Sombres héros de l'amer(lu)
FC Lorient - Stade Malherbe de Caen (13) : 0-0
19e journée de Ligue 1
Dernier affrontement : Lorient 0-1 Caen
Buteurs : déjà partis en vacances...
Arbitre : M. Vileo. Un match honnête. Pas grand-chose à signaler, trois cartons jaunes logiques, et peu de décisions contestables.
Spectateurs... : 15 715.
Rassasiés par le spectacle ? : 3/5. Un match rythmé, loin d'être inintéressant, au cours duquel les deux équipes se partagèrent temps forts et possession de balle offensive. Aucun but, et finalement peu d'occasions sérieuses, mais les deux camps ont cru à l'ouverture du score jusqu'au bout. En général, c'est un gage de qualité.
Le geste du match : le tacle impeccable de Thommy Heurtaux sur Emeghara, qui met un terme à une belle action lorientaise grâce à une prise de risque mesurée et adroitement exécutée.
L'anti-geste du match : la passe manquée de Benjamin Nivet à destination de Romain Hamouma, dans les derniers instants de la partie. Le numéro 10 chauve, à peine entré en jeu, adresse un ballon mal dosé et très peu inspiré à Saviola-du-14, qui s'attendait à une transmission glissée entre Baca et Bourillon. Si Benjamin Nivet était entré en jeu sous le maillot de l'équipe de France le 12 juillet 1998, le Brésil aurait arraché le match nul 2-2.
L'homme du match : il y a eu des opportunités de part et d'autre, et si le score est resté vierge, c'est avant tout grâce à l'excellente performance des deux gardiens de but : Fabien Audard et Alexis Thébaux ont repoussé toutes les tentatives adverses avec brio, qu'il s'agisse de frappes lointaines appuyées (Audard face à Fajr) ou de pénétrations dans l'axe (Thébaux face à Emeghara).
L'anti-homme du match : Kandia Traoré est un héros. Il avait l'opportunité de se mettre en valeur, deux mois après sa dernière titularisation et grâce aux performances médiocres de Pierre-Alain Frau. Kandia "Sensations pures" a loupé à peu près tout ce qu'il a tenté, foirant toutes ses déviations et peinant même à se mettre en valeur dans les airs. Finalement, ça restait un peu mieux qu'un match de PAF : Traoré loupe des trucs, PAF ne les tente même pas.
Compos :
Lorient : Audard, Baca, Mareque, Bourillon, Ecuele Manga, Mvuemba, Autret, Jouffre, Sunu, Emeghara, Monnet-Paquet ; C. GOURCUFF
Caen : Thébaux, Sorbon, Leca, Heurtaux, Raineau, Proment, Seube, Nabab, Fajr, Bulot, Traoré ; F. DUMAS
Le poste d'observation de Malherbe's Poetry : à la maison, avec Malherbe's Poetry, devant Foot +.
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Malherbe en hypothèque.
Difficile de tomber plus bas que le Stade Malherbe au cours des dernières semaines. L'inexorable chute des Francky Boyz jusque dans la deuxième moitié de tableau, accompagnée d'effarantes faiblesses dans le jeu, semblait sans fin. Après une énième déroute face à Nancy - la déroute la plus criante, la plus minable, la plus incompréhensible vue jusqu'alors - il ne restait plus aux ouailles de Don Dumas qu'à se racheter lors de la dernière journée des matches aller. Une mission pas si impossible face aux Lorientais, qui restaient sur trois défaites consécutives, d'autant plus que s'il devenait urgent de retrouver un semblant de fond de jeu histoire de se remplir les chaussettes de Noël l'esprit serein, la crise automnale des Caennais ne s'est pas avérée dramatique au classement général, mais est toujours en passe de le devenir.
Francky avait tapé du poing sur la table à l'issue du match contre Nancy. Refus d'assister à la conférence de presse, puis intervention publique au vitriol pour pulvériser son effectif : on s'attendait à un onze remanié face aux Merlus. Bingo. Exit Frau, Nivet, Niang, Vandam et même Romain Hamouma, coupables de ne pas avoir su prendre leurs responsabilités quand ils étaient supposés le faire. Dumas n'aime pas être pris pour une dinde fourrée. Et on le comprend. Et on approuve, quand il titularise Fajr, Nabab ou Traoré, peut-être pas impériaux cette saison, mais tous pas avares dans l'effort. On approuve même le retour de Raineau, c'est dire.
Et dès les cinq premières minutes de la rencontre face aux Merlus, on a senti le vent du changement souffler sur le stade du Moustoir. La possession de la balle n'est plus vaine, le pressing s'effectue dès la ligne médiane franchie, les défenseurs et les milieux défendent en avançant et plus en reculant... Tout n'est pas encore rose, loin de là. Les Caennais semblent toujours physiquement cramés, les milieux ne participent jamais assez aux phases offensives, les latéraux tentent des montées près de leur ligne de touche pour aller centrer avec un plan Mappy imprimé l'arrache entre les mains... Les mouvements sont téléphonés, les interventions défensives sont loin d'être sereines, la relance est aussi précise qu'une frappe chirurgicale sur un hôpital. Les Francky Boyz font un peu n'importe quoi, ils mettent la charrue avant les torchons, mélangent les serviettes et les boeufs. Mais il y a de l'envie, des prises de risque, de l'ambition de jeu, et ça fait plaisir à voir. On ne sait pas trop ce qui dessine alors même qu'on voit une action se construire sous nos yeux, mais on a envie d'y croire. C'est beau comme du Picasso au criterium.
Playmates du mois.
Contre Nancy, les Caennais ressemblaient aux lapins crétins. Ouais, ça faisait un max de boucan, avec une occupation du terrain arrogante, des prétentions pas possibles, mais ça faisait surtout "pshiit" à chaque occase. Contre Lorient, on a retrouvé Francky & the Bunnymen. Autrement dit un rythme plus soutenu, une mélodie un peu plus cohérente, une ambition beaucoup plus en adéquation avec les moyens de l'orchestre.
Et on a assisté à un bon match de football, entre deux équipes pas rassurées, qui multipliaient les imprécisions, hésitaient entre se livrer complètement et se rassurer vraiment, et se partageaient temps forts et temps faibles sans trop savoir quoi en faire. Si la possession de balle était franchement lorientaise, Malherbe n'a pas manqué de répondant, et on ne demandait rien d'autre aux Francky Boyz. Trop isolés offensivement, trop craintifs et trop maladroits à la relance, les Normands ont retrouvé des valeurs intéressantes. Notamment le dirty-play dont on avait parlé le week-end dernier, et bien utile face à des Merlus taquineurs de gonfle. Plus de trente fautes commises pendant le match, c'est un joli bilan. Au milieu, on a eu le plaisir de redécouvrir un vrai meneur de jeu capable de transmissions qui déséquilibrent tout un bloc. Fajr manque encore clairement de temps de jeu, mais quand il aura accumulé un peu d'expérience, on devrait se gaver à le voir tenter (et réussir) diagonales sucrées dans le dos de la défense et ouvertures caramélisées de l'extér', comme le Quaresma de la grande époque - la grande époque de Ricardo Quaresma a duré quatre matches, j'espère que vous étiez attentifs.
C'est Fajr qui s'est même procuré les deux plus grosses occases caennaises. Tout au culot, à l'envie, à la gourmandise : une praline de 25 mètres qui oblige Audard à une superbe parade, et une meringue un tout petit peu trop axiale sur coup-franc, qu'Audard détourne encore. C'est à la fois peu et énorme, au regard du nombre de tirs cadrés des Francky Boyz lors de leurs dernières sorties (0 contre Sainté, 1 contre Nancy et c'était sur péno). Les Lorientais et leurs 60% et des brouettes de possession de balle ont eu davantage d'opportunités. En première mi-temps, Emeghara a eu le chic pour se procurer un max d'occasions et oublier de les convertir, que ce soit en face-à-face avec Thébaux, redevenu impérial dans le coup de chatte ou en décalage sur angle fermé.
Malherbe alterne le plutôt bon et le franchement craignos, en demeurant incapable de se sortir de son camp au milieu de la première période, la faute à une relance débile et à un pressing d'intermittents. Et à une équipe lorientaise qui a l'intelligence de se rassurer en faisant circuler et en prenant des risques savamment calculés. Après la pause, les Francky Boyz sont un peu plus homogènes dans le jeu. Manque de bol, Fajr a du mal à se montrer aussi omniprésent, et peine à mettre en valeur ses partenaires. Le ballon circule d'une cage à l'autre. Monnet-Paquet loupe le coche face à Thébaux, et Nabab réplique en glissant le ballon au ras du montant au terme d'une jolie échappée. Les deux défenses se rassurent de plus en plus face à des attaquants qui lâchent peu à peu l'affaire, certainement érodés physiquement. Jouffre sonne une dernière fois le tocsin dans les ultimes instants de la rencontre, d'une frappe splendide depuis l'angle de la surface : Thébaux est encore sur le coup pour réaliser la parade qui vaut un point.
Malherbe n'a pas été renversant, mais aura au moins su renverser le cours des choses et se remettre dans le sens de la marche, grâce à un coach qui fait des conneries mais qui n'abdique jamais, et grâce à des joueurs affamés, parfois même prometteurs (et aussi, un peu, grâce à un paquet d'autres équipes qui peinent à enchaîner les résultats, parmi lesquelles Lorient, Sochaux, Auxerre, Nancy et consorts). On attend encore de voir pour être sûrs. Mais on part en vacances un peu plus tranquilles, noyés dans un peloton de seconde moitié de tableau...
"INSTANTANÉMENT COMME ÇA / REPRENDRE DE VOLÉE D'AUSSI LOIN / COMME ELLE VIENT"
Bande-son du jour : Les gens sont fous, les temps sont flous, de Jacques Dutronc
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Le bulletin de notes :
Thébaux [7] : un premier trimestre irrégulier. Alexis a su se remettre au travail après quelques devoirs insatisfaisants - en physique-chimie et biologie.
Raineau [3] : le cancre de la classe. A touché le fond et creuse encore. Devrait prendre rendez-vous au plus vite avec le conseiller pour une réorientation d'urgence...
Leca [6] : il arrive à canaliser ses petits camarades par sa seule présence. Il est moyen dans la plupart des matières, mais toujours attentif, grâce à son positionnement stratégique impeccable, calé le long du mur, assez près du radiateur pour être au chaud et pas trop éloigné de la porte pour être parmi les premiers dehors quand la cloche retentit. Avec lui, on ne sait pas trop où on va, mais on a envie de lui faire confiance.
Heurtaux [6] : il a accumulé un total de 24 heures de colle, à chaque fois pour avoir copié sur son camarade Leca pendant les devoirs. Il devrait faire parler ses propres qualités, qui sont réelles...
Sorbon [4] : à chaque fois que le maître le déplace d'un bout à l'autre de la classe, on le reprend à discuter avec ses petits camarades. Il n'écrit que dans la marge. C'est surprenant, mais il va falloir s'y faire. Mais bon, quand on le force à écrire au milieu de la feuille, il pique des crises pas possibles.
Seube [10] : je vous entends en dire du mal. Je vous entends douter de lui. Pfff, bande de larves. Allez plutôt voter pour qu'il chope le Ballon d'eau Fraîche qu'il mérite.
Fajr [6] : on a retrouvé son dossier scolaire qui traînait au fond d'un tiroir et il a pu réintégrer la classe avec ses petits camarades. Agitateur charmant. Un peu taquin avec ses professeurs. Mais sa bonne humeur fait plaisir à voir. Si on pouvait avoir le bac rien qu'en passant l'oral, il taperait la mention.
Proment [4] : à force de redoubler, Grégory connaît le programme par coeur. Résultat, il écoute quand ça l'intéresse vraiment. Et à part la reproduction et les génocides, rien ne l'intéresse vraiment. Et on a perdu le squelette qui était en salle de bio, alors si vous pouviez lui demander de nous le ramener, merci...
Bulot [4] : la grande énigme de la première partie de saison. Peut-être avons-nous placé trop d'attentes en lui ? Doit s'améliorer en philosophie et en langues pour ne pas se planter le jour de l'examen.
Nabab [5] : le gentleman cambrioleur de la classe. Il choure tous les stylos et les crayon de ses camarades, et tout le monde l'adore, fait comme si de rien n'était. Devrait penser à ramener les oscilloscopes qu'il a gaulés, parce que personne ne lui rachètera dans la cour de récréation. Merci.
Traoré [2] : il a travaillé, travaillé, il a sué corps et âme, il a été attentif en cours. Ses professeurs avaient constaté de jolis progrès lors des derniers devoirs. Il a travaillé, travaillé encore, révisé sans relâche... Et puis quand on lui a demandé si la Seconde Guerre Mondiale était vraiment une guerre totale, il a parlé de Napoléon, de 1515, de Vercingétorix, de l'Adieu aux armes, de Tintin au Congo, de Georges Moustaki et de Martin Luther King. Dans la tête de Traoré, ça doit être un beau bordel.
Nivet [2] : de temps en temps, les professeurs envoient quelqu'un le toucher du bout du doigt pour vérifier qu'il n'est pas froid. On ne le distingue plus, sous les toiles d'araignée, coincé entre le mur et l'armoire. Et cette passe loupée vers Hamouma, bordel...
Hamouma [6] : tête de classe. Elle est belle, la classe, cette année, putain... Devrait davantage penser à tirer ses camarades vers le haut plutôt qu'à tirer les copines de ses petits camarades.
Frau [7] : correspondant allemand. Personne ne comprend ce qu'il raconte, parce que personne n'a pris LV2 Allemand. D'ailleurs, même le prof d'allemand n'entrave rien à son charabia. On ne sait même pas ce qu'il fait là. On ne sait plus qui est son correspondant français. On ne sait pas où il dort. Mais au moins, quand il pleut, en cours d'EPS, ses petits camarades peuvent se réfugier sous son nez. Et ils ne sont même pas trop tassés. 120 000 boules par mois le parapluie, putain, tu m'étonnes que l'Éducation Nationale fasse la gueule.
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Tous les scores :
Nancy 1-3 Marseille
Auxerre 2-2 Dijon
Évian TG 4-2 Montpellier
Lille 4-4 Nice
Lorient 0-0 Caen
Rennes 1-0 Bordeaux
Sochaux 0-2 Ajaccio
Toulouse 0-0 Brest
Valenciennes 1-0 Lyon
Saint-Étienne 0-1 Paris SG
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Le classement :
| 1. Paris SG | 40 pts | (+14) |
| 2. Montpellier | 37 pts | (+16) |
| 3. Lille | 36 pts | (+14) |
| 4. Lyon | 35 pts | (+10) |
| 5. Rennes | 32 pts | (+6) |
| 6. Marseille | 31 pts | (+9) |
| 7. Toulouse | 31 pts | (+3) |
| 8. Saint-Étienne | 30 pts | (+2) |
| 9. Lorient | 24 pts | (-3) |
| 10. Bordeaux | 23 pts | (-2) |
| 11. Évian TG | 22 pts | (-2) |
| 12. Brest | 21 pts | (0) |
| 13. Valenciennes | 20 pts | (-3) |
| 14. Caen | 20 pts | (-5) |
| 15. Auxerre | 19 pts | (-4) |
| 16. Dijon | 19 pts | (-15) |
| 17. Nice | 18 pts | (-2) |
| 18. Nancy | 18 pts | (-9) |
| 19. Sochaux | 18 pts | (-13) |
| 20. Ajaccio | 15 pts | (-16) |
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Merci à Aymeric pour l'illustration.