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Connaissez-vous beaucoup de clubs de foot dont le nom est celui d’un poète ? Fidèle abonné au Stade d’Ornano (tribune Centre, rang I, siège 166), qui a vu l’épanouissement de William Gallas et la chute de Dangbeto et a vénéré Xavier "le routard" Gravelaine, Arsenic écrit pour vous démontrer que ce nom ne doit rien au hasard. Malherbe qui joue, c’est peut-être pas du Baudelaire, et ça rime pas toujours, mais c’est toujours rock’n’roll.

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L’espoir qui nous achève

23 mars 2009 à 17:34 L’espoir qui nous achève

Franchement, c’est à se demander s’il n’y a pas quelqu’un, quelque part, qui nous en veut, et qui nous pourrit. Non, pas Grégory Leca, un autre. Un Dieu du football qui ricane en voyant Grenoble tortiller du cul en milieu de tableau pendant que Caen et Sainté traînassent dans la charrette pour la ligue 2. Pas vraiment d’inquiétudes à avoir pour les Verts, qui vont s’en sortir et envoyer Sochaux ou Nantais à l’abattoir. Mais Caen ne va pas s’en sortir, c’est écrit, c’est une évidence. On ne peut pas prétendre à quoi que ce soit en gâchant systématiquement toutes les opportunités, même au terme d’un scénario des plus favorables.

OGC NICE – SM CAEN : 2-2

Buteurs : Remy et Echouafni pour Nice, Hognon (CSC) et Seube pour Caen

Spectacle : 3/5

Arbitre : M. Poulat

Une seule mi-temps à Nice aura suffi à tous les supporters caennais avertis pour se convaincre que Malherbe court directement en L2. Encore une fois, les Normands ont côtoyé le néant absolu du football. Il faut dire qu’ils n’ont pas été particulièrement aidés par leur coach, Dumas ayant visiblement décidé de pourrir ses joueurs en mettant en place LA disposition dans laquelle ses joueurs sont les plus nuls. 7 joueurs sur 10 à vocation défensive, personne sur les ailes, Toudic et Savidan isolés en pointe, la totale. Sans relais décalés le long des lignes, Caen n’occupe pas le pré, s’enlise dans le rond central, ne trouve jamais de solution et manque de mobilité. Tout cela sans compter quelques choix un tantinent curieux de coach Dumas, comme celui de Raineau, qui ne sert jamais à rien, ou celui de Leca, vraiment moins bon que Boucansaud, pourtant pas non plus un cador.

Comme d’hab, Malherbe est à la ramasse dès le début de la rencontre et réussit l’exploit de se mettre en danger sur ses coups de pied arrêtés offensifs. Corner pour Caen, dégagement rapide et propre de la défense, festival de Ben Saada, qui élimine facile six ou sept piquets de ski caennais en cinq dribbles et un une-deux, avant d’offrir un caviar à Rémy, qui exécute Thébaux avec une habileté clinique. Nice aurait pu atomiser le SM Caen en y mettant un peu du sien, mais bon, visiblement, les hommes d’Antonetti, le Francky Dumas normand, sont un peu démotivés l’idée d’incarner cette année encore le ventre mou du championnat, celui qui n’espère plus rien et ne risque plus rien.

On a donc eu droit samedi à un match chiant comme un bidet, jusqu’à ce le gamin Yatabaré vienne épater les grands, affoler la relance niçoise jusque-là pépère, et faire sursauter quelques défenseurs endormis, ce qui expliquerait pourquoi Hognon a cru bon de relancer le match en crucifiant son portier d’un coup de protège-tibia imparable. Franchement, l’espace d’une dizaine de minutes, on a cru que c’était là LE déclic qui manquait au Stade Malherbe pour repartir en trombe et se mettre à l’abri en trois ou quatre matches, faut pas déconner (comme le péno il y un an alors que Caen était mené 1-0 à d’Ornano contre Monaco).

Caen joue un petit peu plus vite, évolue enfin sur un axe vertical ; fini le bloc monolithique, il y a du mouvement, des espaces, et des récupérations plus hautes sur le terrain. Comme ce ballon qui échoit sur Seube, qui marche sur l’eau et ne se pose pas de question, vlan, cartouche, frappe enroulée, Caen prend l’avantage et enfile un bas de soie pour le hold-up de l’année (encore que Nice ne foutait vraiment plus rien). Et puis non. Le temps pour Leca de se reprendre un rouge (remaraquez, peut-être qu’il vaut mieux jouer à trois en défense plutôt qu’à quatre avec lui) et pour Nice de se procurer un coup franc à 35 mètres des cages, et Malherbe a l’occasion de tout gâcher, comme d’hab. Un coup de pied arrêté, une erreur de marquage de poussin, une tête décroisée, un gardien dégoûté, et voilà Malherbe qui loupe l’opportunité de se sortir de la zone rouge. Et Echouafni n’avait pas marqué depuis 6 ans, putain.

Certes, il y a des raisons d’espérer. Caen s’est montré capable de jouer pas trop mal l’espace de vingt minutes. Sorbon est redevenu un bon défenseur. Malherbe s’est découvert un nouveau p’tit jeune qui veut faire son trou et qui en a les moyens. Sauf que Malherbe a surtout montré qu’il était capable de tout foutre en l’air même en ayant un bol pas permis et l’occasion de remporter un match pas mérité pour un sou. Certes, Caen a un calendrier plutôt clément pour les semaines à suivre, avec des oppositions face au Havre, Sochaux, Le Mans ou Nancy, tous les crève-la-faim de la Ligue 1. Mais franchement, à quoi peut prétendre Malherbe, même face à des équipes au fond du trou ? 4 mois sans victoire, 5 matches gagnés sur 29… Si Caen a repris un point sur Sainté, Sochaux et Nantes, il a surtout loupé une opportunité en or.

LES NOTES

Thébaux : 6 – C’était le coup de poker de Francky Dumas, sans doute autant pour inciter Planté à se surpasser pour la derrière ligne droite du championnat que pour véritablement faire jouer la concurrence. Toujours est-il que le deuxième gardien caennais a fait le taf, s’est ramassé deux pions sur lesquels il n’a pas été aidé par sa défense, et s’est démonté une épaule en allant au charbon. Ni fautif ni spécialement rassurant, il a gagné le droit d’avoir encore sa chance.

Leca : 1 – Une catastrophe. Greg ne sait plus jouer au foot. Impossible de défendre plus mal que lui samedi soir, les deux pieds plantés dans le sol à attendre que l’attaquant vienne s’empaler sur lui, ce qui aura coûté à Malherbe le premier but. Non content d’être lamentable en défense, il a perdu tous les ballons qu’on lui donnait en défense en s’évertuant à balancer bêtement sur Toudic et son mètre cinquante. En cause sur le premier but, coupable de prendre un second carton rouge en trois matches (celui-là est indiscutable et vraiment inutile), il n’était plus là pour défendre quand

Echouafni a égalisé. De toute façon, c’est certainement pas lui qui aurait sauvé la situation. Au moins, il ne sera pas là pour le prochain match.

Sorbon : 7 – Avouons-le, aux côtés de Leca, Jerem’ n’est pas vraiment aidé mais au moins, la comparaison tourne forcément à son avantage. Brillant dans les duels, couvrant toute la moitié gauche de la défense avec adresse, il a récupéré des tas de ballons et demeure le seul rempart potable en défense. Sorbon est revenu à son meilleur niveau, c’est peut-être le seul espoir des caennais pour la fin de championnat.

Barzola : 4,5 – Tour à tour solide à la récupération et peu inspiré dans ses choix, El Negro a surtout brillé par sa propension à se jeter à outrance et à laisser des boulevards dans son couloir (le premier but, encore). Heureusement pour lui et pour nous, il était au cœur du beau mouvement orchestré par Yatabaré et a su faire ricocher le ballon sur Hognon pour inscrire le premier but caennais.

Lemaître : 4 – Bof. Le danger n’est pas vraiment venu de son côté, mais il avait pourtant tout fait pour, en laissant plus de 20 mètres d’espace à Bamogo sur chaque prise de balle en première période. Plus rigoureux par la suite, il n’a pas vraiment su apporter le danger, isolé dans son couloir gauche.

Proment : 4 – Particulièrement discret, souvent absent à la récup, carrément invisible dans la relance, peut-être qu’il essayait d’habituer ses coéquipiers à se démerder sans lui, comme ce sera le cas pour les deux prochains matches.

Seube : 6 – Nico n’a pas changé. Un peu à la limite, quelquefois dépassé, Nico reste un guerrier, cheveux longs au vent et bave aux lèvres. Il s’est donné sans compter et s’est fendu d’un but de grande classe, une frappe robertocarlosienne de l’intérieur du pied. Respect, sérieux.

Deroin : 6 – La pile électrique de Malherbe a tout tenté. Seul joueur normand à pouvoir conserver plus de trois secondes le ballon en première période, il a offert à son équipe l’impulsion qui a sans doute permis aux Caennais de relever la tête, à force d’accélérations ou de courses croisées judicieuses. S’il avait été aussi adroit dans ses passes, il aurait pu délivrer quelques caviars. Deroin ne sera jamais Iniesta. Ha ha.

Raineau : 3 – Vraiment trop à la ramasse, le jeune caennais a eu du mal à se situer entre l’axe et l’aile gauche, il n’a pas vraiment aidé à la récup, il n’a rien apporté offensivement, et il est sorti à la mi-temps.

Toudic : 5 – Ce mec est à se tirer une balle. Il arrive à se mettre dans les meilleures dispositions, à se démarquer idéalement, à contrôler à la perfection, et il manque toujours le dernier geste. Impossible de compter sur lui pour nous faire gagner des rencontres.

Savidan : 3 – Désespérant, invisible, inutile, il décroche dans un axe surchargé plutôt que sur les ailes abandonnées, il est mal placé, mal inspiré, et il n’a pas une frappe au but. Disons qu’il se préservait pour SMC – Toulouse, l’occasion pour lui de montrer qu’il est meilleur que Gignac.

Ben K : 4 – Il accélère le jeu, mais ne gagne plus un duel, n’élimine plus le moindre adversaire.

Yatabaré : 7 – Chaud bouillant, le gamin a su réveiller toute son équipe, accélérer le jeu comme Deroin en première période, et se montrer décisif sur le premier but malherbiste. Après, ce doit être un peu vexant de se faire appeler Adnane pendant une demi-heure par les commentateurs de Canal.

LA BANDE-SON DU JOUR : “Osez Joséphine” et “Fantaisie militaire” du regretté Bashung.






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