La relégation au Tie-Break ?
29 mai 2009 à 22:29
Franchement, la peau du SM Caen ne vaut plus très cher. Plus on cherche des raisons de se rassurer, à travers des stats futiles et autres tendances plus ou moins objectives, plus on accumule de signes inquiétants de la conclusion qu’offrira la Liguorange samedi soir.
On ne pouvait imaginer pire situation : jouer sa survie dans l’élite contre une équipe qui ne doit surtout pas perdre pour décrocher un titre de champion, franchement, ça ressemble à un prélude de cauchemar de footballeur. D’Ornano accueillera donc le remake de ce (sin)Istres – Caen de mauvaise augure, disputé il y a quatre ans (Malherbe dispute sa finale de Coupe du Monde perso tous les quatre ans, en fait). A l’époque, Caen était 17e, juste devant Nantes, et avait déjà son avenir en main. Résultat : 3-2 pour Istres, Nantes se sauve, Malherbe est relégué. Aujourd’hui, Caen est 17e, juste devant Sainté, et a son avenir en main. Sauf qu’en lieu et place d’une lanterne rouge bien glauque déjà condamnée, Dumas et ses boys vont devoir taper le leader du championnat, qui a tout à gagner au cours de ce match.
Il paraît que la LFP hésite à ramener le trophée Hexagoal au Stade Michel d’Ornano. Histoire que les Bordelais ne fêtent pas leur titre dans la liesse d’un stade en larmes. Douce attention. Remarquez, il y a aussi moyen que ça se termine en happy end, Caen et Bordeaux qui se neutralisent et Sainté qui trébuche contre Valenciennes, Gouffran et Lemaître exultent ensemble, Blanc et Dumas sabrent le champagne et partagent une coupe. Mouais, coton, quand même.
Commençons par régler le cas de ce Sainté – VA. Les Verts vont gagner. Evidemment. Disons qu’une survie qui se dispute dans un Chaudron en fusion, face une équipe de Valenciennes qui ne joue plus rien, l’obstacle a tout de suite moins l’air infranchissable. Certes, les Verts se sont spécialisés dans l’art de tout foirer cette saison, encore pire que nous. Certes, ce sera la der de Kombouaré, et ses joueurs auront sûrement à cœur d’assurer un sujet de conversation joyeux pour le pot de départ. M’enfin, il ne faudra pas compter sur VA pour sauver Malherbe. S’ils y arrivent, tant mieux, mais il est évident que les Caennais ne devront compter que sur eux-mêmes pour échapper à la catastrophe. Donc, il va falloir trois points. Parce que Sochaux et Le Mans ont deux points d’avance. Soit un de trop pour que notre goal average nous soit utile avec eux en cas de résultat nul. Vous me suivez ?
Pour résumer, il va falloir faire plier une équipe qui reste sur dix victoires consécutives. Gloups. On ne va pas lister les raisons de ne pas espérer, il y en a trop, et elles sont évidentes. Bordeaux joue mieux au foot, les Caennais ont montré toute leur impuissance contre Lyon samedi dernier, Nivet et Proment, les deux tauliers du milieu de terrain, sont blessés, etc. Les boys de Big Francky ont même réussi à ajouter un facteur plutôt inhabituel à l’équation : le torchon brûle dans le vestiaire. Oubliez le club familial, les onze copains qui sont solidaires dans la défaite. Savidan s’est fait remonter les bretelles par Nico Seube. Ce à quoi Savigol a répondu par un doublé bienvenu et une réplique acerbe au micro de Canal (« Il paraît que je n’ai pas le comportement qu’il faut », « Je ne suis pas un héros, sauf peut-être pour mes enfants », mon Dieu). Malherbe se trimballe Balavoine en attaque, et il est pas content, paumé au milieu du désert. Mais S9 veut faire triompher l’OM… pour s’y barrer cet été ?
Il y a aussi quelques raisons d’y croire autant que le président Fortin, convaincu que ses garçons ont ce qu’il faut pour créer l’exploit. Déjà, étant donné que Marseille est toujours le club le plus populaire de France, Caen sera samedi le deuxième club le plus populaire de France. On peut aussi se dire que Bordeaux a de plus en plus de mal à empocher ses trois points hebdomadaires en ce moment : ça a été limite contre Valenciennes (3-2), ça a été tendu contre Le Mans (3-2), ça a été coton contre Monaco (1-0). Et Malherbe sera autrement plus motivé que ces trois équipes.
Quoi d’autre ? Gouffran qui hésitera à crucifier son club formateur ? Bof, il a juré dans Ouest-France qu’il n’allait pas lever le pied même s’il se sentait solidaire de la détresse de ses anciens partenaires, son pote Rémi Gomis en tête. Foutu traître.
Bon. Comme on a de la ressource, on peut aussi se dire que Bordeaux n’a jamais gagné à d’Ornano. Et même que la dernière fois qu’ils y ont mis les pieds, ils sont repartis avec une valise de plus qu’en arrivant, une grande traçe de manita dans la tronche.
Bon allez, soyons honnêtes : entre une possible contre-performance de Sainté, un Malherbe sur-vitaminé, un goal average à notre avantage et un Bordeaux quasi-champion, on va dire que c’est du 50/50. 50/50 pour Sainté comme dirait Ghemmour.