Entretien avec Ricardo ‘El Bicho’ Pellerano
17 janvier 2008 à 11:04
Ancien capitaine d’Argentinos Juniors-River (1970-73, 44 matchs, 1 but), Argentinos Juniors (1974-76 et 1978-79, 181 matchs) et Quilmes (1977, 39 matchs, 1 but) - et père de Christian Pellerano, actuel capitaine de Velez Sarsfield -, Ricardo ‘El Bicho’ (la bête) Pellerano a vu naître El Pelusa dans le football professionnel, avant de l’accompagner dans ses premiers pas d’entraîneur à Mandiyu et Racing. Retour sur les débuts du meilleur joueur de l’histoire du football au deuxième étage du bar San Miguel, dans la rue Avellana.
Vous avez vu jouer les Cebollitas lorsque vous étiez à Argentinos Juniors ? Oui bien sûr, cette équipe c’était la sensation du moment, c’était l’avenir du football argentin. Je déjeûne à ce titre encore aujourd’hui avec l’entraîneur de cette époque, Francis Cornejo. D’ailleurs, je trouve ça étrange que personne n’ait reconnu ses qualités. Il n’a pas su se vendre tout simplement parce que le football n’est pas un commerce ou un moyen de gagner de l’argent pour lui. Tout le monde le connaît grâce au monstre Maradona. Moi je crois qu’il ne s’est jamais remis de l’avoir connu et formé. Francis Cornejo m’a beaucoup inspiré, et pour moi c’est un modèle dans ce qu’il fait. Aujourd’hui je fais d’ailleurs presque le même job que lui : je travaille comme chasseur de talents pour une entreprise. Diego savait que j’aimais bien faire ça et je crois qu’il appréciait ma vista. Je pense que c’est pour ça qu’il m’a pris dans son staff quand il est devenu entraîneur de Mandiyu.
Entretien avec Roberto Mouzo
15 janvier 2008 à 01:13
Roberto Mouzo est le capitaine historique de Boca Juniors, celui qui a joué le plus de rencontres avec les Xeneize (396 matchs officiels) mais aussi le plus de Superclasicos de l’histoire argentine (29). Grand défenseur, et accessoirement compagnon de Maradona à Boca, ils ont gagné ensemble le Metropolitano 81.
Est-ce que vous étiez présent lorsque Maradona avait mis 4 buts à Boca à la Bombonera, lorsqu’il jouait avec Argentinos ? Heureusement non ! (rires) Ce jour-là, Maradona était vraiment remonté contre nous parce que Hugo Gatti (gardien fou de Boca) avait réchauffé l’ambiance en disant que Diego était un petit gros qui n’allait pas lui marquer un seul but. Après ces déclarations, Maradona avait promis qu’il lui planterait deux buts. Gatti m’a raconté qu’il s’était excusé au moment du toss avec Diego, mais il n’avait pas accepté ses excuses ; au contraire : « Hugo, j’ai réfléchi pendant la nuit et je ne vais pas t’en mettre deux, mais quatre ». C’est ce qu’il a fait !!!
Vous vous rappelez de la première fois où on a parlé de la venue de Maradona à Boca Juniors ? Oui bien sûr. C’était un événement même dans le vestiaire ! Pour nous, c’était une bonne chose qu’une promesse comme Diego nous rejoigne. A Argentinos Juniors il s’était déjà distingué, aussi on s’est dit que nos chances de devenir champions allaient être beaucoup plus importantes. [...]
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Maradona selon Juan Ernesto Simon
11 janvier 2008 à 14:57
Juan Ernesto Simon, ancien Xeneize, libéro décroché de l’AS Monaco et de l’Argentine en 90. Un gars qui déchirait et jouait 25 mètres derrière sa défense...
« Dire que Maradona est le plus grand joueur que j’ai vu, c’est une évidence. Mais sincèrement, je n’ai jamais vu quelqu’un faire ce qu’il faisait. En 1979, on avait pourtant de sacrés talents. C’est d’ailleurs pourquoi je pense que c’est une des plus grandes équipes qu’il y ait eu car il y avait plein de joueurs très doués et il y avait Diego. Il était très au-dessus du lot. Il était pro depuis plus de 3 ans, il avait déjà été à plusieurs reprises chez les A, et aurait dû être champion du monde en 1978. Et pourtant, malgré ça, il s’est pleinement investi dans le Mundial juniors de 1979. Sincèrement, aujourd’hui, je ne connais pas beaucoup de joueurs qui, ayant le statut qui était le sien en 1979, reviendraient mort de faim en sélection juniors. C’était un leader sur le terrain mais aussi en dehors. En même temps, il était très simple alors que son statut n’avait déjà rien à voir avec le notre. Rien à voir avec la diva que certains fantasment. Il s’impliquait pleinement dans la vie du groupe. D’ailleurs, dans les chahuts, c’était aussi un meneur ». [...]
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Entretien avec Carlos Quenan
10 janvier 2008 à 16:35
Carlos Quenan est de la même génération que Maradona. Sa jeunesse a été rythmée par les derbys entre le Racing Club de Avellaneda (son club de coeur) et Independiente mais c’est pour sa capacité à jongler avec les chiffres qu’il a conquis l’Europe : économiste, maître de conférences à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine (Paris-III), il est aussi en charge de son sous-continent natal au service recherche de la banque Natixis.
Comment Maradona est-il perçu par les milieux d’affaires ? Comme l’"opium du peuple" - donc une aubaine - ou comme l’"ennemi du grand capital" - donc une menace ? Maradona est plus qu’une idole : c’est une icône. Sa popularité dépasse le cadre du football. Elle est unanime, traverse tous les secteurs sociaux. C’est un sous-produit - tout à fait particulier certes - mais un sous-produit quand même de la passion généralisée pour le foot en Argentine.
Donc on pourrait effectivement considérer que le football en général et Maradona en particulier "détournent" les gens des vrais problèmes, à l’instar du personnage du film El camino de san Diego qui est en situation précaire et qui passe son temps à penser à Maradona. Mais ce serait très réducteur de voir le phénomène Maradona sous cette seule optique. [...]
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