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Connaissez-vous beaucoup de clubs de foot dont le nom est celui d'un poète ? Fidèle abonné au Stade d'Ornano (tribune Centre, rang I, siège 166), qui a vu l'épanouissement de William Gallas et la chute de Dangbeto et a vénéré Xavier "le routard" Gravelaine, Arsenic écrit pour vous démontrer que ce nom ne doit rien au hasard. Malherbe qui joue, c'est peut-être pas du Baudelaire, et ça rime pas toujours, mais c'est toujours rock'n'roll.

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Le Stade Malherbe a déjà perdu

Le Stade Malherbe a déjà perdu
14/02

Ce samedi, contre Lille, le Stade Malherbe abordera le dernier tiers de la saison 2016-17. Pour l'heure, la formation de Patrice Garande occupe la 18e place du classement, et n'a plus quitté les 5 dernières places depuis la 9e journée, mi-octobre. Dans ce championnat si homogène qu'on répète souvent qu'enchaîner deux ou trois bons résultats suffit à réintégrer la première partie de classement, stagner aussi longtemps entre la 15e et la 18e place n'a rien d'anodin. Vous voulez qu'on continue avec les statistiques qui font peur ? Malherbe n'a remporté que 4 matchs au cours des 16 dernières journées de championnat. Ça ne suffit pas ? Le SMC présente la 17e pire défense du championnat, la 13e attaque et la 19e différence de buts. Voilà, normalement, là, vous êtes en PLS, et vous envisagez le pire pour la fin de saison. Comment vous donner tort ?

On ne prend tellement plus de plaisir en tribune qu'on va finir par simuler...

Le pire dans tout cela, c'est que les chiffres ne parviennent même pas à traduire la plus grande source d'inquiétude des supporters caennais : nous sommes à mi-février, et Malherbe n'a pas davantage de certitudes aujourd'hui qu'au mois d'août. Après 24 rencontres disputées (et 13 défaites), on a le sentiment d'être toujours à notre point de départ. Aucune solution n'a été apportée à la faiblesse défensive chronique qui s'est encore révélée la semaine passée, à travers deux défaites contre Bordeaux (0-4) et à Dijon (2-0). Six buts encaissés, zéro inscrit. Même confronté aux plus modestes formations, le SMC est susceptible de prendre l'eau de toutes parts : on a perdu à Angers, on a perdu deux fois en quelques jours à Nancy, on a laissé Dijon nous remonter 2 buts à domicile, on a fait un triste 1-1 à Bastia...

Combien de matchs réellement aboutis le Stade Malherbe a-t-il accompli depuis le début de saison ? Très peu. Tellement peu. La victoire contre Bastia, en tout début d'exercice, le 3-0 cinglant infligé à Metz, et les deux succès méritants obtenus à domicile contre Nice et Lyon, lesquels n'ont même pas eu le mérite d'enclencher une bonne dynamique... Et c'est tout. Si on jette un œil dans le rétro, on se rappelle que les victoires face à Lorient (1ère journée) et Toulouse (8e journée) sont le fruit de coups du sort assez incroyables (expulsions et frappes répétées sur les montants). D'ailleurs, même Nice et Lyon ont tiré sur les poteaux et auraient pu égaliser sans que ce soit illogique. Bref, Malherbe n'est jamais convaincant, jamais hors d'atteinte, jamais souverain... Jamais à la hauteur de nos espérances, enfin.



Tout ça pour rien.

La saison dernière n'aura donc servi à rien. Cette admirable 7e place n'aura eu aucun effet positif pour la suite, et le club n'en est finalement pas sorti plus fort. C'est presque invraisemblable, de l'écrire ainsi, et c'est pourtant vrai. Bien au contraire, d'ailleurs : Patrice Garande a perdu deux de ses meilleurs joueurs, et les sommes perçues sur les ventes d'Appiah, de Delort, et sur les reventes de Kanté et Guerreiro... n'ont pas été réinvesties. L'effectif, somme toute assez vieillissant, n'a pas été rajeuni. On a attendu, on a espéré, on a croisé les doigts lors du mercato hivernal... mais non. Rien. Ou si peu.

Aujourd'hui, pour la première fois depuis qu'il est assis sur le banc caennais, Patrice Garande semble à cours de solutions. Il ne parvient pas à résoudre les problèmes défensifs et s'entête à maintenir un schéma à 5 défenseurs qui n'a jamais fait preuve de solidité cette saison ; il cherche encore les joueurs sur lesquels s'appuyer pour initier un esprit de révolte dans le groupe, et se morfond la plupart du temps sur son banc, désolé de voir ses troupes commettre systématiquement les mêmes erreurs. Et à la fin du match, si Malherbe gagne, il se réjouit du bon comportement de ses ouailles, et si Malherbe perd, il dit son incompréhension devant le comportement de son équipe qui n'était pas à la hauteur de ce qu'elle a précédemment montré. Sauf que le football n'est pas seulement affaire de comportement : il ne suffit pas de mouiller le maillot pour gagner. Cette équipe manque cruellement de talent. D'un projet de jeu lisible et fédérateur.

Il reste 14 journées au Stade Malherbe pour se sauver. Au cours des prochaines journées, les Caennais défieront le LOSC, classé 17e, puis Nancy, 15e. Et comme d'habitude, il est impossible de dire quel visage révéleront les joueurs normands lors ces deux confrontations. Ils n'ont pas souvent offert de raisons d'être optimiste cette saison. Si on se penche sur l'effectif, on peine à identifier des valeurs sûres sur lesquelles construire une opération commando avec objectif de se maintenir à tout prix : seuls Guilbert, Karamoh et Santini réalisent une saison globalement satisfaisante ; Delaplace, Féret, Bazile, Bessat, Vercoutre alternent le chaud et le froid, quand Da Silva et Yahia traversent tous les deux leur pire saison sous le maillot caennais. Il va pourtant falloir enfin trouver une alchimie. Et puisque le SMC a jugé bon de ne pas recruter, Patrice Garande va devoir faire avec ce qu'il a. Les retours de Bazile et de Jeff Louis peuvent constituer des solutions, mais est-il encore temps de tâtonner pour déceler des hommes en forme ? La montée en puissance de Makengo peut être une source de fraîcheur au sein de l'effectif, mais n'est-il pas risqué de tout miser sur un minot ? De toute façon, Malherbe n'a plus le temps.

On est au mois de février, et malgré une saison extraordinaire l'an dernier, Malherbe est redevenu cette équipe si friable, si fragile mentalement, si prompte à décevoir et à retomber dans ses travers. Si proche de basculer de nouveau en Ligue 2 - et franchement, on pensait être à l'abri de tout cela l'été dernier, après avoir bataillé pour se mêler à la course à l'Europe, et échoué pour une petite place seulement. On est au mois de février, et quoi qu'il advienne désormais, cette saison restera comme un énorme gâchis. Un échec, tout simplement.


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