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Connaissez-vous beaucoup de clubs de foot dont le nom est celui d’un poète ? Fidèle abonné au Stade d’Ornano (tribune Centre, rang I, siège 166), qui a vu l’épanouissement de William Gallas et la chute de Dangbeto et a vénéré Xavier "le routard" Gravelaine, Arsenic écrit pour vous démontrer que ce nom ne doit rien au hasard. Malherbe qui joue, c’est peut-être pas du Baudelaire, et ça rime pas toujours, mais c’est toujours rock’n’roll.

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Pourquoi Caen ? Parce que l’Equipe de France

17 novembre 2008 à 17:57 Pourquoi Caen ? Parce que l’Equipe de France

Plus de quinze ans qu’on attendait ça. Depuis Fabrice Divert et le grand Xav. Divert a porté trois fois le maillot tricolore (pour un but) et Gravelaine quatre fois. C’était la grande époque, celle de Venoix, des tribunes sans sièges, un peu avant l’épopée européenne d’au moins un match, aller-retour, déconnez pas. Contre Saragosse, même qu’on a paumé parce que l’arbitre était acheté et aviné (authentique, mais on a jamais eu les preuves en main, on cherche encore). L’époque des bons vieux maillots floqués Elle et Vire. L’époque où le logo de Malherbe ne ressemblait pas encore au logo Pepsi. L’époque où Lyon faisait encore marrer tout le monde.

Savigoal en Equipe de France, ça a tout d’une évidence. Pas vraiment au vu de la politique de jeunisme de Ray Dom pour préparer la prochaine Coupe du Monde et les trois qui suivent. Non, plutôt parce que Savidan incarne tout ce qui manque à l’équipe de France. Un jeu de tête, déjà, enfin à peu près.

De l’humilité surtout. A la conférence de presse qui a suivi l’officialisation de sa sélection dans le groupe qui allait affronter l’Uruguay, Steve s’est un peu exaspéré quand on a lui reparlé de ce choix étrange de s’exiler à Caen alors qu’il pouvait viser mieux. Le fourbe a répondu : « Pourquoi Caen ? Parce que peut-être l’Equipe de France ». Flagorneur.

Rennes a Pagis, ce génie, ce héros qui aurait mérité une carrière à la Canto. Et nous, on a Savidan, un bosseur (le premier qui me dit « Travailler plus pour gagner plus » ramasse ma main dans la gueule), investi dans l’encadrement des minots qui lui servent de compères en attaque (comme Toudic ce week-end), un type dont Valenciennes se rend compte sûrement un peu trop tard qu’il peut porter une équipe à bout de bras.

Et puis Savidan n’est pas vraiment le genre de type qui flanche sous la pression. D’ailleurs, quand on lui a demandé comment il se sentait à l’aube de sa première sélection, Steve a rappelé qu’avant l’Uruguay, il y avait Nancy et que c’était un match important. Ok, c’est un brun moins exotique, encore que, le coach de Nancy, il s’appelle Pablo Correa et il est uruguayen.

Et Steve a tenu parole, comme d’hab. Sur une passe assez improbable de Juju Toudic, taclée et en profondeur, Savigoal se barre dans le dos de la défense et ajuste d’une pichenette un Bracigliano un peu pressé de se coucher. Bon, d’accord, Boucansaud (rien que le nom fait rire) s’est empressé de sauver les affaires nancéennes, d’une tête croisée vraiment pas maline dans ses propres filets. Au moins, pour le prochain match, il retournera sur le banc fissa, Malherbe n’a plus vraiment le temps pour ces conneries, parce que merde, Nancy aurait pu passer huit jours sur le pré sans cadrer une frappe.

Y a plus qu’à prier pour que le Dom ne s’arrange pour faire de la carrière internationale de Savigoal un truc à la Jurietti. Savidan ne mérite pas ça. Savidan mérite de claquer un doublé, ça offrira l’occasion aux journalistes de revenir sur les années difficiles de notre-attaquant-à-nous-qu’il-est-beau, du temps où il était éboueur. Un personnage de Zola, je vous dis.

Savidan en équipe de France, Noir Dez est au taf, y a pas à dire, c’était une chouette semaine.






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