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SO FOOT fête son 50e numéro, il fallait marquer le coup. Cela faisait longtemps que l’envie fourmillait sous les chaussettes roulées sur les chevilles, huit centimètres au-dessus de la languette, pas plus : Maradona mériterait bien un super numéro, une anthologie, un truc de dément.

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Entretien avec Martin Caparros

11 décembre 2007 à 00:35 Entretien avec Martin Caparros

Martin Caparros est argentin, mais parle un français excellent, héritage d’un exil à Paris puis à Madrid pendant la dictature de Videla. Journaliste et romancier moustachu, anticonformiste, il est considéré comme l’un des auteurs sud-américains les plus doués de sa génération. Fan inconditionnel de football, mais surtout de Boca (club auquel il a consacré un ouvrage intitulé Boquita), il nous livre ses impressions sur l’Argentine et sur son idole : Diego Armando Maradona. Entretien à Buenos Aires avec un fanatique passionnant.

Avez-vous déjà rencontré Diego Maradona ? Oui, il y a quelques années, huit ans je crois, on faisait une émission de télévision avec trois autres journalistes. On était censés être farouches, et on parlait un peu sur le cas Coppola (ancien agent de Maradona, Ndlr), qui passait en jugement. Nous on a dit que son juge n’était pas très clair, et manifestement Maradona était devant son écran à ce moment-là ; il a alors téléphoné et a dit qu’il arrivait, car il était content de ce qu’on avait dit. Il voulait nous remercier. Donc il est venu, et il est resté une demi-heure avec nous sur le plateau. Et le lendemain nous étions l’objet de tous les sarcasmes car nous avions la réputation d’être très incisifs, et on était devenus des petits chiens devant lui. Bah oui, on n’avait pas envie de le faire chier, on était contents d’avoir ce monsieur qu’on admirait tous avec nous, et qui était venu nous voir de son propre chef. Nous, on lui posait des questions toutes connes qui lui permettaient de répondre ce qu’il voulait, on a fait aucune pression sur lui, c’était juste une espèce de catastrophe journalistique.

Personne n’ose le bousculer ? C’est faux, ce n’est pas comme ça. Beaucoup l’attaquent. Il y a quelques semaines, une émission de télévision assez stupide devait définir l’ADN argentin. Et pour la catégorie des sportifs, sont arrivés en finale après des éliminations successives, Fangio et Maradona. Et Maradona a perdu. Il a perdu devant quelqu’un que personne ne connaît, je veux dire que Fangio a gagné sa dernière course en 1958.

Pourquoi Fangio a-t-il gagné ? Il était soi-disant clean. Là où Maradona a eu les problèmes que tout le monde connaît, l’autre était plus ou moins inattaquable sur ce point-là. De fait pour représenter la « nationalité », Maradona n’était pas à la hauteur. Plus tard, on s’est tout de même rappelé que Fangio était le président de Mercedes Benz Argentine en 1976 quand 30 ou 40 ouvriers avaient été enlevés par les militaires et que lui n’avait rien fait contre ça…

Maradona on lui pardonne tout ? Non ce n’est pas une question de pardon. Nous on était contents de le voir là et on n’avait pas envie de le faire chier. Moi je ne me sens juge de personne pour avoir à pardonner ou ne pas pardonner. Pour moi c’est avant tout quelqu’un qui m’a donné beaucoup de plaisir, et pour ça je lui suis reconnaissant, après ce qu’il fait ou ne fait pas, ce n’est pas mon affaire, et c’est lui-même qui dit tout le temps, « Je ne suis pas un modèle, je ne suis pas un exemple », c’est un rôle qu’il n’a jamais voulu et plutôt même évité. Si on veut le juger, il faut commencer par regarder ses positions politiques.

Et donc ? Elles sont ridicules. Il est castriste mais a aussi affiché son soutien à Carlos Menem, qui représentait la droite ultra libérale. C’est quelqu’un capable de s’afficher avec Morales ou Chavez et de soutenir quelqu’un comme Macri. Mais personne ne le prend au sérieux là-dessus.

Comment expliquer cette versatilité ? C’est une contradiction ambulante. Mais ça ne me dérange pas, je trouve ça plutôt normal. Ce qui est gênant, c’est notre société, pourquoi devrait-on faire autant attention à la personne Maradona ? Pourtant on fait tous semblant d’écouter ce qu’il a à dire sur Castro par exemple.

Pourquoi le pouvoir argentin a-t-il toujours voulu s’accaparer l’image de Maradona ? Parce que ça paye. Maintenant moins parce que Diego est plutôt sur le déclin.

La relation Menem/Maradona semblait sincère... Mais Maradona a commencé à faire des déclarations pro Menem parce qu’il avait contre lui des poursuites judiciaires qui s’engageaient très mal... Donc il parait qu’on lui a demandé de faire deux ou trois choses en échange d’une résolution favorable de ses problèmes. On lui a par exemple demandé de devenir le visage d’une campagne anti-drogue, ce qui est assez marrant.

De votre point de vue, Maradona a-t-il conscience d’être parfois utilisé ? Maradona, c’est quelqu’un de très intelligent. C’est un type capable de comprendre. Il comprend beaucoup de choses sur ce qu’il vit. Il analyse beaucoup, et c’est surtout quelqu’un capable de sortir des phrases complètement géniales.

Son discours, c’est sarcastique ? Il oscille entre l’extrême tendresse et parfois la violence en utilisant l’ironie. C’est un mélange étrange.

Comment peut-il être à la fois aussi brillant et se mettre dans des situations impossibles ? Pour La Noche Del Diez par exemple, c’était surtout pour prouver aux gens qu’il était de retour, qu’il allait mieux, mais à cette époque-là, il m’a un peu dégoûté, il est devenu une espèce de modèle, ce qu’il n’avait jamais vraiment voulu être. Il montrait au public qu’il avait surpassé la drogue, alors que la Terre entière le considérait comme mort, lui était là et bien là. C’est pour ça qu’il a accepté. Et aussi pour le fric, parce que c’est un type qui dépense trop, il y a trop de connards qui vivent autour de lui. Mais je ne suis pas sûr que parce qu’on est intelligent on ne puisse pas faire de conneries. Et puis ça doit être très dur d’être Diego Maradona depuis l’âge de 16 ans, je me rappelle qu’il y a une dizaine d’années, il était la deuxième personne la plus connue au monde derrière le Pape ! C’est difficile à gérer au quotidien non ? Ce n’est pas un robot.

Vous l’imaginez mourir comment ? C’est quelqu’un qui est toujours sur le point de mourir, et de fait il est en train de mourir depuis l’année 97, celle où il a quitté les terrains. Il a fait de cette mort lente et prolongée quelque chose de public. Je crois que c’est un artiste. Je ne me sens pas proche de lui mais c’est un artiste dont j’ai beaucoup joui. Ce qui m’intéresse d’un artiste, c’est ce qu’il produit, pas son intimité. Une fois par an, on se fait une soirée Diego Maradona avec mon fils qui a 16 ans et on jouit comme des cochons ! A regarder des actions connues de tout le monde pourtant…

Mais pourquoi autant d’admiration post Maradonienne ? Parce que c’est d’une beauté rare. Comment se créer un canon de beauté ? Pourquoi l’action de faire passer un ballon entre les jambes serait mondialement belle ? C’est un sujet intéressant...

Propos recueillis par Alexandre Gonzalez et Javier Prieto Santos






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» Entretien avec Martin Caparros · 11 décembre 2007 19:57

Je crois qu’il utilisait plus le langage LSD ou THC.

 Buk   

» Entretien avec Martin Caparros · 11 décembre 2007 19:05

est-ce que maradona s’exprime en langue sms ???

 comité anti langage sms   

» Entretien avec Martin Caparros · 11 décembre 2007 18:21

Diego Armando,génialissime sur 1 terrain ms la vie nè pr lui k1 énorme 3ème mi-tps,il è difficile de penC kil s’exprime politiquement af1 kon l’écoute ms plutô pr kil reste ds le paysage audiovisuel duquel il a du mal à échaP car ce kil recherche c l’amour du peuple argentin...sa place ô côT de la nelle pdte è là pke le peuple l’a choisie é &lui ôci,nè til pa ?

 celticinho