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Connaissez-vous beaucoup de clubs de foot dont le nom est celui d'un poète ? Fidèle abonné au Stade d'Ornano (tribune Centre, rang I, siège 166), qui a vu l'épanouissement de William Gallas et la chute de Dangbeto et a vénéré Xavier "le routard" Gravelaine, Arsenic écrit pour vous démontrer que ce nom ne doit rien au hasard. Malherbe qui joue, c'est peut-être pas du Baudelaire, et ça rime pas toujours, mais c'est toujours rock'n'roll.

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De battre mon coeur a hésité...

De battre mon coeur a hésité...
06/01

Le Stade Malherbe a déjà disputé une moitié de championnat... Et c'est évidemment trop peu pour connaître le sort qui nous sera réservé en fin de parcours, les Francky Boyz pointant à une quatorzième place syndicale après une entame de championnat en fanfare. La situation comptable n'est pas glorieuse, mais elle est acceptable. Mais sur le pré, rien ou presque pour s'emballer...

Mamie Josiane en pointe, schéma en sapin de Noël.

Voilà, Noël, c'est fini. C'est quand même con, on s'emballe des semaines à l'avance pour les fêtes, on achète une tripotée de cadeaux, on claque ce treizième mois auquel on n'a jamais eu droit, on offre 8 jouets à chaque gamin pour les voir délirer pendant trois plombes avec le carton d'emballage du robot-mixer que vous avez payé à maman, et puis en quelques jours, c'est fini, personne ne pense plus à brancher la guirlande lumineuse du sapin, qui n'en finit plus de se désagréger, et on retourne au boulot pour souhaiter la bonne année à tout le monde alors qu'on espère les pires maux de la Terre à la majorité de ces trous du cul.

Certains ont été plus ou moins gâtés par le Papa Noël. Prenez Franck Dumas. Il a commandé un arrière gauche, et il a trouvé dans sa chaussette un type dont il n'avait jamais entendu parler, made in Biélorussie, et comme tout le monde, il tique un peu quant à la solidité du bordel (nan, parce que si c'est pour le réexpédier à l'envoyeur dans un mois à cause d'un dysfonctionnement interne, on a l'air con). Don Dumas tape son petit poing contre la table, et peste entre ses dents. Il en était sûr. L'an dernier, à Noël, il avait commandé un nouveau schéma de jeu, et ça lui avait permis de tenir bon jusqu'à l'été. Cette année, il a voulu faire son intéressant, il a demandé un arrière gauche... Et puis, une fois qu'il a ouvert le carton et découvert la petite chose apeurée qui se tassait au fond, il s'est dit : "Bon sang, mais c'est bien sûr, y a erreur ! C'est pas ça qui va me marquer des buts !"

Le soir du réveillon, c'est sûr, vous avez claqué la bise à mamie Josiane, vous avez tiqué parce qu'elle pique un peu, et puis vous l'avez un peu écoutée se plaindre de son arthrite du genou, et vous vous êtes éloigné gentiment, sans lui laisser le temps de finir sa phrase. Pendant le repas, vous l'avez presque oubliée, mamie Josiane. Vous l'avez vue entre votre père et tonton Jean-Yves disserter sur le temps qui passe et qui la rattrape, sur sa vue qui baisse, sur sa température qui monte et sur sa tension qui part en vrille. Et puis, quand elle a commencé à parler de la petite Khadija, qui vient faire son ménage et ses courses deux fois par semaine, et dont elle craint qu'elle lui pique quelques sous sur la monnaie, vous avez vu votre père secouer la tête et lever les yeux au ciel, l'air de dire qu'il ne servait à rien de prêter attention à tout cela, parce que mamie Josiane est "un peu sénile", comme il dit. L'expression de votre père vous fait penser à quelque chose. Et ça vous revient : il a fait la même tête, l'été dernier, quand il a entendu Jean-François Fortin déclarer qu'il n'avait jamais eu un effectif à sa disposition avec autant de qualités. Et vous vous êtes demandé si Jean-François Fortin était aussi sénile que mamie Josiane.

C'est fou ce que vous ressemblez à ma première femme.

Jean-François a tout faux : il y a bien longtemps que l'effectif du Stade Malherbe n'avait pas été aussi médiocre. Six ou sept ans, au moins. Peut-être plus. Techniquement, six ou sept joueurs alignés régulièrement en tant que titulaires n'ont pas le niveau de la Ligue 1. Et ça n'a rien d'un constat sévère, ce n'est que la pure vérité. Il suffit de regarder un match des Francky Boyz, n'importe lequel, pour s'en convaincre : ils sont absolument incapables de jouer correctement au football, d'aligner cinq passes de qualité, de porter le danger de façon construite et réfléchie, d'attaquer de manière organisée.

Si Malherbe n'est pas encore engoncé dans la zone rouge, c'est parce qu'il a eu de la chance, d'une part, et parce qu'il a tout de même acquis de l'expérience. Les Caennais savent désormais faire des fautes quand il le faut, se procurer des penaltys (six en dix-neuf matches, dont cinq ont été inscrits) et casser le rythme d'une rencontre. Ces qualités peuvent prêter à sourire, mais elles faisaient cruellement défaut aux Normands lors des saisons passées, qui peinaient à se sauver, lorsqu'ils y parvenaient, avec un groupe bien supérieur techniquement.

Et pourtant, Caen doit surtout sa position actuelle à son début de saison canon, et donc à la réussite. Une telle affirmation, aussi sentencieuse, peut laisser dubitatif. Pourtant, il suffit se pencher sur le parcours du SMC pour évacuer les quelques doutes qui subsisteraient sur le bol monstrueux qui a parfois bénéficié aux Francky Boyz : victoire face à Valenciennes sur un coup d'éclat, avec quasiment aucun tir cadré, victoire sur un Sochaux en pleine crise (vrai/faux départ de Maïga, tensions internes), trois défaites face à Lille, Rennes et Toulouse, un nul pas immérité à Auxerre, une victoire face à l'équipe B lyonnaise (les Gones avait joué l'OM 3 jours avant et affrontait les Girondins 3 jours après, on n'était pas vraiment une priorité), un vrai beau succès à Évian, un nul contre Nice, un autre arraché dans les ultimes secondes à Brest, deux défaites face à Montpellier et Paris, une victoire très flatteuse face à Dijon, un nul à la con à Ajaccio, quatre défaites contre Bordeaux, Marseille, Sainté et Nancy, et puis un nul face à des Merlus dans le creux de la vague. Meilleur buteur du club : Benjamin Nivet, 5 buts, 4 pénos. Caen n'a que deux points d'avance sur le premier relégable.

Cette équipe du Stade Malherbe n'est plus celle, talentueuse et rageuse, qui cherchait son salut désespérément dans une Ligue 1 pas faite pour elle. Aujourd'hui, les Francky Boyz sont mornes, résignés, espèrent l'emporter sur un coup de bol, une contre-attaque venue de nulle part, et curieusement, ils ont bien leur place en Ligue 1... dans le wagon qui part pour la Ligue 2. Quelque part, rien n'a changé, si ce n'est que Malherbe ne nous a pratiquement jamais donné l'occasion de nous enflammer.

La première règle du fight club est...

Notre championnat change, d'année en année. Ceux qui continuent à conspuer le niveau de notre bonne vieille Ligue 1 sont des cons, dites-leur de ma part. Les exigences tactiques sont de plus en plus élevées, et à part Didier Deschamps, les meilleurs entraîneurs du Royaume ont fait leur deuil du profil de joueur physique qui durcit le jeu au milieu et de la perche plantée devant qui claque une vilaine tête sur corner. Aujourd'hui, la Ligue 1 vibre au rythme des exploits de Pastore, Hazard, Gameiro, Remy, Nenê et autres Belhanda, qui témoignent à eux seuls de la saine évolution du niveau technique du championnat français. On inscrit plus de buts, on joue plus haut, on ferme moins le jeu, on a compris que "le salut passait par le jeu" selon l'expression consacrée, rêveuse, et pourtant peut-être véridique. La Révolution parisienne n'a pas encore vraiment eu lieu, mais la bande à feu Kombouaré a entraîné dans son sillage un peloton de tête constitué de huit équipes qui sont d'ores-et-déjà sauvées et qui vont pouvoir se mettre sur la gueule tranquillement pour se partager les places qualificatives pour la Coupe d'Europe (pronostic de Malherbe's Poetry : 1- Lille, 2- PSG, 3- OL). Derrière, douze équipes déjà larguées (6 points séparent Sainté 8e de Lorient 9e) espèrent se figer au plus vite dans le ventre mou et échapper au sprint final pour le maintien. Il est probable que huit ou neuf équipes au moins soient impliquées par la course à la relégation jusqu'à deux ou trois journées de la fin. Et dans ce bal des condamnés, Caen fait figure de routard de la profession.

C'est bien la seule chance des Francky Boyz, qui mériteraient franchement de descendre, rien que pour ce qu'ils nous infligent depuis six mois : nombreuses sont les équipes qui galèrent au moins au temps de que nous (Sochaux, Nice, Auxerre, Nancy, Valenciennes)... Il faudra compter sur les autres pour nous sauver. Espérer qu'ils soient plus mauvais et plus irréguliers que nous ne le sommes. Parce que rien, à Malherbe, ne nous permet aujourd'hui d'espérer. Il n'y a aucun joueur capable de marquer des buts. Les soi-disant stars sont aux abonnés absents (Hamouma, Niang, Nivet, Frau). La possession de balle est famélique. Les tirs cadrés n'atteignent que péniblement le chiffre de trois ou quatre par match (quand ce n'est pas zéro ou un). Caen n'a disputé que trois vrais bons matches, à l'heure actuelle, en Ligue 1.

Face à Troyes, Dumas n'a pas préservé son équipe-type, à peu de choses près. L'idée était de permettre à ses ouailles de se refaire une santé au niveau du moral, avant de se frotter à l'OM et à Rennes, pour deux objectifs différents mais cruciaux. On a pu voir que la situation était peut-être plus grave encore que ce qu'on pensait : jamais, depuis le début du siècle, le SM Caen n'a abordé la seconde partie de saison avec aussi peu de raisons d'y croire. Malherbe est éliminé de la coupe de France, et c'est tant mieux, on a déjà tant à faire ailleurs.

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Le top albums 2011 de Malherbe's Poetry :

Let shake England, de PJ Harvey

English riviera, de Metronomy

21, de Adele

Velociraptor, de Kasabian

Belong, de The pains of being pure at heart

Creep on, creepin on, de Timber Timbre

El camino, de The Black Keys

Strange Mercy, de St Vincent,

House of balloons, de The Weeknd

Drive original soundtrack

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