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Connaissez-vous beaucoup de clubs de foot dont le nom est celui d'un poète ? Fidèle abonné au Stade d'Ornano (tribune Centre, rang I, siège 166), qui a vu l'épanouissement de William Gallas et la chute de Dangbeto et a vénéré Xavier "le routard" Gravelaine, Arsenic écrit pour vous démontrer que ce nom ne doit rien au hasard. Malherbe qui joue, c'est peut-être pas du Baudelaire, et ça rime pas toujours, mais c'est toujours rock'n'roll.

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On ira cracher nos souhaits...

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26/10/2009

STADE MALHERBE DE CAEN -; SCO ANGERS : 2-1

Arbitre : M. Schneider

Buteurs : Nivet et Traoré pour Caen, Modeste pour Angers

Spectateurs... : 12 512

... rassasiés par le spectacle ? : 3/5

L'homme du match : Benji Nivet, évidemment. Jean-Louis Garcia, entraîneur d'Angers : « On se demande un peu ce qu'un joueur comme ça fait en Ligue 2 ».

L'anti-homme du match : Youssef Adnane. On imagine qu'il avait très envie de prouver à Malherbe à quel point on avait pu se tromper. Pari réussi : les gars, il avait un fort potentiel comique, ce p'tit gars. Sinon, pour le football, non, non, c'est pas ça.

Le geste du match : l'intelligence de Nivet et de Langil sur le deuxième but caennais. Brillant.

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Des chiffres se dégage une implacabilité qui rend leur expression et leur signification indiscutable. A la poésie de l'incertitude et du doute, Malherbe a préféré l'efficacité clinique et glaciale, rimant avec le besoin essentiel d' « engranger des points, encore et encore » prôné par Dumas. Parce que le SM Caen n'a pas temps à perdre. Parce que si les joueurs ont perdu une saison, il ne tient qu'à eux de ne pas la gâcher.

5 points d'avance sur le deuxième. 8 sur le troisième. 9 sur le quatrième. 27 points pris sur 33 possibles. Deuxième meilleure attaque, meilleure défense, meilleure différence de buts. Tous les voyants sont au vert. Dans les tribunes du Stade Michel d'Ornano, on ne sait même plus trop de quoi parler. Le kop du MNK 96 semble s'être un peu regarni. L'infirmerie, quant à elle, se vide petit à petit. Finalement, cette saison en Ligue 2 ressemble davantage à l'autoroute du soleil, lisse comme du billard, monotone, et pour tout dire, plutôt reposante. Bref, on est à mille lieues des chemins de terre détournés et rocailleux sur lesquels Francky Dumas tentait de manœuvrer son tout-terrain l'an passé. N'allez pas croire que les adversaires du Stade Malherbe n'offrent aucun véritable challenge. En toute sincérité, aucun pour l'instant ne nous a donné de véritables raisons de nous marrer. Cette équipe d'Angers sans doute encore moins que les autres. Mais les Francky Boys en imposent. Portés par une force de caractère venue d'on-ne-sait-où, sûrs de leur supériorité, ils déroulent, sans s'affoler.

Evidemment, l'image du club romantique et rock'n'roll capable du meilleur comme du pire est légèrement écornée. On en serait presque malheureux, d'ailleurs. Mais bon, à force d'hurler à la lune à chaque fois que notre moral en caoutchouc nous coûtait des points précieux les saisons passées, on ne va pas non plus se plaindre de voir un Malherbe taille patron se goinfrer, dans la sérénité, des équipes aux genoux qui claquent.

Et si les Francky Boys sont aussi forts et autant en avance après un gros quart de championnat, c'est avant tout parce qu'ils sont capables de mettre en scène et d'imposer, à leur rythme, leur indéniable supériorité technique et collective. Caen se sait costaud et prend le temps d'en convaincre l'adversaire avant de sévir et de prendre les commandes au tableau d'affichage. Face aux velléités osées d'un Angers effronté, les Normands font bloc, soignent la relance et ralentissent le jeu pour rafraîchir l'atmosphère. Et lorsqu'Angers fait feu de tout bois en fin de match en jetant ses dernières forces dans la bataille, plutôt que de se barricader devant son but, Malherbe fait reculer l'adversaire. Dans la façon dont les Francky Boys dictent le tempo des matches, dans leur sérénité, et dans la variété de l'animation offensive, il y a quelque chose d'inédit et de particulièrement impressionnant. Même en Ligue 2. On craignait un peu qu'une saison en Ligue 2 oblige les Caennais à pratiquer un football en-dessous de leurs moyens, pour se mettre au diapason d'un championnat rugueux et pas vraiment habitué à servir de théâtre aux équipes à l'aise techniquement. En vérité, Malherbe n'a pas travesti son jeu et en profite plutôt pour réviser ses gammes.

Dès le début de la rencontre, on sent que Malherbe est encore décidé à jouer les gros bras et à racketter un petit con en pleine crise d'ado décidé à résister aux cadors du championnat. Mais même en jouant les durs, on ne peut pas ne pas être attendris par l'énergie déployée sans économie par des Angevins qui jouent sans complexe. Et puis à Angers, il y a Anthony Modeste, dont on se demande vraiment ce qu'il fout là, International Espoir prêté par Nice (comme si Nice n'en avait pas besoin). Un type survolté, même si c'est sur courant alternatif, capable de foutre le boxon en une accélération et de semer le doute à chaque prise de balle. En attaque, associé à Adnane, il a d'autant plus l'occasion de briller que l'ex-caennais a foiré tout ce qu'il a entrepris.

Malherbe s'emploie donc à calmer les ardeurs angevines jusqu'à sortir le glaive. Et pour la cinquième fois de la saison, les Francky Boys claquent sur corner. S'il fallait encore une preuve que cette équipe a changé. Jean-Louis Garcia, l'entraîneur d'Angers, disait se méfier de Benji Nivet et avait chargé son plus grand défenseur de tenir le numéro 10 caennais. Peine perdue. Proment tire son corner à la perfection, Nivet bien lancé et en pleine extension catapulte le cuir au fond des filets. 1-0.

Il est temps de dire la vérité sur Nivet et d'expier notre faute. Pendant un temps nous avions douté. Oui. Au cours de la première saison de Benji sous les couleurs caennaises, nous n'avions d'yeux que pour Yo Gouffran, et Benji n'avait pas plus brillé que cela. Toujours juste et dans le bon tempo, il n'était en revanche que très rarement décisif et devait compenser une stratégie hyper-offensive en déployant de gros efforts défensifs. Et puis l'an dernier, il a commencé à répandre la bonne parole footballistique, en maître du jeu qu'il était devenu. Cette année, il ne fait plus aucun doute que Nivet est tout simplement le meilleur joueur du championnat, doué d'une qualité de passe rare, d'une faculté d'élimination à l'arrêt digne d'un grand et surtout, surtout, du plus inutile et du plus important, d'une grâce indéniable, alliant l'élégance du geste et l'acharnement besogneux du joueur qui n'a pas eu la carrière qu'il méritait et qui n'en veut à personne pour cela. Sans armes, ni haine, ni violence, Nivet.

La réaction angevine, dans la foulée de l'ouverture du score, ne semble pas beaucoup perturber l'optimisme normand. Quand Djellabi accélère et sert impeccablement Modeste qui voit sa déviation filer entre les jambes d'un Thébaux pas verni (1-1), le public ne s'affole pas outre-mesure, et les joueurs affichent à peine une pointe d'agacement. Avant de se remettre la machine en branle et de reprendre l'avantage vite fait bien fait. Nivet délivre une passe de génie à Langil on fire, qui s'approche des cages et attend le dernier moment pour glisser le ballon à Traoré qui accompagne le ballon derrière la ligne d'un tacle engagé.

Caen gère la seconde période, face à une équipe angevine plus accrocheuse que prévu, qui aura vraiment tout tenté pour déstabiliser les Francky Boys mais qui se sera heurtée à une défense solide, à un gardien en confiance depuis le début de la saison, ou à la barre, dans le cas d'Auriac, à l'heure de jeu. De leur côté, les Boys ont également touché le bois, encore par Nivet, toujours sur corner, dont la tête piquée rebondit sur le sol pour mieux cogner la transversale. Finalement, c'est Toudic qui a eu la balle de match au bout du crâne suite à un centre de Langil que le petit 14 caennais propulse au ras du montant. T'as raison, mec, garde des cartouches pour Vannes.

2-1, score final. Un succès sans but du K.O., mais en avait-on vraiment besoin ? Malherbe ne fut pas vraiment inquiété outre mesure dans les ultimes instants du jeu. Bon, sinon, ça commence à bien faire toutes ces victoires acquises sans coups du sort, sans crasses du destin. Pour un peu, on trouverait ça presque trop facile. Toujours est-il que les Caennais accumulent les points d'avance, journée après journée, c'est toujours autant de jokers à gaspiller le moment venu. Et ce moment viendra forcément. D'ici là, continuons de profiter de ce scénario si merveilleux qu'on n'aurait même pas osé le souhaiter.

INSTANTANEMENT COMME CA / REPRENDRE DE VOLEE D'AUSSI LOIN / COMME ELLE VIENT

La bande-son : Je tuerai la pianiste, d'Alain Bashung, sur le disque Bleu Pétrole

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LES NOTES

Thébaux [7] : Certes, il prend un but un peu con, subissant un petit pont assez douloureux. Mais il réussit en seconde période le plus bel arrêt de l'histoire de d'Ornano, sur une centre-tir puissant qu'il bloque après s'être détendu à l'horizontale. Prends ça, Philippe Montanier.

Barzola [6,5] : Débordant d'activité, de plus en plus sûr à la récupération, il est quand même assez largué sur l'égalisation angevine.

Sorbon [6] : Serein, solide, sa complémentarité avec Heurtaux promet beaucoup.

Heurtaux [6] : Serein, solide, sa complémentarité avec Sorbon promet beaucoup. Il aurait quand même pu empêcher Djellabi de centrer.

Tafforeau [4] : Le mec qui est capable de foutre tout le moral de l'équipe dans un sac. Pas sûr pour un sou, maladroit dans ses transmissions et en retard sur Modeste sur le but. Prends ça Bernard Mendy.

Proment [7] : La classe ultime, du début à la fin. Passeur décisif sur corner, passeur d'exception le reste du temps. Caen allait très bien sans lui. Caen ne peut qu'aller mieux avec lui.

Seube [6,5] : Entre Proment et Nivet, forcément, difficile de se faire remarquer. Alors Dumas l'a replacé arrière gauche où il a bloqué l'aile jusqu'au terme de la rencontre. Tout en biceps et pectoraux.

Nivet [7,5] : 11 matches, 4 buts, 4 passes décisives. Encore un pion et une transversale vendredi dernier, plus une passe géniale qui amène le dernier but. Prends ça, Stéphane Dedebant !

Langil [6,5] : Précieux pour ses accélérations, vital pour ses appels, essentiel pour ses prises de risque. Et il commence à faire marquer Traoré, alors que même Nivet n'y arrive pas.

Eluchans [4] : Elu est repassé en mode fantôme. Et lent.

Traoré [6,5] : Comment pourrir la vie de deux défenseurs qui n'ont rien demandé ? Appelez Kandia. A l'occasion, il n'hésitera pas à marquer un but bien crade pour se remonter le moral.

Leca [4,5] : L'épouvantable épouvantail. Franchement, il doit être super pote avec Dumas pour que Francky hésite entre lui et Heurtaux en défense centrale.

El Arabi [15] : Débordant de promesses, le minot.

Toudic [0] : Juju, bon sang, comment tu peux la rater cette tête ?

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TOUS LES SCORES :

Laval 0 - 1 Arles

Nîmes 3 - 0 Sedan

Metz 2 - 0 Guingamp

Bastia 1 - 1 Le Havre

Vannes 1 - 2 Clermont

Istres 0 - 2 AC Ajaccio

Caen 2 - 1 Angers

Dijon 1 - 2 Nantes

Brest 1 - 1 Strasbourg

Tours 2 - 2 Châteauroux

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LE CLASSEMENT :

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1. Caen 27 pts (+10)
2. Nantes 22 pts (+9)
3. Arles 19 pts (+2)
4. Le Havre 18 pts (0)
5. Brest 16 pts (+3)
6. Laval 16 pts (+2)
7. Châteauroux 16 pts (+2)
8. Nîmes 16 pts (+1)
9. Metz 16 pts (0)
10. Tours 15 pts (+3)
11. Ajaccio 13 pts (+3)
12. Angers 13 pts (-1)
13. Vannes 13 pts (-3)
14. Clermont 12 pts (-2)
15. Dijon 11 pts (-4)
16. Guingamp 11 pts (-4)
17. Sedan 10 pts (-6)
18. Istres 10 pts (-8)
19. Strasbourg 9 pts (-5)
20. Bastia 6 pts (-2)