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Connaissez-vous beaucoup de clubs de foot dont le nom est celui d'un poète ? Fidèle abonné au Stade d'Ornano (tribune Centre, rang I, siège 166), qui a vu l'épanouissement de William Gallas et la chute de Dangbeto et a vénéré Xavier "le routard" Gravelaine, Arsenic écrit pour vous démontrer que ce nom ne doit rien au hasard. Malherbe qui joue, c'est peut-être pas du Baudelaire, et ça rime pas toujours, mais c'est toujours rock'n'roll.

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Toujours vivants [ASM 0-1 SMC]

Toujours vivants [ASM 0-1 SMC]
06/05/2013

AS MONACO - SM CAEN : 0-1

35e journée de Ligue 2

Match aller : Caen 3-0 Monaco

Buteur : Poyet pour Caen

Arbitre : M. Ennjimi. Une pure catastrophe... Beaucoup trop de coups de sifflet intempestifs, dès qu'un joueur se trouve à terre, et qui nuisent profondément au jeu.

Spectateurs... : 7 123.

Rassasiés par le spectacle ? : 3/5. Un match agréable à suivre, avec des temps forts de part et d'autre, et quelques bonnes doses d'adrénaline au cours de la dernière demi-heure...

Le geste du match : le grand pont d'extraterrestre réussi par Raphaël Guerreiro en situation défensive, qui oriente la gonfle d'une habile déviation de la tête et réussit à prendre son adversaire de vitesse après un petit tour sur lui-même.

L'anti-geste du match : la douzième simulation grotesque de Giorgios Tzavellas, qui semblait visiblement plus intéressé par les éventuelles sanctions qui pourraient tomber sur le coin de la tronche de Livio Nabab que par le jeu.

L'homme du match : il n'a que 19 ans, il ne joue au plus haut niveau que depuis quelques mois, et on a sans doute assisté au match le plus abouti de Raphaël Guerreiro. Irréprochable en défense, royal dans la relance, il s'est joué de Dirar et s'est permis de soigner chacune de ses sorties de balle, en multipliant les transmissions pleines de sérénité et les percées héroïques jusque dans la moitié de terrain adverse. Monstrueux.

L'anti-homme du match : l'ancien attaquant de River Plate Lucas Ocampos nous a été vendu comme un petit prodige qui survolerait les débats en Ligue 2. En attendant, il n'a pas réussi le moindre dribble décisif, s'est enlisé dans des actions individuelles désespérées, et a cruellement manqué de jugeote dans le placement, préférant s'excentrer quand un espace se créait entre les lignes. Un peu comme si Giroud tirait des corners pour la tête de Valbuena.

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C'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire ce qu'on veut.

L'AS Monaco était invincible depuis 17 matches. La dernière défaite des défiscalisés remontait à la 17e journée et à leur déplacement à Caen. Tout le monde se souvient que notre équipe de bad-ass leur avait calé trois châtaignes dans le saucisson et il semble que ce succès avait quelque peu bouleversé le continuum espace-temps. Depuis cette gifle reçue en Normandie, l'ASM roulait à tombeau ouvert vers la Ligue 1 : 9 victoires, 8 matches nuls, 0 défaite. La déroute monégasque à d'Ornano était la dernière contestation recensée à l'incontestable supériorité des hommes de Claudio Ranieri. Largement en tête du championnat, il suffisait donc à l'ASM de l'emporter samedi dernier pour assurer la montée en Ligue 1 une fois pour toutes. Le Prince, qui semble avoir pris vingt kilos en deux ans, sirotait son champagne en tribune, et se tenait prêt à sortir son écharpe rouge et blanche. Face aux invincibles armadas interlopes du Rocher, Patrice Garande a foutu sa dernière bastos dans le barillet. Guingamp et Angers ont encore gagné dans les dernières minutes et se sont carapatés avec le butin et Patoche le sait : la situation devient critique. Sans compter qu'un couillon a bloqué le limitateur de vitesse et que Malherbe avance au pas depuis bientôt deux mois. Si un Caennais disputait la finale de Roland Garros, il serait foutu d'arracher le match nul.



Charlie Chaplin a un jour participé à un concours de sosies de lui-même à Monaco. Il a terminé 3e. Voilà une belle histoire. Le Stade Malherbe qui se dresse sur la route du tout-puissant Rocher, arrogant leader qui veut sceller le sort du championnat avant de se consacrer au recrutement pour faire venir Falcao et Menez, ce n'est pas juste une belle histoire. C'est un récit épique. Parce qu'en voyant l'EAG et le SCO se goinfrer la veille au soir et disparaître dans le lointain (5 points d'avance pour les Bretons, 3 points pour les Angevins) et un SMC petit bras et délesté de ses deux meilleurs buteurs aller défier le leader, la plupart des supporteurs caennais s'étaient dit que cette fois, le rêve prenait fin. 24 heures plus tard, tout a changé. Malherbe a de nouveau fait sa loi face à Monaco et s'est replacé dans la course au podium. À l'instant même où tout espoir semblait éteint, les Caennais l'ont fait. Au moment de fumer la dernière clope du condamné, ils ont préféré craqué l'allumette et allumé la mèche du bâton de dynamite qui a fait sauter le Rocher. En guise de chant du cygne, on a eu droit à long hurlement. This is Spartaaaaa!

Accord de principauté.

Sans Duhamel ni Cuvillier blessés, on se demandait bien qui allait pouvoir marquer des buts pour les Normands. Montaroup, très satisfaisant au cours des dernières semaines, est aligné à gauche. Mais en pointe, le manque de solutions crédibles nous oblige à nous en remettre à Romain Poyet, muet devant les cages depuis début novembre, et pas vraiment aidé par un temps de jeu réduit à peau de chagrin. Sans trembler, Garande en profite pour faire des choix forts : Fajr, dont on sentait bien qu'il commençait à le gonfler, est écarté du onze-majeur, et voilà Seube et Agouazi réunis au milieu, en mode "tranchées de Verdun", derrière Nabab, Nangis et Montaroup ; derrière, retour de la défense à 4, un choix étonnant au moment de se déplacer chez la meilleure attaque du championnat. Et tout de suite, l'effectif caennais semble beaucoup plus équilibré, les deux grognards du milieu se relayant pour jaillir sur le porteur et combler l'espace entre les lignes et les trajectoires de passes. Plus disciplinés défensivement, plus sereins à la relance, les Patoche Boyz semblent tout simplement plus à l'aise sans un meneur de jeu qui les encombre par son omniprésence à la remontée du ballon.



Comme au cours des dernières semaines, Malherbe a l'excellente idée de ne pas se poser trop de questions et d'aborder la rencontre à toute berzingue. Poyet, visiblement pressé de rassurer ses troupes quant à sa capacité à faire parler la poudre, chauffe les gants de Subatic après quelques secondes de jeu, et balance ce qu'il a de mieux en magasin sur un caviar d'Agouazi : appel impeccable, enchaînement poitrine/volée idéalement placée, et pan, 0-1. Évidemment, Monaco réagit, et dispose d'assez de puissance offensive pour se créer des espaces de tir, malgré les efforts défensifs caennais. Germain se débarrasse de Sorbon et manque le cadre une première fois, Rivière profite d'un cafouillage pour prendre sa chance à bout portant et loupe le cadre... Pendant ce temps, Tzavellas s'essaye au coup-franc, et sollicite deux ou trois fois un Perquis tellement énorme qu'on a l'impression qu'il est plusieurs. L'ASM multiplie les situations chaudes, mais manque d'imagination dans la préparation de ses attaques, et préfère s'en remettre aux exploits individuels et aux ballons qui traînent dans les trente derniers mètres adverses plutôt que d'affiner un peu sa mire. Du coup, Malherbe en profite pour se ménager un nouveau temps fort avant la pause : Nabab s'amuse à tester la vitesse de pointe de Tzavellas, Poyet manque de lucidité pour convertir en but une grosse tuile de Raggi, et Nangis, surtout, loupe le coche à bout portant, la faute à une très belle intervention de Subatic. M. Ennjimi, qui s'époumone sur son sifflet, renvoie tout le monde aux vestiaires, et le public monégasque conspue son équipe. Sérieusement, ça va monter en Ligue 1, ça ?



Au retour des vestiaires, l'ASM prend pour de bon le contrôle des opérations. Claudio Ranieri marque le coup en remplaçant Rivière par Touré, ce mec qui a donc marqué moins de buts que Poyet en 2013. N'empêche que ça commence à chauffer sur les cages de Perquis : Germain continue de se heurter au portier caennais, Medjani touche la barre, et Wagué est tout proche de concéder un péno, pour une main dans la surface de réparation. Bon, heureusement, l'arbitre semble connaître davantage les lois du jeu que les commentateurs de BeIn et de l'Équipe, parce que la main n'est évidemment pas du tout volontaire - sérieux, les mecs, Wagué regarde dans l'autre sens au moment où son bras touche le ballon. Garande sert les fesses. Bon sang, ça lui rappelle quelque chose... Ce match, il le connaît... C'est pas possible, il a l'impression d'être Bill Murray dans Un jour sans fin. C'est déjà arrivé contre Arles-Avignon, contre Le Havre, contre Angers... Valère Germain va planter un but à la 84e, c'est obligé.

Le jour de la marmotte.

Sauf que Monaco n'y arrive pas. C'est pas faute d'essayer, pourtant. Tzavellas, décidément pas manchot à l'exercice du coup-franc, expédie un missile sur la barre d'un Perquis qui semblait battu. Wolf balance un centre tout bizarre (et tout à fait involontaire) vers la lucarne que Perquis parvient à détourner du bout des doigts... sur sa barre, encore. Alors oui, Monaco a touché trois fois la transversale, mais ne méritait pas mieux. Trop désordonnés en phase offensive, trop suffisants, les défiscalisés jouent les uns après les autres au lieu de jouer ensemble, comme si on pouvait faire un super concert en enchaînant les solos. En face, Malherbe s'est contenté de jouer sa partition à la perfection. Certes, il y a eu des erreurs individuelles, des ballons perdus beaucoup trop vite (surtout en début de seconde période), des transmissions hasardeuses (en particulier de la part d'Agouazi qui, entre deux ouvertures splendides, semble devoir recharger ses batteries en ratant des passes plein axe), quelques fautes de marquage. Mais la prestation des Malherbists est restée cohérente. Au lieu de sombrer dans la facilité et de se laisser marcher dessus en fin de match comme ce fut récemment le cas (HAC, SCO, DFCO), les Patoche Boyz ont même réussi à rehausser leur niveau de jeu à mesure que leur condition physique s'atténuaient, et n'ont finalement concédé que très peu d'occasions franches au cours de la demi-heure. Sorbon et Wagué, parfois malmenés par Valère Germain, ou gênés par le nombre d'attaquants adverses dans leur zone, n'ont jamais véritablement lâché prise, et ont pu compter sur Damien Perquis absolument formidable, qui n'a commis qu'une petite faute de main (sur la tête de Medjani sur la barre) pour 5 ou 6 vraies interventions décisives.



Appliqués à ressortir le ballon proprement (pratiquement toujours sur l'aile gauche, grâce à des combinaisons des mobylettes Guerreiro et Montaroup, et Kim en fin de match), rassemblés derrière la prestation solide d'Agouazi et de Seube (qui s'est encore offert deux ou trois tacles cinq étoiles), les Caennais tiennent bon. Face à un Monaco définitivement beaucoup moins impressionnant que ses résultats le suggèrent, et sans avoir réussi à tuer le match, une fois de plus, malgré quelques vraies opportunités, ils ont livré la prestation attendue depuis un moment. Les joueurs ont fait preuve de caractère, d'orgueil, d'application et de solidarité jusque dans les dernières secondes, à l'image d'un Montaroup qui se rend disponible auprès de Guerreiro à la 92e minute pour faciliter la sortie du ballon. Garande, enfin, a réalisé un vrai petit coup de maître, en préférant ne pas s'entêter dans un schéma qui avait tendance à générer une certaine suffisance défensive et trop peu de mobilité : le plan de jeu est apparu plus vivant, plus dynamique, et si certaines choses restent encore à régler (l'espace entre les lignes du milieu et de la défense, la présence sur les seconds ballons repoussés de la tête), l'ensemble est indéniablement plus adapté aux qualités des Normands.



Guingamp est à 2 points, donc, et Angers à nos basques. Et Garande d'asséner, une fois encore, son credo : "Ça se jouera à la 38e journée." Au fond, il suffirait peut-être simplement de lui faire confiance.

"INSTANTANÉMENT COMME ÇA / REPRENDRE DE VOLÉE D'AUSSI LOIN / COMME ELLE VIENT"

La bande-son : le morceau Les hauts quartiers de peine, de Dominique A, sur le disque La mémoire neuve.

Le résumé du match en vidéo ci-dessous.



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Tous les scores :

Angers 1-0 Laval

Arles-Avignon 0-2 Guingamp

Châteauroux 2-1 Nîmes

Dijon 4-2 Sedan

Gazélec Ajaccio 1-3 Le Mans

Le Havre 2-0 Istres

Lens 0-0 Tours

Niort 0-1 Auxerre

Monaco 0-1 Caen

Nantes [ce soir] Clermont

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Le classement :

Équipe Points DdB MJ
1. Monaco 67 pts (+28) 35
2. Nantes 62 pts (+24) 34
3. Guingamp 61 pts (+15) 35
4. Caen 59 pts (+20) 35
5. Angers 59 pts (+14) 35
6. Dijon 56 pts (+5) 35
7. Nîmes 55 pts (+11) 35
8. Le Havre 55 pts (+2) 35
9. Auxerre 47 pts (0) 35
10. Tours 45 pts (-9) 35
11. Lens 44 pts (-6) 35
12. Châteauroux 41 pts (-2) 35
13. Istres 41 pts (-6) 35
14. Arles-Avignon 41 pts (-13) 35
15. Le Mans 37 pts (-19) 35
16. Laval 36 pts (-8) 35
17. Niort 35 pts (-7) 35
18. Clermont 35 pts (-16) 34
19. Sedan 30 pts (-14) 35
20. Gazélec Ajaccio 22 pts (-19) 35 RELÉGUÉ EN NATIONAL




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Le Stade Malherbe en chiffres :

- 16 victoires, 11 nuls, 8 défaites

- 44 buts inscrits (9e meilleure attaque, à 15 unités de Monaco 1er, plus mauvaise attaque parmi les neuf premières attaques du championnat)

- 24 buts encaissés (meilleure défense, 2 unités de mieux que Nantes 2e)

- meilleur buteur : Mathieu Duhamel avec 13 buts

- meilleur passeur : Fayçal Fajr avec 5 passes décisives

- cinq derniers matches : NNNNV (7 points sur 15 possibles)

- 59 points pris sur 105 possibles (environ 1,68 points/match)

- 8 points de retard sur le leader

- 2 points de retard sur la zone de promotion

- 24 points d'avance sur la zone de relégation

- 37 points d'avance sur la lanterne rouge

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Du côté du Facebook de Malherbe's Poetry :

Alexandre : "Craquer contre Ajaccio relégué depuis 4 journées, ça aura quand même plus de gueule".

Nicolas : "Malherbe ou l équipe qui ne veut pas de cardiaques comme supporters"

Kalou : "Même Guingamp et Angers ne l'ont pas vu venir".

Aymeric : "On gagne à Monaco, leader, avec une attaque Poyet-Nabab. Parfois, la vie est incompréhensible. * Twilight Zone*"

Emmanuel : "Et c'est ça qui veut concurrencer le PSG l'an prochain ?".

Matthieu : "Dans mon ancien quartier, on appelait ça une EMBUSCADE !"

Julien : "Quels romantiques ces caennais: comment passer de la certitude au doute, jusque dans ses nuances les plus subtiles".

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