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Connaissez-vous beaucoup de clubs de foot dont le nom est celui d'un poète ? Fidèle abonné au Stade d'Ornano (tribune Centre, rang I, siège 166), qui a vu l'épanouissement de William Gallas et la chute de Dangbeto et a vénéré Xavier "le routard" Gravelaine, Arsenic écrit pour vous démontrer que ce nom ne doit rien au hasard. Malherbe qui joue, c'est peut-être pas du Baudelaire, et ça rime pas toujours, mais c'est toujours rock'n'roll.

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Inglourious Malherbe

Inglourious Malherbe
10/02/2010

Arles-Avignon - SM Caen : 0-0

23e journée de L2

Match aller : Caen 1-0 Arles-Avignon

Buts : l'arlésienne

Arbitre : Jean-Charles Cailleux. Souvent loin de l'action, souvent largué par les événements. Souvent à notre avantage.

Spectateurs... : 5 921

... rassasiés par le spectacle ? : 1/5. Pas là, non.

Compos :

Arles-Avignon : Merville, Elie, Esor, Reynaud, Vergerolle, Ayasse, Correze (puis Ayew, fils de...), Piocelle (cap.) (puis Soro), Guise (puis N'Diaye), Psaume, Dalé

Caen : Thébaux, Tafforeau, Sorbon, Leca, Heurtaux, Seube, Nivet, Yatabaré (puis Toudic), Van La Parra (puis le fantôme d'Eluchans), El Arabi (puis Langil), Traoré


L'homme du match : Psaume. C'est pas dur, le danger venait toujours de lui. Un bon petit joueur à inscrire sur les tablettes en cas d'accession en L1.

L'anti-homme du match : Picocelle. C'est pas censé montrer l'exemple, un capitaine ? Parce que là, rien que la coupe de cheveux...

Le geste du match : un tacle de Leca à l'angle de la surface. C'est dire.

L'anti-geste du match : un tacle à retardement de Tafforeau. Pour de rire, mais alors au douzième degré. Jaune foncé, le carton.

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Les Francky Boyz ont toujours l'air serein, certes, mais ils semblent beaucoup moins confiants, en ce moment. En concédant un nul à Arles face à une formation largement à leur portée, Malherbe décroche un point plutôt honnête du point de vue comptable. Certes. Seulement, comme l'a judicieusement précisé Seube à la mi-temps : "les téléspectateurs doivent s'emmerder". Pas qu'un peu, mon n'veu. Et tu sais quoi ? Les supporters encore plus.

Parce que non seulement Arles n'a pas sorti un grand match et nous a semblé prenable jusque dans les dernières secondes, mais en plus, l'équipe alignée par Don Dumas promettait un déluge offensif. Finalement, on n'a même pas eu le droit à une ondée. Ou alors très passagère. C'est bien simple : après 10 minutes de jeu, ça puait le 0-0 à plein nez. Bingo.

Yatabaré, Nivet, Van La Parra, El Arabi, Traoré. Cinq joueurs à vocation offensive, putain, et pas une seule combinaison satisfaisante. La faute à la maladresse inhabituelles de la part des Caennais (oui, oui, même toi, Benji Nivet), d'une part, et au bloc-équipe solide et regroupé en défense des Arlésiens, d'autre part. Et au lieu d'acculer l'adversaire sur ses buts, au lieu de se livrer corps et âmes dans un match qui l'imposait, les Caennais n'ont pas montré grand chose, mis à part une rigueur défensive à température variable.

Pendant 90 minutes, on a eu l'impression de voir un match de l'équipe de France face à Andorre. Une équipe largement supérieure à son homologue sur le plan technique, beaucoup moins sur le plan de l'engagement, et qui n'arrive jamais à traduire sa domination par de réelles occasions franches. Ah, ça, il y a du monde pour écarter le jeu, étirer le bloc adverse, mais si on ne se précipite pas dans les brèches que cela crée, à quoi bon ? Et quand en plus, on a droit à des centres de la qualité de ceux de Sagna et Abidal en bleu, ben ça donne des trucs immonde au troisième poteau (combien on en a eu, des comme ça ? au moins une dizaine). Sans parler des ouvertures diagonales imprécises dont les Normands ont abusé jusqu'à s'étourdir.

Bon, il ne faut pas se voiler la face : Caen fait peur à tout le monde en Ligue 2. Heureusement, d'ailleurs, parce que sinon, Arles aurait compris un peu plus vite qu'il y avait la place pour créer l'exploit. Mais bien que la qualité de certains enchaînements justifie ce statut de "patron du championnat", les performances actuelles tendent à prouver que l'équipe est dans le creux de la vague. Alors, oui, c'est vrai, on est très loin des derniers hivers. Mais quand même.

Déjà, il y a les corners. Nivet en a tiré au moins 7 ou 8. Tous foirés. Tous. Il est loin le début de saison où Malherbe marquait 50% de ses buts sur corner, pour débloquer des situations corsées. En même temps, elle était peut-être là, l'anomalie. Ensuite, il y a les déplacements. Lents, empruntés, téléphonés, pas toujours cohérents avec un plan de jeu qui exige pourtant une dépense physique considérable pour bouger une équipe qui défend à neuf joueurs minimum.

Il y a bien eu Van La Parra et El Arabi, tentant de faire la différence en un-contre-un. Le petit hollandais, à force de patience, offrit même un caviar à Traoré que le numéro 9 caennais n'a pu convertir en but, la faute à un arrêt dingue de Merville. Du côté d'El Arabi, pas grand chose à se mettre sous la dent, quelques accélérations, tout au plus. On le préfère définitivement dans l'axe. Dans l'axe justement, Nivet peine à exister offensivement quand Yatabaré se ballade sur toute la largeur du terrain. Sambou a fait un match correct, mais sans jamais concentrer ses efforts dans le timide élan collectif. C'est dommage, parce que la seule fois où il a essayé, il a enchaîné des passements de jambe à répétition, une feinte mythique avec oubli de ballon parfaitement contrôlé et un centre parfait sur la tête d'El Arabi, dont la tentative fut contrariée par la barre transversale.

Malherbe a au moins à peu près géré défensivement. Tafforeau commet beaucoup trop de fautes grossières (un tacle à retardement et dangereux, un tirage de maillot qui transformerait du XS en XXL et une main dans la surface, heureusement passée inaperçue aux yeux de l'arbitre - et il est bien le seul), Sorbon était dans un jour sans, mais Heurtaux et Leca ont fait le boulot, dans la sérénité et la précision. Après que Arles ait saboté toutes ses opportunités de contre-attaque en relançant n'importe comment pendant près d'une mi-temps, ils ont été mis à rude épreuve, et ont correctement jugulé les tentatives arlésiennes, même si personne n'a vraiment réussi à contenir Psaume. Le petit numéro 7 a d'ailleurs marqué un but, refusé pour une position de hors-jeu qui se joue à un crampon.

Même Dumas était à côté de ses pompes. Quand Malherbe commence à prendre le dessus et à asphyxier son adversaire, quelques minutes au retour des vestiaires, en se portant enfin vers l'avant et à attaquer en groupe (même Tafforeau, putain), il sort Van La Parra et El Arabi, les deux types qui semblaient sur le point de faire craquer la défense d'Arles, pour les remplacer par Langil (qui n'a pas compris non plus, et n'a pas voulu montrer la moindre chose intéressante, sûrement en signe de protestation) et Eluchans. N'importe quoi. Résultat : Malherbe, qui semblait enfin sur les bons rails, se trouve malmené pendant dix bonnes minutes.

On ne va pas en rajouter des tonnes : Malherbe avait les armes pour faire mieux, mais pas les bonnes cartouches. Au plan de jeu ambitieux mis en place par Big Francky, il a manqué de l'enthousiasme, de l'imagination, de la percussion et de la cohésion. Malgré cela, Malherbe a tenu la baraque. En patron maussade.

Brest revient à un petit point. Rien à foutre, le quatrième reste à treize points. Au pire, ça se remonte en 5 matches. Et en planifiant sur un scénario catastrophe, faut compter le double. Pas de doute, on est encore l'abri.

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LES NOTES :

Thébaux [7] : sûr de lui, rassurant. Encore une fois, Alex a fait le taf. +1 pour le tacle à 30 mètres de ses buts, le long de la ligne de touche. Le seul geste qui nous a déridés.

Sorbon [5] : invisible offensivement, il s'est contenté de verrouiller son aile. S'est pris un énorme bouillon de la part de Psaume, en guise de punition.

Tafforeau [4,5] : un peu plus volontaire, et sans doute le plus engagé physiquement des onze caennais. Seulement, il faut contenir ta fougue, petit dragon. Parce qu'avec tes conneries, on aurait pu/dû se récolter un rouge et un péno.

Heurtaux [6,5] : solide comme un roc, pas souvent pris à défaut.

Leca [7,5] : parfois, sans qu'on sache d'où ça vient, Greg nous gratifie d'un match énorme. Ben contre Arles, on a eu droit au grand jeu. Fautes utiles à 40 mètres du but, relance impeccable, Leca a été solide et décourageant pour les attaquants adverses. +1 pour un tacle gigantesque réussit à l'entrée de la surface.

Seube [6] : abandonné par Proment, resté en Normandie pour soigner une gastro, Seube n'avait pas le volume de jeu impressionnant auquel il nous a habitués depuis le début de la saison.

Nivet [6] : une qualité de passes qui nous a laissés pantois au moins quinze fois par match, comme d'hab, malheureusement entachée cette fois d'une fébrilité flippante dans les duels.

Yatabaré [6,5] : son meilleur match de la saison, et de loin. Yatab' demander. Mais c'est tellement dommage qu'il ne soit pas mieux entendu avec Nivet. Tous les deux, ils étaient partout et nulle part, capables de tout pour finalement pas grand chose. Tactiquement, il y avait un truc pas en place, là.

El Arabi [6] : une tête sur la barre qui rattrape une incapacité chronique à remporter des duels sur son aile. On le préfère largement dans l'axe, on le répète. Là où rien ne semble pouvoir l'arrêter.

Van La Parra [7] : enfin, on l'a vu pour de vrai. Et on a été plutôt satisfaits. D'abord maladroit et têtu au point de tenter six fois de suite la même feinte (six fois la même feinte de corps suivie d'une accélération vers l'extérieur, sans réussir à effacer son vis-à-vis une seule fois), il a ensuite pris confiance et s'est étonnamment bien impliqué dans le schéma de jeu (rouillé, certes) des Caennais. Il touche beaucoup de ballons, n'hésite pas à provoquer, et a offert un caviar à Traoré. Prometteur. Finalement.

Traoré [5,5] : difficile à trouver pendant presque tout le match, et incapable de redescendre pour créer des espaces pour ses coéquipiers. Il est présent pour reprendre l'offrande de Van La Parra, mais pas de bol, Merville sort un arrêt grandiose.

Langil, Elu [8] : à se partager comme vous voulez, les gars.

Toudic [6] : Jean-Pierre Papin a déménagé à Tchernobyl ?

La bande-son du jour : When the bomb drops, de Primal Scream, sur le disque Riot City Blues.

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TOUS LES SCORES :

Laval 1 - 1 Bastia

Dijon 1 - 1 Istres

Guingamp 2 - 2 Tours

Sedan 3 - 3 Strasbourg

AC Ajaccio 0 - 2 Angers

Châteauroux 1 - 3 Clermont

Metz 3 - 1 Nîmes

Nantes 1 - 4 Brest

Le Havre 0 - 1 Vannes

Arles-Avignon 0 - 0 Caen

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CLASSEMENT

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1. Caen 47 pts (+18)
2. Brest (-1) 45 pts (+16)
3. Metz 37 pts (+3)
4. Nîmes 35 pts (-2)
5. Le Havre 33 pts (+3)
6. Laval 32 pts (+5)
7. Arles-Avignon 32 pts (+1)
8. Tours 31 pts (+2)
9. Ajaccio 30 pts (+2)
10. Clermont 30 pts (0)
11. Angers 30 pts (-1)
12. Vannes 29 pts (-3)
13. Nantes 28 pts (-7)
14. Strasbourg 27 pts (-2)
15. Sedan 27 pts (-2)
16. Dijon 26 pts (-2)
17. Châteauroux 26 pts (-4)
18. Guingamp 25 pts (-4)
19. Istres 23 pts (-14)
20. Bastia 17 pts (-9)