Culture de la lose
Stade Malherbe de Caen (14) - Évian Thonon-Gaillard (13) : 2-2
24e journée de Ligue 1
Dernier affrontement : Évian TG 2-4 Caen
Buteurs : Frau et Nabab pour Caen, Barbosa et Govou pour Évian
Arbitre : M. Moreira. Un arbitrage absolument indigne du football professionnel, ponctué d'erreurs grossières - c'est ça, aussi, d'avoir vingt kilos de trop et d'être systématiquement à trente mètres du ballon. Un penalty évident non sifflé pour Évian, un carton rouge oublié pour Heurtaux, pourtant en position de dernier défenseur, et un but refusé pour une position de hors-jeu inexistante (de trois mètres, et pas seulement au départ du ballon). Les erreurs d'arbitrage font partie du jeu, ou du moins, sont des faits de jeu que l'on peut accepter et prendre en compte. Mais le résultat final de ce Caen-Évian a été tout simplement déterminé par le pire arbitrage entrevu en Ligue 1 depuis bien longtemps. Une catastrophe. Mais comme c'était Caen contre Évian, monsieur Moreira continuera de siffler n'importe comment et n'importe quoi sur tous les terrains de France.
Spectateurs... : 14 881.
Rassasiés par le spectacle ? : 4/5. Un match extrêmement plaisant à suivre, avec de l'occase en pagaille, des jolis buts, pas mal de suspense et un retournement de situation dans les arrêts de jeu. -1 pour l'arbitrage.
Le geste du match : la superbe intervention défensive de Cédric Mongongu, qui prive Romain Hamouma d'un petit pont et d'un duel avec le gardien en s'asseyant sur la gonfle à la vitesse de l'éclair. Le geste parfait.
L'anti-geste du match : la passe en première intention et en pivot de Jérémy Sorbon, lamentablement loupée et qui offre à Whisky Coca une première chance d'égaliser.
L'homme du match : évidemment, Sydney Govou. On ne peut pas dire qu'il a fait un grand match, Whisky-Coca, mais il n'y avait que lui pour réussir cette putain de reprise de volée à la dernière seconde qui passe dans une forêt de jambes avant d'aller secouer les filets, après avoir raté deux occasions autrement plus faciles. Putain de héros.
L'anti-homme du match : visiblement, ça intéresse de moins en moins Frédéric Bulot de prendre part au jeu. Dumas continue de l'inscrire sur la feuille de match, mais c'est bizarre, parce qu'on ne le croise jamais sur le terrain. Sur l'aile gauche, offensivement, on a davantage vu Montaroup...
Compos :
Caen : Thébaux, Montaroup, Sorbon, Heurtaux, Vandam, Proment, Seube, Hamouma, Nabab, Niang, Frau ; F. DUMAS
Évian : Andersen, Cambon, Mongongu, Dja Djedje, Rippert, Barbosa, Farina, Rabiu, Poulsen, Govou, Sagbo ; P. CORREA
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Sombres héros de l'amer.
Samedi soir, au terme d'un match éreintant pour les nerfs et pour le moral, difficile de garder son calme après avoir vu le Stade Malherbe céder enfin et renoncer aux trois points qui leur tendaient pourtant les bras. Sydney Govou vient d'égaliser à la 94e minute, et en une fraction de seconde, c'est tout notre amour pour les Francky Boyz qui vacille. Comme on conserve des vieux dossiers qui remontent à la surface et s'embrasent lors de scènes de ménage, nous avons tous, sans doute, hurlé notre colère et notre désoeuvrement devant cette nouvelle démonstration de la culture de la lose à la caennaise. Un match nul concédé dans les ultimes secondes face à Évian Thonon-Gaillard a ce genre d'effets néfastes : on en viendrait presque aussitôt à questionner les raisons qui nous poussent, saison après saison, à nous infliger un tel spectacle.
Mais entre le Stade Malherbe et nous, il ne saurait être question de rupture. Un supporteur de football est plus fidèle encore que le plus transi des amoureux. Il acceptera tous les supplices, toutes les humiliations, dans l'attente de jours meilleurs - un petit threesome ou une épopée en Coupe de la Ligue, par exemple. Un supporteur caennais plus encore que n'importe quel autre. Nous avons survécu à Alex Di Rocco, à Seyni N'Diaye, à des branlées mémorables au Vélodrome et à Lille, à des années maussades en seconde de partie de tableau en L2... Autant dire qu'on en connaît un rayon niveau déceptions.
Il serait tentant de croire qu'on a, vous et moi, une prédisposition à la souffrance et au malheur. Pas du tout. Sauf qu'on était prévenus dès le départ de ce qui nous attendait, et qu'il nous ait interdit, aujourd'hui, de faire les innocents. C'était marqué sur le contrat, et pas en tout petit sur la tranche, non, c'était marqué en lettres de feu, sur la couverture : Caen est une équipe de losers. Supporter le Stade Malherbe, c'est accepter que notre équipe favorite ne gagnera jamais rien, ne remportera probablement jamais le moindre trophée (même pas une vieille Coupe de la Ligue qui pue, contre Brest en finale), et ne pourra jamais nous offrir autre chose que l'immense déception de la relégation ou l'intense soulagement du maintien. La gloire, c'est pour les autres. Et si on aime Malherbe, c'est aussi pour ça, pour cette incohérence délicieuse qui régit les résultats du club depuis quinze piges, pour ces joueurs techniquement limités capables d'exploits prodigieux, pour ces vieux de la vieille aux genoux qui grincent, qui réussissent encore à envoyer la gelée une fois tous les dix matches, pour cette capacité à ne ressembler à une autre équipe, surtout, et enfin, en s'envoyant les Lyonnais comme des Tic-Tac avant de s'écrouler dans les arrêts de jeu face à Évian.
Pieds de feu carrés.
En première mi-temps, Malherbe avait tout bon. Certes, les Francky Boyz ne déployaient pas la même agressivité et la même application à se replacer que face aux Lyonnais, mais l'essentiel était pourtant là : une vraie débauche d'énergie, une capacité précieuse à se créer des espaces et à les exploiter, et une sérénité technique retrouvée après trois mois d'enfer. En face, Évian est venu sans véritable plan de jeu, apparemment, et tente de pratiquer le football le plus direct possible, vers Sagbo et Farina. Si le premier n'était pas dans un grand jour, le second a en revanche posé d'énormes problèmes à la défense caennaise, se jouant à plusieurs reprises de Sorbon et d'Heurtaux et les obligeant à des interventions risquées, voire même kamikazes, comme ce tacle suicidaire de Thommy en pleine surface et qui aurait dû offrir un péno aux joueurs de Pablo Correa si l'arbitre n'avait pas été dans le rond central à cueillir des pâquerettes au moment de la faute. Défensivement, Malherbe est parfois à la peine, mais tient la baraque, peut-être un peu à l'esbroufe. Mais offensivement, c'est Bagdad devant les buts d'Andersen. Et comme à Bagdad, les missiles tombent plus souvent sur les écoles que sur la cible.
Romain Hamouma et Livio Nabab sèment le chaos et la destruction au sein de l'arrière-garde évianaise. Les deux flèches caennaises se trouvent remarquablement bien dès le milieu de terrain franchi et parviennent à combiner jusque devant les buts. Dès les cinq premières minutes, ça sent déjà le flambé chez les visiteurs. Nabab loupe d'abord le coche sur un débordement et un centre parfaits d'Hamouma. Puis on inverse les rôles et c'est Livio qui parvient, au terme d'une course folle, à remettre le ballon dans le dos des défenseurs : Messi-du-14 est plus adroit que son partenaire, mais Andersen repousse la tentative d'une parade sublime. Le danger se précise : sur un centre en retrait, venu de la gauche, cette fois, Hamouma arrive lancé mais un poil en retard et sa frappe décolle au-dessus de la barre. En face, Évian réagit sans trop savoir comment, et souvent par l'intermédiaire de Farina, qui place une tête légèrement trop enlevée sur coup-franc, avant d'aller cherche un penalty indiscutable mais non sifflé.
Malherbe joue bien mais ne parvient pas à concrétiser sa domination. Les occasions se multiplient aux avants-postes mais les Boyz manquent cruellement de réalisme. Inutile de charger la mule sur Livio Nabab, au passage : s'il a une marge de progression énorme techniquement, ses courses croisées, ses appels dans le dos de la défense apportent énormément de profondeur au jeu caennais. Sans compter que Livio chope tout ce qui se passe de la tête. Bref, tout ça, c'est bien beau, mais ça fait encore 0-0 à deux minutes de la pause. Heureusement, cette année, Caen a appris à se procurer des pénos. Ça en devient presque indécent (c'est le 7e de la saison). Sur un nouveau déboulé de Pierre-Alain Frau dans l'axe, Rippert accroche le Nez qui commençait à armer sa frappe. PAF n'hésite pas et se fait justice lui-même, sur un péno affreusement mal tiré. Rien à foutre, ça fait 1-0.
Calva coupé à la flotte.
À vrai dire, à ce moment-là, on ne s'en faisait pas trop pour nos Caennais. Leur domination en première période et la difficulté des Évianais à démontrer quoi que ce soit dans le jeu nous laissaient espérer une seconde période tranquille. Que nenni ! Parce que les hommes de Pablo Correa semblent y croire dur comme fer. Alors que Caen éprouve les pires difficultés à se remettre dans le sens du jeu, Évian saute des lignes et se facilite la tâche en amorçant les action de plus loin, et profite des espaces entre les lignes dus à un replacement trop mollasson. Favina n'a pas fini de mettre en galère Jérém' et Thommy, et oblige Heurtaux à une nouvelle intervention illicite en position de dernier défenseur. Le carton jaune qui suit est absolument incompréhensible (s'il y a faute et carton sur cette action, il devrait nécessairement être rouge) mais incite Cédric Barbosa à rendre justice aux siens ; d'une jolie frappe côté ouvert, l'ancien Montpelliérain trouve le petit filet et inscrit son 3e but de la saison face au Stade Malherbe. 1-1. Au passage, on ne saluera pas le placement d'Alexis Thébaux, qui a dit être masqué au départ du ballon, mais qui n'a rien fait pour l'éviter, en demandant un espace dans le mur ou en se décalant côté ouvert.
Tout est à refaire pour les Francky Boyz, qui avaient eu toutes les peines du monde à ouvrir le score et qui vont devoir cravacher pour repasser devant. Sauf que non. Sur un contrôle douteux au milieu de terrain, Proment hérite du ballon et profite du placement approximatif de la défense évianaise pour glisser le ballon à Nabab. Livio, on ne peut pas lui retirer ça, il court très vite. Et il laisse sur place toute la défense pour aller glisser avec un tantinet de réussite le ballon sous le ventre d'Andersen. 2-1. Autrement dit, les trois points sont dans la poche.
Mais les Caennais reculent et manquent de sérénité. La crise hivernale est encore dans toutes les têtes. Incapables de conserver le ballon plus de vingt secondes dans le camp adverse, malmenés par un pressing très énergique à défaut d'être organisé, les Francky Boyz se mettent inutilement en difficulté, commettent toujours trop de fautes aux quarante mètres. À Lyon, les Caennais ne sont pas posés autant de questions ; là, ils semblent cogiter à 200 à l'heure, cafouillent leur football. Govou est tout prêt d'égaliser sur un enchaînement poitrine-reprise de volée impeccable, mais parfaitement sorti par Thébaux. Mais on n'a pas fini de trembler : sur un ballon anodin en retrait, Sorbon loupe sa transmission en première intention et offre à Whisky-Coca un nouvel duel avec Thébaux, complètement manqué cette fois. On entre dans les arrêts de jeu. Malherbe tient le bon bout. Se rassure comme il peut, avec des corners foireux joués à deux pour gagner du temps. Nabab et Nivet s'amusent une fois ou deux, et puis Livio décale Nivet, qui tente sa chance : sa frappe manque de puissance et n'est même pas cadrée, mais Traoré est parfaitement placé pour pousser le ballon au fond. Le but de la délivrance, sauf que le trio arbitral invalide le but, pour une délirante position de hors-jeu, imaginaire de trois bons mètres. La suite, on la connaît : dernier corner, Andersen est monté, l'action se transforme en partie de flipper, Andersen place sa chandelle, Nabab place sa tête, Sorbon place sa tête, Govou place sa reprise, qui manque grandement de puissance mais qui passe sans qu'on sache trop comment entre toutes les jambes caennaises et trompe Thébaux, cette fois-ci vraiment aveuglé. 2-2.
Alors oui, il y a de quoi être énervé, mais tâchons néanmoins de positiver : au vu des décisions arbitrales, Caen aurait pu concéder un penalty en premier et même être réduit à dix. Ajoutons à cela que Caen ne perd plus, et a pris un point finalement important dans une seconde partie de tableau où les plus faibles stagnent mollement. Ce match nul face à Évian est une énorme déception au vu du contexte du match, mais sera vite oublié en cas de bons résultats lors des trois prochaines rencontres. En attendant, Caen reste l'équipe la plus faible à domicile, avec 11 points de pris sur 33 possibles. On compte sur les Francky Boyz pour faire progresser ces stats demain face à Auxerre. Et à ce moment-là, on les pardonnera.
"INSTANTANÉMENT COMME ÇA / REPRENDRE DE VOLÉE D'AUSSI LOIN / COMME ELLE VIENT"
Bande-son du jour : Such a sad puppy dog, de WU LYF (World Unite Lucifer Youth Fundation) sur le disque Go tell fire to the mountain.
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Le bulletin de notes :
Thébaux [6] : brillant à deux reprises face à Govou, il a réellement été pris en défaut côté ouvert sur le premier but, et ne peut pas grand chose sur le second.
Vandam [5] : toujours aussi irrégulier et pénible à la relance.
Heurtaux [5] : deux interventions qui auraient pu coûter très cher, beaucoup d'imprécisions dans le placement, et un vrai manque de clairvoyance pour gérer les situations tendues. Un sale match, quoi.
Sorbon [4] : mis à mal par Favina dès sa première touche de balle, Jérém' a multiplié les tuiles, de cette passe foireuse qui offre un duel à Govou, à cette tête douteuse dans les arrêts de jeu, que Govou ne manque pas, cette fois.
Montaroup [6] : toujours dans le même - bon - registre, Aurélien peine parfois à tenir son vis-à-vis sur son aile. Encore de très louables efforts offensifs.
Seube [6] : encore un gros abattage de Nico, aspirateur de ballons dans l'ombre.
Proment [6] : plutôt un bon match, de la part de notre G.I., auteur d'une jolie passe décisive pour Nabab et de quelques interventions salvatrices aux trente mètres.
Hamouma [6] : en première période, on a pu admirer une belle complicité de jeu avec Nabab, un placement de plus en plus cohérent, et un manque de réussite flagrant. C'est dommage, mais il n'y est pas pour grand-chose. Beaucoup moins à son aise après la pause.
Bulot [3] : on l'a vendu au mercato, ou bien ?
Frau [7] : encore une très belle perf' de PAF, qui a réussi de jolis déboulés dans l'axe jusqu'à obtenir un péno et le transformer. Moins en vue après la pause...
Nabab [7] : très beau boulot dans le domaine aérien, vrai travail et efforts répétés pour donner de la profondeur au jeu et très joli but (son 2e en deux matches). Le problème, c'est ce truc immanquable à un mètre du but qu'il envoie au poteau de corner.
Nivet [5] : entrée en jeu loupée, son rôle étant de faire remonter le bloc. Il a quand même fait une passe décisive involontaire à Traoré. Qui n'a pas compté.
Traoré [10] : le héros rentre sur le terrain, marque son but et voilà que l'arbitre agite son drapeau en kryptonite pour un hors-jeu imaginaire. Le héros est maudit.
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Tous les scores :
Ajaccio 0-0 Brest
Caen 2-2 Évian TG
Paris 2-2 Montpellier
Bordeaux 1-0 Lyon
Saint-Étienne 4-0 Rennes
Nancy 0-3 Toulouse
Dijon 3-0 Nice
Sochaux 0-0 Auxerre
Marseille 1-1 Valenciennes
Lorient 0-1 Lille
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Le classement :
| 1. Paris SG | 51 pts | (+19) |
| 2. Montpellier | 50 pts | (+22) |
| 3. Lille | 42 pts | (+15) |
| 4. Marseille | 39 pts | (+12) |
| 5. Lyon | 39 pts | (+9) |
| 6. Saint-Étienne | 39 pts | (+5) |
| 7. Rennes | 39 pts | (+4) |
| 8. Toulouse | 37 pts | (+2) |
| 9. Bordeaux | 36 pts | (+3) |
| 10. Valenciennes | 27 pts | (-3) |
| 11. Lorient | 27 pts | (-4) |
| 12. Brest | 26 pts | (-1) |
| 13. Dijon | 26 pts | (-13) |
| 14. Évian TG | 24 pts | (-6) |
| 15. Caen | 24 pts | (-7) |
| 16. Nancy | 23 pts | (-11) |
| 17. Ajaccio | 23 pts | (-17) |
| 18. Auxerre | 21 pts | (-7) |
| 19. Nice | 20 pts | (-7) |
| 20. Sochaux | 20 pts | (-15) |
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Du côté du Facebook de Malherbe's Poetry :
Anicet : "Est-ce que statistiquement, la plus mauvaise équipe à domicile s'est déja maintenue en Ligue1? Je ne crois pas. Dommage, hier soir on ne s'est pas ennuyé, ce qui était rare à d'Ornano ces derniers temps."
Arsène : "C'est du Caen dans le texte. C'est aussi pour ça qu'on kiffe cette équipe, capable de nous faire osciller entre euphorie et frustration."
Danonino : "C'était Danonino l'arbitre."
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