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Connaissez-vous beaucoup de clubs de foot dont le nom est celui d'un poète ? Fidèle abonné au Stade d'Ornano (tribune Centre, rang I, siège 166), qui a vu l'épanouissement de William Gallas et la chute de Dangbeto et a vénéré Xavier "le routard" Gravelaine, Arsenic écrit pour vous démontrer que ce nom ne doit rien au hasard. Malherbe qui joue, c'est peut-être pas du Baudelaire, et ça rime pas toujours, mais c'est toujours rock'n'roll.

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La seule raison d'y croire, c'est les autres

La seule raison d'y croire, c'est les autres
21/03/2017

Dimanche dernier, le Stade Malherbe s'est très logiquement incliné face au leader du championnat. Trois buts à zéro, bonjour au revoir, et une défense dévastée par la tornade Kylian Mbappé : le SMC n'a rien pu faire, et devra assurer son maintien contre des adversaires un peu plus à sa portée. Rien de vraiment surprenant à cela. Ce qui est plus embêtant, c'est que le Stade Malherbe aborde la dernière ligne droite avec peu de certitudes, et avec une confiance très limitée en ses cadres. Notre meilleure chance, maintenant, c'est que les autres fassent moins bien que nous.

Les pépés flingueurs.

On savait déjà que le Stade Malherbe n'était pas de première jeunesse. Selon l'Observatoire du football CIES, le SMC dispose de l'effectif à la moyenne d'âge la plus élevée du championnat de France (29,12 ans), et de la 7e moyenne à l'échelle européenne. Cette donnée statistique n'a rien d'anecdotique. Rémy Vercoutre a 36 ans, Alaeddine Yahia 35 ans, Julien Féret 34 ans, Vincent Bessat et Jonathan Delaplace 31 ans. Sur le banc, Nicolas Seube et Steed Malbranque affichent désormais 37 printemps au compteur. Face à l'AS Monaco et sa jeunesse étourdissante de talent, le Stade Malherbe a accusé son âge. À vrai dire, Monaco n'a même pas eu besoin de très bien jouer au football pour venir à bout des Patoche Boyz : il a suffi aux joueurs du Rocher d'accélérer le tempo par séquences, de dédoubler sur les ailes comme à leur habitude pour laisser libre cours à l'explosivité des latéraux, pour que Malherbe soit purement et simplement dépassé. La séquence où Kylian Mbappé dépose la défense caennaise avant d'aller obtenir un penalty a marqué les esprits, et traduit parfaitement cet immense écart athlétique.

Quels enseignements peut-on tirer d'une défaite 0-3 contre l'AS Monaco ? Peut-on vraiment en vouloir aux Caennais d'avoir cédé face à l'une des meilleures formations d'Europe, qui s'était imposée quelques jours plus tôt sur un score pratiquement identique (3-1) face à Manchester City ? La réponse est non, bien sûr. Cela ne signifie pas qu'il n'y a rien à retenir de cette rencontre. La défense à 5 de Patrice Garande présente toujours les mêmes carences, la relation entre les lignes est toujours aussi difficile, le positionnement défensif dans l'entrejeu est toujours aussi médiocre, et surtout, les Caennais perdent encore et toujours un nombre proprement hallucinant de ballons dans l'entrejeu. Julien Féret, notamment, n'a jamais paru aussi hors-sujet depuis ses premières semaines sous le maillot rouge et bleu.

Avec seulement 3 passes décisives adressées après 30 journées de Ligue 1, et un taux de passes réussies qui avoisine les 77%, le "maître à jouer" caennais affiche donc la 172e moyenne du championnat en termes de précision. C'est logique, d'un certain point de vue : Julien Féret cherche la passe-clé, forcément risquée, qui peut créer le déséquilibre et mettre sur orbite un partenaire. Seulement voilà : cette année, il n'y arrive pas souvent, et dans les faits, ses pertes de balle se traduisent plus souvent par des contres menés tambour battant par des équipes presque toujours plus mobiles et plus rapides dans le jeu de transition. C'est d'autant plus dommage que sur le banc, le jeune Makengo a déjà démontré sa faculté à porter rapidement le ballon vers l'avant, et aurait sûrement mérité de goûter à un peu plus de temps de jeu. N'est-il pas trop tard pour lui remettre les clés du jeu ? Est-il compatible avec Jonathan Delaplace, qui aime lui aussi se projeter avant de lever la tête ? C'est à Patrice Garande de répondre à ces questions.

Face à Monaco, quand les papys souffraient de la rapidité d'exécution des Mbappé, Lemar et autres Fabinho, Karamoh a semblé être le seul Caennais capable de bousculer quelque peu l'arrière-garde monégasque. Alors bien sûr, il fait des erreurs, ne prend pas toujours les bonnes décisions, mais sa faculté à répéter les courses, à provoquer l'adversaire et à se montrer plutôt adroit dans la zone de vérité, en font assurément la révélation caennaise et la principale source d'inquiétude pour nos adversaires. Et si la réponse à tous nos problèmes était la jeunesse ?

8 matchs pour sauver une saison

Malherbe n'a plus de temps à perdre. Avec 32 points au compteur, les Caennais sont encore loin d'être sauvés, même si leurs poursuivants ont encore quelques longueurs de retard. Cela étant dit, Lorient, Bastia, Nancy et Dijon ont d'ores et déjà déclaré l'état d'urgence, alors même que le SMC ne semble pas si affolé - comme le trahissent les discours d'après-match, souvent résignés, et systématiquement tournés vers l'avenir. Le discours préféré de Patrice Garande ("Je reste persuadé qu'on va se maintenir") a bien été appris par cœur - mais tout le monde a-t-il bien conscience que c'est maintenant ou jamais, qu'il faut se sauver ?



Il reste donc huit matchs à jouer. La plupart semblent à la portée des Normands - seuls la réception de Marseille et le déplacement au Parc des Princes paraissent être des entreprises hautement périlleuses au vu de notre forme actuelle. Les rencontres les plus décisives seront sans nul doute les déplacements à Lorient (31e journée) et à Metz (33e journée), soient deux concurrents pour le maintien. On ne va pas se mentir, le calendrier du SMC ne paraît pas insurmontable. Les réceptions de Montpellier (mal en point) et de Rennes (qui souffle le tiède comme toujours) n'ont pas grand-chose de terrifiantes.

Quoi qu'il en soit, Malherbe est toujours maître de son destin, même s'il avance à tâtons. Et si on ne parvient pas à distinguer beaucoup de motifs d'optimisme parmi nos rangs (la bonne forme actuelle de Karamoh et Rodelin ? l'efficacité qui ne se dément jamais d'Ivan Santini ?), il suffit de regarder l'état de la concurrence, et notamment des quatre clubs qui figurent derrière le Stade Malherbe au classement, pour se dire qu'au fond, on pourrait être dans une situation plus alarmante. Vous êtes prêts. C'est parti pour un voyage en enfer !

Dijon est 17e, et ne compte qu'une seule victoire au cours des huit derniers matchs (contre nous, en plus). Autant dire que ça va bof, en Bourgogne. Les Dijonnais vont encore devoir se coltiner un déplacement à Marseille, un autre à Monaco, la réception de Bordelais transfigurés depuis le début de l'année, et des déplacements pas évidents à Guingamp et à Toulouse. Bref, Dijon n'est pas mieux loti que nous. Bien au contraire.



Nancy est 18e. Au cours des 8 derniers matchs, Nancy a perdu 7 fois et a fait un match nul. Les hommes de Correa viennent de subir une défaite un brin traumatisante contre Lorient. Leur calendrier leur réserve un déplacement à Nice, la réception de l'OM, un déplacement fratricide à Metz, la réception de l'AS Monaco, et la réception de Saint-Étienne lors de la dernière journée. Bref, Nancy n'est pas mieux loti que nous. Loin de là.



Bastia est 19e. Bastia n'a pas gagné, accrochez-vous bien... depuis la 18e. Bastia est tragique. Et Bastia va encore devoir se coltiner Lille, Lyon, Bordeaux, Rennes, le PSG et l'OM. Oui, Bastia est en Ligue 2, c'est garanti.



Lorient est 20e. Oui, les Merlus viennent d'arracher les 3 points de l'espoir à Nancy, mais avant ça, ils restaient sur 5 défaites de rang. C'est pourtant l'effectif qui a le moins sa place dans la zone rouge (Peybernes, Waaris, Moukandjo, merde, les gars, vous déconnez grave d'être derniers avec ces types-là). Lorient n'a pas intérêt de se louper contre Caen lors de la 31e journée. Parce qu'après, il faudra enchaîner deux déplacements à Lyon et Montpellier, puis un autre à Nantes, et recevoir Bordeaux lors de la dernière journée. Ce n'est pas un calendrier insurmontable. Mais l'équipe va si mal qu'elle n'a pas le droit de faire preuve du moindre optimisme.



Autant dire que Caen ne paraît pas si mal en point quand on regarde où en sont ses concurrents. Il faudra pourtant faire vite pour prendre les quelques points qui nous manquent. Et on pourra mettre cette saison de merde derrière nous, et se concentrer sur le futur.


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