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SO FOOT fête son 50e numéro, il fallait marquer le coup. Cela faisait longtemps que l’envie fourmillait sous les chaussettes roulées sur les chevilles, huit centimètres au-dessus de la languette, pas plus : Maradona mériterait bien un super numéro, une anthologie, un truc de dément.

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Entretien avec Alessandro Renica

17 décembre 2007 à 00:25 Entretien avec Alessandro Renica

Alessandro Renica ne demandait rien à personne. Il s’occupait le mieux du monde – dans l’anonymat le plus complet - de colmater les brèches de la défense de la Sampdoria de Gênes et le bougre en était heureux. Jusqu’au jour où son altesse Don Diego Maradona enjoint Corrado Ferlaino de recruter le taciturne Sandro. Renica fit ainsi connaissance en 1985 avec le bruit et la fureur napolitaines et commença à se bâtir un palmarès. Verbatim…

Les équipes sont toujours équilibrées. Comme on avait des joueurs offensifs majeurs, comme Careca, Giordano, Maradona, on attaquait à tout va…Néanmoins, on prenait peu de buts. L’équilibre entre attaque et défense était presque parfait. Je n’avais jamais joué dans une équipe aussi merveilleuse, car joueurs individuellement très, très, très forts. La Samp’ de Vialli et Mancini n’était pas aussi forte. Regarde le palmarès du Napoli sous l’ère de Diego à l’exception de la première et de la dernière saison qui sont des moments trop particuliers. Cela donne troisième, champion, deuxième, deuxième, champion. Pas mal pour des terroni. Tu gagnes les matchs avec la force de l’équipe. Dans le football, c’est la rosa (lire l’effectif) qui gagne le scudetto dans son ensemble puisque les championnats sont longs et pleins d’obstacles.

Au quotidien…

Le quotidien avec Diego était très amusant, joyeux. Il était juste une personne humble, disponible, bonne, et pleine de vertus (en tout cas, celui que j’ai connu). Par exemple, il toujours prêt à faire la fête, à blaguer, à chanter. Le dimanche matin, il ouvrait les fenêtres, jouait et chantait ses musiques argentines, très rythmées et amusantes, à tue-tête. A l’entraînement, Diego, il s’amusait et jouait au sens primal du terme avec la balle. Il ne voulait pas faire d’exercices physiques. A la fin, il tentait et souvent réussissait des “acrobaties” qu’on voyait ensuite en match. Chaque fois, on lui lançait « Alors qu’est-ce qu’on invente aujourd’hui ? ». On le regardait comme des gosses, à attendre qu’il réalise quelque chose de magique. Quelque chose que personne d’autre ne pouvait exécuter et qu’on n’avait jamais vu bien sûr.

Le foot à Naples

A Naples, rayon sentiments, on passe d’un extrême à l’autre très facilement, on déprime et l’instant d’après, on est euphorique. On connaissait beaucoup de pression car la société n’avait presque jamais rien gagné (sybillin en diable, Ndrl). Il y avait toujours un motif différent mais bien précis, toujours une ombre (plein de sous entendus, Ndrl)...En tout cas, Maradona a colmaté toutes les brèches, avec ses qualités et ses capacités, et le scudetto de 87 est tombé dans notre escarcelle et il restera ainsi dans l’histoire du Napoli et de tout le Sud du pays. Je veux dire “ombre” dans le sens où chacun avait sa part de responsabilité, cette pression. Tous les tifosi, ceux à l’extérieur comme les 90 000 présents dans l’enceinte, avaient une exigence démesurée. Perdre un match devenait une catastrophe : en un instant, ils oubliaient tout ce qui avait été fait préalablement. C’est la caractéristique foncière de Naples. Cela en est même diabolique (sic). Des fois, tu perds des matchs que dans une autre ambiance tu gagnerais.

Le travail et l’imaptience

On était très protégés ( ???), on réussissait à se souder dans les vestiaires dans les moments de difficulté. On travaillait beaucoup contrairement à toutes sortes de légendes, de fantasmes et de ragots colportés un peu partout. Avec des équipes comme l’Inter, le Milan, la Fiorentina, la Juve ou la Roma, on ne peut pas se contenter de son seul talent. Bianchi nous protégeait des dirigeants et des supporters : en Campanie, le football constitue 90% de l’existence des plus démunis, qui vivent de pain et de ballon. Cette pression se déversait sur l’équipe, c’est pareil pour le club aujourd’hui. Une caractéristique qui reste et qui restera pour toujours inscrite dans l’ADN de la société du SS Napoli Calcio.

Les errements de Diego

Moi, je vous dis la vérité : on était sérieux pour gagner. Peut-être Diego se permettait-il quelque excès mais tous les autres étaient calmes, sinon tu n’arrives pas à jouer. C’est un lieu commun et une fantaisie de dire que tu peux aller en discothèque et être performant sur le terrain. Après le match, on allait boire un verre de vin et on se faisait un restaurant, mais rien de plus (gêné, Ndlr).

L’âge d’or

Je m’estime heureux d’avoir vécu ça. A l’époque, j’étais probablement trop jeune pour me rendre compte de l’énormité de la chose, des campagnes nationales comme de la coupe de l’UEFA et de leur portée historique pour tout le peuple du Mezzogiorno. Le but contre la Juve en UEFA (celui de la qualification en quart retour de la C3 en mars 89 à la 119è - 0/2 à Turin et 3/0 à Naples) restera à tout jamais mon plus beau souvenir, c’était immense, les poils sur mes bras pratiquaient la danse de saint-Guy. Il y a uniquement à Naples que tu peux vivre cela…Diego faisait le bonheur des autres attaquants car il était altruiste et ne jouait jamais pour lui-même. Il se donnait pour l’équipe. Il faisait marquer les autres. C’était sa grande force sur le terrain, cette générosité, cette disponibilité qui permettaient aux autres de le reconnaître comme le leader. Les autres joueurs marquaient des buts qu’ils n’auraient jamais inscrits sans lui. Quand il devait passer la balle, il la passait, c’était pareil en Argentine, il jouait juste comme sur une partition. Grâce à son comportement sur le terrain, on a connu plein de succès.

Propos recueillis par Le Loup des Steppes & Devilito, à Naples






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» Entretien avec Alessandro Renica · 17 décembre 2007 12:57

Elles sont belles ces interviews. Mais, ne me dites pas qu’il n’y a que moi qui les lis. Je suis le seul à faire des commentaires j’ai l’impression. Ces interviews ne vous font jamais réagir ? Vous ne méritez pas un tel blog. Moi, je me régale. A quand la même chose pour Cruyff ?

 Buk