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Connaissez-vous beaucoup de clubs de foot dont le nom est celui d'un poète ? Fidèle abonné au Stade d'Ornano (tribune Centre, rang I, siège 166), qui a vu l'épanouissement de William Gallas et la chute de Dangbeto et a vénéré Xavier "le routard" Gravelaine, Arsenic écrit pour vous démontrer que ce nom ne doit rien au hasard. Malherbe qui joue, c'est peut-être pas du Baudelaire, et ça rime pas toujours, mais c'est toujours rock'n'roll.

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Les 50 meilleurs joueurs de Malherbe - 5e

Les 50 meilleurs joueurs de Malherbe - 5e
16/01/2013

Voici donc la suite de la sélection des 50 meilleurs joueurs de l'histoire professionnelle de Malherbe's Poetry, du début de l'ère professionnelle à nos jours, via ce classement plein d'amour, de mauvaise foi, de grâce et de poésie. À la caennaise. Nous entrons dans le TOP 5. Aujourd'hui, voyons qui se classe à la 5e place.

5. Yoan Gouffran

Au Stade Malherbe entre 2003 et 2008, 122 matches joués, 34 buts inscrits.



Repéré alors qu'il évoluait encore au Red Star et qu'il disputait un match à Clairefontaine avec une sélection de jeunes talents franciliens, Yoan Gouffran intègre le centre de formation du Stade Malherbe en 2002, alors qu'il n'est âgé que de 15 ans. S'il intègre le groupe professionnel sous les ordres de Patrick Remy et qu'il dispute ses premiers matches lors de la saison 2003-04, il faudra attendre la saison 2005-06 et la relégation en Ligue 2 pour prendre conscience du potentiel de ce phénomène qui portera pendant deux saisons au moins l'attaque du SMC à bout de bras. Vif et technique, et surtout d'une rare élégance dans ses déplacements pour un joueur de cette morphologie, Yoan Gouffran séduit immédiatement les supporteurs. Jamais le centre de formation caennais, à vrai dire, n'avait sorti un attaquant doté d'un tel potentiel. Attaquant de formation, il est tout d'abord utilisé sur l'aile droite (permettant à Deroin de garder sa position préférentielle dans l'axe) avant d'être appelé en renfort d'un pivot ou même seul en pointe. International espoir, après avoir remporté l'Euro U19 en plantant notamment un caramel en finale, il prend enfin la mesure de son talent lors de la saison 2006-07. Gouffran, qui a inscrit 8 buts la saison précédente, se montre de plus en plus décisif. Les observateurs sont unanimes et sacrément enthousiastes, en même temps que les récompenses individuelles tombent : meilleur buteur du club avec 15 perles enfilées, 3 fois élus Joueur du Mois en L2, et surtout, trophée UNFP du Meilleur Joueur du championnat. À 21 ans.

Yoan Gouffran n'est pas qu'un formidable footballeur, il est aussi le premier garçon à pouvoir symboliser, auprès des plus jeunes supporteurs du SMC, l'éclat et le talent des générations 86-87 jusque dans un club comme le nôtre. Il est ce gamin en lequel il est si facile de s'identifier et pour lequel on se prend instinctivement d'affection, parce qu'il fait triompher le club, bien sûr, mais aussi parce qu'on espère le meilleur pour lui et le voir briller dans un club plus prestigieux. Yoan Gouffran est sans nul doute le joueur qui incarne le mieux la "2e grande période" du SMC en Ligue 1 (après la période du début des 90's), en même temps la vedette de l'équipe quand elle réalisa sa saison la plus spectaculaire de son histoire (2007-08), pas tant au niveau du classement final (même si elle termina la saison 11e en tant que promue) mais plus encore sur le plan des émotions et des avalanches de buts dont on a pu profiter cette année-là.



Son talent aurait pu s'étioler en Ligue 1, mais il n'en est rien, bien au contraire. Visiblement couvé par Franck Dumas, qui sait comment gérer ses jeunes pépites, le garçon ne cesse de progresser, gagne en temporisation dans le jeu, se montre impressionnant dans le jeu de tête, et surtout, apprend à mettre en lumière ses partenaires. On retient également sa faculté exceptionnelle de conservation du ballon (ne perdant parfois pas plus de deux ou trois ballons par rencontre, stat invraisemblable pour un attaquant). Pour sa première saison en Ligue 1, il plante ainsi 10 dix buts, mais n'oublie pas de distribuer 6 passes décisives. Salué pour sa palette technique complète et son excellent comportement, Gouff' a également planté des buts assez fabuleux : un cachou mémorable des 25 mètres contre Strasbourg, une tête à la conclusion d'un mouvement d'anthologie et d'une passe décisive en retourné acrobatique de Compan, un lob racé des 20 mètres contre Créteil, une tête plongeante désarticulée contre Amiens, un enchaînement fabuleux contre Bastia, avec dribble derrière le pied d'appui et parabole enroulée qui tombe dans la lucarne, depuis l'angle de la surface, qui reste sa plus belle réalisation, à égalité avec cette Madjer lors de la dernière journée, contre Reims. Mais le plus mémorable ouvrage de Yoan Gouffran, c'est le 3e but inscrit face au Paris SG, en 2008, club pour lequel il avait failli s'engager l'hiver précédent avant de se raviser au dernier moment. Personne n'a oublié cet instant magique, alors que tout le stade s'était levé dès qu'il avait vu son prodige s'enfuir dans le dos de la défense, contourner Landreau avant de redresser la course du ballon dans un angle impossible et d'aller chambrer le public parisien bouillonnant de rage dans son virage. Ce jour-là, pendant presque dix minutes interrompues, comme six mois plus tôt contre Strasbourg alors que le joueur semblait prendre le chemin de la capitale, ce jour-là, disais-je, 20 000 personnes scandèrent le nom de Yoan Gouffran. Aucun autre joueur n'eut droit au même hommage au stade Michel d'Ornano.

Après cinq passés au club dont il aura porté le numéro 17 puis le numéro 10, il signe à Bordeaux, mais ne cesse pas pour autant d'être un type qu'on adore. Quand il revient à d'Ornano, en clôture de la saison suivante, il est de nouveau ovationné par tout un stade qu'il vient pourtant de réexpédier en Ligue 2 d'une jolie tête, en même temps qu'il offrait le titre aux Girondins.

Après le coup de sifflet final, alors que tous ses partenaires communient dans le virage avec les supporteurs, Gouffran ne fête pas son premier titre national. L'air aussi hagard que ses anciens coéquipiers, il s'approche d'eux, les uns après les autres, les aide à se relever et les réconforte. Rarement d'Ornano aura été le théâtre d'images si fortes et si émouvantes.



Gouffran n'aura peut-être pas la carrière qu'on escomptait pour lui. Tant pis. Il reste l'un des joueurs les plus talentueux qui aient porté le maillot caennais, un joueur emblématique pour toute une génération de supporteurs, un joueur qui aura donné au stade Michel d'Ornano une collection d'instants extraordinaires.

Une vidéo de ses premiers buts avec le SMC :




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