Francky goes to L2 (& Requiem pour un Compan)
16 mars 2008 à 15:16
Amis du calice, buvons-le jusqu’à la lie
LOSC – SM CAEN : 5 – 0
Arbitre : M. Thual
Spectacle : 4/5, bien malgré nous, croyez-le !
Buteurs : Lichtsteiner (X2), Cabaye (X2) et Frau (eh ouais, mec, même Frau).
L’homme du match : Lichtsteiner, sans doute, juste devant Cabaye.
L’anti-homme du match : On pourrait dire Lemaître, pathétique, ou Toudic, encore pire, en fait on aurait pu citer n’importe quel Caennais. Mais bon, vu son match, M. Thual mérite bien cette distinction.
Soyons honnêtes : il n’y a aucune chance que Caen soit encore en L1 l’année prochaine si la crise dure une seule journée de plus. Jamais les Caennais n’ont été aussi mauvais depuis le début de la saison.
Dumas avait décidé de revenir à un 4-1-4-1 qui avait fait ses preuves fin 2007, retour de Svenssön en défense centrale, Leca au milieu, Toudic en attaque. Et vu que Planté souffre d’une, euh, d’une infection urinaire, ben c’est l’ami Benoît Costil qui porte les gants. Costil, par qui tout arrive. Costil, qui à chacun de ses matches, vit un cauchemar (dernier en date, 6-1 à Marseille). Enfin bon, roulez jeunesse.
Comme d’hab, Malherbe commence par faire jeu égal. Bien sûr, les genoux claquent et les transmissions caennaises manquent cruellement d’assurance. Mais sur le fond, Lille n’est pas meilleur. Pour le moment. Le ballon se promène paisiblement d’un but à l’autre. Lille peine à construire pour s’approcher des cages défendues par Costil. D’un côté comme de l’autre, ça reste très brouillon, c’est assez terrible, on a l’impression d’être dans un film de Claude Lelouch.
Alors que Puel commence à se ronger les ongles en se demandant déjà comment annoncer au petit Kevin Mirallas qu’il va être remplacé par Kluivert, c’est Malherbe qui va régler le problème. Lille pèche au moment de la dernière passe ? Qu’à ne cela ne tienne. Au regard de leur forme actuelle, les Caennais ont bien les moyens de leur venir en aide. Leca avait déjà réussi une superbe reprise de 2 mètres 50 dans les pieds d’Obraniak pour une reprise dangereuse. Mais Caen peut mieux faire.
Et comme à chaque fois, ça commence par un raccroc, coup franc lillois, frappe de Mirallas, détournée par la fesse de Tafforeau, Obraniak récupère, centre, Costil effleure, Lichtsteiner frappe, Sorbon effleure, Seube détourne, mais pas assez. 1-0. Quoi de plus logique ?
Il fut une époque où Caen réagissait après chaque but en se jetant, tout feu tout flamme, sur les buts adverses. Eh bien c’est là qu’on voit que les Caennais vont mal : ils n’ont plus l’orgueil, ni l’énergie nécessaire pour réagir. Du coup, Lille prend de l’assurance, et continue de profiter des errances caennaises pour scorer. Toudic, complètement à l’ouest pendant 45 minutes, se paie le luxe de redescendre et même de rater un contrôle qu’un poussin réussirait en aveugle, Obraniak déborde, sans doute à moitié mort de rire, du coup il rate à moitié son centre, Lemaître se jette à plat ventre pour placer une tête piquée, renvoi plein axe, Cabaye n’en revient pas, regarde autour de lui, prend le temps de se pincer, avant de canarder d’une reprise somptueuse l’innocent Costil. 2-0. Toudic et Lemaître à la baguette. La classe.
Thual, ce héros
C’est vrai, c’est facile de se cacher derrière les décisions arbitrales quand on perd. Sauf qu’il y a une limite à tout. C’est vrai, Dumas n’entretient pas vraiment des rapports franchement amicaux avec les hommes en noir. Mais en est-il vraiment l’unique responsable ? Dans les travées désolées de d’Ornano, plus personne ne se fait d’illusions. Début janvier, Caen mène 1-0 au Vélodrome, Toudic double la mise, sauf que Ledentu ne voit pas, ô miracle, que le ballon a franchi la ligne de 50 cm. Score final : 6-1 et début de la crise caennaise. Plus de 2 mois plus tard, rien n’a changé.
Dumas prend un risque. Bien mal lui en a pris, mais comment lui en vouloir, honnêtement ? Il effectue les trois remplacements à la mi-temps. Le drame est sur le point de se jouer, ouvrez grand vos mirettes.
Mirallas fonce au but. Bon, il semble être hors-jeu d’une demie chaussure, mais bon, passons, dans le doute, je suis partisan de laisser l’avantage aux attaquants. Costil prend son temps pour sortir, c’est vrai aussi, et quand il finit par jaillir, il le regrette aussitôt. Carton rouge, penalty.
Je laisse parler le supporter qui sommeille, oh diable que non, le supporter qui bouillonne, qui rugit en moi et vous énumère les aspects profondément injustes de la décision de Monsieur Thual.
1 : Costil n’a absolument pas effleuré Mirallas, même pas un tout petit peu.
2 : Mirallas, justement, s’est jeté par terre à trois, voire quatre reprises dans la surface de réparation caennaise, levant les bras à chaque fois pour réclamer un péno. Visiblement, il ne doit pas le regretter.
3 : Même s’il y avait eu faute, pourquoi ce carton rouge ? Pour la même situation, au cours du match Lorient-Auxerre, les Bourguignons ont bénéficié d’un penalty, mais Audard est resté sur la pelouse.
Comment en vouloir à Compan quand il déclare au micro de Foot + après le coup de sifflet final qu’il en ras-le-bol des « ces arbitres de merde », « complètement à la rue » ?
Surtout que Thual n’a sévi que dans un sens. A la 47ème minute, juste après que Caen eut effectué ses 3 remplacements, Tafforeau effectue sur Seube un tacle à super-retardement ; le défenseur caennais s’écroule en hurlant, Tafforeau va se replacer, en mode « faisons comme si de rien était », Thual ne bronche pas.
Caen méritait de perdre, le problème n’est pas là. Mais comment s’étonner aujourd’hui qu’aucun arbitre français n’ait été retenu pour l’Euro 2008 ? Nom d’un petit cheval à bascule, c’est une bénédiction. Si la Ligue 1 est une calamité, un truc qui assomme d’ennui les spectateurs et téléspectateurs, alors il ne faut pas en douter, les arbitres français sont encore plus mauvais que les joueurs. Et de loin.
Compan, cet anti-héros
Le match s’est donc arrêté à la 61ème minute. Compan, entré en jeu depuis 15 minutes, prend les gants après la sortie de Costil. Peut-être a-t-il lu mes récentes remarques sur la performance légendaire d’Ulrich Le Pen l’an dernier dans les cages lorientaises ? Quand Cabaye pose le ballon sur le point de penalty, on se plaît à croire au miracle.
De miracle il n’y eut point, évidemment. Cabaye place le ballon au ras du poteau, Lilian s’est laissé choir du mauvais côté. Et derrière, Compan ne fait pas illusion longtemps. Le temps d’une parade digne d’un Iker Casillas, et puis le désastre continue. Mirallas met dans le vent Svenssön et offre à Pierre-Alain Frau son premier but lillois. Dans la foulée, open-bar, Mavuba made in Villarreal envoie Lichtsteiner sur orbite, lob appliqué sur un Compan aux fraises. 5-0. Conclusion : Compan est nul dans les cages.
Il ne sert à rien de stigmatiser les décisions incompréhensibles de Monsieur Thual, dont les yeux trahissaient l’incertitude quand il a sifflé le penalty. Parce que Caen s’est montré en-dessous de tout. Enormes faiblesses individuelles (Lemaître, aucun duel gagné, Leca, qui transpire l’inquiétude, Gouffran, dans le blizzard, Nivet, perte de balle à chaque ballon touché, Eluchans, transparent, Toudic, pathétique, Seube, plus au niveau, Proment, de plus en plus décevant, Deroin, qui a raté tout ce qu’il a tenté), incapacité à aligner plus de deux passes (le pire, c’est que ce n’est même pas une formule, ils n’ont vraiment pas réussi un mouvement à trois passes de toute la seconde période). Dommage néanmoins que la chute caennaise ait été précipitée par un coup du sort qui n’était pas de leur fait.
Bon, essayons ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain (diable, j’adore cette expression, elle est d’un kitsch absolu, et d’un mauvais goût merveilleux). L’heure est-elle au pessimisme ? Est-ce vraiment du pessimisme, en vérité, que d’envisager Malherbe se tasser dans l’ascenseur avec Metz et Toulouse ? Caen n’a plus que 4 points d’avance sur le 18ème, mais le plus grave n’est pas là. Paris, Toulouse et Lens sont encore derrière, et il y a fort à payer que ceux-là vendront chèrement leur peau. Le PSG devrait s’en sortir in extrémis, comme l’an dernier, on ne voit pas non plus les Sang et Or squatter les profondeurs. Laisser Toulouse derrière ne suffira donc pas, vu que Sochaux remonte actuellement à fond les ballons, Erding en bannière.
Caen va mal, et tout le drame est là : on ne voit vraiment pas comment cette équipe, méconnaissable depuis janvier, pourra remporter le moindre match d’ici mai. Aucune réaction, aucun orgueil, aucun regain de forme.
La situation est finalement assez simple : si Caen ne gagne pas contre l’autre grand malade du moment, l’AS Monaco, dès samedi prochain, sans doute devrons-nous nous résigner à disparaître sans panache de L1.
Sans déc, vous avez déjà vu une équipe 4ème à la trêve finir relégable ? Nan ? Je vous l’ai toujours dit : le SM Caen, c’est rock’n’roll. Et en ce moment, on est plutôt dans une phase Georgie Best, période transplantation de foie. La chute, je vous dis.
« INSTANTANÉMENT COMME CA / REPRENDRE DE VOLÉE D’AUSSI LOIN / COMME ELLE VIENT ».
La bande-son du jour : l’instru du morceau Boulbi du rappeur Booba. Si vous êtes fan comme moi de la petite semaine de Bruno Donnet, vous adorerez. Et comme ce mec s’est fait une spécialité d’annoncer des catastrophes, il est vachement raccord avec Malherbe en ce moment. La bande-son malherbiste du moment, sûr.
Pendant que je vous écris : je regarde France 2 Foot. Attendez mais franchement, qui pourra regretter cette émission ? Denis Balbir ? Même pas sûr.
En exclu, le match vécu par Costil : « Allez, pendant que l’autre est déglingué du zob, c’est le moment de briller / oh ! / nom de Dieu, c’est quoi ces défenseurs latéraux ? / Reynald ! Reynald ! Reyyyyynaaaald !!!! / dégage Greg, dégage, nan pas sur lui, oh putain, han, c’est bon, bravo moi / coup franc, gnark / merde, c’est un flipper, cette surface de réparation, je… / merde / qu’est-ce que tu fais, Juju ? Dégage, mais dégage merde, rattrape-le, mais rattrape-le, empêchez-le de centrer, soyez à la réception du centre, dégagez bien le ballon, rattrapez-moi ce mauvais dégagement, empêchez-le de frapper et…merde / mi-temps / allez, chaud bouillant / le r’voilà, le p’tit Kevin, j’y vais, j’y vais pas ? et puis merde, j’y vais, tu vas voir, espèce de…mfff, hop, propre dans les pieds, de quoi péno ? De quoi carton rouge ? Tiens Lilian, prends les gants, prends mon maillot, amuse-toi bien, moi je raccroche ».
Arsenic, en connexion directe avec l’hémisphère droit Costilien.
» Francky goes to L2 (& Requiem pour un Compan) · 17 mars 2008 08:36 | |
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