Coups de grâce
12 mai 2008 à 16:27
Amis du retourné,
On va vous mettre la tête à l’envers
RC STRASBOURG – SM CAEN : 1 – 4
Spectacle : 5/5.
Buteurs : Gameiro pour Strasbourg ; Toudic, Gouffran et Dos Santos CSC pour Caen.
Affluence : 17.318
Arbitre : M. Jaffredo
L’homme du match : Juju Toudic, un retourné de derrière les fagots pour commencer et un cachou à bout portant pour finir.
L’anti-homme du match : Difficile de départager les plots en caoutchouc qui constituaient la défense alsacienne ; disons Dos Santos, puisque deux buts sont venus de son aile et qu’il s’est fendu d’un CSC mémorable.
Hourrah football
Samedi, plus que jamais, Malherbe est resté fidèle à sa philosophie : attaque de feu, défense de carton (4ème meilleure attaque de L1, et 4ème pire défense, beaucoup plus classe que l’inverse). Svenssön, notre international suédois, de retour sur le pré, a bien eu du mal à s’y faire : quand le SM Caen joue pour se faire plaisir, le SM Caen renonce à défendre. Autant ce genre de stratégie se conclurait par un revers cinglant sur la plupart des pelouses de L1, autant à Strasbourg, samedi, c’était journée portes ouvertes. Le Racing jouait son avenir dans l’élite, et jamais il ne fut plus pathétique (en même temps, j’en sais rien, j’ai pas vu tous leurs matchs, mais là, vraiment, c’était difficile de faire pire).
Comme au match aller, Malherbe est en réussite. Fait rimer efficacité avec spectacle. Sept minutes et Caen réveille le multiplex de Canal en fanfare. Une action de grande classe, comme Malherbe nous en offre des tonnes en ce moment, Gouff’ décale Elu, qui centre, le temps s’arrête et Juju Toudic, maintes fois comparé à JPP dans le style (petit, rusé, rapide, assez adroit devant le but, après niveau talent, il y a peut-être un décalage), se fend d’une papinade formidable devant une défense médusée et un Cassard qui prend racine. Un grand coup de poignard dans le dos strasbourgeois, mais un poignard taillé dans le diamant.
Malherbe est en réussite, parce qu’il faut être en réussite pour essayer et réussir des trucs comme ça. Comme il faut être vraiment dans la mouise pour se choper un deuxième but comme Strasbourg le fait dans la foulée. Coup franc puissant mais centré de Proment, Cassard, pas inspiré, dégage des deux poings sur Dos Santos qui place une poitrine pleine de sérénité jusque dans ses filets. Bad beat.
Bon, à cavaler dans un sens uniquement en faisant raquer les Alsaciens aussi cher, Caen finit par rendre la monnaie. Joli mouvement (quoique saccadé) côté droit, Alvaro Santos talonne pour Fanchone (qui a failli venir à Caen l’été dernier, le saviez-vous ? A la place, on a eu Eluchans, je suis pas sûr qu’on ait perdu au change), Fanchone qui centre pour Gameiro et le lutin strasbourgeois, délaissé par un Svenssön boudeur, crucifie Costil.
Désolé pour samedi soir
Caen n’a même pas le temps de s’inquiéter. Hengbart, encore parti en débordement, offre à Gouff’ son dixième but de la saison et Toudic, en fin de match, s’en va porter l’humiliation à ses sommets grâce à une ouverture inspirée de Jérém’ Sorbon. 1-4, le match de l’espoir s’est mué en déroute totale pour des joueurs du Racing en état avancé de décomposition, manquant cruellement d’inspiration, d’organisation, d’énergie et même, je suis désolé de le dire, de talent pour certains.
Malherbe n’a pas eu à forcer son talent pour envoyer le Racing en L2. D’ailleurs, les Ciel et Blanc se sont présentés sur le pré comme des condamnés, sans y croire, sans essayer de conjurer le sort.
On ne peut pas vraiment dire que Caen a fait un grand match ; Malherbe a joué son rôle d’arbitre impitoyable comme face au Paris SG, même tarif de trois buts d’écart à la clé. Avec cette fois-ci une bonne dose de compassion envers des Strasbourgeois plus malheureux que les pierres dès le coup d’envoi.
Caen est 10ème, Strasbourg en L2. Et si JPP s’était vraiment incarné dans le petit corps malingre de Juju Toudic pour se venger de la Meinau ?
« INSTANTANEMENT COMME CA / REPRENDRE DE VOLEE D’AUSSI LOIN / COMME ELLE VIENT »
La bande-son du jour : le disque de reprises de Tom Waits sur l’album de la délicieuse Scarlett Johansson, Anywhere I lay my head.
Pendant que j’écris : je ne profite pas du soleil et c’est pourquoi je vous abandonne.