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Connaissez-vous beaucoup de clubs de foot dont le nom est celui d'un poète ? Fidèle abonné au Stade d'Ornano (tribune Centre, rang I, siège 166), qui a vu l'épanouissement de William Gallas et la chute de Dangbeto et a vénéré Xavier "le routard" Gravelaine, Arsenic écrit pour vous démontrer que ce nom ne doit rien au hasard. Malherbe qui joue, c'est peut-être pas du Baudelaire, et ça rime pas toujours, mais c'est toujours rock'n'roll.

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Scapulaires maussades

Scapulaires maussades
30/11/2011

Girondins de Bordeaux (18) - Stade Malherbe de Caen (9) : 2-0

15e journée de Ligue 1

Dernier affrontement : Bordeaux 1-2 Caen (2011)

Buteurs : Gouffran, Modeste

Arbitre : M. Castro. Qui n'a pas eu grand-chose à foutre, il faut bien le dire...

Spectateurs... : 17 265.

Rassasiés par le spectacle ? : 1/5. Un match chiant comme la pluie, sans rythme et sans suspense.

Le geste du match : la frappe en première intention du Gouff' qui va se loger dans le petit filet et qui permet à Bordeaux d'ouvrir le score. Un geste d'attaquant en forme, synonyme immédiat de succès, tant les Caennais n'ont jamais pu relever la tête.

L'anti-geste du match : le contrôle foireux de Molla Wagué, qui joue avec le feu au lieu de placer une bonne tête des familles pour écarter le danger et qui permet à Modeste de sceller le destin de la rencontre. On va mettre ça sur le compte de l'inexpérience, mais c'est très embarrassant.

L'homme du match : Yoan Gouffran. Un superbe match de notre ancien prodige, qui s'est trouvé impliqué dans tous les bons coups des Girondins, qui a multiplié courses en avant, enchaînements efficaces et tentatives dangereuses. En fait, Yo ne s'épanouit qu'au sein d'une équipe qui joue le maintien. S'il jouait à Ajaccio, il serait sur la liste des nominés au Ballon d'Or.

L'anti-homme du match : on a l'embarras du choix côté normand, entre un Nivet en-dessous de tout, un Niang de pacotille, et un Raineau qui est définitivement largué.

Compos :

Bordeaux : Carrasso, Henrique, Planus, Tremoulinas, Sané, N'Guemo, Maurice-Belay, Plasil, Saivet, Gouffran, Bellion ; F. GILLOT

Caen : Thébaux, Vandam, Wagué, Leca, Raineau, Nivet, Seube, Hamouma, Frau, Bulot, Niang ; F. DUMAS


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Novembre gris.

Franck Dumas est un être formidable. Imaginez que vous tenez un blog sur le Stade Malherbe, que vous venez de vous fader un match insipide de votre équipe préférée partie folâtrer en Gironde, et que vous vous régalez déjà à l'idée de rattraper ce triste spectacle par un papier fracassant, drôle et piquant, impétueux et impertinent, censé rendre le sourire aux âmes meurtries par une partie si désastreuse. Et puis voilà le coach Dumas qui se pointe en conférence de presse, et qui lâche, sourire aux lèvres : "C'était un bon match de merde de notre part. Ça aurait pu arriver avant, donc on ne va pas se plaindre que ce ne soit pas arrivé avant la 15e journée. [...] La seule ambition qu'on a eue aujourd'hui est d'avoir fait le déplacement. Même moi j'avais l'impression d'être à côté du banc, même pas sur le banc."

Voilà. Comme ça, tout est dit. Merci Francky, c'est bon. La chouette introduction que je vous avais concoctée n'a donc plus lieu d'être. Caen a disputé son match le plus pathétique de la saison, à tous points de vue. Dumas encore : "Si les journalistes mettent plus de 4 à l'un de mes joueurs, à part Alexis Thébaux, il faudra qu'on m'explique..." Pourtant, ce déplacement en terres girondines aurait pu (dû ?) être l'occasion de réaliser un très bon coup. Bordeaux n'avait jamais remporté le moindre match à domicile cette saison, et ne s'est pas montré spécialement à son avantage contre une équipe aussi moribonde que l'était Malherbe samedi.

Les Francky Boyz se sont donc vautrés dans les grandes largeurs. On n'a absolument rien vu de positif, pour tout dire. Aucune cohérence défensive, aucune amélioration dans le repli défensif, aucune énergie en attaque, aucun bloc-équipe, et pire que tout, aucune volonté. Et pour tout dire, c'est assez inquiétant. Après les deux points de perdus à Ajaccio, la faute à un manque de ténacité et de sérieux jusque dans les derniers instants de la rencontre, Caen s'est de nouveau viandé pour son second match à l'extérieur consécutif. Et quand Malherbe montre quelques faiblesses à l'approche des premières neiges hivernales, on voit ressurgir le spectre du trou noir de Noël qui peut durer jusqu'en avril... Fatalement.

Gouffran direct.

Bon, à la rigueur, si on peut tirer une satisfaction de cette rencontre, c'est celle d'avoir vu notre petit Yoan sous son meilleur jour. Le numéro 9 bordelais fut sans conteste le meilleur joueur sur la pelouse, dynamitant l'arrière-garde caennaise à chaque accélération, visiblement déterminé à prouver à ses anciens petits camarades combien il avait grandi. En revanche, au vu de la partition délivrée par les Normands, pas sûr qu'il envisage de revenir enquiller de la cagette dans son club formateur un jour. Tâchons de faire court : Raineau s'évertue à prouver match après match qu'il n'a pas le niveau de la Ligue 1 (ni même de la Ligue 2) et qu'il veut reconquérir son poste d'éternel remplaçant, Vandam fait tout à l'envers, Hamouma n'en finit plus de ne pas confirmer, Bulot continue d'alterner le chaud bouillant et le froid polaire, Niang a 16 ans, Nivet et Frau semblent avoir 60 piges chacun et ne savent plus jouer au football. Voilà. Avouez qu'il aurait été assez exceptionnel de repartir de Chaban avec les trois points dans un tel contexte - et puis, on leur a déjà fait le coup au mois de février, franchement, ça aurait été un peu redondant, non ?

Pendant une première mi-temps aussi passionnante qu'un film indépendant bulgare sous-titré en Roumain, les Francky Boyz ont eu la chance d'être confrontés à une équipe dont la médiocrité égalait à peu près la leur. Légèrement dominateurs mais incapables de s'organiser offensivement, les Bordelais ne peuvent compter que sur des prises de risque individuelles et plus encore, sur les solutions proposées par Bellion et Gouffran sur toute la largeur du terrain, le premier multipliant les courses croisées pour libérer de l'espace dans l'axe, le second enchaînant les courses vers l'avant et offrant ainsi énormément de profondeur à ses partenaires. Caen n'a ni la mobilité ni la créativité nécessaires pour anticiper des trajectoires de passes pourtant simples à lire. Seube court sans réfléchir, chacune des courses de Nivet semble vouloir dire à sa place qu'il en a plein le cul, et les ailiers ne sont ni correctement servis, ni assez motivés pour se replier intelligemment. En clair, les Caennais sont là, mais n'ont jamais semblé concernés.

En fait, tout cela ressemblait à s'y méprendre à une partie de Subbuteo : il n'y a rien qui bouge sur le tapis vert, et une fois de temps en temps, il y un mec qui accélère pour aller s'encastrer dans la défense d'adverse parce qu'il n'a aucun soutien ni aucune possibilité de passe. Bon sang, mais c'est bien sûr : pour rendre n'importe quel match intéressant, il suffit de changer la perspective. J'vous jure, une fois que j'avais pensé au Subbuteo, ce Bordeaux - Caen était tout à fait génial. Imaginer le Gouff', monté sur une demi-sphère, s'infiltrer entre un Leca instable, un Seube renversé le côté et un Wagué à qui il manque la tête (oui, les figurines du Subbuteo n'étaient pas très solides), puis glisser en six mètres sous le regard contrit d'un Thébaux en plastique, c'était une expérience de l'absurde inoubliable. Beckett aurait adoré le Subbuteo. Et plus encore le Stade Malherbe de Caen.

Bref, en première période, rien ou presque à se mettre sous la dent... Côté caennais : un pruneau d'Agen (en forme de reprise de volée) signé Hamouma et une bêtise de Cambrai from Frau. Côté bordelais : un Mistral Gagnant qui souffle au ras du montant signé Plasil et quelques friandises acidulées de l'ami Gouffran. Lequel a tout compris au micro de Canal, à la mi-temps : "On joue trop bas. Il va falloir prendre des risques en seconde période..." À croire que c'est lui qui a fait le speech dans les vestiaires...

Contrôle désorienté.

Dès le retour des vestiaires, on a tout de suite compris que le point du match nul défendu mollement par les Francky Boyz n'était plus qu'en sursis. Bordeaux joue plus haut, Bordeaux joue plus direct, Bordeaux joue mieux. Pas vraiment menacés en contres, les Girondins s'installent dans le camp des Normands. Gouffran et Bellion ne sont pas vraiment sur la même longueur d'onde, mais arrivent néanmoins à se trouver aisément, tant la défense caennaise est à la rue. Le Gouff' lance une première fois l'ancien Mancunien vers les cages de Thébaux, c'est presque parfait, mais la frappe de Bellion, elle, n'est pas cadrée. Et puis deux minutes, plus tard, c'est le drame. Touche bordelaise, tête catastrophique plein axe de Seube, récupération de Bellion, trois défenseurs se précipitent (Wagué, Leca et Vandam, pour ne pas les citer), oubliant complètement Gouffran, idéalement servi et impeccable au moment d'envoyer une frappe tendue dans le petit filet. 1-0, quoi de plus logique ?

Pendant quelques minutes, on a imaginé que l'ouverture du score girondine allait au moins provoquer une certaine réaction d'orgueil chez les Francky Boyz, comme à Ajaccio. Peau de balle, finalement. Caen n'y était tout simplement pas. Gouffran est tout près de planter son deuxième doublé de la saison au terme d'une course folle et d'une frappe bien détournée par Thébaux. On s'emmerde toujours autant, parce que Caen joue de plus en plus mal, et Bordeaux a toutes les peines du monde à asseoir et concrétiser sa domination. Sans compter que Modeste est rentré...

Bon, là, encore une fois, je suis bien emmerdé, parce que j'avais prévu un petit passage de 1 000 caractères moquant allègrement Anthony Modeste, le Moussilou bordelais. Tu parles, il a fallu que Wagué vienne tout foutre en l'air. Un ballon anodin, un contrôle lamentable, et voilà Modeste qui chope le cuir gaiement et qui s'en va placer un plat du pied à la Henry pour doubler la mise, hop, 2-0. Heureusement, Modeste a profité des dix minutes restantes pour démontrer son réel potentiel, notamment en restant en position de hors-jeu du début à la fin d'une action des plus dangereuses, à la conclusion de laquelle Saivet finit par marquer avant de voir son but être refusé pour une position illicite de l'autre blaireau. J'vous jure, le jour où Maazou et Modeste vont fusionner, il risque d'arriver quelques bricoles à la Ligue 1, c'est moi qui vous le dis.

Quel ennui, mes amis ! Caen a donc retrouvé son statut de briseur de mauvaises séries - pour le plus grand plaisir de Bordelais qu'on n'a jamais vus si faibles depuis quelques années. Doit-on s'inquiéter pour le Stade Malherbe, alors ? Difficile à dire... Un non-match comme celui face à Bordeaux n'apporte finalement que très peu d'enseignements exploitables pour la suite. À la rigueur, on a eu la confirmation que cette équipe n'avait pas de leader, que personne sur le pré n'était capable d'entraîner ses petits camarades sur un élan positif. Caen reste 10e, et les autres candidats au maintien rivalisent d'imagination au concours de l'irrégularité. Mais il va falloir que les Boyz montrent d'autres arguments face à l'OM, avide de poursuivre sa bonne série actuelle. Plus qu'un résultat, on attend des Caennais qu'ils retrouvent un peu de volonté et de rage...

"INSTANTANÉMENT COMME ÇA / REPRENDRE DE VOLÉE D'AUSSI LOIN / COMME ELLE VIENT"

Bande-son du jour : J'arrive, de Joey Starr, sur le disque Gare au Jaguar.

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Les notes :

Cette semaine, les totems chez les scouts de nos amis caennais :

Thébaux [5] : Tigre furieux.

Vandam [3] : Cygne coulant.

Raineau [2] : Renard obèse.

Leca [5] : Grizzly narcoleptique.

Wagué [5] : Orque myope.

Seube [5] : Babouin aveugle.

Nivet [2] : Chat aplati (sur la route).

Frau [2] : Limace rabougrie.

Hamouma [3] : Hibou filou.

Bulot [3] : Marcassin flamboyant.

Niang [2] : Panda mutant.

Deroin [1] : Canari fleuri.

Nangis [3] : Hippocampe pané.

Traoré [4] : Lion super aigri.

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Tous les scores :

Nancy 1-2 Dijon

Bordeaux 2-0

Marseille 3-0 Paris SG

Sochaux 1-3 Montpellier

Rennes 3-2 Évian TG

Saint-Étienne 3-1 Ajaccio

Toulouse 2-0 Valenciennes

Lille 2-0 Brest

Lorient 1-0 Nice

Auxerre 0-3 Lyon

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Le classement :

1. Montpellier 33 pts (+15)
2. Paris SG 30 pts (+11)
3. Lille 28 pts (+11)
4. Rennes 28 pts (+8)
5. Lyon 26 pts (+8)
6. Toulouse 26 pts (+3)
7. Lorient 23 pts (+3)
8. Saint-Étienne 23 pts (0)
9. Marseille 21 pts (+5)
10. Caen 19 pts (-1)
11. Sochaux 17 pts (-9)
12. Dijon 17 pts (-12)
13. Évian TG 16 pts (-3)
14. Bordeaux 16 pts (-4)
15. Brest 15 pts (-1)
16. Auxerre 15 pts (-3)
17. Valenciennes 14 pts (-2)
18. Nancy 14 pts (-6)
19. Nice 11 pts (-5)
20. Ajaccio 8 pts (-18)

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Du côté du Facebook de Malherbe's Poetry :

Arsène : "Je ne sais pas ce qui est le plus dur: se dire que c'est la première victoire de Bordeaux chez eux ou s'être pris un but par Modeste."

Florian : "Faut pas être alarmiste non plus. Sur les 3 derniers matchs on prend 4 points sur 9 possibles. Il en reste 12 jusqu'à la trêve. Si on en prend 6 on n'est pas mal."

Simon : "Franckie a perdu un pari pour nous infliger les pré-retraités Nivet et Deroin ?"

Ludovic : "Ouf ! Enfin on relance une équipe en difficulté ! L'espace d'un mois ou deux j'ai crut qu'on était entrain de détruire tout ce qu'on c’était cassé le cul a forger l'an dernier et les années auparavant."

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1 commentaire
 
  • JalovesbigTits
    01/12/2011 à 09:35
    + -
     
    Gouffran est en passe de faire mieux en 3 mois qu'en 3 ans de présence au club...il était temps!