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Connaissez-vous beaucoup de clubs de foot dont le nom est celui d'un poète ? Fidèle abonné au Stade d'Ornano (tribune Centre, rang I, siège 166), qui a vu l'épanouissement de William Gallas et la chute de Dangbeto et a vénéré Xavier "le routard" Gravelaine, Arsenic écrit pour vous démontrer que ce nom ne doit rien au hasard. Malherbe qui joue, c'est peut-être pas du Baudelaire, et ça rime pas toujours, mais c'est toujours rock'n'roll.

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Les 50 meilleurs joueurs de Malherbe - 20 à 16

Les 50 meilleurs joueurs de Malherbe - 20 à 16
21/11/2012

Le mois dernier est paru le numéro 100 du magazine SoFoot, et sur le dotcom de SoFoot, notre classement des 100 meilleurs joueurs de l'Histoire. Oui, tout simplement. C'est pourquoi Malherbe's Poetry s'est dit que le moment était venu de mettre les choses à plat et de vous faire vibrer un peu (et vous offrir un brin de nostalgie) en composant sa liste des 50 meilleurs joueurs du Stade Malherbe - si j'avais été jusqu'à 100, on aurait été obligés d'intégrer Seyni N'Diaye, et c'était pas possible. Voilà donc la sélection de Malherbe's Poetry, du début de l'ère professionnelle à nos jours, via ce classement plein d'amour, de mauvaise foi, de grâce et de poésie. À la caennaise. Aujourd'hui, voyons qui se classe entre la 20e et la 16e place.

20. Richard Dutruel

Au Stade Malherbe de 1993 à 1995, 68 matchs disputés. Gardien chevelu.



S'il ne devait en rester qu'un... Un seul gardien de but, un seul homme à la coupe héroïque, un seul être à la relance diabolique, un seul joueur de football à avoir porté les couleurs de Caen et du FC Barcelone, ce serait lui. Richard Dutruel. En fait, dans la vie, il y a deux genres de mecs : ceux qui ont vu Richard Dutruel sur un terrain de football, et les autres. Formé à Clairefontaine, achevé au Paris Saint-Germain, où il devint la doublure de Bernard Lama, Richard Dutruel rejoint le Stade Malherbe à l'été 93. Dès son arrivée, il s'installe dans les cages en lieu et place de Philippe Montanier, alors qu'il n'a qu'une dizaine de matchs pros dans les jambes. Autant de ne pas y aller par quatre chemins : Dutruel est arrivé au pire moment, alors que le Stade Malherbe commence à perdre de sa superbe et amorce sa chute depuis la première moitié de tableau jusqu'en D2 (16e en 93-94, 19e en 94-95). Le club ne se remet pas des départs de Dumas, de Gravelaine, de Calderon et de Paille. Malgré des débuts hésitants, le grand Richard fait rapidement belle impression. Sa stature, son placement, son autorité et ses cheveux en font un dernier rempart qui impressionne dès sa première saison en tant que titulaire au poste. Aussi à l'aise sur sa ligne, où il s'avère capable de parades spectaculaires, que dans les sorties, dans lesquelles il s'engage comme un moudjahidine se précipite à un feu d'artifice. Dutruel dans les cages, c'est beau, c'est racé, c'est Caennais. Après deux saisons à protéger la Normandie, Richard s'en retourne à Paris, parce qu'en D2, la mode est à la coupe en brosse. Lama est encore en place, et Vigo a besoin d'un portier : Richard file à l'espagnol, et devient l'un des meilleurs gardiens d'Europe. Le Celta est comblé pendant quatre saisons, jusqu'à ce que le Barça frappe à la porte. Malheureusement, la belle aventure tourne court : les débuts en Catalogne sont brillants, la suite beaucoup moins satisfaisante. Et puis, à l'époque, le Barça, c'est pas Messi, Iniesta, Puyol et Xavi, les mecs, hein, c'est Christanval, Rochemback et... ah si, y avait déjà Puyol et Xavi. Dutruel défend les cages de Rivaldo, Cocu, Kluivert et compagnie pendant quelques mois, avant de perdre peu à peu sa place. Fin de carrière à Alavès et Strasbourg. Mais si vous demandez à n'importe quel supporteur du Stade Malherbe né avant les années 90 qui fut le plus gardien du SMC, vous verrez, il pensera tout d'abord à ces cheveux dans le vent et cette carrure majestueuse. Si Borelli a sa tribune, Dutruel mérite son stade.

19. Jimmy Hébert

Au Stade Malherbe de 1996 à 2006, 321 matchs disputés, 23 buts marqués. Tour de contrôle et barman.



Dix ans. C'est le temps qu'a passé Jimmy Hébert à réguler le trafic au milieu de terrain. Aussi fidèle à son poste qu'un agent de la RATP. Seul joueur connu de mémoire d'homme à avoir eu droit à sa chanson perso dans le kop caennais, véritable chouchou de d'Ornano, capitaine exemplaire, véritable roc capable de te déménager ton armoire normande à la seule force de son index, Jimmy Hébert n'est sans doute pas le plus talentueux des joueurs de football qui ont évolué sous le maillot caennais, mais il est à coup sûr l'un des plus emblématiques. Jimmy, avec sa gueule à avoir tenu la basse de Black Sabbath, fut le plus fidèle et le plus loyal des combattants. Jimmy, quand tu le voyais poursuivre le meneur de jeu adverse à grandes enjambées et que tu fermais les yeux pour ne pas voir le malheureux se faire déchiqueter, tu te disais qu'il aurait eu sa place sur un champ de bataille de l'Antiquité, à faire tournoyer sa hache ou fouetter l'air de sa masse d'arme. Jimmy est l'un de nos derniers Héros. Formé à Dunkerque, où il fait connaissance avec la Ligue 2 dès l'âge de 17 ans (déjà, première stupeur : oui, Jimmy a eu 17 ans un jour, il n'est pas né de l'expérience insensée d'un scientifique allemand qui aurait fui au Venezuela pour préparer une armée super-soldats histoire de poser les bases du IVe Reich). Jimmy débarque à Caen en 1996, alors que le club vient de remonter dans l'élite, et découvre alors la première division. En 96, l'année de naissance du MNK, donc. Pas un hasard. Après une première saison en demi-teinte sur le plan collectif (Malherbe redescend direct en L2), Hébert prend ses aises. Il ne fait pas partie des meubles, il est tout le mobilier. Nombre de matchs disputés au cours des sept saisons suivantes : 40, 36, 37, 35, 34, 35, 35. Son premier match sous le maillot normand : le 24 août 96 contre Lyon. Sa plus belle saison : 1999-2000, en L2, il plante dix pions et termine meilleur buteur du club à égalité avec Horlaville, pardon messieurs-dames. Jimmy Hébert, c'était un rêve de footballeur, une formidable démonstration de ténacité, d'impact physique, un volume de jeu certes restreint mais au sein duquel les adversaires avaient tôt fait de planter une pancarte "Terrain miné". Jimmy mène ses troupes jusqu'à la renaissance, après les années noires (début 00's), retrouve la L1, s'invite au Stade de France sans avoir à payer sa place, pour disputer une finale de Coupe de la Ligue. Jimmy commence à avoir les genoux qui couinent. Déjà, en 2004-2005, il n'a disputé qu'une grosse vingtaine de rencontres. L'année d'après, il en dispute deux autres histoire de saluer la foule et range les crampons, sans regret, sans rancoeur. Jimmy Hébert a ensuite servi les demis et les cocas à la Casa, le bar coincé sous la structure bétonnée du stade. Pas son truc. En plus, il n'a jamais foutu de glaçons dans mon Coca Light. Mais je l'aime quand même.

18. Sébastien Mazure

Au Stade Malherbe de 2001 à 2005, puis de 2006 à 2009, 135 matchs disputés, 43 buts. Buteur en allumettes.



C'est quand même un peu con, que la carrière de footballeur professionnel de Sébastien Mazure se soit presque uniquement limitée au Stade Malherbe de Caen. La quinzaine de matches joués au Havre ne compte pas, la saison à Saint-Étienne n'a marqué les esprits de personne. Et pourtant, Seb Mazure est sans doute l'un des plus talentueux footballeurs qui aient joué en Rouge et Bleu ces dix dernières années. Formé au Havre, il s'engage à Caen à l'été 2001, juste avant que les deux tours ne se cassent la gueule. Véritable newbie à son arrivée au club, il ne lui faudra pourtant pas longtemps pour dévoiler un potentiel certain, en même temps qu'une propension difficilement contestable à se blesser. De deux choses l'une : soit l'infirmière du Stade Malherbe est une sacrée bonnasse, soit Seb Mazure était aussi doué balle au pied que pas du tout destiné à une carrière pro. Le fait qu'il n'ait pas été, comme la plupart des joueurs de sa génération, formé dans un club de formation, y est sans doute pour beaucoup. Peu importe : si les blessures ont sans doute gâché sa vie et anéanti ses légitimes promesses de faire une belle et longue carrière, elles ne nous ont pourtant pas empêché de devenir raides dingues de l'ami Seb. Après une première saison prometteuse, il se fait une place au sein de l'équipe-type dès sa seconde saison, plante 11 buts en 25 matches, dont 10 au cours des 15 dernières journées, qui permettent au SMC de passer de la 19e à la 6e place du classement. C'est déjà beaucoup, mais Seb est capable de beaucoup mieux. Même topo au cours de la saison suivante : blessé lors de la première partie de saison, Mazure empile les cacahouètes lors de la seconde, termine l'exercice avec 10 buts en 23 matchs et permet à Caen de passer en L1. Pas mal. Mais le meilleur est encore à venir. Tout autant que le pire se rapproche. La saison 2004-2005 est celle de la consécration. C'est SA saison. La seule de sa carrière au cours de laquelle il pourra disputer plus de 30 matchs... Résultat : Mazure claque 13 buts (dont 9 au cours des 15 dernières journées), termine 4e meilleur buteur de L1 (oui, c'était une autre époque, quand Paulenta finissait premier avec une quinzaine de cagettes), 2e meilleur joueur du championnat au classement des Étoiles du magazine France Football, et claque même un but malheureusement inutile en finale de la Coupe de la Ligue. Globalement, et comme pas mal de talents malherbistes, Mazure n'a pas eu la chance de voir ses talents valorisés par le SMC. Malgré l'excellente saison de son attaquant vedette, Caen se vautre dans la zone rouge lors de l'ultime journée, et malgré 3 pions signés Maz' lors des 4 derniers matchs. Marquer 13 buts à Caen, à l'époque, relevait pourtant de l'exploit, et Maz' était devenue une machine à profiter du moindre espace pour s'enfuir dans le dos de la défense. Son plus bel ouvrage reste son but face à Lyon, à l'époque ogre intouchable, et pourtant déjà victime préférée du SMC (victoire 1-0, but de Mazure). Après une saison aussi prometteuse, Maz' est rattrapé par la réalité: : il a des jambes en mousse. Son transfert à Sainté ne donne rien, sinon une nouvelle série de blessures et le regret de débarquer au moment où éclot le jeune Bafé Gomis. Mazure marque 2 buts, un en championnat, un autre en Coupe, et enchaîne les bouts de match. La déception est grande et mutuelle. Maz' retourne en Normandie. De nouveau titulaire, il semble en mesure de retrouver son meilleur niveau, jusqu'à ce que les blessures s'en mêlent de nouveau. 20 matches en 2006-07, 10 en 2007-08, 0 l'année suivante, où il ne court plus qu'en CFA. Mazure, c'est l'histoire du petit bonhomme en papier, qui a fait rêver une génération de supporteurs par des déplacements d'une rare intelligence et une adresse exceptionnelle devant les cages, mais qui se déchirait au moindre contact. Un grand monsieur. Qui aurait pu être immense.

17. Anthony Deroin

Au Stade Malherbe de 1997 à 2012, 406 matches joués, 38 buts inscrits.



On pourrait écrire un roman sur la relation qui a lié Anthony Titi "Le Président" Deroin au Stade Malherbe de Caen. Débarqué au SMC à 15 piges, il intègre l'équipe première en 97, l'équipe de France Espoir en 99. Mesurant 1m63 et pesant à peine plus de 60 kilos tout mouillé, Deroin fait partie de ses joueurs atypiques dont les qualités individuelles devaient compenser un impact physique, disons-le, carrément inexistant. Du moment à ses débuts. Ce n'est sans doute pas un hasard si la trajectoire du SMC fut parallèle à la carrière de l'homme qui a décidé d'y consacrer sa carrière. Utilisé comme ailier droit pour sa rapidité lors de ses premières saisons, Titi passe finalement dans l'axe. Sa faculté à accélérer les transmissions, à éliminer un joueur au moment le plus adéquat, à fédérer l'énergie de tout un effectif, crèvent rapidement les yeux. Deroin n'est pas que l'âme et le poumon du secteur offensif, il est aussi le symbole d'une équipe capable de se transformer, de muter, de s'aguerrir. Techniquement au-dessus du lot (un peu fâché avec les coups de pied arrêtés, pourtant, qu'il s'échinait à tirer pour des résultats qui laissaient souvent dubitatif), Deroin anime à lui seul un secteur de jeu en berne au début des années 00's. Il atteint son meilleur niveau en 2002-03, et c'est comme par hasard le moment que choisit le club pour se hisser sur le podium et retrouver enfin la L1. Ça tombe bien, ça commençait à le titiller doucement, Titi, de connaître l'élite. Titulaire indiscutable, joueur le plus souvent utilisé de l'effectif, il n'est pas souvent génial, mais son apport au collectif est d'une régularité sans faille. Un peu trop isolé dans l'entrejeu, il ne suffit pas à éviter la relégation immédiate. Autant revenir plus tard et mieux armé. En 2007, Titi et Malherbe retrouvent la L1. Le club recrute Nivet, qui vient compléter à la perfection, avec Deroin et Proment, un milieu de terrain qui fera des étincelles. La qualité de passes de Nivet associée à l'accélérateur de particules Titi envoient le SMC sur le sommet, 4e à la trêve, 11e en fin de parcours. Titi inscrit même ce qui restera comme son but le plus marquant, une reprise instantanée du plat du pied en pleine lucarne sur un centre de Lemaître, un soir de victoire tonitruante face au PSG (3-0). Titi a encore du jus, régale souvent la chique, mais peine un peu plus à enchaîner les rencontres et à passer entre les blessures. Lorsque Malherbe retrouve la L2 en 2009, Deroin voit sa parenthèse enchantée se refermer doucement. Il dispute des bouts de matchs pendant trois ans, avant de raccrocher les crampons. Voilà, on a tout dit de la carrière d'Anthony Deroin, mais pas grand chose de ce qu'il exprimait sur le rectangle vert. Imprévisible, malin, dribbleur, batailleur, parfois même génial, il était ce joueur qui pouvait te remettre une rencontre sur les bons rails en deux courses et trois coups de rein. De plus en plus teigneux au fil des ans, finalement capable de foutre par terre des défenseurs qui le dépassaient de deux têtes lors de ses dernières années au plus haut niveau, il a ingurgité sans moufter les moqueries dues à des périodes de doute prolongées pour revenir toujours plus fort. Tous ne comprendront pas à quel point Titi Deroin fut important, essentiel même, à la philosophie de jeu complètement barrée du SMC au milieu des années 00's, tout pour l'attaque, rien pour la défense. Sa capacité à provoquer, encore et encore, à insister sur un défenseur qu'il a senti un peu faiblard jusqu'à trouver la faille, une fois peut-être, mais pour donner un ballon décisif derrière, était une merveille. Ses prises de responsabilité et ses prises de risque dignes d'un chef silencieux, qui préférait guider par les gestes plutôt que par les mots. Titi Deroin mesurait 1m63, et il est pourtant un très grand joueur du SMC.

16. Benoît Cauet

Au Stade Malherbe de 1990 à 1994, 155 matchs disputés, 9 buts marqués. Milieu de terrain.



Question : qui fut élu meilleur joueur de l'Inter Milan en 1999, devant El Fenomeno Ronaldo ? Réponse : Benoît Cauet. Formé à Marseille où il ne fut que peu utilisé au cours des trois années qu'il y passa en pro, Cauet rejoint le SMC en 1990 et il y restera jusqu'en 1994. Soit la période la plus longue et la plus belle que le club passera en première division. Titulaire indiscutable dès son arrivée en Normandie, il trouve sa place au sein d'un milieu de terrain de rêve : Rio, Rix, Olsen, Cauet. Y a du sucré et du salé au menu. Le SMC est en pleine mutation : d'une équipe qui découvrait gentiment la D1 et faisait office de gentil candidat à la relégation, Malherbe se transforme en une formation joueuse, au style résolument offensif. C'est sans doute à cette époque qu'est né le romantisme du football caennais. Et Cauet n'y est pas étranger. Arborant une gueule de minot à jouer dans la Boom et une coupe de cheveux qui tombe sur les épaules, Cauet incarne la jeunesse et la fougue d'une équipe qui tient à se faire un nom. Quatre saisons jouées à Caen, 36 matchs par année en moyenne. Jamais blessé, jamais décevant, jamais pris en défaut, jamais montré du doigt, si ce n'est pour son talent, immense. Surdoué de la récupération et de la lecture du jeu, doué d'une technique sans faille et d'une qualité de passes irréprochable, Cauet survole les débats. Le SMC se classe 8e, puis 5e, malgré le départ de Rix. Cauet fait connaissance avec la Coupe d'Europe. Les deux saison suivantes sont un peu moins satisfaisantes sur le plan collectif (11e puis 16e), mais Cauet continue de progresser, à vitesse grand V. Il ira parfaite ses gammes à Nantes, puis à Paris, avant de s'exiler à l'Inter, où il disputera quatre saisons pleines et s'attirera les faveurs du public et de ses coéquipiers. Benoît Cauet n'a jamais disputé le moindre match en équipe de France, la faute aux succès de la bande à Jaquet, qui ne laissait pas beaucoup de place à la concurrence. Cauet s'en fout. Peu de joueurs auront connu une aussi belle carrière, aussi régulière, et aussi méritée.


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  • Message posté par jhusto le 27/11/2012 à 18:37
      

    Si Cauet est 16ème, j'attends avec impatience les 15 premiers...


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