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SO FOOT fête son 50e numéro, il fallait marquer le coup. Cela faisait longtemps que l’envie fourmillait sous les chaussettes roulées sur les chevilles, huit centimètres au-dessus de la languette, pas plus : Maradona mériterait bien un super numéro, une anthologie, un truc de dément.

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Entretien avec Marco Baroni

15 décembre 2007 à 07:55 Entretien avec Marco Baroni

Fantassin toscan élégant de quelques défenses du calcio, Marco Baroni atterrit à Naples à l’été 89 pour deux ans. Le temps d’inscrire le but du second sacre en 1990 (à la suite d’un coup-franc) et de rater le penalty décisif en C1 la saison suivante contre le Spartak Moscou. Qui a vécu par les coups de pied arrêtés, périra par les coups de pied arrêtés…

Pourquoi avoir opté pour le Napoli ? C’était une époque où j’étais très motivé. Je venais de la Roma qui m’avait vendu à Lecce. Naples venait de gagner le scudetto et ils m’ont appelé peu après. La ville était accueillante et commençait à prendre de l’importance. L’équipe venait de gagner la coupe UEFA, et ils m’ont donné la possibilité de les rejoindre.

Quand vous arrivez, la machine est déjà lancée. Vous avez le sentiment de rejoindre quelque chose d’extraordinaire ou est-ce une équipe de plus dans votre carrière ? Non, pour moi c’était l’occasion de ma vie. Celle que tout joueur attend. Pouvoir aller jouer avec Maradona, Careca, Ferrara, De Napoli, c’était une équipe qui avait tant de joueurs internationaux ! Pour moi, ce fut vraiment la chance de ma vie.

A quoi ressemblait-il ce Napoli ? Il s’agissait d’un groupe de joueurs extraordinaires, d’amis, qui ne voulaient que deux choses : s’améliorer et gagner encore. On comprenait que cette équipe avait une faim inextinguible de victoire.

Concrètement, au quotidien, comment ça se passait avec tous ces grands joueurs ? Ma, pour moi, c’était très beau du point de vue de la qualité, de la technique. Souvent, je me souviens que j’observais Maradona, Careca ou Ferrara jouer ensemble lors des entraînements. Ils jonglaient avec les épaules, comme s’ils avaient des mains à la place.

Careca et Maradona étaient au même niveau ? Non, Maradona c’est le joueur absolu, le meilleur de l’histoire. Careca a été brillantissime, mais personne n’a été l’égal de Diego.

Les autres joueurs n’étaient pas jaloux de Maradona ? Evoluer avec le meilleur du monde, n’est-ce pas quelque peu frustrant ? Maradona, malheureusement, a été le meilleur dans tout. Il était aussi compétent dans son jeu de tête que dans l’imagination dont il faisait preuve lorsqu’il tirait. Il était aussi le meilleur dans la vie, mais aussi dans l’excessivité (sic). Son but de la main a été un chef d’œuvre pour moi. Seuls quelques personnages qui naissent tous les deux cents ans peuvent faire des choses de ce type. J’ai conscience d’avoir été privilégié de partager avec lui ces championnats.

On apprend en travaillant et en jouant avec Diego ? Plus que toute autre chose, c’est un joueur qui te fait donner le meilleur de toi-même. Partager le vestiaire et l’entraînement avec lui te force à donner 150 % de tes possibilités. Je dois dire que Maradona était empreint d’une grande sensibilité, et c’est de cela que je garde le plus grand souvenir. Mais je n’aurai pas d’anecdotes en particulier.

Tu n’as pas l’impression qu’il s’est détruit lui-même ? Comment tu expliques la fin de sa carrière ? La fin de sa carrière n’est que le côté négatif. Malheureusement, il était tombé dans un cercle vicieux et la dernière image n’est donc pas une image positive. Cela fait partie de l’histoire de ces grands mythes, non ? Ces mythes géniaux et en même temps déréglés. Je crois que ça peut être un enseignement pour les jeunes.

Vous avez offert le titre au Napoli en inscrivant un but de la tête en 90 contre la Lazio… Ca a été un but incroyable. Il est représentatif de l’esprit de cette équipe. C’était comme le couronnement. Il y avait du sacrifice dans ce but. Si j’ai marqué, c’est grâce à l’humilité de mes compagnons, dont Maradona, qui distillait des passes extraordinaires à des joueurs moins doués que lui. Lorsqu’un joueur était mieux placé, Diego n’hésitait pas. Ce but en est l’illustration.

Il fallait quoi pour faire fonctionner parfaitement cette équipe ? C’était une équipe née pour vaincre. C’était ça la chose importante : une grinta de tous les instants. Un esprit de groupe, de sacrifice. Des vertus que les joueurs ont amenées d’eux-mêmes. Les coachs s’occupaient plus de la gestion. Evidemment, depuis que je suis entraîneur, je me sers de tout ce que j’ai appris là-bas. C’est un bagage très important.

Une chose marquante dans le Naples de Maradona ? Sans aucun doute l’enthousiasme du public, cela relevait de la mystique religieuse. C’était fantastique. C’est une ville unique dans ce sens.

Toi qui es Florentin, tu te sentais quand même à ta place ? Florence est également une ville folle de football. Mais à Naples, tu joues devant 80 000 spectateurs et de la grand-mère de 90 ans à la petite fille de six ans, tout le monde te connaît. Le sentiment d’appartenance à l’équipe devient automatique à partir du moment où tu endosses le maillot.

Propos recueillis par El Diablo Chabadaz et Francis Ford El Diablito, à Naples






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» Entretien avec Marco Baroni · 16 décembre 2007 16:58

La C1 en 1991 contre le Spartak Moscou où il rate son péno, c’était à quel niveau de la compétition ?

 Buk