Menu:

Présentation

SO FOOT fête son 50e numéro, il fallait marquer le coup. Cela faisait longtemps que l’envie fourmillait sous les chaussettes roulées sur les chevilles, huit centimètres au-dessus de la languette, pas plus : Maradona mériterait bien un super numéro, une anthologie, un truc de dément.

Contact

Liens

Les autres blogs sur sofoot.com

So Foot 50

Le magazine
So Foot 50

+

Le DVD

Derniers billets

Dernier commentaires

Le 24 janvier 2008 à 14:01 par berlho dans Entretien avec Carlos Quenan
Le 5 janvier 2008 à 16:41 par Vadid dans Entretien avec Ottavio Bianchi
Le 3 janvier 2008 à 14:01 par jojo dans Entretien avec Jorge Luis « El Burru » Burruchaga
Le 17 décembre 2007 à 12:57 par Buk dans Entretien avec Alessandro Renica
Le 16 décembre 2007 à 16:58 par Buk dans Entretien avec Marco Baroni
Le 16 décembre 2007 à 16:53 par Buk dans Entretien avec Victor Hugo Morales
Le 16 décembre 2007 à 16:52 par Buk dans Entretien avec Roberto Perfumo
Le 11 décembre 2007 à 19:57 par Buk dans Entretien avec Martin Caparros

 

Entretien avec Salvatore Carmando

3 janvier 2008 à 15:06 Entretien avec Salvatore Carmando

Parce que ses doigts en or le soulageaient de multiples courbatures, parce que ses confidences ne quittaient jamais la salle de massage, parce qu’il embrassait son crâne chauve avant chaque match comme un rite initiatique, parce qu’enfin, il était plus petit que lui, Salvatore Carmando demeurera à jamais une relation privilégiée du Pibe de oro. Verbatim.

Vocation

« Je suis issu d’une grande famille de masseurs. Nous sommes seize frères et soeurs, tous masseurs comme mes parents. Mon père a fait les grandes heures de la Salernitana (Ndlr : club de la ville de Salerno en Campanie qui a quelquefois évolué en Série A) quand ils étaient en Serie A. On a même un grand salon à Salerno ».

Avant l’arrivée de Diego

« Je le connaissais avant qu’il n’arrive. J’avais lu les journaux et vu à la télé qu’il était un grand joueur. Je l’ai connu personnellement, petit à petit, car il venait voir dans les vestiaires comment je travaillais. Au Mondial en 86 à Mexico, il m’avait fait venir avec l’Albiceleste, je le massais tous les jours, je lui faisais la cuisine, je le soignais et le nourrissais. On est donc devenu très amis ».

L’arrivée à Naples

« Il n’a pas changé la mentalité, car il a été très intelligent : il est devenu pote avec tout le monde et tous l’adoraient. Ne parlions pas vie privée car chacun fait ce qu’il veut de sa vie. Dans le monde du foot, il avait la force d’un leader, c’est impossible qu’il y ait encore quelqu’un comme lui, il a fait du bien à tous les joueurs. Je me souviens d’un Noël où il m’avait demandé si les joueurs avaient des enfants, et il avait offert des cadeaux à tout le monde : femmes, joueurs et leurs enfants. Dans l’église qui jouxtait le centre d’entraînement, il a fait des cadeaux à neuf cents enfants ».

Le rite vaudou

« Il venait tout le temps m’embrasser sur la tête. On lui avait donné un nom mais je ne peux vous le dire car mon livre sort bientôt. Il me disait des choses, je lui répondais. Je ne peux pas en dire plus (Ndlr : épicier en diable), il vous faudra attendre que mon livre ne sorte. Tant que je peux continuer, je continuerai. Quand je n’aurai plus de force, j’arrêterai et mon livre sortira ».

Les jambes de Dieu

« Contrairement aux rumeurs, il avait deux jambes de la même taille, celles d’un grand athlète. Il venait toujours me demander des massages à la fin de l’entraînement ; il était très intelligent, il attendait que tout le monde parte et venait ensuite me voir, on travaillait alors une heure, une heure et demie avec des massages hydrauliques ».

La vie privée de Dieu

« Je ne parle pas de sa vie privée, je ne peux pas le juger là-dessus. Dans le monde du foot, des mecs comme Maradona, il y en a plein mais en plus, lui a été un grand homme (sic) ».

La dépression post-coïtum dans le club après son départ

« Il n’y a pas eu de dépression quand il est parti car il fallait bien continuer quand même. On s’en souviendra toujours, gagner à Naples, c’est comme gagner dix scudetti dans un autre monde. Il a donné du bonheur à tout le monde à Naples, aux 90 000 personnes du San Paolo…j’ai vu des gens pleurer quand on a gagné le premier titre, une joie infinie que l’on ne peut pas oublier facilement ».

L’opposition Nord/Sud

« Je ne veux pas dire Nord/Sud, je ne veux juger personne. Naples est Naples. Moi je ne parle que du Napoli, je ne veux pas parler en termes de Sud, de Nord, car nous sommes tous des hommes. Les gens du Nord ont vu jouer Diego et l’ont applaudi. La chose la plus belle est d’applaudir Diego (sic) ».

Le nouveau club

« Je pense que la nouvelle société fait du bon travail avec le signor De Laurentiis. S’ils continuent comme ça, il y a moyen de faire la ligue des champions (Ndlr : tout le monde, il est beau, tout le monde, il est gentil) ».

Le mot de la fin

« C’est très dur de devenir masseur, tout le monde veut faire ça (sic). C’est en outre plus dur d’être masseur dans un club de foot que dans un cabinet de massage. J’ai de la chance, en tant que masseur, d’être aux côtés de joueurs immenses, d’avoir passé six ans au sein de la Nazionale. J’ai eu une vie extraordinaire, j’ai fait trois coupes du monde (Ndlr : deux avec l’Argentine et une avec l’Italie), deux Euros et des dizaines de matches de coupes d’Europe…D’ailleurs, mon livre s’appellera Grazie Vita, car je ne remercie pas Dieu mais la Vie (sic, sic et resic) ».

Propos recueillis par Ricotta et Mascarpone, à Naples






S'identifier pour pouvoir poster un commentaire