i>». A l'époque, nous avions Miguel Angel Brindisi, un autre phénomène. Il a profité du fait que toute l'attention était fixée sur Diego pour briller, ça a d'ailleurs été le joueur le plus performant de la saison. Diego était plus talentueux, mais vous savez comme moi que le talent ça rend envieux, et les adversaires le lui faisaient comprendre. Les deux se sont néanmoins avérés fondamentaux dans cette équipe.<br/><br/><strong>Et vos relations avec Maradona ?</strong> On a eu un petit accrochage au début. Diego ne comprenait pas pourquoi je ne lui donnais jamais le ballon. Il pensait que je lui en voulais d'avoir pris le brassard. Mais la réalité, c'est qu'il était toujours chargé ! Je ne pouvais jamais lui passer la balle ! Lors d'un match, il s'est aperçu que plusieurs fois j'avais eu l'intention de lui donner la balle, mais j'avais préféré une autre option. Moi je voulais le protéger, car il y a des gars qui étaient vraiment violents avec lui. A la fin d'un match, il est venu me voir : «<i>Tu as quelque chose contre moi ?</i>». Je lui ai répondu qu'il était toujours chargé par deux types, et là il s'est excusé : «<i>Ok, à partir de maintenant, tu me passes la balle, tu me fais confiance, et tu vas voir comment je vais tous les éliminer !</i>». Et effectivement il a appris à se débarrasser du marquage de ses vis-à-vis. Cette discussion lui a permis de progresser. En début de saison, il avait eu aussi un peu de mal car il était blessé à la ceinture. Il jouait sous infiltration. Mais quand il a récupéré tous ses moyens physiques, il a pu exprimer toute l'ampleur de son talent.<br/><br/><strong>Il avait un très gros caractère à l'époque ?</strong> Ce n'était pas un petit chef, il était jeune et assez timide. Il préférait s'exprimer sur le terrain, c'est là que c'était le vrai patron. Il n'a jamais pris la grosse tête, en tout cas à Boca. Il ne s'est jamais pris pour le plus fort, c'était juste un joueur parmi les autres. <br/><br/><strong>Que représentait Boca pour lui ?</strong> A son arrivée, il m'a parlé de ce que ça représentait pour lui. C'était un rêve devenu réalité. Je pense qu'il aurait aimé rester à Boca Juniors encore quelques années, il aime ce club. Un jour il m'a avoué que «<i>la bande jaune du maillot pesait beaucoup</i>». Pour lui c'était une grosse responsabilité de jouer à Boca. En un an et demi, il a fait beaucoup pour ce club, d'ailleurs c'est lui qui nous permet de gagner le championnat dans un match très important contre Ferrocaril Oeste, à la fin de la compétition. Ce jour-là, on gagne 1-0 à la Bombonera grâce à un caviar de Maradona pour Perotti, qui avait mis le seul but du match. C'est le tournant du championnat.<br/><br/><strong>Maradona a-t-il loupé des matchs avec Boca Juniors ?</strong> Non il a toujours été à un niveau exceptionnel. Les treize premiers matchs, c'est vrai, il était à 50%, mais pour nous, il continuait à être important. Même avec la moitié de ses capacités physiques, il était meilleur que tout le monde.<br/><br/><strong>Comment le faisait jouer Marzolini ?</strong> Il jouait sur le flanc gauche, et au cours du match, il permutait avec Miguel Angel Brindisi. Il aimait repiquer dans l'axe, un peu comme Ronaldinho avec le Barça, mais il n'était pas encore un vrai meneur de jeu, même si c'est par lui que passaient presque toutes les actions. Il y a des matchs où Brindisi finissait au milieu, et Maradona en attaque. Il a beaucoup progressé devant le but à cette période, c'est devenu un tueur.<br/><br/><strong>Il semblait que Marzolini ne s'entendait pas avec Maradona ?</strong> Non, ce n'est pas vrai. C'est un montage de la presse. Elle affirmait que c'était le talent individuel qui donnait des résultats, mais pas son talent. A vrai dire, une équipe qui compte dans ses rangs Maradona, elle court toute seule, on était bien huilés.<br/><br/><strong>Qu'est-ce qu'il a appris à Boca qu'il ne connaissait pas Argentinos Juniors ?</strong> Il a appris à souffrir pour progresser. Il a appris l'auto-exigence, et à supporter la pression d'un grand club. Sur le terrain, je pense qu'il a beaucoup amélioré sa vision du jeu, mais aussi son dernier geste, notamment devant le but. Et puis c'est ici qu'il a commencé à avoir cette rage de vaincre. Je me rappelle qu'il restait toujours plus d'une heure avec moi après la fin des entrainements. Moi je faisais des exercices physiques, et lui il jouait avec la balle, il essayait des dribbles, il s'entrainait pour les coups de pieds arrêtés, les coups francs. C'était un gros bosseur.<br/><br/><strong>S'il avait joué pour River Plate, il serait devenu le Maradona qu'on connaît tous ?</strong> Maradona était identifié à Boca Juniors. Il était du côté des pauvres, or River est le club des riches, des millionnaires, c'est d'ailleurs comme ça qu'on les surnomme. Au début c'est River qui le voulait, mais Maradona, lui, la seule chose qu'il voulait c'était jouer à la Bombonera.<br/><br/><strong>Vous gardez un souvenir particulier d'un match de Maradona sous le maillot de Boca ?</strong> Il était impressionnant à tous les matchs. Mais il y a eu un Boca-River exceptionnel. Il adorait les Superclasicos, car c'est dans les grands matchs qu'il était le plus incroyable. Ce jour-là, il avait dribblé Fillol, le gardien de but de la sélection argentine, puis il avait attendu Tarantini (Champion du monde 78) sur la ligne de but. Il lui a mis un crochet, avant de mettre la balle au fond. C'était tout simplement impressionnant !!! Ca a été son meilleur match avec Boca.<br/><br/><strong>Vous vous rappelez le jour de l'annonce de son départ ?</strong> Franchement, plus on s'approchait de la fin du championnat, et plus on savait que le départ de Maradona approchait. Il était tellement fort que c'était impossible économiquement pour Boca de le retenir. Je suis venu lui parler pour le convaincre de rester un peu plus, tout le monde voulait qu'il reste, mais c'était égoïste de notre part. Ce que lui proposait Barcelone, c'était du jamais vu à l'époque. Moi je crois que Boca a fait une erreur en "louant" Maradona à Argentinos Juniors. Une "location" qui avait coûté 4 millions de dollars, mais si les dirgeants xeneize l'avaient véritablement acheté à son club formateur, peut-être qu'il serait resté plus longtemps avec nous.<br/><br/><strong>C'étaient quoi ses occupations en dehors du football ?</strong> Lui, c'était le sport avant tout. Il était énorme avec une raquette de ping-pong à la main. Il pouvait passer des heures à y jouer. Personne ne le battait. S'il n'avait pas été champion du monde de football, je crois qu'il serait devenu champion du monde de ping-pong. Il aimait aussi le tennis, le basket, et le golf. Il avait un physique pour tout faire de toute façon.<br/><br/><strong>Dans le centre de la Candela, Maradona raconte qu'il passait des très bons moments. C'était comment ?</strong> C'était comme une maison de loisirs. La Candela, c'est là où on se concentrait avant les matchs, on dormait là-bas, on se faisait à manger, on écoutait de la musique et on parlait de tout et de rien. Diego était celui qui insufflait le plus de vie au groupe.<br/><br/><strong> <i>Propos recueillis par John Player Special et Lex Gonzo</i> </strong>]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Maradona selon Juan Ernesto Simon]]></title>
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Juan Ernesto Simon, ancien Xeneize, libéro décroché de l'AS Monaco et de l'Argentine en 90. Un gars qui déchirait et jouait 25 mètres derrière sa défense...

«Dire que Maradona est le plus grand joueur que j'ai vu, c'est une évidence. Mais sincèrement, je n'ai jamais vu quelqu'un faire ce qu'il faisait. En 1979, on avait pourtant de sacrés talents. C'est d'ailleurs pourquoi je pense que c'est une des plus grandes équipes qu'il y ait eu car il y avait plein de joueurs très doués et il y avait&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Juan Ernesto Simon, ancien Xeneize, libéro décroché de l'AS Monaco et de l'Argentine en 90. Un gars qui déchirait et jouait 25 mètres derrière sa défense...</strong><br/><br/>«Dire que Maradona est le plus grand joueur que j'ai vu, c'est une évidence. Mais sincèrement, je n'ai jamais vu quelqu'un faire ce qu'il faisait. En 1979, on avait pourtant de sacrés talents. C'est d'ailleurs pourquoi je pense que c'est une des plus grandes équipes qu'il y ait eu car il y avait plein de joueurs très doués et il y avait Diego. Il était très au-dessus du lot. Il était pro depuis plus de 3 ans, il avait déjà été à plusieurs reprises chez les A, et aurait dû être champion du monde en 1978. Et pourtant, malgré ça, il s'est pleinement investi dans le Mundial juniors de 1979. Sincèrement, aujourd'hui, je ne connais pas beaucoup de joueurs qui, ayant le statut qui était le sien en 1979, reviendraient mort de faim en sélection juniors. C'était un leader sur le terrain mais aussi en dehors. En même temps, il était très simple alors que son statut n'avait déjà rien à voir avec le notre. Rien à voir avec la diva que certains fantasment. Il s'impliquait pleinement dans la vie du groupe. D'ailleurs, dans les chahuts, c'était aussi un meneur». <br/><br/>«En 1990, quand je suis revenu en sélection pour le Mondiale en Italie, j'ai retrouvé le même Diego. Toujours espiègle, toujours simple, toujours impliqué alors que c'était carrément devenu un dieu vivant. Mais ce que je peux dire, c'est qu'il y a plein de matches qu'il n'aurait pas dû jouer. On le voyait très peu à l'entraînement. Il venait mais il faisait un travail léger, à part. Il avait la cheville gauche qui avait triplé de volume. Il ne pouvait pas marcher parfois. Et pourtant, il allait sur le terrain. Beaucoup l'ont trouvé intermittent durant cette coupe du monde. Mais moi, pour avoir vu de quoi il souffrait, je peux dire que ses performances étaient presque plus impressionnantes qu'en 1986 où il était en pleine possession de ses moyens. Demandez aux Brésiliens, demandez aux Italiens ! Il a sorti presque les deux meilleures équipes du Mondiale à lui tout seul. Il a juste buté sur la troisième, l'Allemagne, et on sait pourquoi. On oublie parfois que son match contre l'Italie a été énorme. En prolongations, c'est lui qui nous a donné l'ascendant sur la Squadra. J'ai d'ailleurs une anecdote sur l'avant-match. On venait d'éliminer la Yougoslavie en quarts de finale aux tirs au but. Un match intense qui s'était joué à rien. Pourtant, les premiers mots de Diego en revenant au vestiaire n'ont pas été en rapport avec ce match au couteau. Il a tout de suite parlé de l'Italie. «<i>Vous allez voir, je vais diviser l'Italie en deux. Je vais faire en sorte de Naples ne puisse pas choisir. Et on va passer</i>». J'ai trouvé ça absolument fou. Nous, on était encore à savourer notre qualif, lui était déjà en demi-finale. C'était son match. Comme le match contre l'Angleterre en 1986. Je crois que ce match contre l'Italie, il le voulait plus encore que la finale».<br/><br/>«Vous savez, Maradona est un dieu chez nous. Pour Maradona, c'est vraiment cette dimension-là. Les mauvaises choses qui lui sont arrivées ? Mais il n'a fait de mal à personne sauf à lui-même. Et il a beaucoup plus apporté à l'Argentine que n'importe qui. C'est pour ça qu'on ne retient rien d'autre. D'ailleurs, nous Argentins, ne permettons à personne de critiquer Diego. On n'a pas le droit. Lionel Messi ? Ça deviendra un très grand joueur. Mais ça ne sera jamais Diego. Il ne peut pas atteindre cette dimension et personne ne le lui demande. En Argentine, on n'attend pas de lui qu'il soit un nouveau Mardona car nous, nous savons bien que c'est impossible. Et Messi a raison de se débarrasser de cette étiquette. En plus, d'un point de vue football, les temps ont changé. Aujourd'hui, Messi est davantage un milieu excentré qui évolue dans un schéma précis. Maradona était davantage meneur de jeu, omniprésent. Ce n'est pas comparable. Et je crois sincèrement que Diego était capable de bien plus de choses que Messi. Bien plus de choses que n'importe qui, en fait....»<br/><br/><strong> <i>Propos recueillis par Dave Appadoo</i> </strong>]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Entretien avec Carlos Quenan]]></title>
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Carlos Quenan est de la même génération que Maradona. Sa jeunesse a été rythmée par les derbys entre le Racing Club de Avellaneda (son club de coeur) et Independiente mais c'est pour sa capacité à jongler avec les chiffres qu'il a conquis l'Europe : économiste, maître de conférences à l'Institut des hautes études de l'Amérique latine (Paris-III), il est aussi en charge de son sous-continent natal au service recherche de la banque Natixis.

Comment Maradona est-il perçu par les milieux d'aff&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Carlos Quenan est de la même génération que Maradona. Sa jeunesse a été rythmée par les derbys entre le Racing Club de Avellaneda (son club de coeur) et Independiente mais c'est pour sa capacité à jongler avec les chiffres qu'il a conquis l'Europe : économiste, maître de conférences à l'Institut des hautes études de l'Amérique latine (Paris-III), il est aussi en charge de son sous-continent natal au service recherche de la banque Natixis</strong>.<br/><br/><strong>Comment Maradona est-il perçu par les milieux d'affaires ? Comme l'"opium du peuple" - donc une aubaine - ou comme l'"ennemi du grand capital" - donc une menace ?</strong> Maradona est plus qu'une idole : c'est une icône. Sa popularité dépasse le cadre du football. Elle est unanime, traverse tous les secteurs sociaux. C'est un sous-produit - tout à fait particulier certes - mais un sous-produit quand même de la passion généralisée pour le foot en Argentine. <br/><br/>Donc on pourrait effectivement considérer que le football en général et Maradona en particulier "détournent" les gens des vrais problèmes, à l'instar du personnage du film <strong> <i>El camino de san Diego</i> </strong> qui est en situation précaire et qui passe son temps à penser à Maradona. Mais ce serait très réducteur de voir le phénomène Maradona sous cette seule optique.  <br/><br/>Il y a l'aspect opium du peuple, certes, mais il incarne aussi l'aspect revendication, critique de ce qui est bon ou de ce qui n'est pas bon : en Argentine, quand les gens sont mécontents, et évidemment a fortiori lors d'un match de foot si celui-ci n'est pas de bonne qualité, ils crient «<i>Maradooo, Maradooo..</i>». D'une façon assez diffuse ceci peut vouloir dire «<i>Donnez-nous quelque chose de bon, respectez nos droits, on a payé, on veut du spectacle !</i>» même s'il faut se garder d'extrapoler ce type de réactions au-délà du domaine sportif... <br/><br/>Par ailleurs, il y a effectivement les prises de positon du Maradona post-footballeur, celui qui arbore des tatouages de Fidel, de Che Guevara, qui prend position en faveur de Cuba, contre les Etats-Unis et l'administration Bush, participe à une grande manifestation contre le sommet des Amériques de novembre 2005 en Argentine, se rend en juin 2007 inaugurer la dernière édition de la Copa América au Venezuela avec Hugo Chavez... Mais ce positionnement n'est pas considéré comme une menace par les milieux d'affaires ni par qui que se soit car il reste assez "symbolique". Autrement dit, Maradona ne participe activement à aucun mouvement politique.<br/><br/>
<strong>Lorsqu'il était joueur, Maradona était déjà "anti-système"...</strong> Il a été intégré au système mais il n'a pas forcément poussé les bonnes portes...Il a frayé avec la mafia, d'une certaine manière il a eu une évolution à la Sinatra... Il est issu des quartiers défavorisés, marginalisés, et ses amis, ses proches, qui n'apparaissaient comme pas très fréquentables, il les a toujours gardés. Ils venaient le voir par dizaines à Barcelone ou à Naples ! <br/><br/>Kusturica a dit que Maradona est un semi-dieu mais qu'il demeure accessible, que si on le croise dans un café, on n'hésitera pas à l'inviter prendre un verre. En fait, il est considéré comme le joueur du siècle avec Pelé mais il ressemblerait plutôt à Garrincha : issu d'un milieu social très défavorisé, tendance aux excès, etc..C'est aussi pour cela qu'il inspire les artistes. Il est moins perçu comme un sportif que comme quelqu'un qui a excellé dans une discipline, un art pourrait-on dire. <br/><br/>Il incarne la beauté du geste, une certaine pureté du football. C'est un personnage béatifié d'une façon païenne...Quand la Mano Negra chante «<i>Santa Maradona priez pour moi</i>», ils critiquent d'une certaine façon les marchands du temple, Berlusconi etc, qui ont fait du football un business, mais aussi le football des "briseurs de tibias". <br/><br/>L'ancien entraîneur de la sélection Menotti avait dit que Maradona était un peu la synthèse du football argentin, qu'il exprimait tous les éléments de l'entité génétique du football argentin : habile, technique, malin, parfois tricheur...Il avait tous ces éléments concentrés et exprimés en plus de manière artistique. <br/><br/>Certains ont repris cette formule, sociologues, psychologues, pour élargir ces caractéristiques à toute la population du pays...En Argentine, même si c'est à la marge, le football en général est un prisme intéressant à travers lequel on peut comprendre beaucoup de choses... D'abord de par son importance comme enjeu de société, médiatique, économique ou politique, mais aussi en quelque sorte par sa capacité à reprendre les autres éléments de la culture, et à les intégrer. Par exemple, notre façon de jouer a des éléments communs avec le tango, comme celle des Brésiliens avec la samba. Chez nous c'est moins joyeux, plus tragique... <br/><br/><strong>Justement : dans quelle mesure le destin de Maradona peut-il être considéré comme une métaphore de l'évolution récente de l'Argentine ?</strong> Un aspect très important chez Maradona, c'est précisément la dimension tragique de sa destinée, sa déchéance, les contradictions du personnage, sa tendance à l'autodestruction... <br/><br/>C'est donc aussi une icône tragique, ce qui ne fait que consolider le fait qu'il soit dans l'imaginaire collectif quelqu'un d'à part. On peut établir un certain parallélisme, et certains analystes l'ont fait, entre Maradona et l'évolution de l'Argentine. <br/><br/>L'Argentine est un ancien pays émergent qui a connu une grande prospérité pendant la fin du XIXe et les premières décennies du XXe siècle. On peut même considérer que ce pays était vers le milieu du siècle dernier plus avancé qu'une bonne partie des pays européens : il avait un certain développement industriel et un haut degré d'urbanisation, des classes moyennes fortes, l'analphabétisme était faible et le niveau de formations des ressources humaines bon...Depuis les années 1970 environ, l'Argentine est en déclin avec ce grand moment de recul et de détresse qu'a été la grande crise de 2001-2002. <br/><br/>Même s'il y a eu un redressement économique depuis, les traces de ce declin sont très présentes : augmentation de la pauvreté, de la marginalité et des inégalités, recul du poids de l'Argentine dans le monde : les Pumas, par exemple, n'intéressent toujours pas vraiment les instances internationales du rugby, moins en tout cas que le Japon, l'Asie, voire le marché nord-américain ; l'Argentine a organisé des grand prix de F1, ce n'est plus le cas, et ce ne le sera pas avant un petit moment.... Donc, d'une certaine manière, on retrouve une certaine "similitude de trajectoires" avec l'ascension soudaine du Pibe de oro, son moment de gloire à Naples et à la Coupe du monde 1986 et ce qui s'est produit après... <br/><br/>Maradona fait donc partie de cette nostalgie du passé, et même si je lui souhaite de vivre vieux, tout le monde sent que c'est quelqu'un qui a plus de passé que d'avenir, qu'il a déjà donné le meilleur de lui-même, à seulement 47 ans... <br/><br/><strong>... Et l'on se dit que c'est un sacré gâchis. Un peu comme l'Argentine, au fond...</strong> Oui, mais s'il y a eu un déclin en Argentine ce n'est pas seulement parce qu'il y a eu des gouvernements mauvais, des administrations défaillantes, c'est aussi dû à une incapacité à être plus pragmatique, plus responsable, plus mature, plus démocratique aussi, au sens cityenneté. <br/><br/>Ménem, critiqué de toutes parts maintenant pour son néolibéralisme ou la corruption, il a été réélu ! Donc les apparences de prospérité que l'on a connues sur le moment ont suffi à gommer ces aspects que tout le monde critique aujourd'hui...Il y a donc une responsabilité de tous, même si je ne mets pas dans le même panier les puissants, les plus informés, et le petit peuple... <br/><br/>Maradona fait partie de cette problématique, de cette société, et il exprime quelque part aussi ce déficit de citoyenneté, de participation, de rationalité... Je ne suis pas de ceux qui pensent que c'est mauvais d'être entier, passionné, tout le monde a des pulsions passionnelles, ça peut être un atout, regardez les Pumas, ils jouent un rugby de passion, d'"amateurs"...Bien entendu, heureusement, on n'en reste pas là, et tant au niveau de l'évolution globale du pays que du football il y a des projets d'avenir. Et sur le plan du football, les aficionados rêvent, parfois de manière un peu précipitée, de l'apparition d'un nouveau Maradona. <br/><br/><strong>Peut-on aller jusqu'à dire que Maradona et  l'Argentine souffrent des mêmes maux ?</strong> On ne saurait dire, sans risquer de tomber dans un simplisme extrême, que Maradona et l'Argentine souffrent des mêmes maux. Mais, si l'on continue à se situer sur le terrain des métaphores, il y a sans doute un rapport à faire entre Maradona et ce que symbolise l'Argentine : ce pays apparaît comme très difficile à comprendre - souvent plus que d'autres pays en développement - en raison du contraste qu'il y a entre ses potentialités en termes de ressources naturelles et humaines et les résultats obtenus en termes de développement économique, social et politique. <br/><br/>Beaucoup d'analystes ont souligné que l'Argentine partage un certain nombre de caractéristiques communes avec l'Australie, la Nouvelle Zélande, le Canada...mais il n'a pas connu le même fatum que ces pays. <br/><br/>Ce caractère un peu déconcertant de ce pays, ce contraste entre les ressources existantes et les résultats, entre ses "lumières" (par exemple le développement récent d'un cinema de haute qualité) et ses "ombres" (dictatures sanguinaires, développement décevant...) est symbolisé à sa manière par Maradona. <br/><br/>Chez lui, en permanence, il y a le côté lumineux et le côté obscur, qui peuvent être concentrés dans le même match : la main de Dieu - même s'il y a un coté artistique dans le geste, il s'agit d'une faute... - et le but du siècle, tout ça s'est passé dans le même match...<br/><br/><strong> <i>Propos recueillis par Vincent Riou</i> </strong>]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Entretien avec Hector « el negro » Enrique]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/entretien-avec-hector-el-negro-enrique-103129.html]]></link>
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		<dc:date><![CDATA[2008-01-07T15:59:00Z]]></dc:date>
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Ancien joueur de Lanus et River Plate, Henrique a évolué aux côtés de Francescoli chez les Millionarios. En 86, il gagne le championnat, la Libertadores et l'Intercontinentale en club et la coupe du monde avec l'Argentine. Il est l'auteur de la fameuse passe décisive sur le but de Maradona contre les Anglais. Une passe qu'il avait alors définie comme un «caviar». Aujourd'hui Hector Enrique s'occupe de ses patates et de son potager, et se contente du titre de joueur le plus apprécié d'Argenti&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Ancien joueur de Lanus et River Plate, Henrique a évolué aux côtés de Francescoli chez les Millionarios. En 86, il gagne le championnat, la Libertadores et l'Intercontinentale en club et la coupe du monde avec l'Argentine. Il est l'auteur de la fameuse passe décisive sur le but de Maradona contre les Anglais. Une passe qu'il avait alors définie comme un «<i>caviar</i>». Aujourd'hui Hector Enrique s'occupe de ses patates et de son potager, et se contente du titre de joueur le plus apprécié d'Argentine, après Diego Maradona...</strong><br/><br/><strong>Votre meilleur souvenir de cette équipe 86 ?</strong> Plein, à commencer par notre départ de l'aéroport, il n'y avait personne, uniquement nos familles, puis une fois là-bas, au Mexique, on a commencé à se connaître, à vivre ensemble, à devenir forts. On regardait un peu les autres équipes et on s'est vite dit qu'aucune n'était plus forte que la notre. De plus on avait avec nous la plus belle arme, le Diego. <br/><br/><strong>Vous vous connaissiez déjà avec Diego ?</strong> Non, la première fois que j'ai joué contre lui c'était lors d'un match amical contre nous, River, en 84, match nul 0-0. C'était un joueur incroyable, mais ce n'est à la rigueur même pas la peine de le dire, ça tout le monde le sait, le joueur tout le monde le connaît. Ce qui est le plus important, c'est ce qu'il est en tant que personne. Nous, quand on était au Mexique, le Diego, c'était l'idole totale, pour la presse et pour les gens, mais lui avec nous, c'était juste un joueur de l'équipe, il prenait le maté avec nous, il discutait avec nous, il mangeait avec nous, nous étions un groupe soudé, toujours tous ensemble et lui toujours avec nous. Il partageait d'ailleurs nos blagues. <br/><br/><strong>Quel genre de blagues ?</strong> Par exemple, moi j'avais l'habitude de me cacher pour lui faire peur. Un jour, j'étais avec le "Checho" Batista, il était tard, tout le monde dormait, et on savait qu'il se levait la nuit pour aller chercher à manger - tout ce qu'il pouvait prendre, il le prenait. Moi je dis au "Checho" : «<i>Viens on va lui faire peur !</i>» Donc on l'a suivi en douce et d'un coup on lui a éteint la lumière de la cuisine. On était cachés, et on lui disait «<i>Bah alors Diego, qu'est-ce qui t'arrive ? Tu cherches quelque chose ? Tu trouves rien ?</i>», il s'enfilait souvent des sandwichs au jambon cuit ou à la mortadelle. Lui il disait dans le noir : «<i>Negro, je sais que tu es par là...</i>». Je ne le connaissais que depuis quelques semaines, mais je lui faisais des blagues comme aux autres joueurs de l'équipe. <br/><br/><strong>Et il y a cette passe décisive pour lui offrir le but face aux Anglais ?</strong> Oui ! Je lui ai dit «<i>Tu peux me remercier pour cette passe</i>», si je ne lui donne pas le ballon, il ne marque jamais ce but ! C'est la réalité non ? Mais lui m'a remercié vraiment, dans son livre <strong>Yo soy el Diego</strong>, il a écrit «<i>Merci pour ta passe décisive</i>». <br/><br/><strong>Il souffrait de son image publique ?</strong> Le Diego n'a jamais eu de vie privée, Diego ne peut pas faire les choses que je fais par exemple, il sort dans la rue et tu as 10 000 personnes autour de lui dans les minutes qui suivent. Il ne pouvait pas aller prendre un café, il y a tant de choses qu'il n'a jamais pu faire. Je me rappelle que lors d'un match de préparation pour la Coupe du monde 86, en Colombie, à peine descendu de l'avion, le seul joueur qui existait pour la presse, c'était Maradona. Moi je m'en foutais, j'aime pas parler mais parfois ça nous arrivait d'en rire et de dire «<i>Hey nous aussi on est là ! Ca nous arrive même de jouer dans son équipe !</i>». <br/><br/><strong>Ca le gênait d'accaparer toute l'attention ?</strong> Si ça le gênait ? Ah non, et puis il en était bien conscient, il était celui qui jouait le mieux et à ce titre il était l'idole. <br/><br/><strong>L'équipe existait-elle sans lui ?</strong> Oui, et je vais même te dire quelque chose, et ce n'est pas de la provocation, je crois que cette équipe aurait été championne du monde même sans Diego Maradona. Ca n'aurait sans doute pas été le même jeu, et ça aurait peut-être été plus difficile, mais on y serait parvenu. C'était une équipe très complète, un gardien rassurant, une défense organisée, le milieu de terrain, en plus d'être très travailleur était très technique, nous, on n'imitait pas les Européens. Bon c'est sûr que la magie de Maradona nous permettait de liquider les matchs, comme contre la Belgique par exemple, ou l'Angleterre. Le simple fait d'être dans la composition de l'équipe faisait transpirer l'équipe adverse. <br/><br/><strong>Tu as joué avec Francescoli à River, quelles différences avec Maradona ?</strong> Rien à voir, deux grands joueurs, mais rien à voir. Personne n'a jamais égalé Diego. Il n'y aura plus jamais de joueur comme lui. On parle de Messi, c'est un vrai grand joueur, sans doute le meilleur du monde actuellement, mais je l'ai rencontré le Pibe et je lui ai dit : «<i>Ce n'est pas une mauvaise chose que les gens, la presse, te comparent à Maradona, non la mauvaise chose ce serait que toi tu te prennes pour Maradona</i> ».<br/><br/><strong>Qu'a-t-il répondu ?</strong> «<i>Oui, tu as raison!</i>». Tu sais ce gamin, il a les pieds bien sur terre.<br/><br/><strong>Qu'est-ce qu'a Diego, qu'on ne retrouvera jamais chez un autre ?</strong> Lui il te résolvait le match à lui tout seul, il savait porter l'équipe sur ses épaules. Lui, il t'enlevait une pression énorme pendant les matchs, quand les choses se compliquaient, on lui donnait le ballon et il s'occupait du reste, il simplifiait tout, il savait tempérer un match, ou imprimer du rythme quand il fallait. <br/><br/><strong>Un match en particulier ?</strong> Celui contre l'Angleterre est assez parlant, on gagne 2-0, ils reviennent à 2-1, ils étaient proches de l'égalisation, et lui a naturellement pris le ballon, il le conservait, il pausait le jeu quand il fallait, c'est que nous étions une équipe offensive, mais lui savait nous réguler, et ça c'est très important.<br/><br/><strong>C'était un capitaine qui parlait beaucoup ? Qui motivait ?</strong> Je n'ai pas trop de souvenirs de ce genre de choses, chacun de nous savait ce qu'il avait à faire, chacun connaissait sa partition, je n'ai pas le souvenir qu'il commandait beaucoup, bon comme on courait énormément, on n'avait pas le temps de parler, quand on ne courait pas, on se reposait. Mais il n'y avait aucun doute sur sa motivation, tout le monde savait que c'était le Mondial de Diego. Il fallait le voir à l'entraînement, tout donner, à fond...<br/><br/><strong>Ruggeri nous expliquait qu'il avait un entraîneur personnel ?</strong> Oui, Fernando Signorini, ou un nom comme ça, oui, ils travaillaient surtout les étirements et faisaient beaucoup d'abdominaux, il se préparait comme un dingue. Mais je vais te raconter une histoire, parce que cette équipe était incroyable de rigueur. Bilardo ne voulait pas d'étirements pendant l'entraînement, pour lui l'entraînement c'était le football, il fallait par conséquent les faire avant ou après. Donc le matin, on s'habillait, on prenait notre petit déjeuner, et on filait au terrain d'entraînement, et là on arrivait sur le pré et qui était là, seul à s'étirer ? Valdano. Le seul à s'étirer, Valdano. Une fois l'entraînement terminé, qui restait pour s'étirer ? Valdano. Tout ça pour dire qu'on se mettait au diapason, on n'était pas ignorants de ce qui se jouait. Ca va être difficile pour l'Argentine de retrouver une équipe comme la notre. <br/><br/><strong>Tu as ressenti de la pression ?</strong> Jamais, à aucun moment. Je vais te dire, si tu me demandes de faire l'interview en anglais, là je vais avoir de la pression parce que je ne saurai pas faire, mais le ballon, je connais, je sais faire. Sur le moment je ne me rendais pas compte de l'engouement, ça je l'ai compris une fois de retour en Argentine. <br/><br/><strong>La figure de Maradona paralyse-t-elle l'avenir du football argentin ?</strong> Non. Maradona on ne l'oubliera jamais, et il ne faudra jamais l'oublier, personne ne pourra de toute façon jamais l'oublier, même si on le veut. Pourquoi est-ce que ça paralyserait ? Moi j'étais sur le terrain je le voyais être le premier à faire le pressing, à aller tacler, il allait arracher le maillot des adversaires quand on n'avait pas le ballon, et si tu vois le génie du football faire ce travail-là, ça te fait réfléchir ! Diego il jouait avec la cheville en miettes, il avait mal, il recevait des coups de partout, mais il allait toujours de l'avant, toujours. Lui ce qu'il voulait, c'était gagner en jouant bien au football. Et tu peux me croire, c'est très difficile de terminer champion en jouant bien. L'exemple de la sélection de 90 l'illustre bien, on a terminé vice-champions en jouant mal et le champion était encore plus mauvais. Diego, c'est plutôt l'imiter qu'il faut faire pour assurer l'avenir de notre football.
	<br/><br/><strong>Diego à l'entraînement ?</strong> Incroyable. Moi, au départ j'étais remplaçant. Là on fait un match, titulaires contre remplaçants, évidemment Diego joue dans l'équipe d'en face et moi je suis à son marquage. Je vais te dire, il nous a marqué le même but qu'il planta aux Anglais quelques semaines plus tard. Il courait sur sa droite, moi j'arrive sur sa gauche en me disant, il ne m'a pas vu, du moins je croyais qu'il ne m'avait pas vu, là il me met un crochet en changeant brusquement de direction avec son extérieur du gauche, c'était impossible de lui enlever le ballon, un tel génie du jeu. Jamais, jamais il n'y en aura d'autre. <br/><br/><strong>La première fois que tu l'as vu ?</strong> Je m'en rappelle très bien, c'était sur le terrain de Lanus, il avait 16 ans, et jouait pour Argentinos Juniors. Et déjà là il m'avait interpellé. Le score, 1-1, c'est lui qui a marqué pour son équipe. Le voir jouer était un vrai plaisir. Il faisait la différence tout seul, 16 ans, il avait 16 ans. Moi je dis que si on met Maradona dans le football actuel, il serait mille fois, pas cent fois hein, non mille fois le joueur qu'il a été. Aujourd'hui, un type fait un petit pont et l'image fait le tour de la planète, mais avant n'importe qui en faisait, la technique se perd peu à peu. <br/><br/><strong>Avoir joué avec Diego, dans cette équipe, c'est votre plus grande fierté ?</strong> Oui. Une équipe formidable en qui personne ne croyait. En Argentine, ce n'est même pas qu'ils nous insultaient, ils riaient. Et moi je préfère qu'on m'insulte plutôt qu'on se foute de ma gueule. Maradona, on peut pas vraiment dire que ça se passait bien pour lui, la star, c'était Passarella, c'est lui qui nous avait qualifiés, et Bilardo jouait sa tête. Mais Bilardo lui a donné le capitanat, il lui a donné la confiance dont il avait besoin. Moi, il m'a convoqué juste avant le Mondial, je n'ai pas participé aux éliminatoires. Je me rappelle que dès 83, je suis transféré de Lanus à River, et je suis mauvais, mais comme une merde hein, mauvais comme c'est pas possible. Les gens m'insultaient, fallait voir ça, «<i>Casse toi ! Retourne à Lanus ! T'es un désastre !</i>». Mais Bilardo fait le choix de m'emmener avec les - de 23 ans pour le tournoi International de Toulon, au terme duquel on finit seconds. Là il me prend entre quatre yeux et il me dit : «<i>Toi t'es venu ici pour apprendre, tu viens ici pour voir comment on mange, comment on s'entraîne, qui sont tes coéquipiers, bref tu viens voir comment vit une sélection. Tu seras remplaçant mais tu n'entreras jamais. Tu n'entreras jamais</i>». Donc j'aurais pu y aller comme je suis habillé aujourd'hui, en survet'. Mais moi je ne comprenais pas, je me disais «<i>Mais il est fou, qu'est-ce qu'il veut ? Quel intérêt</i>» ? J'ai eu la réponse trois ans plus tard, il m'a convoqué pour le Mondial. Alors que je n'avais jamais joué pour l'Argentine. Lui aussi un génie, il avait tout préparé des années avant. C'est ma grande fierté, avoir joué avec Maradona, pas tout le monde hein, et avoir été champion du monde avec lui, pas tout le monde non plus...<br/><br/><strong>Tu as d'autres anecdotes ?</strong> Une fois, pendant la coupe du monde, j'étais dans sa chambre, qu'il partageait avec Pasculi, sachant que j'allais souvent dans leur chambre et que j'y restais, je ne voulais pas partir, j'étais proche du Diego, et lui qui venait vers moi «<i>Bon Negrito, va falloir partir maintenant... Faut te coucher...</i>». Mais moi j'étais le plus heureux des hommes. Tu sais les gens disent souvent «<i>Mais si je vois Maradona, je me mets à pleurer</i>». Et c'est vrai pour moi qui ai été son coéquipier ; ce que toi tu ressens quand tu le vois jouer, moi je le ressens quand je le vois. Sa seule présence impacte, c'est impressionnant, il faut le voir. <br/><br/><strong>Comment ça s'explique ?</strong> C'est comme ça, c'est sa personnalité. Certains disent «<i>Mais ce type ce n'est pas un exemple !</i>». Moi l'exemple de mes enfants, c'est moi et leur mère. Ici, en Argentine, on a coutume de dire que si ton enfant tourne mal, c'est de la faute de la maîtresse ou de Maradona. Tu comprends ? Mais bon...Diego ça n'a jamais été un politique qui n'a pas tenu ses promesses, lui, la seule chose qu'il a faite, c'est jouer au ballon, et très bien, donner du bonheur à énormément de monde, et être le footballeur le plus célèbre de la planète.<br/><br/><strong>Tu as toujours des contacts avec lui ?</strong> Oui bien sûr, on se téléphone souvent. Je vais à tous ses anniversaires, il m'aime autant que je l'aime. A chaque fois qu'il va à la télé, il parle de moi en bien. Lors de son dernier anniversaire, il me dit : «<i>Negrito, quand est-ce que tu m'invites à manger l'asado chez toi ?</i>». Un soir je sors du gymnase, et puis j'ai eu envie de rentrer chez moi à pied, et là j'appelle le Diego, on se demande comment on va, et je lui explique que je sors du gymnase, et là il me dit : «<i>Qu'est-ce que j'aurais aimé pouvoir aller au gymnase avec toi et rentrer tranquillement chez moi sans que personne ne me dérange</i> » Mais c'est impossible pour lui...Il n'a pas le choix. <br/><br/><strong>Tu as ressenti quoi à l'annonce de sa mort ?</strong> Je me suis dit non, c'est impossible. Maradona est tellement fort qu'il va dribbler la mort. Mais j'ai appelé Claudia, et je lui ai dit : «<i>Claudia, je suis en face de la clinique, si tu as besoin de quoi que ce soit, je suis là pour vous</i>». J'étais là parce que mon ami allait mal. <br/><br/><strong> <i>Propos recueillis par Alex Gonzalez et Javier Prieto Santos, à Buenos Aires</i> </strong><br/><br/>
Diego à propos d'Henrique, au sujet du fameux but contre les Anglais :<br/><br/><strong> <i>Hector vous a vraiment dit que c'était une bonne passe ? L'enfoiré...</i> </strong>(rires)...]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Entretien avec Salvatore Carmando]]></title>
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		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
Parce que ses doigts en or le soulageaient de multiples courbatures, parce que ses confidences ne quittaient jamais la salle de massage, parce qu'il embrassait son crâne chauve avant chaque match comme un rite initiatique, parce qu'enfin, il était plus petit que lui, Salvatore Carmando demeurera à jamais une relation privilégiée du Pibe de oro. Verbatim.

Vocation

«Je suis issu d'une grande famille de masseurs. Nous sommes seize frères et soeurs, tous masseurs comme mes parents. Mon père&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Parce que ses doigts en or le soulageaient de multiples courbatures, parce que ses confidences ne quittaient jamais la salle de massage, parce qu'il embrassait son crâne chauve avant chaque match comme un rite initiatique, parce qu'enfin, il était plus petit que lui, Salvatore Carmando demeurera à jamais une relation privilégiée du Pibe de oro. Verbatim.</strong><br/><br/><strong>Vocation</strong><br/><br/>«Je suis issu d'une grande famille de masseurs. Nous sommes seize frères et soeurs, tous masseurs comme mes parents. Mon père a fait les grandes heures de la Salernitana (Ndlr : club de la ville de Salerno en Campanie qui a quelquefois évolué en Série A) quand ils étaient en Serie A. On a même un grand salon à Salerno».<br/><br/><strong>Avant l'arrivée de Diego</strong><br/><br/>«Je le connaissais avant qu'il n'arrive. J'avais lu les journaux et vu à la télé qu'il était un grand joueur. Je l'ai connu personnellement, petit à petit, car il venait voir dans les vestiaires comment je travaillais. Au Mondial en 86 à Mexico, il m'avait fait venir avec l'Albiceleste, je le massais tous les jours, je lui faisais la cuisine, je le soignais et le nourrissais. On est donc devenu très amis».<br/><br/><strong>L'arrivée à Naples</strong><br/><br/>«Il n'a pas changé la mentalité, car il a été très intelligent : il est devenu pote avec tout le monde et tous l'adoraient. Ne parlions pas vie privée car chacun fait ce qu'il veut de sa vie. Dans le monde du foot, il avait la force d'un leader, c'est impossible qu'il y ait encore quelqu'un comme lui, il a fait du bien à tous les joueurs. Je me souviens d'un Noël où il m'avait demandé si les joueurs avaient des enfants, et il avait offert des cadeaux à tout le monde : femmes, joueurs et leurs enfants. Dans l'église qui jouxtait le centre d'entraînement, il a fait des cadeaux à neuf cents enfants». <br/><br/><strong>Le rite vaudou</strong><br/><br/>«Il venait tout le temps m'embrasser sur la tête. On lui avait donné un nom mais je ne peux vous le dire car mon livre sort bientôt. Il me disait des choses, je lui répondais. Je ne peux pas en dire plus (Ndlr : épicier en diable), il vous faudra attendre que mon livre ne sorte. Tant que je peux continuer, je continuerai. Quand je n'aurai plus de force, j'arrêterai et mon livre sortira». <br/><br/><strong>Les jambes de Dieu</strong><br/><br/>«Contrairement aux rumeurs, il avait deux jambes de la même taille, celles d'un grand athlète. Il venait toujours me demander des massages à la fin de l'entraînement ; il était très intelligent, il attendait que tout le monde parte et venait ensuite me voir, on travaillait alors une heure, une heure et demie avec des massages hydrauliques». <br/><br/><strong>La vie privée de Dieu</strong><br/><br/>«Je ne parle pas de sa vie privée, je ne peux pas le juger là-dessus. Dans le monde du foot, des mecs comme Maradona, il y en a plein mais en plus, lui a été un grand homme (sic)».<br/><br/><strong>La dépression post-coïtum dans le club après son départ</strong> <br/><br/>«Il n'y a pas eu de dépression quand il est parti car il fallait bien continuer quand même. On s'en souviendra toujours, gagner à Naples, c'est comme gagner dix scudetti dans un autre monde. Il a donné du bonheur à tout le monde à Naples, aux 90 000 personnes du San Paolo...j'ai vu des gens pleurer quand on a gagné le premier titre, une joie infinie que l'on ne peut pas oublier facilement».<br/><br/><strong>L'opposition Nord/Sud</strong><br/><br/>«Je ne veux pas dire Nord/Sud, je ne veux juger personne. Naples est Naples. Moi je ne parle que du Napoli, je ne veux pas parler en termes de Sud, de Nord, car nous sommes tous des hommes. Les gens du Nord ont vu jouer Diego et l'ont applaudi. La chose la plus belle est d'applaudir Diego (sic)». <br/><br/><strong>Le nouveau club</strong><br/><br/>«Je pense que la nouvelle société fait du bon travail avec le signor De Laurentiis. S'ils continuent comme ça, il y a moyen de faire la ligue des champions (Ndlr : tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil)».<br/><br/><strong>Le mot de la fin</strong><br/><br/>«C'est très dur de devenir masseur, tout le monde veut faire ça (sic). C'est en outre plus dur d'être masseur dans un club de foot que dans un cabinet de massage. J'ai de la chance, en tant que masseur, d'être aux côtés de joueurs immenses, d'avoir passé six ans au sein de la Nazionale. J'ai eu une vie extraordinaire, j'ai fait trois coupes du monde (Ndlr : deux avec l'Argentine et une avec l'Italie), deux Euros et des dizaines de matches de coupes d'Europe...D'ailleurs, mon livre s'appellera <strong>Grazie Vita</strong>, car je ne remercie pas Dieu mais la Vie (sic, sic et resic)». <br/><br/><strong> <i>Propos recueillis par Ricotta et Mascarpone, à Naples</i> </strong>]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Entretien avec Ottavio Bianchi]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2007-12-26T15:30:17Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
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Tous les entraîneurs répondant au sobriquet de Bianchi sont frisés, souffrent de calvitie précoce et prennent un malin plaisir à jouer les gâte-sauce. En France, dans le registre, on a bien connu Bianchi Carlos goleador, triste sire et entraîneur à succès en Argentine. De l'autre côté des Alpes, ils ont dû ferrailler avec son clone, Ottavio, pisse-vinaigre préféré de Maradona quand il entraînait le Napoli. Rencontre avec un coach qui prend son rôle très au sérieux...

Pourquoi entraîner le&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Tous les entraîneurs répondant au sobriquet de Bianchi sont frisés, souffrent de calvitie précoce et prennent un malin plaisir à jouer les gâte-sauce. En France, dans le registre, on a bien connu Bianchi Carlos goleador, triste sire et entraîneur à succès en Argentine. De l'autre côté des Alpes, ils ont dû ferrailler avec son clone, Ottavio, pisse-vinaigre préféré de Maradona quand il entraînait le Napoli. Rencontre avec un coach qui prend son rôle très au sérieux...</strong><br/><br/><strong>Pourquoi entraîner le Napoli ?</strong> J'y ai d'abord été joueur pendant cinq ans. On faisait de beaux matchs mais on ne gagnait jamais rien. Quand j'ai commencé à entraîner, j'ai commencé par des petites équipes telle que Côme ; Allodi (directeur sportif légendaire de l'Inter des 60's, Ndlr) est alors arrivé au Napoli, et ils m'ont contacté. J'étais quelque peu perplexe car l'année précédente, le club, qui avait acheté des joueurs extraordinaires comme Maradona ou Bagni, avait presque lutté pour ne pas descendre. Je connaissais les difficultés que suscitent les ambiances hystériques (sic) mais je soupçonnais un potentiel intéressant grâce aux joueurs que la société avait recrutés. Les dirigeants voulaient vraiment faire quelque chose de grand. Cela avait déjà été le cas lorsque j'étais joueur : Naples a toujours été une équipe où les grands footballeurs avaient envie d'aller car il y avait le soleil, 90 000 spectateurs et l'enthousiasme. Les supporters étaient en outre toujours présents. Cet engouement pouvait générer également des problèmes : j'étais donc perplexe. J'ai rencontré Ferlaino et les autres dirigeants pour vérifier le type de travail que je pourrais mener. Ferlaino était déjà mon président quand j'étais joueur, Allodi avait également été mon directeur sportif. On a élaboré un programme d'organisation technico-tactique (!!!). Cela leur plaisait, et ils m'ont fait confiance.<br/><br/><strong>Quel était précisément ce programme ?</strong> Il s'agissait avant tout d'appliquer une rigueur extrême à tous les niveaux et de ne pas se laisser gagner par l'euphorie. J'exigeais un engagement total de tous les membres de la société car les résultats ne s'obtiennent pas uniquement le dimanche mais grâce à un long et patient travail de plusieurs mois (rires). On a commencé à bosser dès le premier jour. L'objectif était de jouer la coupe de l'UEFA dès la première année (la seconde Maradona). Nous avons fini troisièmes. L'année d'après, on gagnait le Scudetto et la coupe.<br/><br/><strong>À quoi ressemblait un entraînement du Napoli à cette époque ?</strong> Ils étaient complets, aussi bien sur le plan technique que sur le plan tactique. Le staff était par ailleurs extrêmement compétent : j'étais bien entouré. On était très bien armés en attaque, il fallait qu'on soit très bien organisés en défense. Il faut dire que mes joueurs voulaient toujours aller vers l'avant. Je me devais donc de privilégier un travail défensif sans pour autant affaiblir notre jeu qui privilégiait "l'attaque verticale". Je m'explique : quand nous perdions la balle, nous nous efforcions de la récupérer pour ensuite "verticaliser" le jeu.  <br/><br/><strong>Comment Maradona a-t-il accepté de quitter le Barça pour jouer au Napoli, un club qui jouait pour ne pas descendre ?</strong> (agacé) Il faut demander à Maradona. Moi, je n'étais pas là quand il est arrivé (Ndlr : il est arrivé en 1985, un an après le Pibe). Il faudrait demander à Ferlaino. D'après ce que j'ai lu dans les journaux, mais il se peut que j'ai mal lu (sic), il a quitté Barcelone car il était en désaccord avec le club. Le Napoli a fait preuve d'intelligence en le prenant. <br/><br/><strong>Comment fait-on pour gérer un joueur comme lui ?</strong> (Presque à regret) Il est plus facile de gérer dix Maradona qu'un joueur qui se prend pour lui. La technique était naturelle chez lui, mais ce qui était naturel chez lui ne l'était pas chez les autres. En outre, quand il participait aux constructions techniques et tactiques lors des entraînements, il était très attentif. Avec les autres joueurs, il était toujours très disponible. Le geste technique était facile pour lui et il ne reprochait jamais une erreur aux autres joueurs. Au contraire, ceux qui pensent être bons mais qui ne le sont pas se justifient pour tout. Maradona ne s'est jamais justifié sur le terrain. En ce qui me concerne, je ne parle que du terrain. En dehors, ça ne concerne pas du tout. <br/><br/><strong>Certains joueurs (Bagni ou Baroni) affirment que Diego aspirait à prendre certaines décisions à la place de l'entraîneur...</strong> (Enervé) Je ne sais pas ce qu'ont dit Bagni et Baroni, ni les autres joueurs. Je sais seulement ce que j'ai dit et ce que j'ai fait. Je n'avais qu'un interlocuteur qui était le président. Mon rôle était de faire ce que les dirigeants voulaient que je fasse. Je m'efforçais de remplir mon rôle tout comme le président officiait comme président et les joueurs comme joueurs. Si quelqu'un a dit autre chose, ça ne m'intéresse pas. <br/><br/><strong>Comment expliquer le succès dont vous avez pu jouir assez vite ?</strong> Tout est le fruit du travail. Et l'abnégation et le dévouement de certains joueurs qui ne parlaient presque jamais à l'époque, et qui ne parlent pas beaucoup encore aujourd'hui. Les succès ne se construisent pas à partir d'un seul. Le jeu de football est une affaire d'équipe. Vous devriez le savoir, car vous venez d'une nation où l'on a toujours inculqué la mentalité des sports d'équipe : rugby, football. Pour marquer un but dans le football, il faut envoyer la balle dans toutes les latitudes et les longitudes du terrain. Le singulier ne peut venir que du collectif, lequel exalte les qualités du singulier. Sans une bonne équipe, le bon joueur n'est rien. Dans mon Napoli, il y avait une très bonne équipe, plus un excellent joueur. Ce qui ne veut pas dire que Maradona n'était rien sans le collectif. Il ne peut néanmoins pas gagner les matchs à lui tout seul. L'année avant que j'arrive, il avait fait une excellente saison, sans que le club ne parvienne toutefois à obtenir mieux qu'une huitième place. Cela veut tout dire.<br/><br/><strong>Vous n'avez pas l'impression que Maradona a lâché prise à la fin de son passage à Naples ?</strong> (songeur) Je ne saurais le dire. Je me contentais de faire mon travail qui concernait uniquement le terrain. En dehors, cela relève de la société. <br/><br/><strong>Maradona avait-il besoin d'apprendre quelque chose de la part d'un entraîneur ?</strong> Avez-vous déjà vu les numéros d'un grand acteur ? D'un grand musicien, d'un grand danseur ? Pensez-vous qu'ils n'apprennent rien chaque jour ? Pensez-vous qu'ils ne tentent pas de s'améliorer chaque jour ? J'ai joué avec les plus grands du monde (sic) : ce sont les plus exigeants avec eux-mêmes, ceux qui cherchent toujours le petit plus qui fera la différence. Le médiocre ne veut pas s'entraîner. Les plus grands, au contraire, prennent des risques pour s'améliorer. Maradona n'était jamais satisfait. Il travaillait des heures et des heures. Plus le joueur est grand, plus il veut en faire. Et surtout, plus il veut donner du spectacle, plus il s'implique.<br/><br/><strong>Que doit être le rôle de l'entraîneur avec des joueurs de ce type ? Encadrer, conseiller, regarder ?</strong> Cela relève de la plus grande banalité footballistique : l'entraîneur entraîne. Maradona avait de la facilité pour se déplacer et conduire la balle sur le terrain. Les autres n'avaient pas cette capacité. Lui n'a jamais affiché sa conduite de balle comme une supériorité. Ainsi sont les grands joueurs : ils ne font jamais voir présomptueusement leur qualité, surtout aux joueurs "inférieurs". Les qualités des autres permettaient à Diego de se concentrer sur ses qualités naturelles. En ce qui me concerne, je tâchais de lui faire travailler ce qui lui manquait.  <br/><br/><strong>Quelle était votre relation avec Diego ?</strong> (aigri) Vous me parlez d'un joueur, et moi je veux parler d'une équipe. Tout a déjà été dit ou écrit : presse écrite, télévision, littérature. Je ne peux pas ajouter grand-chose. Tout ce qui s'est passé entre nous a eu lieu en privé. Je n'en ai jamais parlé avant, je n'en parlais pas pendant, je n'en parlerai pas après. Ce sont des choses qui font partie du secret professionnel de l'entraîneur et qui doivent le rester. Moi je ne parle que de travail, le reste... J'aime me souvenir, tout de même. Il faut dire que je suis en train de vieillir (rires). <br/><br/><strong>Etait-il possible de reproduire le schéma de jeu que vous utilisiez auparavant sur votre Napoli ?</strong> Quand tu mets un coup de poing à un adversaire et que tu vois que tu lui fais mal, tu te dis qu'il était bien donné (sourire). J'ai donc gardé ce que j'avais pu faire de bon par le passé. Evidemment, notre schéma de jeu n'était pas le même selon que nous étions en possession ou non de la balle : le football est ainsi fait. Lorsque nous l'avions, l'équipe d'en face pouvait s'inquiéter, car nous avions des joueurs capables de conserver le ballon et de le faire tourner, tout en allant de l'avant très vite : il s'agit de la "verticalisation" de notre jeu dont je parlais préalablement. Il fallait donc être en mesure de le récupérer quand nous ne l'avions pas. Toutes les équipes doivent avoir un esprit de sacrifice. Cela permet de se dépasser. Ainsi dès qu'un de nos joueurs perdait la balle, les autres ne rechignaient pas à s'arracher sur dix mètres pour la récupérer. L'esprit de sacrifice doit pour moi être ce qui définit une équipe.<br/><br/><strong>Aviez-vous le sentiment d'entraîner une équipe merveilleuse ?</strong> Je prenais beaucoup de plaisir lors des entraînements : mes joueurs, comme Careca et Maradona, faisaient des choses extraordinaires lors des petites confrontations, ou lors des jeux de balle. Je ne pouvais qu'applaudir, même si je ne le faisais pas (rires). Quand le dimanche arrivait, je ne pouvais que me réjouir car ils reproduisaient tout cela. Il en va de même dans toute grande équipe avec d'immenses joueurs, et j'ai eu la chance d'en côtoyer en tant que joueur et coach.<br/><br/><strong>Y avait-il un sentiment du « nous » contre « eux » dans cette équipe ?</strong> Quand j'étais joueur et qu'on battait une grande équipe du Nord, la saison était presque réussie. Il est impossible de gagner un championnat si tu perds également contre des petites équipes. Lorsque j'étais entraîneur, j'ai essayé d'expliquer à mes joueurs qu'une victoire contre la Juve valait autant de points que celle contre la Reggina. Mon expérience de footballeur m'a beaucoup aidé car je connaissais l'euphorie qui te gagne lorsque tu bats un club de ce calibre.<br/><br/><strong>Est-ce si différent de jouer ou d'entraîner le Napoli ?</strong> Jouer est la chose la plus belle car tu vois les choses de manière individualiste : une fois ton action résolue, le problème est terminé. Le joueur est comme un comédien au théâtre, il est le protagoniste. L'entraîneur au contraire doit savoir travailler en coulisse et il n'y a jamais un instant de répit. Tu dois gérer toutes sortes de problèmes, entre les jeunes, les vieux et la presse. Et puis il y a les supporters. Gagner ou perdre, au fond, c'est la même chose : tu dois toujours continuer à travailler. Jouer est bien plus amusant. <br/><br/><i> <strong>Propos recueillis par L D-C et RR, à Naples</strong> </i>]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Entretien avec Jorge Luis « El Burru » Burruchaga]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2007-12-19T06:30:00Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
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Ca se passe au bar Del Aguila, en face du stade Antonio Vespucio Liberti de River Plate, aussi connu sous le nom de Monumental...

C'était facile ou difficile de jouer avec Diego Maradona ? Moi je dis toujours la même chose, c'était à la fois facile et bien plus dur que tout ce qu'on pouvait imaginer. 

Pourquoi ? Parce que quand tu es face à un joueur de ce niveau, ce genre de joueur qui apparaît tous les 30 ans, tu as plutôt intérêt à être bien préparé, aussi bien mentalement que phy&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Ca se passe au bar Del Aguila, en face du stade Antonio Vespucio Liberti de River Plate, aussi connu sous le nom de Monumental...</strong><br/><br/><strong>C'était facile ou difficile de jouer avec Diego Maradona ?</strong> Moi je dis toujours la même chose, c'était à la fois facile et bien plus dur que tout ce qu'on pouvait imaginer. <br/><br/><strong>Pourquoi ?</strong> Parce que quand tu es face à un joueur de ce niveau, ce genre de joueur qui apparaît tous les 30 ans, tu as plutôt intérêt à être bien préparé, aussi bien mentalement que physiquement, pour pouvoir suivre et comprendre ce qu'il va faire et ce que personne d'autre que lui ne peut faire. Il pouvait dribbler dix joueurs et toi pendant ce temps-là il fallait toujours prolonger ton appel parce qu'il pouvait te servir à n'importe quel moment. Diego était capable de réaliser l'impossible. Donc si tu n'étais pas concentré, si tu n'étais pas frais physiquement ou pas préparé pour ce genre de situations, alors ça devenait très difficile de jouer avec lui. Il fallait être au top...Non, ça n'était pas facile en définitive. Mais c'est aussi pour ça qu'il a été ce génie du football. <br/><br/><strong>Il surprenait donc aussi ses coéquipiers, pas uniquement ses adversaires...</strong> Eh oui, nous il nous surprenait à chaque fois. Je vais vous prendre l'exemple du but contre les Anglais, il est avec le ballon, il avance, il avance, les défenseurs pensent à chaque instant qu'il peut me donner le ballon...Mais en 90, le but qu'on met aux Brésiliens, c'est un peu la même chose, lui mène l'attaque, avance, avance, et tac, au dernier moment il la glisse à Caniggia et boum, but. Idem pour le but de la finale, lui était de dos, moi je lui crie pour qu'il m'envoie le ballon, et il l'a fait, c'était aussi ça Maradona. Par exemple les espaces que je prenais, je savais qu'un autre joueur que Maradona ne les aurait pas vus ; avec lui, tu savais que n'importe quelle situation de passe délicate, il allait te la résoudre. <br/><br/><strong>Sur le but contre les Anglais, vous pensez à un moment qu'il va vous faire la passe ?</strong> Oui, et c'est pour ça que je le suis dans sa course, Valdano aussi fait la même chose, je pense surtout la recevoir quand il est face au dernier défenseur, il est alors dans la surface, et c'est comme s'il s'apprêtait à me donner le ballon, c'est du moins ce que croit le défenseur anglais, qui est entre les deux, entre le marquage de Diego et l'interception d'une passe éventuelle. Au final il finit par tomber, puis Diego conclut seul. Mais oui, je pensais qu'il allait me la donner. <br/><br/><strong>Quelle a été votre réaction suite à ce but ?</strong> (rires) Sur le terrain c'est très différent. Mais à la télévision ça reste plus beau à voir. Je me rappelle qu'après son but, je suis le premier à aller vers lui, à l'embrasser, et je l'insulte de plaisir «<i>Enfoiré le but que tu viens de mettre !</i>» tandis que lui se marre, imagine, inscrire ce but contre les Anglais, après le but...<br/><br/><strong>De la main. De la tête...</strong> (rires) mais contre les Anglais, c'est pour ça qu'encore aujourd'hui ça reste le plus beau but de l'histoire des coupes du monde. Mais ce que personne n'a jamais dit de ce but, c'est que le mettre avec une pelouse dans un tel état !!! Ce terrain, c'était un vrai désastre, et puis la chaleur...<br/><br/><strong>Cette technique de Maradona, elle s'explique ?</strong> Je ne crois pas, il a reçu ce don de Dieu, qu'il a ensuite évidemment énormément travaillé. Diego, il adorait travailler et apprendre des choses. Mais si tu veux, c'est comme Cassius Clay, Clay est né avec un don, mais il s'est aussi tué à l'effort pour devenir ce qu'il est devenu. La magie, quelque part, il faut l'activer, et Diego savait comment faire...<br/><br/><strong>La célébration dans le vestiaire après le match contre l'Angleterre ?</strong> Grandiose, mais attention, nous n'avions jamais voulu mélanger les affaires politiques avec le football. Bien sûr qu'on avait envie de battre les Anglais, mais parce que ça nous ouvrait les portes des demi-finales, ensuite effectivement, le contexte autour de ce match créait une effervescence particulière. Mais ça a été un très beau match, fair play, on s'est embrassés avec les Anglais à la fin du match. Ca a été le match qu'on a le plus fêté. Faut savoir qu'en 1/8ème de finale on avait joué l'Uruguay, un classique de chez nous, ça avait été dur. Ce match contre l'Angleterre, on savait que ça donnerait un peu de joie au pays.<br/><br/><strong>Maradona en avait-il conscience ?</strong> Mais tous les joueurs en avaient conscience !!!<br/><br/><strong>Le match le plus dur de cette coupe du monde ?</strong> L'Uruguay, sans hésitation.
	<br/><br/><strong>Pourquoi ?</strong> Parce que c'était le classique d'ici, on se connaissait tous, on jouait tous dans les mêmes clubs, pour la rivalité des deux pays, et puis ils avaient une superbe équipe !<br/><br/><strong>Vous auriez gagné sans Maradona ?</strong> Cette équipe tournait très bien, et s'avérait très forte. Nous étions les 22 à un grand niveau footballistique, je crois que oui, on aurait pu le remporter sans lui. On était forts. Nous étions la première équipe à arriver au Mexique, et on s'est d'ailleurs préparés extraordinairement. Ensuite la question est dure, qu'aurait fait la France sans Platini, ou le Brésil sans Pelé ? <br/><br/><strong>A partir de quel moment l'équipe commence à se dire qu'elle peut être championne du monde ?</strong> Pour ma part, après le match contre l'Uruguay. On venait de battre une équipe très difficile. On avait eu un arbitre italien, assurément le plus dur de la compétition, non, ça a été très compliqué.<br/><br/><strong>La préparation s'est déroulée comment ?</strong> Au début on ne jouait pas bien, vraiment mal même. Les éliminatoires avaient été laborieux. Bilardo était plus ou moins mort. Le président de l'AFA avait néanmoins eu le courage de le maintenir et de nous envoyer là-bas un peu plus tôt.<br/><br/><strong>La préparation de Bilardo était dure ?</strong> Oui, très dure. C'était complètement différent de ce qui se faisait usuellement, du système d'entraînement en passant par le visionnage de vidéos. Avec lui il fallait vivre 24 heures sur 24 pour le football. D'une certaine manière, il te faisait comprendre que la famille ça passait après... <br/><br/><strong>Le capitaine Maradona était comment ?</strong> Maradona, ça a toujours été l'exemple. Sportivement il a toujours été le modèle, il était le premier aux entraînements, toujours le plus concentré et aussi le premier à aider ses partenaires. Il faisait tout ce qu'un capitaine doit faire. Diego c'est celui qui a donné au football argentin son prestige, celui qui a le plus donné l'amour du maillot argentin, il a été le précurseur du «<i>Ce maillot je dois le défendre jusqu'à la mort</i>». D'ailleurs tu vois dans quel état on est arrivés à la finale de la coupe du monde 90... <br/><br/><strong>Il exigeait plus de lui ou des autres ?</strong> De lui.<br/><br/><strong>C'est vrai cette histoire d'entraîneur personnel ?</strong> Oui, un préparateur physique, il l'a toujours eu avec lui. Diego, il s'est toujours préparé différemment des autres. En 86, il avait décidé de devenir le meilleur joueur du monde et il s'était préparé en conséquence. Il venait d'un Mondial où ça s'était mal passé pour lui.<br/><br/><strong>Il disait qu'il voulait être le meilleur ?</strong> Oui, il le disait. Il disait qu'il voulait aller le plus loin possible. <br/><br/><strong>Vous êtes toujours en contact avec lui ?</strong> De moins en moins. Le temps passe, chacun a sa vie...Par exemple je m'entendais mieux avec d'autres joueurs de l'équipe. <br/><br/><strong>Il était facile à vivre au quotidien ?</strong> Oui. Mais c'est très difficile d'être Maradona, et malheureusement il lui est arrivé des choses dramatiques. Vivre et devoir se cacher, avec la presse qui suit tes moindres faits et gestes. Tout le monde vit à ses crochets... <br/><br/>
<strong>Vous avez des exemples concrets de moments où vous n'auriez pas eu envie d'être Maradona ?</strong> Au cours des voyages par exemple, les aéroports se paralysaient à cause de lui. Les gens s'arrêtaient pour le voir.
	<br/><br/><strong>C'est vrai qu'il y avait beaucoup de blagues pendant ce mondial ?</strong> Bah on est restés deux mois enfermés ! Le groupe s'est vraiment affirmé là-bas, au Mexique. Diego était plus proche du Negro Enrique ou de Batista par exemple.<br/><br/><strong>Quelle est la différence entre le Diego de 86 et celui de 90 ?</strong> De ce qu'il a dit lui-même, il était mieux physiquement en 90 qu'en 86. Son seul malheur, ça a été sa cheville. Il a joué ses matchs avec une cheville comme ça (il mime une boule difforme), à ça il faut ajouter d'autres blessures dans l'équipe...En 90, Maradona a joué le mondial sur une jambe, il a joué pour la sélection dans des conditions inhumaines ! <br/><br/><strong>Il y a un match où il vous a subjugué ?</strong> Le match contre la Belgique où il réussit un doublé. Là il a été extraordinaire, vraiment meilleur que contre les Anglais. Il était juste intouchable.<br/><br/><strong>Et pendant les entraînements ?</strong> Pendant les entraînements, il s'amusait. Avec ou sans ballon ; toutes les vidéos que tu as pu voir à la télévision, il les faisait. Maradona, il tapait fort le ballon en l'envoyant en l'air, 30 mètres hein, et il retapait de la même manière comme si de rien n'était et sans rebond ! <br/><br/><strong>Il vous avait parlé de Marseille à l'époque où vous étiez en France ?</strong> Oui, on en avait discuté, il me demandait un peu comment était le club, mais je ne sais pas si c'était plus des rumeurs ou s'il s'agissait vraiment d'une piste concrète.  <br/><br/><strong>Et des dirigeants comme Tapie vous questionnaient sur Maradona ?</strong> Non. Puis lui avait ses gens pour s'occuper de ça. <br/><br/><strong>Il aurait amélioré le niveau du championnat français ?</strong> Sans aucun doute.<br/><br/><strong>A Marseille il aurait triomphé ?</strong> Maradona triomphe n'importe où. Marseille c'était une ville pour lui pour sa façon de vivre, mais encore une fois je ne sais pas s'il y avait une piste concrète. <br/><br/><strong>Quand vous vous réunissez entre anciens joueurs de 86, ça ne vous attriste pas de ne pas avoir votre capitaine avec vous ?</strong> Si, si bien sûr. Grâce à Dieu, ce groupe continue de se voir, d'entretenir des relations, on a tous le même age à 3 ou 4 ans de différence, on participe tous aux anniversaires des uns et des autres, les naissances, les mariages, on est restés très amis. Diego ne vient pas lui, il a des millions de choses à faire. Certains l'ont appelé pour le faire revenir un peu avec nous.<br/><br/><strong>Vous pensez qu'il fait trop de choses ?</strong> Je ne peux pas vous répondre, ce que je sais en revanche c'est que Maradona reste aujourd'hui encore un très bon produit marketing, si vous faites un livre ou un film sur lui, vous êtes certain de faire un best seller ou un score d'entrées énorme. <br/><br/><strong>Vous auriez aimé être Maradona ?</strong> Non.<br/><br/><strong>Pourquoi ?</strong> Vivre la vie qu'il a vécue lui ? Non !!! C'est le sort de ces grands génies, au final, ils ne vivent pas. <br/><br/><strong>Votre réaction à l'annonce de sa mort ?</strong> Jusque-là Maradona est exceptionnel, Dieu lui a donné plus de 7 vies. Il se sort de tout. Et aujourd'hui il est bien. Et il faut lui reconnaître le fait qu'il a toujours assumé et reconnu ses erreurs. <br/><br/><strong> <i>Propos recueillis par Javier Prieto Santos et Alexandre Gonzalez, à Buenos Aires</i> </strong>]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Entretien avec Alessandro Renica]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2007-12-16T23:25:18Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
Alessandro Renica ne demandait rien à personne. Il s'occupait le mieux du monde - dans l'anonymat le plus complet - de colmater les brèches de la défense de la Sampdoria de Gênes et le bougre en était heureux. Jusqu'au jour où son altesse Don Diego Maradona enjoint Corrado Ferlaino de recruter le taciturne Sandro. Renica fit ainsi connaissance en 1985 avec le bruit et la fureur napolitaines et commença à se bâtir un palmarès. Verbatim...

Les équipes sont toujours équilibrées. Comme on&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Alessandro Renica ne demandait rien à personne. Il s'occupait le mieux du monde - dans l'anonymat le plus complet - de colmater les brèches de la défense de la Sampdoria de Gênes et le bougre en était heureux. Jusqu'au jour où son altesse Don Diego Maradona enjoint Corrado Ferlaino de recruter le taciturne Sandro. Renica fit ainsi connaissance en 1985 avec le bruit et la fureur napolitaines et commença à se bâtir un palmarès. Verbatim...</strong><br/><br/>Les équipes sont toujours équilibrées. Comme on avait des joueurs offensifs majeurs, comme Careca, Giordano, Maradona, on attaquait à tout va...Néanmoins, on prenait peu de buts. L'équilibre entre attaque et défense était presque parfait. Je n'avais jamais joué dans une équipe aussi merveilleuse, car joueurs individuellement très, très, très forts. La Samp' de Vialli et Mancini n'était pas aussi forte. Regarde le palmarès du Napoli sous l'ère de Diego à l'exception de la première et de la dernière saison qui sont des moments trop particuliers. Cela donne troisième, champion, deuxième, deuxième, champion. Pas mal pour des terroni. Tu gagnes les matchs avec la force de l'équipe. Dans le football, c'est la rosa (lire l'effectif) qui gagne le scudetto dans son ensemble puisque les championnats sont longs et pleins d'obstacles.<br/><br/><strong>Au quotidien...</strong><br/><br/>Le quotidien avec Diego était très amusant, joyeux. Il était juste une personne humble, disponible, bonne, et pleine de vertus (en tout cas, celui que j'ai connu).
Par exemple, il toujours prêt à faire la fête, à blaguer, à chanter. Le dimanche matin, il ouvrait les fenêtres, jouait et chantait ses musiques argentines, très rythmées et amusantes, à tue-tête. A l'entraînement, Diego, il s'amusait et jouait au sens primal du terme avec la balle. Il ne voulait pas faire d'exercices physiques. A la fin, il tentait et souvent réussissait des "acrobaties" qu'on voyait ensuite en match. Chaque fois, on lui lançait «<i>Alors qu'est-ce qu'on invente aujourd'hui ?</i>». On le regardait comme des gosses, à attendre qu'il réalise quelque chose de magique. Quelque chose que personne d'autre ne pouvait exécuter et qu'on n'avait jamais vu bien sûr. <br/><br/><strong>Le foot à Naples</strong><br/><br/>A Naples, rayon sentiments, on passe d'un extrême à l'autre très facilement, on déprime et l'instant d'après, on est euphorique. On connaissait beaucoup de pression car la société n'avait presque jamais rien gagné (sybillin en diable, Ndrl). Il y avait toujours un motif différent mais bien précis, toujours une ombre (plein de sous entendus, Ndrl)...En tout cas, Maradona a colmaté toutes les brèches, avec ses qualités et ses capacités, et le scudetto de 87 est tombé dans notre escarcelle et il restera ainsi dans l'histoire du Napoli et de tout le Sud du pays. Je veux dire "ombre" dans le sens où chacun avait sa part de responsabilité, cette pression. Tous les tifosi, ceux à l'extérieur comme les 90 000 présents dans l'enceinte, avaient une exigence démesurée. Perdre un match devenait une catastrophe : en un instant, ils oubliaient tout ce qui avait été fait préalablement. C'est la caractéristique foncière de Naples. Cela en est même diabolique (sic). Des fois, tu perds des matchs que dans une autre ambiance tu gagnerais. <br/><br/><strong>Le travail et l'imaptience</strong>
  
On était très protégés (???), on réussissait à se souder dans les vestiaires dans les moments de difficulté. On travaillait beaucoup contrairement à toutes sortes de légendes, de fantasmes et de ragots colportés un peu partout. Avec des équipes comme l'Inter, le Milan, la Fiorentina, la Juve ou la Roma, on ne peut pas se contenter de son seul talent. Bianchi nous protégeait des dirigeants et des supporters : en Campanie, le football constitue 90% de l'existence des plus démunis, qui vivent de pain et de ballon. Cette pression se déversait sur l'équipe, c'est pareil pour le club aujourd'hui. Une caractéristique qui reste et qui restera pour toujours inscrite dans l'ADN de la société du SS Napoli Calcio.<br/><br/><strong>Les errements de Diego</strong>
  
Moi, je vous dis la vérité : on était sérieux pour gagner. Peut-être Diego se permettait-il quelque excès mais tous les autres étaient calmes, sinon tu n'arrives pas à jouer. C'est un lieu commun et une fantaisie de dire que tu peux aller en discothèque et être performant sur le terrain. Après le match, on allait boire un verre de vin et on se faisait un restaurant, mais rien de plus (gêné, Ndlr).<br/><br/><strong>L'âge d'or</strong>
  
Je m'estime heureux d'avoir vécu ça. A l'époque, j'étais probablement trop jeune pour me rendre compte de l'énormité de la chose, des campagnes nationales comme de la coupe de l'UEFA et de leur portée historique pour tout le peuple du Mezzogiorno. Le but contre la Juve en UEFA (celui de la qualification en quart retour de la C3 en mars 89 à la 119è - 0/2 à Turin et 3/0 à Naples) restera à tout jamais mon plus beau souvenir, c'était immense, les poils sur mes bras pratiquaient la danse de saint-Guy. Il y a uniquement à Naples que tu peux vivre cela...Diego faisait le bonheur des autres attaquants car il était altruiste et ne jouait jamais pour lui-même. Il se donnait pour l'équipe. Il faisait marquer les autres. C'était sa grande force sur le terrain, cette générosité, cette disponibilité qui permettaient aux autres de le reconnaître comme le leader. Les autres joueurs marquaient des buts qu'ils n'auraient jamais inscrits sans lui. Quand il devait passer la balle, il la passait, c'était pareil en Argentine, il jouait juste comme sur une partition. Grâce à son comportement sur le terrain, on a connu plein de succès.<br/><br/><strong> <i>Propos recueillis par Le Loup des Steppes &amp; Devilito, à Naples</i> </strong>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title><![CDATA[Entretien avec Marco Baroni]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/entretien-avec-marco-baroni-102917.html]]></link>
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		<dc:date><![CDATA[2007-12-15T06:55:00Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
Fantassin toscan élégant de quelques défenses du calcio, Marco Baroni atterrit à Naples à l'été 89 pour deux ans. Le temps d'inscrire le but du second sacre en 1990 (à la suite d'un coup-franc) et de rater le penalty décisif en C1 la saison suivante contre le Spartak Moscou. Qui a vécu par les coups de pied arrêtés, périra par les coups de pied arrêtés...

Pourquoi avoir opté pour le Napoli ? C'était une époque où j'étais très motivé. Je venais de la Roma qui m'avait vendu à Lecce. Naples&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Fantassin toscan élégant de quelques défenses du calcio, Marco Baroni atterrit à Naples à l'été 89 pour deux ans. Le temps d'inscrire le but du second sacre en 1990 (à la suite d'un coup-franc) et de rater le penalty décisif en C1 la saison suivante contre le Spartak Moscou. Qui a vécu par les coups de pied arrêtés, périra par les coups de pied arrêtés...</strong><br/><br/><strong>Pourquoi avoir opté pour le Napoli ?</strong> C'était une époque où j'étais très motivé. Je venais de la Roma qui m'avait vendu à Lecce. Naples venait de gagner le scudetto et ils m'ont appelé peu après. La ville était accueillante et commençait à prendre de l'importance. L'équipe venait de gagner la coupe UEFA, et ils m'ont donné la possibilité de les rejoindre. <br/><br/><strong>Quand vous arrivez, la machine est déjà lancée. Vous avez le sentiment de rejoindre quelque chose d'extraordinaire ou est-ce une équipe de plus dans votre carrière ?</strong> Non, pour moi c'était l'occasion de ma vie. Celle que tout joueur attend. Pouvoir aller jouer avec Maradona, Careca, Ferrara, De Napoli, c'était une équipe qui avait tant de joueurs internationaux ! Pour moi, ce fut vraiment la chance de ma vie. <br/><br/><strong>A quoi ressemblait-il ce Napoli ?</strong> Il s'agissait d'un groupe de joueurs extraordinaires, d'amis, qui ne voulaient que deux choses : s'améliorer et gagner encore. On comprenait que cette équipe avait une faim inextinguible de victoire.<br/><br/><strong>Concrètement, au quotidien, comment ça se passait avec tous ces grands joueurs ?</strong> Ma, pour moi, c'était très beau du point de vue de la qualité, de la technique. Souvent, je me souviens que j'observais Maradona, Careca ou Ferrara jouer ensemble lors des entraînements. Ils jonglaient avec les épaules, comme s'ils avaient des mains à la place. <br/><br/><strong>Careca et Maradona étaient au même niveau ?</strong> Non, Maradona c'est le joueur absolu, le meilleur de l'histoire. Careca a été brillantissime, mais personne n'a été l'égal de Diego. <br/><br/><strong>Les autres joueurs n'étaient pas jaloux de Maradona ? Evoluer avec le meilleur du monde, n'est-ce pas quelque peu frustrant ?</strong> Maradona, malheureusement, a été le meilleur dans tout. Il était aussi compétent dans son jeu de tête que dans l'imagination dont il faisait preuve lorsqu'il tirait. Il était aussi le meilleur dans la vie, mais aussi dans l'excessivité (sic). Son but de la main a été un chef d'&#339;uvre pour moi. Seuls quelques personnages qui naissent tous les deux cents ans peuvent faire des choses de ce type. J'ai conscience d'avoir été privilégié de partager avec lui ces championnats.<br/><br/><strong>On apprend en travaillant et en jouant avec Diego ?</strong> Plus que toute autre chose, c'est un joueur qui te fait donner le meilleur de toi-même. Partager le vestiaire et l'entraînement avec lui te force à donner 150 % de tes possibilités. Je dois dire que Maradona était empreint d'une grande sensibilité, et c'est de cela que je garde le plus grand souvenir. Mais je n'aurai pas d'anecdotes en particulier.<br/><br/><strong>Tu n'as pas l'impression qu'il s'est détruit lui-même ? Comment tu expliques la fin de sa carrière ?</strong> La fin de sa carrière n'est que le côté négatif. Malheureusement, il était tombé dans un cercle vicieux et la dernière image n'est donc pas une image positive. Cela fait partie de l'histoire de ces grands mythes, non ? Ces mythes géniaux et en même temps déréglés. Je crois que ça peut être un enseignement pour les jeunes. <br/><br/><strong>Vous avez offert le titre au Napoli en inscrivant un but de la tête en 90 contre la Lazio...</strong> Ca a été un but incroyable. Il est représentatif de l'esprit de cette équipe. C'était comme le couronnement. Il y avait du sacrifice dans ce but. Si j'ai marqué, c'est grâce à l'humilité de mes compagnons, dont Maradona, qui distillait des passes extraordinaires à des joueurs moins doués que lui. Lorsqu'un joueur était mieux placé, Diego n'hésitait pas. Ce but en est l'illustration. <br/><br/><strong>Il fallait quoi pour faire fonctionner parfaitement cette équipe ?</strong> C'était une équipe née pour vaincre. C'était ça la chose importante : une grinta de tous les instants. Un esprit de groupe, de sacrifice. Des vertus que les joueurs ont amenées d'eux-mêmes. Les coachs s'occupaient plus de la gestion. Evidemment, depuis que je suis entraîneur, je me sers de tout ce que j'ai appris là-bas. C'est un bagage très important. <br/><br/><strong>Une chose marquante dans le Naples de Maradona ?</strong> Sans aucun doute l'enthousiasme du public, cela relevait de la mystique religieuse. C'était fantastique. C'est une ville unique dans ce sens. <br/><br/><strong>Toi qui es Florentin, tu te sentais quand même à ta place ?</strong> Florence est également une ville folle de football. Mais à Naples, tu joues devant 80 000 spectateurs et de la grand-mère de 90 ans à la petite fille de six ans, tout le monde te connaît. Le sentiment d'appartenance à l'équipe devient automatique à partir du moment où tu endosses le maillot. <br/><br/><strong> <i>Propos recueillis par El Diablo Chabadaz et Francis Ford El Diablito, à Naples</i> </strong>]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Entretien avec Roberto Perfumo]]></title>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
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Premier grand défenseur argentin de l'histoire, Roberto Perfumo est aujourd'hui animateur d'une célèbre émission de football au pays. Ancien Sécrétaire d'Etat au sport, Perfumo est, malgré ses chemises rose Yves Dorsey, l'une des éminences les plus respectées du football argentin. Ami intime de Maradona, il nous parle de celui qui est pour lui incontestablement le plus grand. Ca se passe dans les beaux quartiers...

Maradona ? On a tous été joueur de football, on sait ce que c'est que le&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Premier grand défenseur argentin de l'histoire, Roberto Perfumo est aujourd'hui animateur d'une célèbre émission de football au pays. Ancien Sécrétaire d'Etat au sport, Perfumo est, malgré ses chemises rose Yves Dorsey, l'une des éminences les plus respectées du football argentin. Ami intime de Maradona, il nous parle de celui qui est pour lui incontestablement le plus grand. Ca se passe dans les beaux quartiers...</strong><br/><br/><strong>Maradona ?</strong> On a tous été joueur de football, on sait ce que c'est que le football, et Maradona c'est le football. C'est comme Gardel, Gardel ce n'est pas un chanteur de Tango, c'est le Tango. D'un point de vue symbolique, Maradona est le football. Il y a eu trois personnes qui ont changé la vitesse du jeu, deux étaient argentines, l'une s'appelait Alfredo Di Stefano, l'autre Pelé, et enfin la troisième Diego Armando Maradona. C'est un homme doté d'une personnalité impressionnante. Sur le terrain, c'est un être exceptionnel, il supporte la douleur, la chaleur, l'injustice, il joue avec la cheville brisée. Il est tout simplement magique.<br/><br/><strong>Et Maradona l'homme ?</strong> C'est un Dieu. C'est simple, si je vous mets Maradona ici, sans parler, dans une heure il y a 5000 personnes. Et tu le fais en Hollande, tu as 10 000 personnes qui acourent aussi sec, tu le fais en Tanzanie, tu en as 10 000 aussi. Sa position n'est pas facile, lui vient d'une famille extraordinaire mais très humble, moi je ne crois pas en l'éducation mais plus aux valeurs véhiculées par la famille. Lui c'est juste un type bien, un ami fidèle, un mec qui ne cherche l'affrontement avec personne. <br/><br/><strong>Comment expliquer son entourage trouble, les Coppola ou Cysterspiller ?</strong> Coppola c'est fini hein !!! Et Cysterspiller a été bon avec lui. Après je ne sais pas ce qui s'est passé entre eux. Le problème, c'est qu'il y a énormément de gens qui se le disputent pour le représenter, pour se l'approprier.<br/><br/><strong>Lui, il s'en rend compte ?</strong> Non, parce que l'idole est comme ça. C'est quelqu'un de trop bon, on s'est trop servi de lui, et on continue de le faire. Par exemple, moi j'accepte de répondre à vos questions pour lui, et dans un certain sens, je me sers de lui aussi. Je ne suis pas 10 % de ce qu'il est, mais je connais la célébrité, je connais "les amis", tu sors dans des endroits où tout le monde te vénère, et ceux qui t'accompagnent finissent par croire qu'ils sont l'idole. C'est en général ce qui se passe avec les femmes des idoles, mais la femme de Maradona n'est pas comme ça. Elle ne s'est jamais prise pour Maradona, elle s'est toujours tenue à l'écart, discrète, elle n'acceptait jamais les reportages photos, elle s'est occupée de lui malade, en étant en permanence à ses côtés. Elle est la seule à lui avoir dit la vérité. Mais quand on est Dieu, c'est dur d'écouter la vérité, si je suis Dieu, pourquoi est-ce que j'écouterais les autres ?<br/><br/><strong>Maradona est immortel ?</strong> Oui, oui Maradona est immortel. Comme Gardel, Gardel chaque jour, il chante un peu mieux, Maradona va jouer un peu mieux chaque jour, il est installé dans l'imaginaire collectif. C'est un enfant de la classe populaire, quelqu'un qui reste proche des gens, et en tant que père c'est un phénomène...Je me rappelle qu'une fois je me trouvais à un congrès d'entraîneurs, il y avait un dîner où étaient présents le père, la mère et les frères. Donc moi j'étais à une autre table avec des anciens entraîneurs et joueurs de la sélection, et là je vois le serveur s'approcher de moi et me dire : «<i>Maradona vous invite à manger à sa table</i>», moi je lui fais transmettre que je ne peux laisser là mes amis, ça ne se fait pas, alors le serveur revient et me dit : «<i>Alors que tout le monde vienne</i>». On était 4, ils nous ont amené les chaises et tout, et moi je lui ai dit «<i>Je te remercie</i>» et là il m'a répondu «<i>Non, celui qui te remercie, c'est moi</i>».<br/><br/><strong>Vous avez joué l'un contre l'autre ?</strong> Oui, c'était en 1978, sur la pelouse de River, j'avais 36 ans, lui était encore tout gamin. Il n'avait pas été retenu pour la Coupe du Monde 78, mais c'était déjà un petit phénomène, je n'avais pas trop de souvenirs de ce match, mais c'est lui qui m'en a parlé, et manifestement je lui avais mis un tel coup que j'avais manqué de le tuer. Il avait 16/17 ans mais il jouait déjà comme un type de 30 ans. Maradona a joué contre le système, contre les équipes défensives ; le règlement de l'époque autorisait davantage de choses, qui ne le sont plus maintenant.<br/><br/><strong>Sa relation avec le Pouvoir, Menem notamment ?</strong> Oui il est ami avec Menem. Il l'est aussi avec Chavez, mais vous savez, c'est plus une question de feeling avec l'homme que de convictions politiques. Mais pour le cas Menem, on ne peut pas trop se prononcer vu que c'est nous qui l'avons mis au pouvoir. Il faut respecter.<br/><br/><strong>D'où vient votre amitié avec Maradona ?</strong> Disons qu'on se soucie beaucoup l'un de l'autre, il me demande souvent comment je vais, et réciproquement. Je l'ai reçu dans mon émission deux ou trois fois, il m'apprécie. Et je me tiens toujours informé par des amis communs. Mon émission parle principalement de jeu, de tactique, et dure deux heures ; à chaque fois qu'il est venu, il ne voulait plus repartir. Diego, il sait tout du jeu, et la preuve c'est qu'il n'aurait jamais été le joueur qu'il a été si ça n'avait pas été le cas. Certains savent jouer inconsciemment mais ne sont pas capables de l'expliquer, lui sait l'expliquer. Le problème, c'est que personne ne l'interroge sur le jeu, les gens préfèrent revenir sur ses frasques. <br/><br/><strong>Il vous a révélé ses secrets ?</strong> Une fois il m'a raconté que pour marquer un coup franc, il faut incliner le gros orteil du pied vers le bas ! Mais c'est un phénomène ! Et puis il est d'une telle intelligence, sa phrase «<i>Le ballon ça ne se salit pas</i>», c'est extraordinaire. Ou lorsqu'il sort juste du match contre les Anglais, et que le journaliste lui demande «<i>C'était avec la main ?</i>» et qu'il répond «<i>Avec la main de Dieu</i>» ! C'est un créatif. Maradona, il a tout du "porteno", c'est un homme qui a beaucoup d'humour, quelqu'un d'extrêmement spontané.
	<br/><br/><strong>Il a des défauts ?</strong> Non, en tant que footballeur non. En tant qu'être humain oui, sinon il ne serait pas ce qu'il est. La drogue l'a fait tomber bien bas, mais désormais c'est fini. Toutefois, il n'y a pas un seul joueur de football qui ait parlé en mal de Maradona. C'était un putain de mec, sur et hors du terrain, il savait ce qu'il fallait dire ou pas dire. <br/><br/><strong>Il a parfois trop parlé...</strong> Oui, il a parfois trop parlé, sur la politique ou la religion notamment. Mais bon, c'est un personnage tellement attachant. Je me rappelle de cette nuit-là, il y a deux ans, quand il était très mal, nous pensions tous qu'il allait mourir. Je suis allé le voir à la clinique, son père était là, en pleurs, et là j'ai pensé, ça y est, il est parti. Le père est venu me voir et m'a dit : «<i>Il va se sauver</i>». Je lui ai répondu : «<i>Mais bien sûr qu'il va se sauver, c'est Maradona !</i>» Sa femme m'a laissé entrer dans la chambre, il était là avec tous ces tubes...Et il s'est sauvé. Désormais il a réglé ses problèmes avec la drogue et l'alcool, il ne sort plus la nuit... <br/><br/><strong>L'Argentine lui a pardonné ses frasques avec la drogue ?</strong> Oui, on pardonne tout à Maradona. On lui pardonnera toujours tout ce qu'il fera. C'est une adoration qui ne se trouve nulle par ailleurs. Je dirais que 10% de la population ne peut pas le voir, mais 90% lui passerait tout, bon sauf s'il tue 7 gamins bien entendu...<br/><br/><strong>Vous parlez de quoi quand vous vous appelez ?</strong> De football essentiellement, on peut par exemple parler de la prochaine journée, ou de celle qui vient de passer, mais il connaît tout ! Des joueurs de Lanus, en passant par ceux de Valladolid ou du Racing Santander ! Même Lyon ! Il voit tout...Impossible de le sécher. Et en plus il connaît les schémas tactiques de ces équipes ; il voit tout, c'est un phénomène, il adore le football !!! Moi à certains moments ça me fatigue, mais lui, jamais.<br/><br/><strong>Il peut être un bon entraîneur ?</strong> Oui c'est possible compte tenu du fait qu'il connaît bien le football, mais pour être un de ses joueurs, quelle merde...Il a une telle exigence. Par exemple, Maradona te donne une consigne, tu n'es pas capable de la respecter, il devient fou ! Mais un entraîneur n'a pas de temps, il doit gérer 40 personnes...<br/><br/><strong>Vous avez été entraîneur de Gimnasia y Esgrima, est-ce que vous vous êtes déjà affrontés sur des bancs de touches ?</strong> Un jour nous avions un match amical contre Mandiyu, le club dont s'occupait Maradona. Je voulais le mettre à l'aise, alors j'ai fait fabriquer un banc de touche spécial pour qu'il soit bien. J'avais appelé des menuisiers et des décorateurs pour qu'il puisse suivre parfaitement ses joueurs. Quand il est arrivé, la première chose qu'il me demande, c'est une radio pour écouter de la musique avant le match. En lui amenant ladite radio, je lui demande d'aller voir le banc de touche que je lui ai préparé. Il est revenu tout content, et m'a demandé comment j'avais fait pour qu'il soit aussi confortable. Je pense qu'il a plus apprécié le banc de touche que le match en lui-même, même s'ils avaient fini par gagner 1-0.<br/><br/><strong>Il a ensuite dirigé le Racing...</strong> Oui à cette époque il était mal, vraiment très mal...<br/><br/><strong>Pourquoi ?</strong> A cause de la cocaïne bien entendu. Je crois que ça a été le pire moment de toute sa vie. Il était complètement à l'ouest, il ne voyait plus les choses, ni ce qui se passait sur le terrain. Je crois qu'il ne savait même pas le nom du gardien rival. A cette période, plus rien ne comptait pour lui.<br/><br/><strong>Vous avez déjà éprouvé de la tristesse pour lui ?</strong> Plein de fois. Le jour où je me suis dit que sa fin approchait, c'est quand je lui ai rendu visite à l'hôpital, lorsque son c&#339;ur était très mal en point. Je croyais vraiment qu'il allait mourir à ce moment là. Il a su reprendre le dessus...Sa santé c'est quelque chose d'hallucinant, c'est une véritable bête sauvage ! Ce qu'il a fait endurer à son corps, c'est quelque chose d'effrayant : l'alcool, les drogues, les coups, le stress, des opérations du c&#339;ur...Lorsqu'on l'a opéré, les médecins avaient affirmé qu'il avait 70 % de chances d'y rester, mais il est encore là. Moi je ne l'ai jamais vu enrhumé, ce mec est une énigme.<br/><br/><strong>Il vous a parlé de son expérience à Cuba ?</strong> Il n'a jamais parlé de son exil. Je crois qu'il a dû passer des mauvais moments là-bas. Mais cet exil lui a fait du bien, il a pu réfléchir, se reposer, et surtout s'éloigner des gens. Moi je dirais simplement qu'il a eu du nez à l'heure de choisir sa destination.<br/><br/><strong>Maradona préfère les individualités aux collectifs ?</strong> Non. En 86, il a démontré qu'il avait un esprit collectif. Bilardo a eu l'intelligence de tout lui préparer minutieusement afin qu'il se sente important. Il lui a donné les clés du jeu, le brassard, et lui a retiré les tâches défensives. En retour, Maradona a livré ses meilleures prestations. Maradona admire bien sûr beaucoup de joueurs, Zidane, Roberto Carlos, Pelé...Mais sur le terrain, il avait un sens du collectif extraordinaire. Il parlait beaucoup à ses camarades, à Valdano, à Burruchaga, afin d'être les plus complémentaires et efficaces possibles.<br/><br/><strong> Est-ce que vous pouvez nous parler des relations de Maradona avec ses agents ?</strong> Coppola, vous savez, ça fait 40 ans que je le connais. Je l'ai connu alors qu'il travaillait dans une banque en tant que comptable. Il faisait des placements d'argent, mais je crois qu'il s'ennuyait. Comme c'était un inconditionnel de Boca Juniors, il a prospecté et a proposé à tous les joueurs du club de gérer leurs affaires, et c'est comme ça que tout a commencé pour lui. Coppola et Maradona, c'était comme cul et chemise. C'était une amitié d'argent, d'affection, de tout. C'était fusionnel, mais aujourd'hui Maradona et lui ne sont plus amis, pire, si Maradona voit Guillermo, je crois qu'il pourrait le tuer.<br/><br/><strong>S'il le faisait vous croyez qu'il trouverait le moyen de se faire pardonner?</strong> Non (rires). Il est incapable de tuer. Mais vous savez ça dépend de la façon dont il s'y prendrait. S'il le tuait "bien", je crois que les gens le lui pardonneraient !<br/><br/>Propos recueillis par Javier Prieto Santos et Alexandre Gonzalez, à Buenos Aires]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Entretien avec Victor Hugo Morales]]></title>
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Commentateur radiophonique de talent, Victor Hugo Morales, lui le natif d'Uruguay, est l'homme bande-son du but génial inscrit par Maradona en 86 contre les Anglais. Présentateur d'une émission de football, mais aussi d'une émission sur la musique classique sur Radio Continental, Victor Hugo revient sur un évènement qui a changé sa vie, outre celle de Maradona. Entre deux morceaux de Jean-Sébastien Bach...

Quel souvenir gardez-vous de votre commentaire en 86 du but de Maradona ? Oulah...&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Commentateur radiophonique de talent, Victor Hugo Morales, lui le natif d'Uruguay, est l'homme bande-son du but génial inscrit par Maradona en 86 contre les Anglais. Présentateur d'une émission de football, mais aussi d'une émission sur la musique classique sur Radio Continental, Victor Hugo revient sur un évènement qui a changé sa vie, outre celle de Maradona. Entre deux morceaux de Jean-Sébastien Bach...</strong><br/><br/><strong>Quel souvenir gardez-vous de votre commentaire en 86 du but de Maradona ?</strong> Oulah...J'en garde un souvenir très fort. A ce moment-là quand je vois Maradona dribbler le premier Anglais, je sens qu'il peut se passer quelque chose...j'étais hystérique, comme si on m'avait mis un coup de fouet dans le dos, ou qu'on m'avait branché les deux doigts dans une prise d'électricité. Au fur et à mesure de la progression de Maradona, l'intensité est montée, pour tout le monde d'ailleurs, mais pour moi l'excitation était encore plus forte du fait que je devais assurer le commentaire. Ici, en Amérique du Sud, les commentaires sont très différents de ceux qu'on peut entendre en Europe par exemple. Le discours est plus fervent, plus passionné, avec un débit beaucoup plus rapide, aussi il n'y a pas de pauses ou de temps morts pour les narrateurs. Nous vivons l'action de façon tellement intense qu'on en transpire horriblement, et fatalement ça génère des commentaires dramatiques, grandiloquents, pleins d'émotion. Lorsque Diego met le but, je fais une faute professionnelle, je sors de mon rôle de commentateur pour laisser place au supporter qui sommeille en moi. Je suis devenu complètement fou, mais à ce moment-là je viens de commenter le but le plus hallucinant de l'histoire de la coupe du monde inscrit par le meilleur joueur de l'histoire de la coupe du monde, claqué à une équipe que tous les Argentins voulaient voir éliminée à cause du conflit des Malouines. C'est cet ensemble de choses qui me fait perdre la tête, je me rappelle que j'ai fini le match debout, les mots me venaient tout seuls, je ne savais plus ce que je commentais, et en même temps j'avais devant moi la plus grande source d'inspiration, le rêve de tout commentateur, c'est à dire Maradona. Aujourd'hui je peux dire que ça a été l'une des émotions les plus violentes de ma vie.<br/><br/><strong>Vous dites que l'émotion pour vous et tous les Argentins a été énorme, or vous avez commenté un match des Albiceleste alors que vous êtes uruguayen...</strong> Je ne sais pas si un Argentin de naissance aurait fait mieux que moi. Vous savez, moi je suis en Argentine depuis beaucoup de temps, j'ai appris à connaître et à comprendre son peuple. Pour moi, ce commentaire passionné, je le vois aussi comme un moyen de les remercier, une marque d'affection, même si sur le coup je suis très loin d'avoir de telles considérations. Les émotions dépassent le cadre des nationalismes quelquefois. Qui ne s'est pas senti Argentin à ce moment là ? Si je fais par exemple un commentaire de match en français, mon travail va consister à capter l'attention du public parisien. Si Zidane fait quelque chose de beau, ma joie sera française même si je ne le suis pas, et ma joie finira par devenir ultra contagieuse pour les téléspectateurs. Maradona a créé une &#339;uvre d'art. Vous savez ce que c'est une &#339;uvre d'art ? C'est une chose qui fait l'unanimité tellement elle est belle, c'est quelque chose qui ne se discute pas, eh bien le but contre les Anglais c'est ça !!!<br/><br/><strong>Il y aurait pu avoir 10 000 manières de qualifier le but de Maradona, mais vous, à chaud, vous inventez un nouveau surnom à Maradona "Barrilete Cosmico" (Cerf-volant Cosmique). Est-ce que l'oeuvre d'art vous a inspiré ou c'était du préparé ?</strong> J'ai fait tellement de commentaires dans ma vie que j'ai appris très vite à adapter mon discours à une action. Un but peut être poétique, humoristique ou tragique, et c'est à moi de répercuter son importance à travers mes propos. Pour ce qui concerne le surnom, c'est une autre histoire : j'avais entendu une fois un joueur de football dont je ne me souviens plus le nom dire que Diego était un Barrilete, une personne qui change tout le temps, quelqu'un de lunatique. Or là Diego avait dégaîné la main de dieu et inscrit le plus beau but de l'histoire de la Coupe du monde en un match, ça convenait parfaitement, mais j'y ai ajouté une dimension plus grande avec le terme "cosmique". Je vous jure que sur le coup, je n'y ai pas pensé, c'est juste après que j'ai pris conscience de ce que j'avais dit...J'avoue cependant que j'avais déjà utilisé le terme de Barrilete pour commenter des buts de Maradona, j'adorais ce joueur, et c'était pour moi l'occasion de dire avec ironie que nous avions le plus génial lunatique du monde sous le maillot argentin : «<i>Regardez ce qu'a fait le barrilete</i>». Je voulais montrer le génie du joueur tout en moquant ceux qui pensaient qu'il était cyclique dans ses actions. Lors d'une coupe du monde, vous savez que la terre s'arrête. Quand vous avez en plus Maradona, vous savez que la terre, le vent, le feu, l'univers, la stratosphère et le cosmos sont de la partie. Aussi je n'ai aucun mérite d'avoir créé cette expression, c'était quelque chose de naturel.<br/><br/><strong>Si ça n'avait pas été Maradona, qui...</strong>(il coupe) Maradona c'est ce qui m'est arrivé de mieux dans ma vie professionnelle. C'est une personne qui vit dans l'excès. Le joueur qu'il était pouvait permettre n'importe quelle exagération. Rares sont ceux d'ailleurs qui arrivent à vivre avec des superlatifs ou à les honorer, lui, il y arrivait, et surtout il avait l'étoffe pour ça. C'est comme pour les musiciens, je peux dire qu'un tel est le meilleur compositeur du monde même si ce n'est pas vrai, je peux aussi dire que Lennon l'était, mais il ne suffit pas de le dire, il faut aussi qu'il le soit. Je veux dire par là qu'il y a des gens qui résistent à la comparaison avec n'importe quel éloge. J'aurais pu inventer n'importe quelle métaphore ou compliment, les gens auraient quoiqu'il en soit accepté, tout simplement parce que ce mec était indiscutable. Son action de rêve le prouve.<br/><br/><strong>Votre commentaire figure parmi les plus illustres de l'histoire du football contemporain. Est-ce que vous en avez conscience ?</strong> Je sais que beaucoup de personnes ont déjà entendu mon commentaire. Il y a quelqu'un qui m'a dit une fois qu'il était aussi célèbre que les mots prononcés par Neil Armstrong sur la lune. C'est un peu exagéré, que voulez-vous que je réponde à ça ? Neil Armstrong, c'était quelque chose qui appartenait à l'histoire de l'humanité, tandis que mon discours s'inscrivait dans l'histoire du sport, et du football en particulier, or le football est une infime part de l'histoire de l'humanité, donc je ne fais pas trop attention à ça.<br/><br/><strong>Si vous n'aviez pas commenté avec tant de passion le but de Maradona, est-ce qu'aujourd'hui il aurait encore cette même saveur ?</strong> Je pense que non. L'émotion de ma voix est tellement forte...(il réfléchit). C'est une source d'émotion. Ma voix a été la bande-son d'un excellent film. Si vous regardez le but sans commentaires, et je ne parle pas que du mien, vous trouverez qu'il manque quelque chose. La voix a permis de pimenter encore plus l'exploit. Lors du but, je n'ai fait qu'une chose, c'est interpréter la folie qui s'était emparée de tous les Argentins ; quand les gens écoutent ma folie, ils se rappellent la leur. C'est une source d'émotions. Moi j'ai toujours pensé qu'une image sans son était quelque chose de froid, qui congelait un peu l'exploit, et en l'occurence celui de Diego. Celui qui n'était pas né à cette époque peut revivre les mêmes émotions que ceux qui ont assisté en direct au but, à condition d'avoir l'image et la voix. Mais je te le répète, pour moi ce que j'ai fait, c'est un manque de professionnalisme, dans mon discours il n'y aucune description, il y a seulement de l'émotion, et mon travail ce n'est pas ça.<br/><br/><strong>Vous êtes-vous réécouté par la suite ?</strong> Beaucoup d'années se sont écoulées avant que je ne puisse réécouter mon travail. Mon fils et moi nous sommes replongés dedans il n'y a pas si longtemps et ce qui me surprend, c'est qu'après le but je n'arrête pas de m'excuser auprès des auditeurs. Pour moi c'était très grave d'avoir succombé à l'adrénaline. Je pensais que j'allais être viré, mais heureusement cela n'est pas arrivé !<br/><br/><strong>Quelles ont été vos relations avec Maradona ?</strong> J'ai toujours entretenu une distance avec ceux que j'interviewais. Lui et moi, nous nous connaissons très bien et nous avons du respect l'un pour l'autre mais ce n'est pas une relation amicale. Je sais qu'il m'apprécie beaucoup, il m'a d'ailleurs invité plusieurs fois à son anniversaire. Je prends ça comme un remerciement. Mais je n'en attendais pas tant. Vous savez, Diego est au dessus du bien et du mal, si je deviens ami avec lui, je perds mon objectivité et je ne peux plus rien dire sur lui, ni le critiquer. D'ailleurs je ne sais pas si je le critiquerai un jour, je lui dois beaucoup et ce serait ingrat de ma part ; tous les Argentins d'ailleurs lui doivent beaucoup.<br/><br/><strong>Mais vous n'avez jamais évoqué ensemble ce but et le commentaire ?</strong> Non, Maradona est très humble, il ne veut pas revenir sur cet épisode et moi je ne veux pas le lui rappeler car il se sentirait obligé de me dire merci. Ce serait un manque de pudeur de ma part.<br/><br/><a href="http://www.youtube.com/watch?v=RiYYSradplU">Le commentaire du but en audio. Tout simplement indispensable !</a><br/><br/><strong>Commentaire original :</strong> <br/><br/>«<i>La va a tocar para Diego, ahí la tiene Maradona, lo marcan dos, pisa la pelota Maradona, arranca por la derecha el genio del futbol mundial, y deja el tercero y va a tocar para Burruchaga... Siempre Maradona! Genio! Genio! ¡Genio! ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta... Goooooool... Gooooool... Quiero llorar! Dios Santo, viva el fútbol! Golaaaaaaazooooooo ! Diegoooooooo l! ¡Maradona ! Es para llorar, perdónenme ..Maradona, en una corrida memorable, en la jugada de todos los tiempos...[barrilete cósmico]...de que planeta viniste ? Para dejar el camino a tanto inglés ! Para que el país sea un puño apretado, gritando por Argentina!...Argentina 2 - Inglaterra 0...Diegol, Diegol, Diego Armando Maradona...Gracias Dios, por el fútbol, por Maradona, por estas lágrimas, por este Argentina 2 - Inglaterra 0</i>».<br/><br/><strong>Traduction :</strong> <br/><br/>«<i>Maradona va recevoir le ballon, c'est bon il l'a, il en a deux sur lui, Maradona contrôle, le génie du football mondial déborde sur la droite, il laisse derrière lui le troisième Anglais, il veut la passer à Burruchaga...Encore Maradona ! Génie ! Génie ! Génie ! Ta-ta-ta-ta-ta-ta-ta...Goooooool...Goooooool...J'ai envie de pleurer, excusez-moi...Maradona dans une chevauchée mémorable, la meilleure de tous les temps...Cerf volant cosmique...Mais de quel planète viens-tu, pour laisser sur ton chemin autant d'Anglais ! Pour que le pays soit un poing serré, criant à la gloire de l'Argentine !... Argentine 2- Angleterre 0... Diegol, Diegol, Diego Armando Maradona...Merci à Dieu, pour le football, pour Maradona, pour ces larmes, et pour ce score Argentine 2- Angleterre 0</i>».<br/><br/><strong> <i>Propos recueillis par Javier Prieto Santos et Alexandre Gonzalez, à Buenos Aires</i> </strong>]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title><![CDATA[Entretien avec Daniel Arcucci]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/entretien-avec-daniel-arcucci-102878.html]]></link>
		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/entretien-avec-daniel-arcucci-102878.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2007-12-12T16:20:17Z]]></dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
Ancien journaliste pour El Grafico et aujourd'hui chef de la section Sports pour le quotidien La Nacion, Daniel Arcucci est le journaliste qui a le plus interviewé Diego Maradona tout au long de sa carrière. Il a d'ailleurs aidé le Pibe de oro à écrire son autobiographie, avant de publier sa propre anthologie maradonienne intitulée "Conocer al Diego". Entretien dans le fastueux bâtiment de La Nacion, en plein centre de Buenos Aires.

Comment expliquez-vous le fait que peu&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Ancien journaliste pour <i>El Grafico</i> et aujourd'hui chef de la section Sports pour le quotidien <i>La Nacion</i>, Daniel Arcucci est le journaliste qui a le plus interviewé Diego Maradona tout au long de sa carrière. Il a d'ailleurs aidé le Pibe de oro à écrire son autobiographie, avant de publier sa propre anthologie maradonienne intitulée "Conocer al Diego". Entretien dans le fastueux bâtiment de <i>La Nacion</i>, en plein centre de Buenos Aires.</strong><br/><br/><strong>Comment expliquez-vous le fait que peu de personnes veuillent parler de la vie de Maradona ?</strong> Quand tu parles avec ses compagnons ou avec ses entraîneurs, tu as l'impression que Maradona est intouchable. Ils ont beau avoir vécu des mauvaises expériences avec Diego, c'est quelqu'un qui a toujours été là quand ils étaient dans le creux de la vague. Pour les gens, c'est donc normal de ne pas trop en dire sur quelqu'un qui a été fidèle. L'autre raison pour laquelle les gens ne souhaitent pas trop s'étendre sur leur relation avec Maradona s'explique par le fait que Diego a eu 10 000 vies plus ou moins polémiques. Beaucoup des protagonistes de la vie de Diego se sont fait piéger par une presse qui a toujours seulement voulu retenir les choses les plus croustillantes de leurs déclarations. Ce qui au départ n'était qu'une simple observation de leur part était tout de suite assimilé à une trahison aux yeux de Maradona. Or Maradona est quelqu'un de très fidèle, qui a une notion du clan assez développée. Si tu parles mal de lui, tu sors du cercle, et c'est très difficile d'y revenir. Tu es soit son ami, soit son ennemi, mais tu ne peux pas être entre les deux. Cette loi du silence s'explique par le fait que tout le monde souhaite conserver Maradona en tant qu'ami...Ils n'ont rien à gagner lorsqu'ils parlent de Maradona, au contraire. <br/><br/><strong>C'est-à-dire ?</strong> Si on analyse bien, Diego Maradona a beaucoup gagné, mais surtout, ses succès ont toujours profité à son entourage proche ou lointain. C'est quelqu'un qui a beaucoup partagé ses succès, c'est d'ailleurs là qu'il a fait le plus preuve d'altruisme dans sa vie : Il a fait gagner des matchs, des titres, des honneurs, des réputations, et surtout beaucoup d'argent...Les privilèges de Maradona ont attiré beaucoup de gens autour de lui. Une dévotion est née à partir de là. Si tu regardes bien, Maradona a toujours été la poule aux &#339;ufs d'or de quelqu'un, on le voit aujourd'hui avec les promoteurs du Showbol. Avant eux, il y a eu tous ses agents, sa famille, ses amis. Son entourage n'a cessé de changer durant les différentes étapes de sa vie. Le mythe et son héritage se sont transmis de main en main depuis des années. <br/><br/><strong>C'est pour ça que Diego Maradona a plus d'affection pour les grands joueurs que pour les équipes dans lesquelles il a pu jouer ?</strong> C'est possible. Si tu veux mélanger ses goûts footballistiques avec ses goûts idéologiques, on peut dire qu'il a été un guérillero du ballon rond, le symbole des causes perdues. Ici en Argentine, il a débuté dans un club très modeste comme Argentinos Juniors, qu'il a contribué à faire grandir en terminant vice-champion d'Argentine. Ensuite il va à Boca Juniors, un club très populaire après avoir refusé une offre de River Plate, dont le surnom est millonarios (les millionaires). Puis il va à Naples après être passé par Barcelone. A l'époque Naples ce n'était rien du tout, au mieux un club de troisième zone, mais il en a fait l'une des équipes les plus grandes du Calcio. A Naples, Maradona a atteint sa plénitude en tant que joueur, c'est là qu'il a été le plus fort. C'est aussi dans cette ville qu'il est devenu un symbole pour tous les opprimés. Si on pouvait faire une synthèse du Maradona idéal, ce serait Naples et tout ce qu'il a donné non seulement au club, mais à toute une région.<br/><br/><strong>Aujourd'hui comment est perçu Maradona en Argentine ?</strong> A mon avis les gens ont plus de respect pour ce que Maradona a fait que pour ce qu'il fait aujourd'hui, et c'est normal. La seule chose qui reste du Maradona footballeur, c'est sa grande gueule. Sans sa propension à exagérer les choses et à créer des polémiques, Maradona ne serait jamais devenu ce qu'il est. Les gens aiment quand il parle, ça leur rappelle le Maradona flamboyant de la Coupe du monde 86. En Argentine la fascination pour Diego est telle que les gens préfèrent retenir ce qui a été vertueux en lui plutôt que de s'épancher sur ses fautes. <br/><br/><strong>Est-ce que ce n'est pas un peu de l'impunité ?</strong> Non, les gens font preuve d'indulgence avec lui. Si quelqu'un d'autre avait vécu la vie de Maradona, avec tous ses excès, je crois qu'il serait mort. C'est aussi cela qui fait qu'il est unique. Maradona est un miracle ambulant, il a infligé des choses à son corps quasiment inconcevables. Lui-même m'a avoué que ce qu'il s'était fait subir était honteux et violent à la fois. C'est un homme qui a été déclaré cliniquement mort je vous rappelle ! Maintenant si vous me demandez si Maradona aurait été celui qu'on connaît aujourd'hui sans tous ses problèmes et ses excès je vous dis non ! S'il avait été plus sage, plus tranquille, plus posé, plus prévisible, les gens ne l'auraient pas aimé autant. Maradona a mené une vie de mythe vivant, s'il était devenu dirigeant de l'AFA (fédération argentine) ou un grand entraîneur, vous croyez qu'il y serait arrivé ? Non, ça n'a pas de sens. C'est comme si Jordan avait été entraîneur champion avec un club de NBA. Cantona n'aurait pas été Cantona s'il n'avait pas fait une prise de Kung-Fu à un supporter. Le mythe se construit dans l'exagération et la transgression, et Maradona est tout ça à la fois.<br/><br/><strong>Est-ce que Maradona se connaît lui-même ?</strong> Oui je crois et même mieux qu'on ne le pense. Il m'a d'ailleurs souvent avoué qu'il souffrait de connaître ses limites, car pour lui ça voulait dire qu'il ne pouvait pas aller plus loin. Que ce soit dans le football ou la drogue par exemple...<br/><br/><strong>A quel moment êtes-vous devenu proche de lui ?</strong> C'était en 1985. Le <strong> <i>Grafico</i> </strong> m'avait demandé de passer Noël avec Maradona. C'était quelque chose d'impossible à faire même si Maradona n'était pas totalement celui qu'on connaît aujourd'hui. Le 24 décembre, je suis quand même allé le voir à l'aéroport à sa descente d'avion. Il m'a dit "non" tout de suite, mais m'a quand même donné son numéro de téléphone et m'a demandé un temps de réflexion. J'ai passé ma journée à lui téléphoner. Il était dix heures du soir quand je suis enfin tombé sur Claudia, à qui j'ai pu exposer mon désarroi - c'était Noël et j'étais seul dans une chambre à Buenos Aires, loin de ma famille. Elle a eu un peu pitié de moi et m'a finalement passé son mari. Au début, il était furieux, mais il s'est vite assagi : «<i>Je ne vais pas te donner d'interview ce soir, mais tu viens demain et je ferai ce que tu voudras</i>». Le lendemain à dix heures, j'étais chez lui. Je suis reparti à 22heures...Au fond Maradona avait apprécié que je n'insiste pas devant sa porte par exemple. Depuis ce jour-là, nous sommes devenus amis. Il m'a ensuite invité à son mariage, à la communion de ses filles, puis à toutes les fêtes importantes...<br/><br/><strong>Mais cette relation ça n'a jamais posé un problème éthique ?</strong> Il m'a souvent dit des choses extraordinaires dans l'intimité, mais moi je savais que je devais respecter sa vie personnelle. Lui et moi savions lorsqu'on était en train de travailler ou pas. Par exemple, le Grafico m'avait demandé de faire un reportage sur son mariage, mais j'ai décliné la proposition. J'étais là en tant qu'invité, pas en tant que paparazzi. Pour moi ça a été un grand privilège mais aussi une énorme débauche d'énergie. Tout ce qui gravitait autour de Maradona, c'était de l'info. Il y a un moment où tu es complètement dépendant de ce qu'il fait. A vrai dire ça a été une véritable lutte interne. C'était comme marcher sur des &#339;ufs.<br/><br/><strong>C'est comment suivre Maradona au jour le jour ?</strong> C'est comme perdre la notion du temps. Tu rentres dans une orbite totalement différente. Tu ne sais pas s'il fait jour ou nuit, tu ne sais pas quand tu vas pouvoir manger, tu ne sais pas où tu peux aller. Sa vie est remplie de mouvements, de voyages, d'imprévus. C'est usant, je ne sais pas comment il fait à vrai dire. <br/><br/><strong>Est-ce qu'on peut critiquer Maradona ?</strong> Oui, même s'il n'accepte pas toujours ce que vous lui reprochez. Si vous lui dites quelque chose en face, il n'y a pas de problèmes mais si vous le poignardez dans le dos, vous pouvez l'oublier. Il est très rancunier. C'est quelqu'un qui a énormément besoin d'affection. Tout le monde l'aime, tout le monde le respecte, mais c'est une constante dans sa vie, il a toujours voulu être aimé plus qu'il ne l'était déjà.<br/><br/><strong>Est-ce que vous avez déjà eu peur de lui ?</strong> Peur non, mais des fois sous l'effet de certains produits...il était irascible.<br/><br/><strong>Irascible ?</strong> Il avait des accès de colère où il lui arrivait de tout casser. Tout ce qu'il avait à portée de main finissait alors par terre.<br/><br/><strong>Le plus beau souvenir que vous avez avec lui ?</strong> Sans aucun doute un défilé dans les rues de Naples, à Via Forcella plus précisément, le fief de la Camorra. C'était un endroit qui faisait peur, où l'étranger ne pouvait pas aller sous peine de se faire liquider, et moi j'étais dans une camionnette que conduisait Diego, en train de fêter le deuxième titre de champion de Naples. Il y avait une foule incroyable, et c'est là que je me suis réellement rendu compte de tout ce que pouvait représenter Diego aux yeux des Napolitains : ils fêtaient leur idole, pas l'équipe.
Il y a aussi eu un voyage en Chine au cours duquel Maradona avait visité la Cité Interdite. Tout le monde l'avait reconnu, ça avait quasiment provoqué une émeute !<br/><br/><strong>Comment est le clan Maradona ?</strong> Il se décompose en plusieurs couches. En premier, vous avez le noyau dur, qui est la famille, c'est ce qu'il a de plus sacré. Et ensuite vous avez plusieurs autres couches, d'amis, de connaissances, ou de relations professionnelles. Elles changent tout le temps.<br/><br/><strong>Et les agents vous les mettriez où ?</strong> Dans le cercle rapproché. A l'époque, Cyterspiller avait commis plusieurs erreurs stratégiques. Il avait fait des mauvais choix sur le plan financier et Coppola a alors permis à Maradona de remonter la pente. Il a en quelque sorte modernisé Maradona. Il en a fait un produit parfaitement marketé. Le problème de Guillermo, c'est qu'il a trop voulu s'approcher de Diego, or c'est impossible de fusionner avec lui si vous n'êtes pas de sa famille ou un ami vraiment très proche.<br/><br/><strong>Maradona nourrit-il un complexe de supériorité ?</strong> Je crois que pour comprendre la vantardise de Diego, il faut comprendre les Argentins. Maradona est très argentin, il est prétentieux, roublard, contradictoire, fanfaron, tricheur. Maradona c'est un stéréotype argentin sur pattes. Il en est conscient, il s'en amuse, et surtout il aime ça.<br/><br/><strong>Ce ne serait pas plutôt un stéréotype de quelqu'un qui vient de la rue ?</strong> Bien sûr ! Maradona vient de Villa Fiorito, un endroit très pauvre. C'est quelqu'un qui est parti de rien. Dans ce pays, c'est un peu un modèle de réussite. Pour tous les enfants pauvres, c'est un peu Tony Montana dans Scarface. Il y a beaucoup de choses qui rapprochent ces deux personnages : Le clan, la fidélité, la loi du silence, et le besoin d'être reconnu et aimé. On se rend compte du côté dur de Maradona quand il affronte les dures réalités de la vie. Si vous réfléchissez bien, il ne s'est jamais vraiment démoralisé, là ou d'autres auraient franchement déprimé. Depuis son jeune âge, Diego a dû faire face aux difficultés de la vie, aussi il sait de quoi il en retourne maintenant.<br/><br/><strong>Diego a-t-il entretenu des relations avec la Camorra à Naples ?</strong> Je ne sais pas véritablement quel type de relations il a eu avec eux, seulement je peux vous assurer qu'il les connaissait, ils se côtoyaient quelques fois, mais là encore je ne sais pas jusqu'à quel point.<br/><br/><strong>Vous avez déjà eu peur pour lui ?</strong> Oui j'ai toujours peur pour lui. Quand je vois qu'il y a des flash d'information spéciale à la télévision, je m'arrête toujours et je pense : «<i>Ca y est, cette fois c'est la fin...</i>». <br/><br/><strong> <i>Propos recueillis par Alexandre Gonzalez et Javier Prieto Santos</i> </strong><br/><br/>A lire aussi : <strong> <i>La Argentina En Los Mundiales</i> </strong> Arcucci Daniel - Sasturain Juan]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Entretien avec Martin Caparros]]></title>
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		<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.sofoot.com/entretien-avec-martin-caparros-102860.html]]></guid>
		<dc:date><![CDATA[2007-12-10T23:35:51Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
Martin Caparros est argentin, mais parle un français excellent, héritage d'un exil à Paris puis à Madrid pendant la dictature de Videla. Journaliste et romancier moustachu, anticonformiste, il est considéré comme l'un des auteurs sud-américains les plus doués de sa génération. Fan inconditionnel de football, mais surtout de Boca (club auquel il a consacré un ouvrage intitulé Boquita), il nous livre ses impressions sur l'Argentine et sur son idole : Diego Armando Maradona. Entretien à Buenos&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Martin Caparros est argentin, mais parle un français excellent, héritage d'un exil à Paris puis à Madrid pendant la dictature de Videla. Journaliste et romancier moustachu, anticonformiste, il est considéré comme l'un des auteurs sud-américains les plus doués de sa génération. Fan inconditionnel de football, mais surtout de Boca (club auquel il a consacré un ouvrage intitulé <i>Boquita</i>), il nous livre ses impressions sur l'Argentine et sur son idole : Diego Armando Maradona. Entretien à Buenos Aires avec un fanatique passionnant.</strong><br/><br/><strong>Avez-vous déjà rencontré Diego Maradona ?</strong> Oui, il y a quelques années, huit ans je crois, on faisait une émission de télévision avec trois autres journalistes. On était censés être farouches, et on parlait un peu sur le cas Coppola (ancien agent de Maradona, Ndlr), qui passait en jugement. Nous on a dit que son juge n'était pas très clair, et manifestement Maradona était devant son écran à ce moment-là ; il a alors téléphoné et a dit qu'il arrivait, car il était content de ce qu'on avait dit. Il voulait nous remercier. Donc il est venu, et il est resté une demi-heure avec nous sur le plateau. Et le lendemain nous étions l'objet de tous les sarcasmes car nous avions la réputation d'être très incisifs, et on était devenus des petits chiens devant lui. Bah oui, on n'avait pas envie de le faire chier, on était contents d'avoir ce monsieur qu'on admirait tous avec nous, et qui était venu nous voir de son propre chef. Nous, on lui posait des questions toutes connes qui lui permettaient de répondre ce qu'il voulait, on a fait aucune pression sur lui, c'était juste une espèce de catastrophe journalistique. <br/><br/><strong>Personne n'ose le bousculer ?</strong> C'est faux, ce n'est pas comme ça. Beaucoup l'attaquent. Il y a quelques semaines, une émission de télévision assez stupide devait définir l'ADN argentin. Et pour la catégorie des sportifs, sont arrivés en finale après des éliminations successives, Fangio et Maradona. Et Maradona a perdu. Il a perdu devant quelqu'un que personne ne connaît, je veux dire que Fangio a gagné sa dernière course en 1958.<br/><br/><strong>Pourquoi Fangio a-t-il gagné ?</strong> Il était soi-disant clean. Là où Maradona a eu les problèmes que tout le monde connaît, l'autre était plus ou moins inattaquable sur ce point-là. De fait pour représenter la «nationalité», Maradona n'était pas à la hauteur. Plus tard, on s'est tout de même rappelé que Fangio était le président de Mercedes Benz Argentine en 1976 quand 30 ou 40 ouvriers avaient été enlevés par les militaires et que lui n'avait rien fait contre ça...<br/><br/><strong>Maradona on lui pardonne tout ?</strong> Non ce n'est pas une question de pardon. Nous on était contents de le voir là et on n'avait pas envie de le faire chier. Moi je ne me sens juge de personne pour avoir à pardonner ou ne pas pardonner. Pour moi c'est avant tout quelqu'un qui m'a donné beaucoup de plaisir, et pour ça je lui suis reconnaissant, après ce qu'il fait ou ne fait pas, ce n'est pas mon affaire, et c'est lui-même qui dit tout le temps, «<i>Je ne suis pas un modèle, je ne suis pas un exemple</i>», c'est un rôle qu'il n'a jamais voulu et plutôt même évité. Si on veut le juger, il faut commencer par regarder ses positions politiques. <br/><br/><strong>Et donc ?</strong> Elles sont ridicules. Il est castriste mais a aussi affiché son soutien à Carlos Menem, qui représentait la droite ultra libérale. C'est quelqu'un capable de s'afficher avec Morales ou Chavez et de soutenir quelqu'un comme Macri. Mais personne ne le prend au sérieux là-dessus. <br/><br/><strong>Comment expliquer cette versatilité ?</strong> C'est une contradiction ambulante. Mais ça ne me dérange pas, je trouve ça plutôt normal. Ce qui est gênant, c'est notre société, pourquoi devrait-on faire autant attention à la personne Maradona ? Pourtant on fait tous semblant d'écouter ce qu'il a à dire sur Castro par exemple. <br/><br/><strong>Pourquoi le pouvoir argentin a-t-il toujours voulu s'accaparer l'image de Maradona ?</strong> Parce que ça paye. Maintenant moins parce que Diego est plutôt sur le déclin.<br/><br/><strong>La relation Menem/Maradona semblait sincère...</strong> Mais Maradona a commencé à faire des déclarations pro Menem parce qu'il avait contre lui des poursuites judiciaires qui s'engageaient très mal... Donc il parait qu'on lui a demandé de faire deux ou trois choses en échange d'une résolution favorable de ses problèmes. On lui a par exemple demandé de devenir le visage d'une campagne anti-drogue, ce qui est assez marrant. <br/><br/><strong>De votre point de vue, Maradona a-t-il conscience d'être parfois utilisé ?</strong> Maradona, c'est quelqu'un de très intelligent. C'est un type capable de comprendre. Il comprend beaucoup de choses sur ce qu'il vit. Il analyse beaucoup, et c'est surtout quelqu'un capable de sortir des phrases complètement géniales. <br/><br/><strong>Son discours, c'est sarcastique ?</strong> Il oscille entre l'extrême tendresse et parfois la violence en utilisant l'ironie. C'est un mélange étrange.<br/><br/><strong>Comment peut-il être à la fois aussi brillant et se mettre dans des situations impossibles ?</strong> Pour <strong>La Noche Del Diez</strong> par exemple, c'était surtout pour prouver aux gens qu'il était de retour, qu'il allait mieux, mais à cette époque-là, il m'a un peu dégoûté, il est devenu une espèce de modèle, ce qu'il n'avait jamais vraiment voulu être. Il montrait au public qu'il avait surpassé la drogue, alors que la Terre entière le considérait comme mort, lui était là et bien là. C'est pour ça qu'il a accepté. Et aussi pour le fric, parce que c'est un type qui dépense trop, il y a trop de connards qui vivent autour de lui. Mais je ne suis pas sûr que parce qu'on est intelligent on ne puisse pas faire de conneries. Et puis ça doit être très dur d'être Diego Maradona depuis l'âge de 16 ans, je me rappelle qu'il y a une dizaine d'années, il était la deuxième personne la plus connue au monde derrière le Pape ! C'est difficile à gérer au quotidien non ? Ce n'est pas un robot.<br/><br/><strong>Vous l'imaginez mourir comment ?</strong> C'est quelqu'un qui est toujours sur le point de mourir, et de fait il est en train de mourir depuis l'année 97, celle où il a quitté les terrains. Il a fait de cette mort lente et prolongée quelque chose de public. Je crois que c'est un artiste. Je ne me sens pas proche de lui mais c'est un artiste dont j'ai beaucoup joui. Ce qui m'intéresse d'un artiste, c'est ce qu'il produit, pas son intimité. Une fois par an, on se fait une soirée Diego Maradona avec mon fils qui a 16 ans et on jouit comme des cochons ! A regarder des actions connues de tout le monde pourtant... <br/><br/><strong>Mais pourquoi autant d'admiration post Maradonienne ?</strong> Parce que c'est d'une beauté rare. Comment se créer un canon de beauté ? Pourquoi l'action de faire passer un ballon entre les jambes serait mondialement belle ? C'est un sujet intéressant...<br/><br/><strong> <i>Propos recueillis par Alexandre Gonzalez et Javier Prieto Santos</i> </strong>]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Entretiens avec Diego Maradona, Corriere dello Sport]]></title>
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Contexte : contre toute attente, le Milan a dominé toute la saison en Europe - il gagnera la C1, sa deuxième de suite contre Benfica (1/0) - et dans la Botte quand il commence à connaître quelques ratés au printemps. Le Napoli en profite pour se rapprocher et carrément le dépasser quand les Rossoneri s'inclinent chez l'avant-dernier bolognais. 

1990 sera donc l'inverse parfait de 1988 où le club lombard avait coiffé sur le fil l'équipe de Careca. A l'intersaison 88/89, après que Ferlaino&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Contexte : contre toute attente, le Milan a dominé toute la saison en Europe - il gagnera la C1, sa deuxième de suite contre Benfica (1/0) - et dans la Botte quand il commence à connaître quelques ratés au printemps. Le Napoli en profite pour se rapprocher et carrément le dépasser quand les Rossoneri s'inclinent chez l'avant-dernier bolognais. <br/><br/>1990 sera donc l'inverse parfait de 1988 où le club lombard avait coiffé sur le fil l'équipe de Careca. A l'intersaison 88/89, après que Ferlaino lui eut promis de pouvoir s'en aller, Diego rêve de rejoindre l'OM et un championnat moins contraignant. Il rêve aussi de retrouver une véritable vie sociale puisqu'il doit s'isoler à Naples et ne sortir que la nuit. En vain puisque le président napolitain ne tient pas ses promesses. Du coup, après la Copa America, Diego prend pour la première fois, depuis son arrivée à Naples, des vacances prolongées. Ses velléités de départ et son retard agacent les tifosi qui pour la première fois lui manifestent un peu d'hostilité, vite oubliée. Dix mois plus tard, le sacre en poche, le Pibe s'en rappelle...(voir interview)</strong><br/><br/><strong>Corriere dello Sport, après le deuxième scudetto, édition du 2 mai 1990, par Franco Esposito et Dario Torromeo</strong><br/><br/>
<strong>Alors, Diego, ce deuxième titre...</strong> Ce deuxième scudetto, je le dédie à mon père. Il m'a téléphoné dans les vestiaires, mais il ne s'est pas déplacé. C'est un homme sage, un beau vieillard (sic). Avec son absence, j'ai voulu faire comprendre aux gens qui est son fils. L'été dernier, j'ai été traité comme un délinquant. J'ai pardonné. On n'apprend pas à un vieux singe comme mon paternel, voire à moi-même, à faire la grimace. L'orgueil est une grande richesse dans la vie. Je voulais donner à mes filles mon maillot pour ce dernier match mais quelqu'un m'a volé dans le vestiaire ce numéro 10, celui de la première mi-temps (dépité). Nous avons fait entrer dans les vestiaires des gens importants, nous avons invité des amis à notre fête. Quelqu'un ne nous a pas rendu notre confiance, je me sens trahi. <br/><br/><strong>Tu parais dépité...</strong> Le premier scudetto a été plus beau, plus propre. Et quand je dis propre, je ne me réfère pas à la petite pièce de Bergame (Ndlr : un spectateur bergamasque a jeté une pièce sur l'arbitre lors d'Atalanta-Napoli et le club sudiste a eu match gagné alors que les deux équipes s'étaient séparées sur un match nul) ou au but marqué et invalidé par le Milan à Bologne. Je parle de nos affaires, de l'effectif. Je me réfère au rapport de l'équipe avec les gens, un rapport empreint d'incompréhension. Les supporters ont tenu pour bonnes des fausses rumeurs qui circulent et ils m'ont sifflé. Cela nous a surpris, surtout nous les vieux. On a su réagir. On avait parlé de chaleur aux nouveaux qui arrivaient, et au contraire, ils ont été accueillis par des sifflets. Mais je le répète, on a su réagir. <br/><br/><strong>Contrairement au premier titre, celui-ci a été gagné dans la difficulté...</strong>Peut-être devrais-je dire aujourd'hui qu'il est beau de gagner un Scudetto ici, que cela en vaut dix partout ailleurs. Tous les jours dans le Sud, tu te dois d'outrepasser tes limites. À ceux qui parlent à tort et à travers, je dis : Regardez ce que nous avons fait lors des cinq dernières années. Quiconque se moque de ma douleur à la hanche ne sait pas combien je peux souffrir (selon une de nos sources, c'est à cause de cette douleur récurrente à la hanche que Diego a commencé à prendre de la coke, Ndlr). J'ai fini ce match avec une douleur terrible, à tel point que je ne sais pas si je pourrai jouer avec l'Argentine (à la coupe du monde italienne de juin 90, Ndlr). Je déguste depuis l'âge de 15 ans et toute la famille Maradona souffre d'un mal de dos atavique. Si cette souffrance se poursuit, il se peut que je ne puisse pas disputer le Mundiale. Je ne me suis pas préparé en fonction de cette échéance majeure, c'est ma hanche qui m'a dicté ce que je devais et pouvais faire. <br/><br/><strong>Cette squadra napolitaine diffère beaucoup de celle de 1987 ?</strong> Il est stimulant d'évoluer avec de tels partenaires, tu te sens fort. Notre groupe est parfait, on a fini le championnat crescendo, on a battu un grand adversaire (le Milan des Néerlandais et de Sacchi, Ndlr). Crippa est sans aucun doute le meilleur joueur italien de la saison et j'espère que Vicini (le DTN transalpin de 1990, Ndlr) ne va pas l'aligner contre nous. J'ai demandé à Carnevale de continuer l'aventure avec nous la saison prochaine. On a besoin d'hommes et de joueurs comme lui. Je ne peux certes pas hypothéquer son futur, sachez cependant qu'où qu'il aille, à chaque fois qu'il jouera contre le Napoli, (narquois, Ndlr) nous le battrons ! Ferlaino a dit que nous devrions en être déjà à quatre scudetti, je lui ai répondu que nous devions laisser quelques miettes aux autres (rires alentour). Alemao est devenu notre arrière droit finalement, pour moi c'est un de ceux qui s'engagent le plus. <br/><br/><strong>Comment les choses se sont-elles déroulées avec votre nouvel entraîneur ?</strong> Alessandro Bigon (le coach qui a succédé à Ottavio Bianchi en juillet 89 pour la plus grande joie du Pibe, Ndlr) nous a offert son expérience et sa tranquillité. Grâce à lui, l'équipe a vécu la saison entière en harmonie et le final a pu être merveilleux. Il manque seulement trois buts grâce auxquels j'aurais pu rejoindre Van Basten en tête du classement des buteurs (il a marqué 16 buts et le Néelandais 19, Ndlr) mais cela aurait été un miracle. Mon métier, c'est d'abord et avant tout de distribuer les passes décisives, je suis le Magic Johnson du football. Je dirai cette nuit à Dalmita (sa petite fille, Ndlr) si je suis encore et toujours le numéro 1. La vérité, celle que j'ai à l'intérieur de moi, seule ma petite peut la connaître.<br/><br/><strong>Que te reste-t-il encore à accomplir avec le Napoli ?</strong> Je veux rester ici pour gagner la coupe d'Europe des clubs des champions. J'attends aussi que ma mère me félicite pour ce scudetto. Berlusconi m'a déçu, je croyais qu'il était quelqu'un de grand dans tous les sens. Il s'est abaissé à dire ces choses à la télé, que le Napoli ne peut dépasser le Milan que de façon suspecte pour ce deuxième sacre. Il a véritablement insulté les Napolitains. Je le remercie pour tout ce qu'il a fait pour le football mais pas pour sa participation et les idées qu'il continuer de développer. Cette fois-ci, il s'est trompé. Il a exploité son image pour nous blesser. Ce titre en vaut vraiment dix, comme le numéro inscrit sur mon maillot. On l'a voulu tous ensemble : Ferlaino, Moggi (alors directeur sportif du Napoli), les joueurs. On a su, nous autres simples footballeurs, conseiller les bonnes acquisitions ; le président et le manager ont fait les bons achats. Nous ne nous sommes trompés sur rien. Bigon a su gérer à la perfection les champions du Napoli. Bianchi est une grande personnalité du football et j'ai envie de lui dire : &#8216;Mister, on peut gagner sans créer d'embrouilles, on peut être dur avec un sourire. Dire que tout va mal ne sert pas toujours.' C'est sûr que dans ce championnat, le Napoli a découvert l'eau chaude, tactiquement (sic). Les années passées, c'était pareil. Les joueurs passent toujours avant l'entraîneur, toujours. Même la tactique, c'est nous qui la faisons. Le Napoli est fort, et je ne le lâcherai pas, même si on veut m'en chasser. On a prêté certains propos à Coppola (son agent de l'époque pour quelques mois encore, Ndlr) qu'il n'a pas tenus. Il y a des cons partout néanmoins, même en Argentine ! <br/><br/>
<strong>Jubilé de Ferrara, Corriere dello Sport, 10 juin 2005, par Franco Esposito</strong><br/><br/><strong>Contexte : pour son premier vrai retour officiel à Naples depuis son départ en catimini d'avril 91, le Pibe fait une apparition au jubilé de Ciro Ferrara, son grand ami napolitain de l'âge d'or, celui avec qui il allait s'empiffrer de pizzas. Il lui vole quelque peu le show avec la bénédiction de l'ex-défenseur juventino tandis qu'une foule hystérique hurle des «<i>Diego, Diego</i>» dans un San Paolo plein jusqu'aux combles. Il est alors question du propre jubilé du Pibe fin octobre de la même année. On l'attend encore.</strong><br/><br/>
<strong>Alors, Diego ce retour, toute la ville est presque émue aux larmes...</strong> Je rentre par la grande porte, celle que m'a ouverte en grand mon immense ami Ciro Ferrara. J'aime Naples, elle sera toujours comme ma seconde maison, ma deuxième patrie. J'y ai vécu pendant 7 ans, un septennat qui m'a semblé durer une éternité tant ce qu'on y vit en général est intense et ce qu'on y a, nous, vécu, fut grandiose. <br/><br/><strong>Et la santé ? Comment te sens-tu ?</strong> Après la coke, j'ai pu renaître, grâce à l'amour des miens, de ma famille. Je recommence enfin à regarder vers l'avant. Je m'imagine de nouveau un futur car je suis redevenu confiant. Je suis un autre physiquement et je ne me drogue plus. Qui suis-je aujourd'hui ? Quelqu'un d'autre probablement, qui veut travailler et continuer à redevenir un bon père. Je m'étais échappé de Naples presque à la sauvette, et maintenant j'éprouve une joie immense d'y revenir. Quand j'étais dans le coma, on m'a dit mort. Je ne sais pas si j'ai pensé que j'allais enfin passer de l'autre côté. Ma famille m'a aidé constamment, elle me disait : «<i>Ne meurs pas Diego, non, ne me meurs pas, il te reste tant de bonnes choses à faire et à vivre</i>». <br/><br/><strong>Avec la drogue, où en es-tu ?</strong> Ma vie a changé depuis que je suis sorti du coma. Je ne me drogue plus depuis un an et deux mois. Avant, pour prendre de la drogue, je me cachais, c'était d'une tristesse infinie. Quand tu prends ton poison, tu es seul et impuissant contre tous. Tu te racontes des histoires et tu te mens constamment...<br/><br/><strong>As-tu pensé que tu n'arriverais jamais à arrêter ?</strong> Je craignais évidemment, comme tous les toxicomanes un minimum lucides, de ne pas pouvoir y arriver, de perdre définitivement contre deux ennemis : la drogue, et ceux qui te la donnent. Je ne veux pas être un exemple mais si on l'interprète bien, ce message peut valoir vraiment une vie. Vous savez quelle est ma vérité ? Personne ne lutte contre ce fléau, ce phénomène généralisé un peu partout dans le monde et notamment ici en Campanie. Au contraire, beaucoup y participent. Quelques pays prospèrent et en vivent plus que bien, l'Amérique en est un parmi d'autres. Si tu enlèves la drogue aux Etats-Unis, ce pays s'écroule sur lui-même. <br/><br/><strong>Avec ton aura, tu pourrais occuper une place importante dans l'organisation du football...</strong> Je ne suis pas sûr que beaucoup de monde le souhaite. Aujourd'hui Blatter et son entourage détiennent intégralement le pouvoir dans notre discipline. Platini était proche de lui, la France a eu le Mondial et l'a gagné. Tu vois...<br/><br/><strong>En ce moment (en juin 2005, Ndlr), le Napoli est en Série C...</strong> Voir Naples au troisième sous-sol (sic) me rend triste et malade. Le club continue de payer les erreurs de Ferlaino, une personne qui m'a fait du mal et qui m'a chassé. Il avait promis qu'il me libérerait et au contraire, il continuait à vendre des abonnements valables sur plusieurs années (certains, environ deux cents, pour dix ans, Ndlr) grâce à la force et la longévité de mon contrat. Il s'est débarrassé de beaucoup de gens à l'intérieur de la société, et nous savons tous pourquoi. Pour cela, je ne peux pas le regarder en face. Le Napoli doit être un club sérieux, il peut le redevenir avec De Laurentiis. Cela me ferait plaisir de travailler ici mais je ne demande rien. Si le Napoli a une société forte et une bonne équipe, les gens reviendront d'eux-mêmes remplir le San Paolo. <br/><br/><strong>Tu pourrais t'investir dans le club ?</strong> En d'autres temps, mon rêve était de devenir président du Napoli à la place de Ferlaino. Aujourd'hui, je voudrais plutôt devenir un manager proche des tifosi et de l'équipe. Plus du tout président. Je ne veux pas le pouvoir, ça ne m'intéresse pas. Je suis Diego, je suis du peuple, je suis du peuple (il le dit deux fois avec finesse et en articulant). Je pourrais seulement revenir pour gagner de nouveau avec une équipe de fort tonnage et créer quelque chose de beau. Aujourd'hui, c'est le Milan et la Juve qui tiennent le haut du pavé. Quand j'étais au Napoli, on les avait remis à leur place. <br/><br/><strong>Les rumeurs les plus folles ont circulé au sujet de ta situation financière...(ruine, divorce coûteux, etc.)...</strong> Tu me demandes si j'ai encore de l'argent ? On m'en a beaucoup volé mais l'argent n'honore pas tout (sic), la gloire et l'amitié sont bien plus beaux (resic). J'ai longtemps disposé de beaucoup de cash, sans amis ni famille. Claudia et Gianina (sa femme et une de ses filles, Ndlr) sont retournées voir la maison de la via Scipione Capece dans laquelle nous avons habité pendant 7 ans. Ma fille m'a demandé : «<i>Papa, pourquoi tu ne l'achètes pas ?</i>» A beaucoup d'égards, ce n'est pas vraiment possible...<br/><br/><strong> <i>Traduit par Lucas Duvernet-Coppola et Hristo Nikiforov</i> </strong>]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Entretien avec Hector Rodolfo &#8216;El bambino' Veira]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2007-12-09T19:34:17Z]]></dc:date>
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Ancien international argentin et plus jeune meilleur buteur de l'histoire du championnat national à seulement 18 ans avec San Lorenzo, tout comme Maradona avec Argentinos, Hector Veira est une exagération vivante. Un don pour l'hyperbole qui en a fait néanmoins le premier entraineur de Caniggia ainsi que le coach du grand River de Francescoli. Après avoir purgé un an de prison pour un supposé détournement de mineur - la victime est aujourd'hui travesti et vend ses services sur internet - Veira&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Ancien international argentin et plus jeune meilleur buteur de l'histoire du championnat national à seulement 18 ans avec San Lorenzo, tout comme Maradona avec Argentinos, Hector Veira est une exagération vivante. Un don pour l'hyperbole qui en a fait néanmoins le premier entraineur de Caniggia ainsi que le coach du grand River de Francescoli. Après avoir purgé un an de prison pour un supposé détournement de mineur - la victime est aujourd'hui travesti et vend ses services sur internet - Veira est devenu commentateur vedette pour la chaîne Fox sports et un habitué de l'émission <i>la Ultima Palabra</i>, sorte de 100% foot argentin. Rencontre avec le dernier entraineur de la carrière de Maradona dans les fastueux locaux de Fox sports, à Buenos Aires.</strong> <br/><br/><strong>Vous avez été le dernier entraîneur de Diego Maradona, quels souvenirs en gardez-vous ?</strong> Je garde un excellent souvenir de Diego. C'est une personne très attachante qui a toujours donné le maximum pour l'équipe. Avec moi, il n'a jamais eu de problèmes, car je lui laissais carte blanche. Son dernier match, c'était contre River Plate, un match que nous avions gagné 2-1. Ce jour-là, je le fais jouer mais normalement il n'aurait pas dû, car il n'était pas vraiment à 100% physiquement. Il revenait de blessure, mais je ne pouvais pas le priver de son dernier au revoir, qui plus est dans un Superclasico.<br/><br/><strong>C'est vous qui avez demandé à l'avoir ou ce sont les dirigeants du club qui ont tout fait pour son retour à Boca ?</strong> Non, ce n'est pas moi qui ai organisé son retour. En fait, je voulais déjà qu'il vienne avec moi lorsque j'étais entraîneur de San Lorenzo, mais finalement ça ne s'était pas fait, surtout pour des raisons économiques. Aussi quand j'ai su que j'allais pouvoir l'avoir sous mes ordres à Boca, c'est comme si un rêve s'était réalisé.<br/><br/><strong>Franchement c'était un choix sportif ou un rêve de gamin, parce que sa meilleure période était déjà loin derrière lui ?!!</strong> Nonnn ! Moi j'étais sûr qu'il pourrait revenir à son meilleur niveau. En plus de cela, il a un mental d'acier, c'est un vrai leader dans un groupe, il fait grandir les autres juste par sa présence. Quand il est venu à Boca, je ne me suis pas trompé sur lui, il était comme je l'imaginais. A l'entraînement, il était hyperactif, motivé, il donnait des conseils aux autres, les reprenait, c'était un vrai patron. Le jour du match, il faisait ce qu'il prêchait pendant la semaine. Vous savez, pour un joueur, savoir que Maradona joue à ses côtés, c'est très important, il joue libéré. Maradona était le centre d'attention de tout le monde, la pression de l'équipe c'était pour lui. Maradona aime la pression, il aime l'adrénaline, c'est ça qui distingue les très grands joueurs du reste de la meute. <br/><br/><strong>Comment se sont passées les négociations ?</strong> A vrai dire, ça s'est fait rapidement, tout simplement parce que Diego est fou amoureux de Boca, c'est un fanatique de ce club. C'est le seul club pour lequel il aura fait des efforts financiers, et je pense même que c'est le seul club pour lequel il aurait payé pour jouer. Pour lui, il s'agissait aussi de boucler la boucle en revenant au club de ses débuts, celui de ses premières amours. C'est un grand romantique dans ce sens-là. A l'époque, son retour avait d'ailleurs suscité beaucoup d'intérêt en Argentine, mais aussi à l'étranger. Ca avait permis de faire beaucoup de publicité au club : le meilleur joueur de l'histoire du club et du football mondial était de retour à la maison !<br/><br/><strong>S'il n'y avait pas eu les propositions millionaires des clubs européens, vous pensez que Maradona aurait aimé jouer toute sa carrière en Argentine?</strong> Oui, il me l'a même déjà dit. Mais il faut bien vivre, et je pense qu'il a quand même pris du plaisir à l'étranger. S'il avait fait toute sa carrière à Boca, il serait devenu un deuxième Bochini, qui a toujours représenté Independiente, ou un Pelé, qui a toujours joué avec Santos. Il est véritablement en adoration devant Boca, mais à l'époque les clubs européens étaient prêts à jeter la maison par la fenêtre pour s'attacher ses services. Boca ne pouvait pas suivre financièrement.<br/><br/><strong>C'est facile de diriger Maradona?</strong> Oui très. Il est très réceptif, il s'investit beaucoup. Vous savez, ce n'est pas moi qui allais apprendre le football à Maradona. La seule chose que j'avais à faire, c'était de lui expliquer mon schéma de jeu, et comment je voulais qu'il joue. Et il a toujours compris ce que je lui demandais.<br/><br/><strong>Et comment vous le faisiez jouer?</strong> Je ne voulais pas qu'il s'épuise dans les phases de récupération, je voulais qu'il exprime tout son talent là où il a toujours été le plus fort, du milieu de terrain vers l'attaque. Il tournait autour de Latorre et Palermo...A vrai dire, je le faisais jouer comme Bilardo en 86.<br/><br/><strong>Il avait des défauts?</strong> Non, la seule chose, c'est qu'il se blessait constamment, c'était vraiment dommage. Mais même à la fin de sa carrière, il avait gardé toutes ses qualités de vision, de passe, de lecture du jeu. Il palliait son manque de vitesse par son expérience, mais ce gars-là avait de l'or dans les pieds.<br/><br/><strong>Si vous aviez eu le Grand Maradona, vous en auriez fait quoi ?</strong> Oh lala ! Ceux qui ont le plus profité de la plénitude de son talent sont El Flaco Menotti et Bilardo. Ca a dû être un bonheur pour eux de l'avoir.<br/><br/><strong>Et pas pour vous ?</strong> Bien sûr ! La dernière année de Maradona a été fabuleuse, malgré tout ce qu'on peut entendre. Nous avons fini deuxièmes du championnat, à un seul point de River qui avait une très grande équipe : Salas, Francescoli, Montserrat...C'était du grand River !<br/><br/><strong>Vous êtes connu pour être une grande gueule, comme Maradona. Comment ça se passait la cohabitation?</strong> Oh vous savez, j'ai l'habitude des excentricités...C'est moi qui ai fait débuter Caniggia lorsqu'il avait 17 ans et il était pas mal dans son genre aussi ! Quand on s'est retrouvés tous ensemble à Boca, ça a été une grande fête, et une grande joie. On parlait de tout, on se disait des conneries. On discutait beaucoup de musique, de cinéma, de football...C'est un grand souvenir ! Chacun avait son petit caractère, Caniggia était un faux calme, et Diego était plus explosif. De toute façon, j'ai toujours eu la chance de diriger des joueurs fantastiques.<br/><br/><strong>Comment vous voyez Diego aujourd'hui?</strong> Je le trouve très bien. Il y a quelques jours, je l'ai vu jouer contre le Chili lors d'un match de Showbol et il courait partout, il était content. A la fin de son match, on est allé se faire un asado, et je peux vous dire qu'il mange bien aussi !<br/><br/><strong>Est-ce qu'il est immortel?</strong> Oh c'est joli ça ! Mais Dieu seul le sait. Le seigneur lui a donné un c&#339;ur différent des autres êtres humains. C'est un miracle qu'il ne soit pas encore enterré. Mais vous savez, Maradona a cette faculté d'oublier ses problèmes, il ne regarde jamais derrière lui, sa vie c'est toujours le futur. La seule chose qui l'intéresse, c'est demain. <br/><br/><strong>Est-ce que Maradona avait besoin d'affection ?</strong> Oui, s'il est revenu à Boca, c'est aussi parce qu'il savait que les gens ne le critiqueraient pas ici. Il a besoin d'affection continuellement. Le Showbol, c'est un moyen pour lui de ne pas s'ennuyer et de se sentir aimé. C'est très important pour lui. Il ne pourrait pas vivre sans football, car il pense encore comme un joueur. Au moment des hymnes, avant les matchs du Showbol, il était très concentré, super sérieux, pour lui c'était comme un match de coupe du monde, alors que c'est juste du spectacle, ce n'est pas très sérieux. Maradona était et restera toujours joueur.<br/><br/><strong>C'est parce qu'il pense encore comme un joueur qu'il a échoué en tant qu'entraineur ?</strong> Je pense, oui, il n'a pas totalement fait son deuil de cette période. Ce qu'il aime, c'est jouer à la balle, participer, et non pas regarder le jeu depuis le bord du terrain. S'il avait été remplaçant dans sa carrière, peut-être que ça aurait été mieux, mais heureusement ou malheureusement pour lui, ça n'a jamais été le cas.<br/><br/><strong>Vous lui avez donné des conseils pour sa nouvelle vie ?</strong> Des conseils non, mais je l'ai préparé mentalement à son départ. Je voulais qu'il ait une belle sortie, et je crois que c'est ce qui est arrivé. Zidane par exemple, je trouve qu'il aurait dû continuer encore un an. Ici tout le monde se souvient de son coup de tête, alors que c'était un joueur merveilleux. Maradona n'aurait pas supporté de quitter le football comme «Sisou».<br/><br/><strong>Vous vous êtes déjà affrontés en tant qu'entraineurs?</strong> Oui, c'était pour un match de championnat, lorsque je suis revenu à San Lorenzo, lui était à Mandiyu. L'arbitre avait été mauvais et comme on a tous les deux des grandes gueules, on l'avait critiqué ; résultat, on s'est fait expulser tous les deux du terrain. Mais bon, on en a plus rigolé qu'autre chose.<br/><br/><strong>Quand vous vous êtes rendu compte que c'était vous qui alliez le diriger pour la dernière fois, vous avez pensé quoi?</strong> J'ai eu peur (rires). Vous vous rendez compte, le meilleur joueur de football de tous les temps arrête sa carrière avec moi ! C'était quelque chose ! Je l'ai fait jouer le dernier match, et je l'ai sorti en début de seconde période. A la pause, je l'avais prévenu, il n'en pouvait plus, et son émotion n'arrangeait rien: «<i>Diego ça suffit, ne joue plus sinon tu vas tout te casser</i>». Sur le moment il n'a pas compris, puis finalement il a compris...<br/><br/><strong>Au fur et à mesure que le match approchait de son dénouement, vous regardiez plus Maradona ou votre équipe ?</strong> Moi j'avais un &#339;il sur l'être humain. Il était très silencieux, il semblait réfléchir et prendre conscience que la fin du match serait la fin de sa carrière. Quand l'arbitre a sifflé la fin de la partie, nous nous sommes embrassés longtemps, il était vraiment ému. «<i>Ca y est Diego, C'est bon ! Tu ne peux pas donner plus, tu vas te faire du mal</i>». C'était comme si je parlais à un boxeur qui venait de perdre son combat.<br/><br/><strong>Quel est votre meilleur souvenir avec lui ?</strong> Mis à part tous les miracles qu'il a réalisés tout au long de sa carrière, je crois que le jour de son retour avec Boca contre Racing m'a vraiment impressionné. La Bombonera était en délire, on aurait dit que le stade allait s'effondrer tellement il y avait de bruit. C'était vraiment hallucinant ! C'était une explosion de joie incroyable...<br/><br/><strong>Pourquoi les gens pardonnent tout à Diego?</strong> L'amour rend aveugle. (Rires).<br/><br/><strong>Comment préparait-il ses matchs?</strong> Quand il revient à Boca, il est très entouré. Il y avait Ben Jonhson, son préparateur physique, puis un kiné hongrois, une masseuse...Bref il avait tout préparé dans les moindres détails. Sauf qu'il s'était ramené avec un tapis de course gigantesque qui ne rentrait pas par la porte des vestiaires. Il a donc fallu défoncer tout le mur pour le faire passer ! Avant chaque match, il s'est senti obligé de l'utiliser ; il y avait toujours toute son équipe à côté de lui, il devait y avoir 60 personnes en train de le regarder courir. C'était le cirque, et un jour je suis rentré, j'ai vu tout ce bordel et j'ai dit : «<i>Putain, ici il ne manque plus que Don King !</i>» (il éclate de rire). Il y avait Ben Jonhson, son manager, bref...On a beaucoup ri grâce à cette machine. Ben Johnson était très important pour Diego, c'était un coach mental, un préparateur physique, un nutritionniste, sans lui, il n'aurait peut-être pas terminé la saison.<br/><br/><strong>Il raconte des blagues Maradona?</strong> Oui il en raconte beaucoup, là je ne m'en rappelle plus, mais c'est souvent marrant.<br/><br/><strong>Comment expliquez-vous le fait que Diego ait raté deux penalties face au Chili au Showbol?</strong> (rires). Il était blessé, et comme c'est un gagnant, il a voulu se faire pardonner en tirant le second penalty, mais il était déjà blessé. Le soir, nous sommes allés manger un Asado au restaurant, et il avait une cheville vraiment gonflée. D'ailleurs il mangeait presque allongé (rires)... <br/><br/><strong> <i>Propos recueillis par Alexandre Gonzalez et Javier Prieto Santos, à Buenos Aires</i> </strong>]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[«J'ai vécu la même vie que Maradona, non ?» Par Sergeï Bubka]]></title>
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		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
«Notre première rencontre date du milieu des années 80 lors d'une cérémonie où nous avions chacun reçu un oscar du sport à Milan. 

Pour moi, Diego, c'est avant tout, sur le terrain, un grand maître du jeu à la dextérité irrationnelle. 

Il n'est pas bien grand mais a une qualité de contrôle dans les airs et surtout au sol absolument unique. 

Il a apporté une autre lecture de la technique en mouvement, du moins pour un joueur de football. Je dis ça parce que l'athlétisme est à la base de tout et q&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot -->«Notre première rencontre date du milieu des années 80 lors d'une cérémonie où nous avions chacun reçu un oscar du sport à Milan. <br/><br/>Pour moi, Diego, c'est avant tout, sur le terrain, un grand maître du jeu à la dextérité irrationnelle. <br/><br/>Il n'est pas bien grand mais a une qualité de contrôle dans les airs et surtout au sol absolument unique. <br/><br/>Il a apporté une autre lecture de la technique en mouvement, du moins pour un joueur de football. Je dis ça parce que l'athlétisme est à la base de tout et que le football part de la course, il suffit juste de rajouter une balle. Donc dans la préparation, le voir en mouvement ne m'a techniquement rien apporté. Peut-être ai-je réfléchi différemment à sa fréquence incroyable dans les appuis. <br/><br/>Hors stade, je ne me retrouve pas en lui car pour moi, un athlète reconnu doit toujours être responsable de ses actes, quoi qu'il fasse. <br/><br/>Un exemple : l'engagement politique. Même si c'est quelque chose de personnel, être député au parlement ukrainien, puis Président du Comité Olympique ukrainien demande une certaine compétence et un altruisme singulier. <br/><br/>Or, nous avons aujourd'hui la fâcheuse tendance à accepter les frasques des stars du sport, comme celles des acteurs ou des artistes par exemple. <br/><br/>Je pense que le parcours flamboyant et tortueux de Diego lui a conféré une grande visibilité qui a indéniablement contribué à sa popularité sans que celle-ci n'ait été circonscrite au domaine du sport. <br/><br/>Pour autant, la surexposition n'est pas un problème si c'est en adéquation avec sa personnalité.<br/><br/>Globalement, je ne vois aucune différence entre nos deux carrières : j'ai eu des résultats, l'attention des médias, l'intérêt des sponsors...La seule différence, c'est la capacité de chacun à se préserver et à se protéger. Mais franchement, au final, j'ai vécu la même vie que Maradona, non ?» <br/><br/><strong>Propos recueillis par Brieux Férot</strong>]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Entretien Bruno Giordano (Napoli - 1985/1988)]]></title>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">Attaquant de rupture insatiable, Bruno Giordano constituait le « Gi » de l'attaque mitrailleuse dénommée, à l'époque, la « Ma-Gi-Ca » avec Diego et Careca, l'avant-centre de la Seleçao. Romain exilé dans le Sud, l'ex-Laziale revient sur les plus belles années de sa carrière...
Pourquoi avoir choisi le Napoli après la Lazio ? Tout simplement parce qu'on y trouvait des joueurs extraordinaires comme Maradona ou Careca. Il y avait également des dirigeants que je connaissais très bien, comme Ido Allodi (Ndlr : le directeur sportif de l'Inter de Moratti père, champion d'Italie et double vainqueur de la C1 dans les 60's), un des plus grands dirigeants que le football transalpin ait portés. Tout cela m'a convaincu d'accepter la proposition du Napoli. 

Maradona considéra&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Pourquoi avoir choisi le Napoli après la Lazio ?</strong> Tout simplement parce qu'on y trouvait des joueurs extraordinaires comme Maradona ou Careca. Il y avait également des dirigeants que je connaissais très bien, comme Ido Allodi (Ndlr : le directeur sportif de l'Inter de Moratti père, champion d'Italie et double vainqueur de la C1 dans les 60's), un des plus grands dirigeants que le football transalpin ait portés. Tout cela m'a convaincu d'accepter la proposition du Napoli. <br/><br/><strong>Maradona considérait que vous étiez, avec Careca, le partenaire idéal sur le terrain. Pouvez-vous nous expliquer la philosophie de jeu de l'équipe, le Magica...</strong> En attaque, Maradona combinait avec Careca de manière incroyable. Cela jouait vite et bien, à terre principalement. Comme on était petits en taille, nous ne pouvions pas développer un jeu aérien. Pour cela, nous nous efforcions de jouer et dans les pieds. C'était ce qui caractérisait le Napoli. Tout cela était relayé par des gens du milieu de terrain, non moins importants, comme Bagni, De Napoli ou Brusculotta. Nous étions une équipe complète, sans aucun doute. Nous, les techniciens, nous devions concrétiser et finaliser le jeu de l'équipe. <br/><br/><strong>Cette philosophie de jeu avait-elle été décidée par les joueurs ou par Ottavio Bianchi, l'entraîneur ? Qui était à l'origine de ce projet ?</strong> Ni l'un ni l'autre. Nous avions des joueurs aux caractéristiques bien précises et il en résultait quelque chose de construit pour aller vers l'attaque. Notre jeu s'est construit peu à peu à l'instinct, d'un commun accord avec l'entraîneur. On ne pouvait pas jouer autrement. <br/><br/><strong>On a souvent l'impression que cette équipe était d'abord et avant tout un collectif de potes qui se contentaient de jouer au ballon en prenant du bon temps. Il y avait quand même du travail en amont ?</strong> Oui, on bossait beaucoup. Au niveau tactique, entre nous, on débattait sans cesse. On ne faisait pas partie de ceux qui restaient devant quand l'équipe perdait le ballon. Il y avait toujours au moins un ou deux attaquants qui venaient prêter main forte au milieu de terrain. Quand on avait la balle, les demis montaient à leur tour pour jouer avec nous. Bref, c'était un jeu d'équipe, avec un collectif qui ne jetait pas les ballons car notre philosophie consistait à jouer encore et toujours avec des joueurs très techniques. <br/><br/><strong>A quoi ressemblait un entraînement ?</strong> Il était graduel, augmentait de jour en jour. Regarder, dans ces moments-là, évoluer Maradona ou Careca, qui réalisaient des choses extraordinaires, était un pur régal. Cela tirait tout le groupe vers le haut. Quand tu vois des joueurs aussi importants qui cherchent toujours à s'améliorer, tu t'adaptes et tu cherches à peaufiner toi aussi. C'était un travail très complet, physique, technique, tactique. Et puis, surtout, il y avait l'immense joie d'être ensemble, on avait tous hâte que le dimanche arrive et qu'on puisse se retrouver tous ensemble. Pour jouer et s'amuser.<br/><br/><strong>Aviez-vous le sentiment d'appartenir à une équipe merveilleuse, unique, qui jouait pour l'Histoire ?</strong> Oui, car le Napoli n'avait rien gagné. Et nous savions tous dans le groupe qu'en remportant le premier championnat, on entrerait dans l'histoire. On sentait qu'on était en train de faire quelque chose de grand qui allait dépasser le cadre du football et dont on allait parler longtemps. En plus du jeu et de tous ses aspects, cela constituait une vraie motivation. Le sentiment de groupe et d'appartenance. Du premier au dernier joueur, nous voulions tous faire quelque chose d'important. <br/><br/><strong>Concrètement, comme ça se passe avec Maradona au quotidien, en tant qu'homme et que joueur ?</strong> Je crois que la chose la plus belle et la plus naturelle qui puisse arriver à un joueur normal, c'est de côtoyer un tel personnage. Diego, c'était le génie absolu et une personne très simple. C'est pour ça qu'il faisait sentir aux joueurs "moins importants" qu'ils étaient indispensables à la bonne marche de l'équipe. Il donnait de l'importance à tout le monde. C'était un garçon très généreux. Vivre avec Diego au quotidien, c'était même plus beau que d'être sur le terrain avec lui. Sa simplicité touchait tout le monde.<br/><br/><strong>Maradona considérait que vous étiez le partenaire idéal en dehors du terrain...</strong> Avec Diego, on a tout de suite eu un feeling particulier. Moi je me souviens qu'en 1983, on ne se connaissait pas encore. A cette époque, je jouais à la Lazio. Je m'étais cassé la jambe lors d'une rencontre et lui m'avait envoyé un télégramme alors qu'on s'était à peine croisés jusque-là ! Alors forcément, quand on s'est connus, c'est allé vite. Quand il était à Naples et moi à la Lazio, on avait déjà eu ce feeling incroyable ensemble. L'année d'après, quand j'ai eu la possibilité d'aller en Campanie, Diego a fait tout ce qu'il pouvait pour me faire venir, et c'était pareil de mon côté. Il y avait un feeling incroyable, surtout en dehors du terrain. Nous sommes deux personnes aux distractions sociales relativement semblables (sic, sic, sic)...Un signe, un clin d'&#339;il, suffisaient pour que l'on se comprenne... <br/><br/><strong>Aujourd'hui, les entraîneurs sont de moins en moins permissifs concernant les fêtes des joueurs...</strong> Le monde du football a considérablement changé. Avant il y avait un contact plus fréquent entre joueurs et supporters, qui pouvaient même se déplacer avec le club. Aujourd'hui, on a peur que ce soit un mirage quand on aperçoit un joueur ou qu'on le touche. Les joueurs s'entraînent loin de tous les supporters, tu peux les voir le dimanche, et tu les revois le dimanche d'après. Au contraire, nous on était beaucoup plus proches. Ca nous permettait de ressentir d'autres sensations.<br/><br/><strong>Naples est une ville passionnée de football. Quel était le rapport de la ville, de la région avec l'équipe ?</strong> On ne pouvait pas imaginer une joie plus grande pour eux. Surtout, c'était la revanche des Napolitains contre le reste de l'Italie. Avant, ils se faisaient bâcher quand ils se déplaçaient. Tout cela a changé. Les Napolitains étaient fiers de cette équipe, ils se sentaient appartenir à une ville importante d'Italie mais aussi d'Europe.<br/><br/><strong>Y avait-il un sentiment du &#8216;Nous' contre &#8216;Eux' ?</strong> Pas vraiment, mais il y avait cette fierté de pouvoir aller en déplacement et d'être respectés. Grâce à une grande équipe, dans laquelle il y avait surtout Maradona. Les Napolitains étaient fiers de pouvoir affirmer leur fierté. <br/><br/><strong>Vous, vous êtes nés à Rome et vous avez joué dix ans pour la Lazio. Vous vous sentiez fier d'être Napolitain ?</strong> (Rires) J'ai des origines napolitaines. Alors oui, je suis né à Rome mais j'ai toujours joué comme un joueur du Sud (???). Pour moi, Rome était comme Naples et réciproquement. Je n'ai pas senti de grand changement entre les deux villes. C'était donc quelque chose de merveilleux pour moi de briller avec le Napoli, le club d'une ville que je considérais non moins importante que Rome. <br/><br/><strong>C'est quand même improbable que Maradona signe à Naples, qu'il lâche le Barça pour rejoindre un club qui survit dans les bas-fonds du Campionato...</strong> Quitter une ville comme Barcelone, dont l'équipe est connue dans le monde entier, pour rejoindre le Napoli de l'époque, qui jouait pour ne pas descendre, et surtout faire de celui-ci une des meilleurs équipes du monde peu de temps après, est une manière pour Diego d'affirmer son génie. C'était sa force (rires). Comprendre, avoir des intuitions extraordinaires, aussi bien sur qu'en dehors du terrain... <br/><br/><strong>Le projet du Napoli reposait sur la seule personnalité de Maradona ? C'était simplement une intuition géniale, ou...</strong> De toute évidence, le club voulait faire quelque chose de grand. Le directeur sportif Allodi, celui qui a fait l'Inter dans les années 60, constituait une sorte de garantie pour les nouveaux arrivants. Après, quand Maradona est venu, tout s'est accéléré et est devenu plus facile. Moi, j'avais vraiment hâte d'évoluer dans ce Napoli. Aller jouer au San Paolo avec le Pibe était quelque chose d'inestimable. En enrôlant Diego, le club le savait parfaitement. Il avait acquis un aimant. <br/><br/><strong>Concrètement, une soirée réussie à l'époque, cela ressemblait à quoi ?</strong> (Mi-sérieux, l'air de ne pas y croire) Non, non, il y avait la famille et c'est tout. On se concentrait sur le jeu, encore et encore. Ponto é basta. (hurlements de rire).<br/><br/><strong>Une dernière anecdote sur Diego ?</strong>
Quand je suis arrivé à Naples, au bout de quatre mois, je n'avais toujours pas de maison. Diego m'a accueilli, ma famille et moi-même, chez lui, pendant quinze jours. Il s'est mis à notre service, avec Claudia. C'est un geste dont je me souviens encore aujourd'hui. <br/><br/><strong> <i>Recueilli LDC-RR/</i> </strong>]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Entretien avec Salvatore Bagni (Napoli - 1984/1988)]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/entretien-avec-salvatore-bagni-napoli-1984-1988-102606.html]]></link>
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		<dc:date><![CDATA[2007-12-06T06:15:00Z]]></dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">Chaussettes baissées, torse bombé et port altier, Salvatore Bagni a toujours été l' «autre» chouchou du San Paolo. Sorte de Luis Fernandez rital, on retrouvait l'international italien (45 sélections tout de même) sur tous les points chauds du terrain et accessoirement dans la surface de réparation pour y inscrire sa dizaine de buts annuelle. Retiré des voitures, Salvatore demeure le meilleur ami transalpin de Maradona et son agent pour la péninsule. Entretien avec un prince.
Chaussettes baissées, torse bombé et port altier, Salvatore Bagni a toujours été l' « autre » chouchou du San Paolo. Sorte de Luis Fernandez rital, on retrouvait l'international italien (45 sélections tout de même) sur tous les points chauds du terrain et accessoirement dans la surface de réparation pour y inscrire sa dizaine de buts annuelle. Retiré des voitures, Salvatore demeure le meilleur ami transalpin de Maradona et son agent pour la péninsule. Entretien avec un prince.

Comment êtes&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Chaussettes baissées, torse bombé et port altier, Salvatore Bagni a toujours été l' « autre » chouchou du San Paolo. Sorte de Luis Fernandez rital, on retrouvait l'international italien (45 sélections tout de même) sur tous les points chauds du terrain et accessoirement dans la surface de réparation pour y inscrire sa dizaine de buts annuelle. Retiré des voitures, Salvatore demeure le meilleur ami transalpin de Maradona et son agent pour la péninsule. Entretien avec un prince.</strong><br/><br/><strong>Comment êtes-vous arrivé à Naples ?</strong> Je m'étais disputé avec Pellegrini (Ndlr : le président de l'Inter en 1984) et je voulais changer d'air. Le Napoli luttait très souvent pour ne pas être rétrogradé. J'ai décidé d'y aller quand même, et ça a été la chance de ma vie : aller à Naples, jouer avec Diego qui venait d'arriver, et avec les années, c'est devenu une équipe gagnante. <br/><br/><strong>Comment était ce Naples des années 1980 ?</strong> Pendant toutes les années 80, ce Napoli a gagné ses premiers titres avec une mentalité conquérante. C'était une équipe qui était belle à voir, qui gagnait, qui jouait un football chatoyant, qui possédait des gens d'excellente qualité, et les tifosi s'éclataient.<br/><br/><strong>Y avait-il un sentiment du "Nous" contre "Eux" - les déshérités du Sud contre les nantis du Nord - lorsque vous avez quitté l'Inter pour le Napoli...</strong> Un peu, c'est vrai. Je suis originaire du Nord, de Reggio Emilie, tout près de Bologne, une région où de nombreuses équipes sévissent. Au contraire, le Napoli unissait tout le Mezzogiorno. Notre équipe gagnante incarnait la revanche du Sud, de tout le Sud. On s'identifiait beaucoup au Napoli, aux joueurs de l'équipe mais pas seulement les Napolitains. Les Calabrais, les Siciliens s'identifiaient, eux aussi, beaucoup à ce Napoli. C'était, je le répète, une équipe du Sud qui gagnait. Or, c'était la première fois que cela arrivait (Ndlr : et le Cagliari de Gigi Riva, il jouait en Suisse peut-être ???). <br/><br/><strong>L'arrivée de Maradona a-t-elle modifié l'équilibre de la ville ? Comment a-t-elle été perçue ?</strong> L'équilibre, non, quand même pas. Naples est une ville qui vit de passions, de pulsions. Pour cela, elle a toujours été habituée, dans le passé, à avoir de grands joueurs. Mais Diego est unique, c'était le meilleur joueur du monde. Et surtout, il était impensable, même ne serait-ce que quelques mois auparavant, que Diego Armando Maradona puisse passer du Barça au Napoli. Il s'est entretenu avec le club, puis il a dit «<i>Je change d'équipe</i>». Naples représentait un nouveau projet par rapport à Barcelone, une nouvelle réalité. Une réalité très sud-américaine, en fait. Le Naples de Diego était très joyeux, très ouvert. Pour un joueur, c'est un rêve de jouer à Naples. <br/><br/><strong>Pourriez-vous décrire le jeu de l'équipe ?</strong> L'équipe jouait avec un milieu et trois pointes. Il y avait Carnevale, Giordano, Maradona, l'année d'après, Careca. Tous des joueurs d'excellente facture. On jouait avec deux marqueurs, un à droite, un libero, moi je jouais pas mal avec le libero, et un côté gauche avec moi et Francesco Romaro, au milieu de terrain. C'était une équipe qui marquait beaucoup avec ses milieux de terrain. Des joueurs qui n'hésitaient pas à aller au but et à tirer. <br/><br/><strong>Quand vous êtes arrivé, saviez-vous que Maradona avait signé ?</strong> Moi, oui. En fait, je suis pratiquement arrivé avec lui. Ils m'avaient contacté en juin et lui est arrivé en juillet. Il est donc arrivé juste après moi. <br/><br/><strong>Comment ça se passe d'évoluer au quotidien avec Diego ? Durant les entraînements et tout ça...</strong> Comme personne, il est extraordinaire. C'est vraiment un être qu'on ne peut pas ne pas aimer. Au quotidien, Diego est quelqu'un d'on ne peut plus normal, une personne qui te met à l'aise, qui aime les choses simples, une âme sensible. Il s'amusait lors des entraînements tout en travaillant comme un fou. Du coup, l'équipe prenait beaucoup de plaisir également. Les entraînements étaient souvent ponctués de petits matchs, de petites confrontations directes, bien souvent de très grande qualité. Et le vestiaire respirait la joie. J'ai eu la chance de partager le vestiaire quatre ans avec lui à Naples. C'était vraiment une chance extraordinaire.<br/><br/><strong>Vous aviez le sentiment d'avoir une équipe extraordinaire, merveilleuse, ou ce sentiment s'est développé au fur et à mesure ?</strong> Non, tant que tu ne gagnes rien, tu ne peux pas comprendre. Tu ne peux pas calculer que tu as une équipe faite pour gagner tant que tu ne vaincs pas. Et Naples n'avait jamais rien remporté. Avec le premier Scudetto, on a commencé à prendre conscience qu'on avait une équipe gagnante. On savait déjà qu'on avait un collectif difficile à battre, car en plus de la qualité technique, il y avait d'autres valeurs. De la morale, notamment. Et surtout, l'équipe était très unie, tout le monde était ami. C'était incroyable dans le vestiaire. On est tous restés amis. Tout le monde. Tous, tous dans ce groupe, on est restés amis. Et on se voit très souvent. <br/><br/><strong>La célébration du Scudetto en 87, ça a été quelque chose d'extraordinaire en ville non ?</strong> Cela a duré des mois, des années même. Ca durera toute la vie. Quand je reviens à Naples, et j'y vais au minimum une fois par mois, c'est comme si le temps ne s'était pas écoulé. A Naples, tu resteras toujours quelqu'un qui a donné une joie indescriptible aux Napolitains. J'étais retourné en ville un mois et demi après le sacre et la cité était encore parée de drapeaux. Tout était bleu. De toutes parts. C'était une chose unique. Dans les autres localités après un jour ou deux, c'est terminé. Chez nous, ça a duré plus d'un mois. Les célébrations, les fêtes, tout le monde se mélangeait et tout le monde se sentait concerné. C'était quelque chose d'unique. <br/><br/><strong>Mais pourquoi, tout d'un coup, le Napoli a-t-il eu envie de grandir ?</strong> Vous l'avez dit, c'était extraordinaire et improbable que le Pibe quitte le Barça pour rejoindre le Napoli...Il était impensable de construire une équipe forte sans lui. Et c'est ce que le club s'est dit : on prend Maradona, et année après année, on construit une équipe importante. La première saison, on est arrivés huitièmes, avec Diego. L'année d'après, troisièmes. Et au bout de la troisième année, on devient champions. Année après année, on a rajouté des pierres à l'édifice, c'est ainsi qu'on construit les équipes intelligentes.  <br/><br/><strong>Tout cela, c'est grâce à Ferlaino ?</strong> En partie, oui. C'est lui qui a gagné le championnat, c'est lui qui a été, pendant plus de trente ans, à la tête du Napoli. C'est le président qui a donné sa vie et offert des titres pour Naples. C'est lui qui est à l'origine de ce projet, sûrement.<br/><br/><strong>Quels sont vos rapports aujourd'hui avec Diego ?</strong> Diego, je l'ai encore vu il y a quinze jours. Je suis le seul, je pense être le seul, dans le monde entier, chez qui Maradona va dormir comme chez lui. Il se sent chez moi comme chez lui. Il est venu passer des vacances chez moi, il est parti il y a deux semaines, et quand il vient en Italie, il dort uniquement chez moi, avec ma famille. Il vient avec sa famille, ses filles ont le même âge que les miennes, il se sent vraiment à la maison et il vient donc volontiers. Il se sent vraiment bien avec nous. On a parlé, on a joué, on s'est amusés. Au minimum, il vient chez moi une fois par an. Quinze, vingt jours. <br/><br/><strong>Sur le terrain, il n'était quand même pas aussi simple et normal que tout le monde !</strong> Il était unique. Sur un terrain de foot, il voyait tout. C'est un fait indiscutable, tous les autres sont très loin de lui. Il te fait gagner les matchs à lui tout seul. Pour gagner, il s'entraînait, jouait les confrontations directes avec nous, et avait cette âme, cet état d'esprit de vainqueur qu'ont de nombreux Argentins. En plus de la qualité technique, Diego croyait beaucoup en l'envie, l'envie d'y arriver, d'y aller, l'envie de vaincre. Cet état d'esprit a traversé sa vie et traverse encore son existence avec lui : il ne veut pas perdre. <br/><br/><strong>Maradona intervenait-il à la fin des saisons pour donner son avis ou acheter tel ou tel joueur ?</strong> Je ne sais pas. Peut être lui demandait-on quelques conseils sur les joueurs à recruter. Et Diego les donnait sans aucun doute avec une compétence bien à lui. Enfin, cette époque reste un souvenir incroyable. Quand je vais à Naples, je ne peux rien y faire. De partout, c'est «<i>Bagni par ci, c'est Bagni par là, et Maradona au fait, et Maradona tu le vois encore ?</i>». C'est pareil avec tous les anciens joueurs, et pour toute la vie. Naples n'oublie pas, Naples n'oublie jamais !!!<br/><br/><strong> <i>Propos recueillis par le Diable et le Diablotin</i> </strong>]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Entretien avec Oscar Ruggeri]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/entretien-avec-oscar-ruggeri-102635.html]]></link>
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		<dc:date><![CDATA[2007-12-04T06:00:00Z]]></dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">Coéquipier de Maradona à Boca Juniors en 81, et en sélection en 86, 90 et 94, Oscar Ruggeri « El cabezon » a été élu meilleur joueur sud-américain de l'année en 1991. Il récupère le brassard de capitaine de la Seleccion après la suspension de Maradona. Recordman de sélections argentines avant Simeone et Ayala, l'ex joueur de River, et du Real Madrid, a entamé une carrière d'entraîneur peu glorieuse. Aujourd'hui, il possède des granges, et attend son heure dans sa maison située dans la banlieue riche de Buenos Aires (NDLR : Olivos). Souvent compagnon, mais jamais ami, il ne cesse de s'affronter avec le Pibe par voie de presse, autant dire qu'il a la gouaille...
Coéquipier de Maradona à Boca Juniors en 81, et en sélection en 86, 90 et 94, Oscar Ruggeri « El cabezon » a été élu meilleur joueur sud-américain de l'année en 1991. Il récupère le brassard de capitaine de la Seleccion après la suspension de Maradona. Recordman de sélections argentines avant Simeone et Ayala, l'ex joueur de River, et du Real Madrid, a entamé une carrière d'entraîneur peu glorieuse. Aujourd'hui, il possède des granges, et attend son heure dans sa maison située dans la banlieue&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>Coéquipier de Maradona à Boca Juniors en 81, et en sélection en 86, 90 et 94, Oscar Ruggeri « El cabezon » a été élu meilleur joueur sud-américain de l'année en 1991. Il récupère le brassard de capitaine de la Seleccion après la suspension de Maradona. Recordman de sélections argentines avant Simeone et Ayala, l'ex joueur de River, et du Real Madrid, a entamé une carrière d'entraîneur peu glorieuse. Aujourd'hui, il possède des granges, et attend son heure dans sa maison située dans la banlieue riche de Buenos Aires (NDLR : Olivos). Souvent compagnon, mais jamais ami, il ne cesse de s'affronter avec le Pibe par voie de presse, autant dire qu'il a la gouaille...</strong><br/><br/><strong>En Europe, personne ne joue plus avec des numéros 10 comme l'était Diego...</strong> C'est vrai personne...Personne ne joue plus comme ça. En Sélection, nous avons Riquelme qui peut se débrouiller facilement contre des équipes sud-américaines. Mais lorsque la Seleccion joue contre des équipes européennes, c'est une autre histoire. Riquelme va se faire étouffer par le système de double pivot. S'il arrive à passer l'un des deux milieux défensifs, ce sera déjà bien. Contre les Européens, Riquelme n'aura jamais d'espace. Jamais. Aujourd'hui, quand l'Argentine perd la balle, elle est aux abois. Et Riquelme perd beaucoup la balle. Nous sommes incapables de changer de tactique, parce que nous pensons que nous avons encore des joueurs de la qualité de Maradona, qui était vif, rapide. C'est un problème que nous devons résoudre. Ca risque de s'envenimer avec Riquelme. Dans trois ans, sera-t-il encore à la hauteur ? Moi je te dis que s'il continue à ne pas jouer avec son club, on peut faire une croix dessus ! Ciao ! Un joueur qui ne joue pas pendant deux ans, c'est très rare de le voir en coupe du monde. Bon, il y a eu Maradona, mais lui avait au moins une force de caractère, une envie, que Riquelme n'a pas.<br/><br/><strong>Le rôle de meneur de jeu, c'est un peu l'héritage de Maradona en sélection. Comment se fait-il que le débat sur jouer avec un meneur ou pas soit encore d'actualité aujourd'hui ?</strong> L'héritage de Maradona ? Mais il faut qu'on arrête avec ça ! Il faut qu'on arrête de croire qu'il y aura un autre Maradona. L'Argentine ne connaitra plus jamais un autre Maradona, tu comprends ? Heureusement que c'est écrit d'ailleurs et non filmé, car les gens deviendraient fous ! Mais il faut qu'on arrête de se mentir, et de mentir aux supporters. Il ne connaitra jamais de remplaçant, c'est impossible.<br/><br/><strong>Pourquoi l'Argentine est-elle incapable d'oublier Maradona ?</strong> Hey...C'est difficile. Ici les gens ne comprennent pas que le football se joue sans meneur de jeu, c'est ça l'idée de beau jeu en Argentine. Il faut qu'il y ait un chef d'orchestre, et Maradona a été le meilleur de tous. On s'est mal habitués, et maintenant on est déçus par tout. Mais comment ne pas l'être ? Moi au contraire je pense que les gens aiment le football qui permet à une équipe d'arriver en finale d'une coupe du monde. Les gens veulent des vainqueurs, pas des artistes. Tu me comprends ? Les gens veulent voir un tel et un tel jouer, mais si on ne gagne pas, c'est qu'il y a un problème ! On a des bons joueurs, mais on est des perdants ! Par exemple les coups de pieds arrêtés ; on se fait toujours éliminer sur coups de pieds arrêtés.<br/><br/><strong>En 86, quand vous gagnez, vous fêtez le titre, mais pas Bilardo qui est furieux que son équipe ait pris deux buts.</strong> Il était complètement abattu. Dans les vestiaires, il ruminait. La victoire, le fait d'être champion du monde, il s'en foutait, lui il avait juste dans la tête que les Allemands avaient réussi à nous mettre deux buts. Il était mal. On lui a dit : «<i>Il nous ont mis deux buts de la tête, mais nous, nous en avons mis un de plus qu'eux. Alors qu'est-ce que tu veux ? Tu nous as entraînés pour gagner, et là tu râles alors que nous sommes champions du monde...</i>».<br/><br/><strong>Ce n'était pas un peu du bluff sa réaction ?</strong> Je peux t'assurer qu'il était très sérieux. Il est complètement fou, il ne voyait que les aspects négatifs. Il n'a rien fêté.<br/><br/><strong>C'est quoi ce débat entre Bilardista et Menotti ?</strong> C'est un débat vieux comme le monde en Argentine. Il y avait deux clans, deux manières de voir le football. Mais au lieu de faire avancer les choses, ce débat s'est transformé en guerre "idéologique". On aurait pu bénéficier de leurs savoirs, de leurs expériences pour corriger les points faibles de la Seleccion actuelle, mais non. On les a confrontés, alors que chacun a gagné une coupe du monde avec un système différent.<br/><br/><strong>Vous n'avez jamais réfléchi à vous réunir pour discuter des éventuels problèmes ?</strong> Oh...Nous les Argentins, on est très bêtes des fois. On a un ego surdimensionné. Jamais un sélectionneur n'a réuni ses prédécesseurs pour leur demander ce qui n'allait pas, ce qui devait être amélioré. Jamais. Pekerman, Bielsa, Passarella, Basile, ils ne se sont jamais réunis pour échanger leurs impressions et faire évoluer les choses. Nous, cons comme on est, on préfère se la jouer solo, genre : «<i>Moi je suis arrivé là avec ma manière, alors ce que font les autres c'est bien, mais c'est moins bien que moi</i>». Avec une mentalité comme ça, on ne peut pas y arriver.<br/><br/><strong>Qu'avait votre sélection version 86 que n'ont pas eu vos successeurs ?</strong> Quand Bilardo a pris la tête de l'équipe en 82, tous les joueurs ou presque jouaient en Argentine. Il nous avait le Lundi, le Mardi, le Mercredi, le Jeudi...Bref on était toujours en train de s'entraîner avec lui, même quand on jouait pour nos clubs. Les débuts ont été très durs, on recevait beaucoup de critiques, Bilardo était menacé, on perdait des matchs et nos victoires n'étaient pas brillantes. Bref on jouait mal. Ce n'est qu'au Mondial que nous nous sommes réveillés. Personne en Argentine ne croyait en nous au début de la compétition en 86. Pour revenir sur les différences : avant, nous nous entraînions des jours et des jours, parfois 5 heures non stop avec le sélectionneur. Aujourd'hui, les types arrivent, et au pire des cas ils font un décrassage. De toute manière, je crois que les joueurs actuels n'auraient pas supporté Bilardo et ses méthodes musclées.<br/><br/><strong>Pourquoi ?</strong> Parce que Bilardo pouvait te parler durant 5 heures d'une phase de jeu qui n'avait pas été réussie, des séances vidéos interminables, des exercices sans ballon qui pouvaient durer une après-midi entière, bref ce mec était dur, il fallait le supporter. Si on bougeait, on était morts, il fallait l'écouter hein, pas comme aujourd'hui où on peut faire semblant. Avant les coupes du monde, nos préparations étaient très longues, très intenses. En 86, je crois qu'on s'était préparés 60 jours d'affilée, et en 90, 65. C'était très long, aujourd'hui ça l'est deux fois moins.<br/><br/><strong>On doute du fait que Maradona ait supporté une telle discipline.</strong> En 86, Maradona voulait être le meilleur, il voulait montrer au monde entier qu'il était le meilleur, il avait envie de tout casser, et la Coupe du monde était le moment idéal pour ça. Il n'avait pas de passe-droit, vous savez, il ne faisait pas ce qu'il voulait, il faisait partie du groupe, et en tant que tel, il souffrait autant que nous, si ce n'est plus. Il n'a jamais fait sa star, du style «<i>Bon maintenant je m'accorde un break de 10 jours et après je reviens</i>», au contraire : le matin, il s'entraînait avec nous et l'après-midi il rejoignait son coach personnel pour une autre session. Son but, c'était de gagner la Coupe du monde. Quand le reste du groupe a vu qu'il redoublait d'efforts, on s'est dit que si le meilleur joueur du monde faisait ça, nous, nous devions en faire dix fois plus. En quelque sorte, il a insufflé un véritable esprit de compétition.<br/><br/><strong>Mais ça consistait en quoi ses séances avec son coach personnel ?</strong> C'était beaucoup d'endurance, de musculation. Nous allions le voir au gymnase, et pour nous, c'était incroyable, on ne pouvait pas le croire. Ce mec s'est donné les moyens pour être le meilleur, et il y est arrivé.<br/><br/><strong>Vous avez été capitaine de la Seleccion à partir de 91, Passarella l'a été en 78 et 82. Ca ne vous énerve pas que Maradona clame qu'il a été et qu'il sera à jamais l'unique grand capitaine de l'Argentine ?</strong> Moi ça ne me dérange pas parce que ce n'est pas un mensonge. Il a gagné la coupe, il a brillé, et parce que c'est le meilleur. Même s'il peut le dire, il ne faut pas non plus qu'il abuse trop, car Passarella peut également se targuer d'avoir marqué la Seleccion en gagnant une Coupe du monde.<br/><br/><strong>Et pas vous ?</strong> Moi si j'avais gagné la Coupe du monde, et pas la Copa America, en tant que capitaine, je serais peut-être en position de force pour le dire, mais ce n'est pas le cas. Les deux ont été des grands capitaines et ont marqué une époque. Pour Maradona, c'était très important d'être capitaine, et Bilardo lui a donné ce qu'il voulait en 86. Tout le monde doutait de sa capacité de leader, mais Bilardo a désamorcé la polémique en affirmant longtemps à l'avance que Diego allait porter le brassard.<br/><br/><strong>Il y a eu une Maradona-dépendance en 90, plus qu'en 86 ?</strong> Bien sûr. Pour nous, avoir Maradona, c'était un avantage. C'est comme Zidane avec les Français. Quand Zidane jouait, je suis certain que celui qui allait le marquer avait un pression en plus. Ce n'est pas pareil lorsque Zidane n'est pas là, l'adversaire est plus relâché, il a plus confiance. Si c'est valable avec Zidane, pense un peu à ce que ça devait être avec Maradona. Si tu dois marquer Maradona, tu n'enfiles pas tes chaussettes et ton maillot de la même manière. La préparation est différente. Tu transpires de partout (il se met les doigts dans les aisselles) avant d'être entré sur un terrain, tu te poses des questions, en résumé tu n'es pas tranquille, pas serein. Tu sais qu'à n'importe quel moment, il peut te faire la misère et changer le cours d'un match. Quand l'Argentine jouait sans Maradona, les adversaires étaient plus confiants, mais quand il était là, l'équipe faisait peur, tu comprends ? Et ils avaient raison d'avoir peur, Zidane et Maradona sont de grands joueurs, et en tant que tels, ils sont là pour résoudre les problèmes, et c'est vrai ! En 90, contre les Brésiliens, on était mal, on se faisait littéralement balader, puis Maradona prend la balle, fait une ouverture merveilleuse à Caniggia, but, et c'est plié. Pourtant les Brésiliens avaient mieux joué que nous, mais ils n'avaient pas Maradona, tu comprends ?<br/><br/><strong>Comment expliquez-vous votre Coupe du monde 94 ratée ?</strong> En 94, nous avions une équipe de rêve, vraiment. Lorsque j'ai vu la finale entre le Brésil et l'Italie, j'ai eu des regrets, parce que je me suis dit que nous aurions pu être à leur place. On pratiquait le meilleur jeu de la compétition, et en plus Maradona était de retour. Pour moi, c'était comme une résurrection, il était fantastique, comme le Diego 86. C'était une très belle surprise de le voir affûté, mince, plein d'envie, il volait...Et puis sa suspension a tout cassé, ça nous a détruits, mais ce n'est pas une excuse.<br/><br/><strong>Quand il revient en 94 en sélection, on se dit pourtant qu'il n'est pas au niveau. Vous ne pensez pas qu'il y a eu une injustice, quand un autre joueur plus régulier aurait pu prendre sa place ?</strong> Mais tu veux qu'on le remplace par qui ? Personne. Si Zidane se blesse, bien sûr qu'un autre joueur va rentrer à sa place, mais ça ne sera pas pareil. Je te jure que Maradona en 94 était comme celui de 86. Un type capable de te mettre la balle où tu voulais, de créer des décalages, et de mettre des buts importants, c'est un grand joueur. Si on ne l'avait suspendu, je pense que Diego aurait fait un Mondial surprenant.<br/><br/><strong>Que vous dit Maradona en 94 lorsqu'il est réintégré au groupe après sa suspension ?</strong> Pour lui, c'était une revanche personnelle. Il nous a expliqué qu'il voulait gagner cette coupe du monde et finir en beauté son histoire avec cette compétition. Je le répète, c'était le même qu'en 86, la même envie, les mêmes efforts, le même discours. Sans ce contrôle antidoping, je pense que l'Argentine aurait gagné ce tournoi.<br/><br/><strong>Quels souvenirs gardez-vous du jour de l'annonce du contrôle positif ?</strong> Je me souviens que nous étions en train de préparer notre deuxième match contre la Bulgarie. On était en train de faire une reconnaissance du terrain, puis tout s'est embrasé, on a vu des journalistes dans les tribunes courir partout, affolés, excités, Grondona parlait à la presse et lorsqu'on a vu Maradona débarquer, on a compris qu'il y avait quelque chose.<br/><br/><strong>Qu'est-ce qu'il vous a dit à propos de sa suspension ?</strong> Nous sommes allés dans sa chambre, il était en train de pleurer, il disait que c'était une victime, qu'il n'avait rien fait, il nous a répété qu'il était innocent et que c'était une machination de la FIFA...Des trucs bizarres. En tout cas, il était inconsolable...Personne à ce moment-là n'a su trouver les mots pour le calmer. Et nous ne savons toujours pas ce qu'il s'est passé aujourd'hui.<br/><br/><strong>Vous avez déjà été amis ?</strong> Non, nous ne sommes pas amis, et aujourd'hui, je ne sais pas si nous l'avons été un jour. Il a dit des choses qui ne m'ont pas plu, mais c'est en relation avec ma vie privée. Aujourd'hui je pourrais très bien dire que c'est un grand ami, comme tous ceux qui lui tournent autour, mais ce n'est pas le cas. Ca ne m'intéresse pas de le dire simplement parce que ça fait bien. Je crois plutôt que j'ai été un grand compagnon de Maradona, mais cela n'a jamais été au-delà. Moi j'ai mes amis et je cherche d'autres genres de relations. Un ami est toujours là pour t'aider...Tu peux compter sur lui.<br/><br/><strong>Mais quels reproches faites-vous à Maradona ?</strong> Aucun. Chacun fait ce qu'il veut, et ce qui lui convient. Chacun son chemin, la seule chose que je demande, c'est qu'on me laisse tranquille. Aujourd'hui, je ne le vois plus et tout va bien donc...<br/><br/><strong>Mais ça ne vous énerve pas qu'il donne son avis sur tout et sur tout le monde ?</strong> Le grand problème de Maradona, c'est que tout le monde en Argentine lui a toujours dit "oui". Rares sont ceux qui s'opposent à lui, ou qui lui font remarquer qu'il se trompe. Dans ce pays, on dirait qu'il a toujours raison, il peut dire n'importe quoi, les gens le suivront, mais seulement pour être à côté de lui. Si tu lui dis "non", tu n'es pas à ses côtés...Ici, les gens ont beaucoup de respect pour lui, c'est un grand monsieur ; quand il s'approche de vous, vous avez une boule au ventre, il a un charisme incroyable. Il est capable de prendre le dessus sur les gens du seul fait de sa présence.<br/><br/><strong>Selon vous, sa présence n'a-t-elle pas contribué à faire du mal au football argentin ?</strong> Non, il s'est fait mal à lui tout seul. Lorsqu'il a mis fin à sa carrière, son aura est devenue moins importante. Le meilleur dans le football, c'est la sensation que tu éprouves en tant que footballeur. Après, tu peux être dirigeant, entraîneur, ou autre, ce ne sont pas les mêmes sensations. <br/><br/><strong>Sur le terrain, sa présence semble encore rôder.</strong> Mais lui, on ne l'oubliera jamais, ça reste le plus grand. On sait très bien que chaque nouveau match de l'Argentine sera associé au souvenir de Maradona, tu n'as qu'à regarder les tribunes aujourd'hui et tu vois des maillots 10 de Maradona partout...Je crois qu'il s'est passé un peu la même chose au Brésil avec Pelé, ils ont mis 20 ans à s'en remettre.
	<br/><br/><strong>A ceci près qu'il s'agit de deux personnalités bien différentes</strong>. Oui bien sûr, et puis c'était aussi une autre époque, la presse a changé, la télé a évolué, avant il y avait une ou deux émissions de foot, maintenant tu en as 10 000 ! Imagine Maradona, à 20 ans, si tu le mets dans le contexte actuel, mais qu'est-ce qui se passerait ? Je me le demande ! S'il faisait avec le ballon aujourd'hui, ce qu'il a fait hier, mais Mon Dieu, qu'est-ce qui se passerait ? Mais bon, tout ça ne justifie pas tout, ce n'est pas parce que tu es le meilleur de tous sur le terrain que tu peux tout te permettre en dehors. Moi je ne suis pas d'accord avec cette impunité, et c'est un des affrontements que j'ai pu avoir avec lui, parce que moi je l'ai affronté, je lui ai dit ce que je pensais...<br/><br/><strong>Mais à propos de choses intimes ou en général ?</strong> En général ! Moi quand je n'aime pas quelque chose, c'est simple, je le dis. Si j'avais à lui dire non, je lui disais NON. <br/><br/><strong>Sur le terrain aussi ?</strong> Bien sûr que oui, et pourquoi je ne l'aurais pas fait ? Pour qu'une équipe soit grande, il faut de l'honnêteté entre les joueurs, si je vois que tu te trompes et que je ne te dis rien, les choses vont mal se passer, c'est certain.<br/><br/><strong>Il acceptait les critiques ?</strong> Oui, et de toute façon, on n'avait pas à lui dire quoi que ce soit, chacun savait ce qu'il avait à faire. Et c'est pour ça qu'on a été champions du monde. Maradona n'avait pas à être statique et à attendre le ballon, non, il le savait, il connaissait son rôle et il courait, se donnait. Bon, évidemment, on ne pouvait pas attendre de lui qu'il se mette à tacler à tout va, ça non, nous on était là pour ça, notre rôle à nous, c'était de le garder bien frais pour qu'une fois le ballon dans ses pieds, il fasse la différence. Mais je reviens à ce que je disais tout à l'heure, ce n'est pas parce qu'il avait tout ce talent qu'il pouvait se permettre de passer devant moi, ça non je ne l'accepte pas. Je ne l'accepte pas de lui, et je ne l'accepte de personne. Je le respecte et je veux qu'il en fasse autant, rien de plus. <br/><br/><strong>Mais ses singeries à votre encontre dans son show télé <strong> <i>La noche del Diez</i> </strong>, ce n'est pas aller trop loin ?</strong> Oui, c'est possible, et oui c'est arrivé, et lorsque je n'étais pas d'accord, je le lui ai dit. <br/><br/><strong>Personne ne peut lui poser de barrières quand il parle ?</strong> C'est très difficile. Parce qu'ils ont peur.<br/><br/><strong>Peur de quoi ?</strong> Peur de ce qu'il peut dire. Lui, il est capable de parler du Pape comme de toi ou d'un mec dans la rue. De la même manière. Mais bon, je vais répéter ce que je vous ai dit tout à l'heure, c'est son choix, c'est sa façon de vivre, je ne l'approuve pas, mais à partir du moment où il ne me cherche pas, je n'ai rien à lui dire car c'est sa vie. <br/><br/><strong>Vous avez des contacts avec les autres joueurs de l'équipe 86 ?</strong> Bien sûr, et c'est dommage qu'on ne se soit pas vus plus tôt, vous avez raté une belle photo, hier soir, on a dîné tous ensemble : Goicochea, el Tata Brown, Pumpido, Burruchaga, Enrique et moi. On est les premiers à avoir souffert de Bilardo (rire).<br/><br/><strong>En quoi Bilardo était-il si terrible ?</strong> Par exemple, lors du premier match de la Coupe du monde 90 où on perd contre le Cameroun, on rentre à la concentration, au centre d'entraînement de la Roma, on avait perdu et on se sentait tous très mal. Et il nous a dit que si on se faisait éliminer à cause de ça, autant que l'avion du retour s'écrase. Il préférait qu'on se tue tous plutôt que de rentrer au pays. <br/><br/><strong>Et ça vous a fait rire...</strong> Moyen moyen, non, on n'a pas ri. On se sentait vraiment mal. Mais avec lui, on a été Champions du Monde et vice-Champions du Monde. C'est donc qu'il n'était pas si fou, à ce moment-là en tout cas. Maintenant il l'est un peu plus, depuis qu'il s'est lancé en politique. <br/><br/><strong>Quelle était la différence entre Maradona 81 de Boca et Maradona 86 de Mexico ?</strong> Celui de 81 n'était pas encore celui que j'ai connu en 86. En 81, on voyait bien qu'il était différent de nous, mais la préparation qu'il a eue en 86, il ne l'avait pas en 81. Entre ces années, il a aussi grandi, et puis surtout, il savait que 86 devait être son Mondial, il avait eu l'expérience malheureuse de 82 en Espagne. En 82, il était peut-être un peu fragile même si en 86 aussi, les adversaires lui rentraient dedans, ils le taclaient à la tête hein, mais impossible de l'arrêter, il se relevait, il continuait, personne ne pouvait rien lui faire. En 81, c'était déjà un joueur important pour Boca, et c'est pas pour rien si on a terminé champions, il avait été fondamental. Mais en 1986, c'était encore autre chose, à l'entraînement je le voyais faire des choses absolument extraordinaires, avec des bouteilles, des boules de papier, peu importe ce qu'on lui envoyait. Lui nous renvoyait juste derrière, mais nous on arrivait à rien, on envoyait le truc valser, personne ne voulait être à côté de lui. Vraiment, je l'ai vu faire des choses inimaginables. <br/><br/><strong>Vous avez un regret ?</strong> Oui, je trouve dommage que notre relation soit ce qu'elle est aujourd'hui, on a vécu beaucoup de choses importantes ensemble, et par exemple le fait qu'on se soit tous réunis hier et que lui ne soit pas là, c'est dommage.<br/><br/><strong>Son clan était déjà présent en 86 ?</strong> Non, bon il y avait les parents, la famille proche. Mais lui était très concentré, il rentrait dans sa coupe du monde petit à petit, sa famille était là parce que toutes les familles des joueurs étaient autorisées, donc il passait beaucoup de temps avec elle, il ne sortait pas. <br/><br/><strong>Le moment le plus agréable de cette coupe du monde ?</strong> Lorsque la finale s'est terminée, on est tous rentrés à la concentration, on a été sur le terrain d'entraînement, juste nous les joueurs, et la Coupe du Monde. On s'est enlacés les uns aux autres, et on a fait un tour d'honneur, juste nous, juste pour nous, en pleine nuit. Comme sur le terrain du stade Aztèque on n'avait pas pu le faire, sachant qu'il y avait du monde partout, Diego, qui était soulevé par les gens, on nous arrachait les maillots, donc on n'a pas pu faire ce tour d'honneur. On a décidé de le faire sur ce terrain d'entraînement où on avait tant donné, tant souffert. C'est juste à ce moment-là qu'on s'est rendu compte qu'on était arrivés les premiers au Mexique et qu'on repartait en dernier.<br/><br/><strong>Et un souvenir avec Maradona ?</strong> Dans l'avion du retour, il gardait la coupe du monde comme si c'était son bébé, personne n'avait le droit de la lui prendre, il dormait même avec, nous on pouvait que la toucher. <br/><br/><strong>Maradona a dit de Ruggeri :</strong> <br/><br/>«<i>"El Cabezon" (surnom de Ruggeri), ça c'est un homme, un vrai !</i>» (1987)<br/><br/>«<i>Ruggeri, c'est à peine s'il m'engueule. Il me fait de la peine</i>». (1993)<br/><br/>«<i>Ruggeri me réconforte, lui il comprend les codes du football</i>». (1993)<br/><br/>«<i>Il se peut que lui et moi nous ne nous parlions plus jamais au téléphone</i>». (1997)<br/><br/>«<i>Lors de la grève des gamins du Deportivo Espanol, "El Cabezon" Ruggeri a été un exemple</i>». (1997)<br/><br/>«<i>Je dois parler avec Ruggeri pour lui dire que cette histoire de grève, ça a été une clownerie sans sens</i>». (1997)<br/><br/>«<i>Le dernier grand a pris sa retraite</i>». (1997, lors de l'annonce de fin de carrière de Ruggeri)<br/><br/>«<i>Avant de faire le test antidoping aux gamins, que Ruggeri leur donne à manger. Qu'il ne se donne pas le beau rôle, parce que moi, je le connais</i>». (2000)<br/><br/>«<i>Au lieu de me dire ce que je dois faire ou ne pas faire, il ferait mieux d'arrêter de me casser les couilles</i>». (2001)<br/><br/><strong> <i>Propos recueillis par Javier Prieto Santos et Alexandre Gonzalez</i> </strong>]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[Beto Márcico : «Je lui ai dit que j'étais là s'il voulait parler...»]]></title>
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		<dc:date><![CDATA[2007-12-01T17:30:00Z]]></dc:date>
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		<description><![CDATA[<img align="left" src="">L'homme-pizza a connu Diego en sélection, avant la Coupe du monde 1986, et joué avec lui à l'époque de son retour à Boca Juniors, période 1992-1995.
L'homme-pizza a connu Diego en sélection, avant la Coupe du monde 1986, et joué avec lui à l'époque de son retour à Boca Juniors, période 1992-1995.

Tu te souviens de la première fois que tu as rencontré Diego Maradona ? C'était en 1984 avec l'équipe nationale d'Argentine quand nous avons joué les éliminatoires pour la Coupe du monde 1986, disputée au Mexique. Il avait un comportement exemplaire avec nous autres les joueurs, un type extra, capable de s'adapter alors qu'il était une star&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong>L'homme-pizza a connu Diego en sélection, avant la Coupe du monde 1986, et joué avec lui à l'époque de son retour à Boca Juniors, période 1992-1995.</strong><br/><br/><strong>Tu te souviens de la première fois que tu as rencontré Diego Maradona ?</strong> C'était en 1984 avec l'équipe nationale d'Argentine quand nous avons joué les éliminatoires pour la Coupe du monde 1986, disputée au Mexique. Il avait un comportement exemplaire avec nous autres les joueurs, un type extra, capable de s'adapter alors qu'il était une star mondiale du football. <br/><br/><strong>Quelle impression vous a-t-il fait sur le terrain ?</strong> Tout simplement le meilleur joueur qu'il m'ait été donné de voir. C'était un phénomène pas possible, que ce soit au niveau technique ou au niveau rapidité, c'était un tueur, c'était terrible.<br/><br/><strong>Votre époque commune à Boca ?</strong> A son retour à Boca, c'était un joueur différent, il était en train de lutter contre la drogue, il était très critiqué par la presse, et 10 ans plus tard, Diego avait changé.<br/><br/><strong>En quoi ?</strong> Surtout dans ses rapports avec les journalistes ; il était attaqué de toutes parts, et s'était créé une armure pour se blinder contre la presse. Il était hospitalisé certes à cause de ses problèmes de drogue mais aussi de la pression médiatique. Et s'il est parti à Cuba, c'était pour être tranquille, loin de la presse.<br/><br/><strong>Vous parliez de ses problèmes avec lui ?</strong> Non, jamais, il n'était pas du genre à s'épancher sur sa vie privée. Une fois je me rappelle juste lui avoir dit que j'étais là s'il voulait parler, mais ça n'a jamais été plus loin. <br/><br/><strong>Son retour à Boca a été perçu de quelle façon par les supporters ?</strong> Pour les supporters de Boca, c'était le retour de Dieu, c'était dingue. A son retour, tous les matchs à domicile étaient pleins à craquer. C'est simple, les gens suivaient même le match devant le stade. <br/><br/><strong>Et sur le terrain ?</strong> Même s'il avait 35 ans, il y a des qualités techniques qu'on ne perd pas. En revanche, c'est sûr que physiquement il avait du mal à faire la différence. Du coup, il compensait en jouant beaucoup en remise ou en offrant un maximum de passes décisives. Mais il continuait de faire la différence, même sur une jambe.<br/><br/><strong>Dans le vestiaire ?</strong> Pareil, ça se passait très bien, il avait de vraies affinités avec les plus jeunes, malgré l'évolution de la société argentine, il n'y avait pas du tout de chocs de générations. Il dansait avec les jeunes dans le vestiaire. Il les encourageait beaucoup aussi. Ce qu'il faisait souvent également, c'est que 30 minutes avant les matchs, pour s'échauffer, il jonglait avec un bouchon de bouteille ou une orange, des trucs que je n'avais jamais vus faire auparavant. Le type était là, en train de te parler tout en jonglant, et ça ne tombait pas... <br/><br/><strong>Et sa santé lors cette deuxième époque Boca ?</strong> Oui, bon il était encore dans ses problèmes de drogue, et se battait pour s'en sortir. Et puis c'est devenu plus difficile quand il s'est fait choper au Mondial américain. C'est dur pour lui de lutter contre ça.<br/><br/><strong>Il chambrait beaucoup ?</strong> Ah oui, et tout le monde, il charriait beaucoup si tu étais mauvais sur le terrain, si tu ratais une passe, lui ne te loupait pas. Il te chambrait aussi beaucoup sur ton look ou sur ta gueule.  <br/><br/><strong> <i>Propos recueillis par Alexandre Gonzalez</i> </strong><br/><br/>
<strong>Cette interview est une exclusivité sofoot.com.
Dans <a href="http://www.sofoot.com/article-102561-so-foot-50-special-maradona-avec-son-dvd-inedit-30-11-07-sofoot.html">SF n°50</a>, retrouvez l'immense Beto dans l'article "Maradona en France", à propos de la double confrontation Napoli-Téfécé...</strong>]]></content:encoded>
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		<title><![CDATA[SO FOOT°50 - Spécial Diego Maradona]]></title>
		<link><![CDATA[http://www.sofoot.com/so-foot50-special-diego-maradona-102562.html]]></link>
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		<dc:date><![CDATA[2007-11-23T10:06:58Z]]></dc:date>
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		<dc:creator>SoFoot</dc:creator>
		<description><![CDATA[<img align="left" src="">
SO FOOT fête son 50e numéro, il fallait marquer le coup. Cela faisait longtemps que l'envie fourmillait sous les chaussettes roulées sur les chevilles, huit centimètres au-dessus de la languette, pas plus : Maradona mériterait bien un super numéro, une anthologie, un truc de dément.

Cette fin d'année paraissait l'occasion idéale : on pleurait les dix ans de l'arrêt de sa carrière, et So Foot alignait son cinquantième jongle d'affilée, les mains sur les hanches.

Donc, Maradona.

Ce qui est trè&nbsp;...]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<!-- sofoot --><strong><span class="lettrine">S</span>O FOOT fête son 50e numéro, il fallait marquer le coup. Cela faisait longtemps que l'envie fourmillait sous les chaussettes roulées sur les chevilles, huit centimètres au-dessus de la languette, pas plus : Maradona mériterait bien un super numéro, une anthologie, un truc de dément.</strong><br/><br/>Cette fin d'année paraissait l'occasion idéale : on pleurait les dix ans de l'arrêt de sa carrière, et So Foot alignait son cinquantième jongle d'affilée, les mains sur les hanches.<br/><br/>Donc, Maradona.<br/><br/>Ce qui est très commode avec Maradona, c'est qu'il s'agit ni plus ni moins que d'un sommaire So Foot vivant: le joueur, l'homme, le personnage, l'icône, l'enfant, le rebelle, il y a toute l'âme de So Foot dans ce mètre soixante cinq environ -il se tasse avec l'âge.<br/><br/>Ce numéro exceptionnel de So Foot pèse rien moins que 148 pages. 148 pages au détour desquelles on croise aussi bien <strong>Emir Kusturica</strong> que <strong>Cesar Menotti</strong>, <strong>Eric Cantona</strong> ou <strong>Carlos Bilardo</strong> ; <strong>Bernd Schuster</strong>, <strong>Manu Chao</strong>, <strong>Claudio Gentile</strong> ou ces valeureux Anglais de 86 (<strong>Butcher</strong>, <strong>Shilton</strong>, <strong>Fenwick</strong>, <strong>Reid</strong>, <strong>Beardsley</strong>) qui racontent, chacun de leur point de vue, le <i>"but du siècle"</i> qui leur file encore des cauchemards, eux les plots du slalom géant du nain argentin ; <strong>Francisco Cornejo</strong>, l'entraîneur des premiers pas, <strong>Jorge Valdano</strong> ou <strong>Jorge Cyterszpiler</strong>, son premier agent. Il avait 16 ans. <strong>Ricardo Pellerano</strong> et <strong>Roberto Mouzo</strong>, les capitaines respectifs d'Argentinos et Boca Juniors, époque Diegoool, les <i>"Barcelonais"</i> <strong>Francisco Carrasco</strong>, <strong>Bernd Schuster</strong> ou <strong>Corrado Ferlaino</strong>, président du Napoli d'alors, ou encore le Sévillan <strong>Del Nido</strong>... tous ont accepté de se confier sur <i>"leur Maradona"</i>.
Toutes les étapes de la vie du Pibe sont racontées par ses proches, ses amis ou ses ennemis. Même les plus insolites comme ces sept semaines de stage intensif avec un préparateur physique perso nommé <strong>Ben Johnson</strong>, en 97. L'immense Benjamin raconte pour la première fois en détail ces semaines un peu folles passées avec Diegro.<br/><br/>Il y a aussi <strong>Goyo</strong>, l'ami d'enfance et le partenaire idéal, resté dans la misère de Villa Fiorito, bidonville cradingue, la faute à une vilaine blessure, qui raconte son Maradona à lui, celui qui avait entre 8 et 18 ans, l'enfance d'un chef indien qui deviendra roi du monde. C'est Cochise qui nique les cow-boys.<br/><br/>Tous les Maradona sont là, celui de Villa Fiorito, de Buenos Aires, de Barcelone, de Naples ou de Séville. Celui de l'équipe nationale argentine, aussi. Celui de la déchéance, enfin, des arrêts cardiaques et des séjours cubains. A travers des reportages, des entretiens, des portraits, les meilleures interviews de Diego, <strong>So Foot retrace la vie de Diego telle que vous ne l'avez jamais lue.</strong><br/><br/>Ce blog spécial <strong>So Foot 50 / Maradona</strong> intervient en complément du <strong>magazine</strong> et du <strong>DVD</strong>. Vous y retrouverez, entre autres, une quinzaine d'entretiens exclusifs parmi lesquels <strong>Jorge Burruchaga</strong> (Mexico 86), <strong>Oscar Ruggeri</strong> (Mexico 86), <strong>Salvatore Bagni</strong> (SS. Napoli), <strong>Alessandro Renica</strong> (SS. Napoli), <strong>Bruno Giordano</strong> (SS. Napoli), <strong>Roberto Perfumo</strong> (Argentina), <strong>Hector Enrique</strong> (Mexico 86), <strong>Martin Caparros</strong> (écrivain argentin), <strong>Daniel Arcucci</strong> (biographe), <strong>Juan Ernesto Simon</strong> (Italia 90), <strong>Victor Hugo Morales</strong> (commentateur buts Argentine-Angleterre 86) + des vidéos +  des sons + pleins de <strong>surprises</strong>...<br/><br/>Oui, c'est déjà Noël...]]></content:encoded>
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