Cordial et champêtre...
Nîmes Olympique - Stade Malherbe Caen : 0-4
Buts : Eluchans (x2), El Arabi, Langil
Arbitre : M. Chapron, encore un arbitre de L1 pour Caen, et il fut plutôt réglo, quoi qu'en dise Jean-Michel Cavalli. Disons 4/5.
Spectateurs... : 9 709
... rassasiés par le spectacle ? : 5/5. Rassasiés, oui, satisfaits, pas sûr.
L'homme du match : El Arabi, aligné une nouvelle fois en pointe, malgré une prestation douteuse contre Dunkerque en Coupe de France. 1 but, 1 passe décisive magnifique, un match plein. L'intérim de Toudic et Traoré, blessés, est d'ores-et-déjà assuré.
L'anti-homme du match : Johan Cavalli. Est-ce parce que Papa est entraîneur que le numéro 8 nîmois se croit tout permis ? Quoi qu'il en soit, c'est très malpoli de discuter des décisions arbitrales alors qu'on a tort, et c'est très vilain de se venger sur Seube, en lui imprimant la trace de tous ses crampons sur la cuisse. Pour parachever son portrait du gros con, il ne reste plus qu'à hurler au scandale quand on ramasse un rouge logique pour cet attentat.
Le geste du match : l'enchaînement feinte de corps/crochet extérieur de Youssef El Arabi pour offrir un caviar ultime à Eluchans.
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En s'imposant par quatre buts d'écart sur le terrain de Nîmes, le Stade Malherbe vient de signer sa plus large victoire de la saison et de se remettre sur les rails après deux rencontres sans victoire. Certes, la rouste infligée à des Nîmois mauvais perdants tient sans doute autant à la faiblesse des adversaires, trop occupés à déglinguer Benji Nivet pour jouer au football, qu'à la qualité de jeu des Francky Boys, qui ont su prendre la mesure de la faiblesse de l'ennemi avant de frapper, sans précipitation, avec maîtrise et rigueur collective.
Pourtant, les Nîmois ont sans doute cru pouvoir profiter de la relative baisse de forme du leader pour prolonger leur belle série d'invincibilité à domicile (une dizaine de mois, quand même, respect). Mandrichi, après deux minutes de jeu, précède Barzola à la réception d'un centre de Moukandjo pour balancer le cuir sur le poteau. Les Francky Boys sont pas des mecs contrariants, ils sont d'accord pour la jouer hard, prouvant ainsi qu'ils ont toujours autant de répondant cette année. Trois minutes plus tard, à la suite d'un bon coup franc obtenu par Nivet (à la vérité, plutôt concédé bêtement par la défense nîmoise en dégommant Nivet), Eluchans, tiens donc, pourquoi pas, supplée son compatriote Pablo, habituel préposé au coup franc lointains, et enroule une frappe au-dessus du mur que Nivet détourne en pleine lucarne. Le but est attribué à Eluchans, qui avait bien besoin de ça pour commencer sa saison, et Malherbe prouve une nouvelle fois sa nouvelle passion pour les coups de pied arrêtés. 0-1.
C'est là qu'on va vite se rendre compte que Nîmes n'a pas les armes pour faire face à des Caennais tellement peu menacés qu'ils n'avaient qu'à dérouler calmement pour conforter leur avance. Le temps pour les Nîmois de se voir refuser logiquement un but pour une position de hors-jeu, et c'est reparti. Les Francky Boys varient leurs offensives, et se montrent moins tributaires qu'à l'accoutumée des percées des ailiers (en l'occurence, surtout de Langil). D'ailleurs, c'est dans l'axe que se fait la différence sur le deuxième but : El Arabi, servi à trente mètres des buts, accélère, laisse sur place deux défenseurs et profite du magnifique faux appel d'Elu pour s'avancer seul face au portier nîmois, avant d'offrir un caviar et un doublé à l'argentin, seul à deux mètres du but vide. 0-2. Trop facile.
Nîmes n'est pas la hauteur, voilà tout. Quand on voit Mostefa tenter un centre à trente-cinq mètres des cages caennaises et son ballon s'envoler à la verticale, droit en tribune, difficile d'imaginer de tels branquignols revenir dans la rencontre. Il y a bien Mandrichi, hélas pour lui complètement maîtrisé par la défense normande, ou encore Cavalli, plus volontaire que talentueux, mais cela est bien loin de suffire. Nîmes accuse un manque de mobilité et une lenteur coupables, une imprécision chronique dans les transmissions, et une maladresse et une naïveté monumentales dans les duels. Sans compter que le fils de l'entraîneur, Johan Cavalli, est assez stupide pour récolter deux cartons en quatre minutes, le premier pour avoir bousculer Nivet et contesté la faute, le second pour avoir planté ses crampons dans la cuisse de Seube. Comme si Malherbe avait besoin de ça pour rentrer confiants aux vestiaires.
Du coup, les Francky Boys dévorent la seconde période, sans forcer. El Arabi, surtout, affole à lui seul toute la défense nîmoise et oblige Puydebois à quelques interventions plutôt classieuses. Et alors que les Nîmois tentent peu à peu de sortir la tête de l'eau, les Normands enfoncent le clou. El Arabi sert Seube sur la gauche, le numéro 2 caennais temporise, avant de remettre à El Arabi, plat du pied, sécurité, 0-3.
Trop rapides en contres, terriblement tranchants, les Caennais ajoutent de nouvelles cordes à leur arc déjà bien fourni cette année et laissent sur place des Nîmois à côté de leurs pompes, déstabilisés par le réalisme normand et des erreurs évitables (naïveté effarante en défense, manque d'anticipation, lecture du jeu pitoyable et, pour couronner le tout, maladresse de leur coach, qui se perd en discussions avec l'arbitre et pénalise ses joueurs, déjà pas vraiment dans leur match). La relance caennaise est sereine, jamais vraiment perturbée, le milieu de terrain, d'ordinaire plaque tournante, s'est muté en rampe de lancement et en accélérateur de particules. Les offrandes de Nivet, la solidité de Seube, la précision et la constance retrouvée de Proment, tout cela forme un arsenal dont l'efficacité était presque du luxe, tant les Caennais n'avait pas besoin de tant de variété pour faire plier des Nîmois aux abois.
La suite, c'est du football champagne. Yatabaré loupe le coche et tire juste au-dessus, comme un couillon. Et puis Sorbon, mon Dieu, parti comme un beau diable plein axe, et servi en profondeur, s'offre le premier duel de sa vie face à un gardien de but. Sans doute n'en avait-il jamais vu un d'aussi près. Du coup, Jérém' s'emmêle les pinceaux, s'emmêle les neurones, s'emmêle tout ce qui peut s'emmêler, fait demi-tour et saccage sa belle occasion. Mais nous fait bien marrer quand même.
Langil, peut-être un tantinet déçu de ne pas avoir été l'élément décisif comme à l'accoutumée, s'en va quand même épicer son compteur buts d'un plat du pied un peu piteux que Puydebois dévie à peine. 0-4. Don Dumas peut s'enorgueillir d'une dixième victoire en quinze matches et voit ses ouailles prendre le large au classement (meilleure attaque, meilleure défense, sept points d'avance), avant un derby espérons-le épique face à des Havrais actuels dauphins des Caennais.
INSTANTANEMENT COMME CA / REPRENDRE DE VOLEE D'AUSSI LOIN / COMME ELLE VIENT
La bande-son du jour : Four Kicks, des Kings of Leon, sur le disque Aha Shake Heartbreak
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NOTES :
Thébaux [6] : en voilà un qui a rien glandé... C'est le poteau gauche qui a sorti l'unique grosse occase des Nîmois.
Barzola [6] : un peu cueilli à froid par Mandrichi dès la deuxième minute, le petit argentin a contribué à la solidité de la défense caennaise par des interventions tranchantes.
Heurtaux [7] : la classe alliée à la solidité. Pour pinailler, l'une de ses interventions, pas finaude, a offert une belle opportunité de coup franc aux Nîmois. Qu'ils ont foutu en l'air.
Sorbon [7] en défense, [-14] en attaque : Jérém' fait son one-man show.
Raineau [6] : il gâche une belle opportunité en début de match, la faute à un contrôle orienté foireux, mais le reste du match, il fut plutôt adroit, et assez appliqué. Allez, ça ira pour cette fois.
Proment [7] : moins emmerdé qu'à l'accoutumée, Greg' a fait du bon boulot, a perdu peu de ballons et a laissé Elu tirer le coup franc. Sacré coup de flair.
Seube [7,5] : un monstre à la récupération, et en plus, il a été décisif. Cela commence à bien faire d'être aussi irréprochable.
Nivet [7,5] : working-class hero.
Eluchans [7] : le gentil fantôme Elu a alterné maladresses techniques un peu couillonnes et buts assistés (par Nivet et El Arabi). Un gentil fantôme qui traverse les matches sans bruit mais qui, pour une fois, a laissé des traces de son passage.
Langil [7,5] : toujours aussi dangereux mais un peu moins en vue (disons plutôt qu'il n'a pas été seul à briller), Steeven a fait parler sa vitesse, et s'est appliqué à faire mal, très mal. Un p'tit but de cocu (c'est pas la première fois) pour clore le match. Parfait.
El Arabi [8] : monstre de rapidité et de vivacité, El Arabi a fait l'amour aux défenseurs nîmois, a offert un hyper-caviar à Elu et s'est payé un but. Enfin, El Arabi confirme tout le bien qu'on pense de lui.
Deroin, Yatab' et Leca [cordiaux et champêtres]
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TOUS LES SCORES
Metz 2 - 1 Clermont
Laval 1 - 1 Sedan
Bastia 1 - 1 Brest
Tours 2 - 0 Angers
Istres 1 - 1 Vannes
Dijon 0 - 0 Strasbourg
Guingamp 4 - 1 Arles-Avignon
Nîmes 0 - 4 Caen
Nantes 2 - 2 Châteauroux
Le Havre 1 - 0 AC Ajaccio
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LE CLASSEMENT
| 1. Caen | 34 pts | (+14) |
| 2. Le Havre | 27 pts | (+5) |
| 3. Metz | 26 pts | (+3) |
| 4. Nantes | 24 pts | (+3) |
| 5. Arles | 24 pts | (0) |
| 6. Tours | 23 pts | (+6) |
| 7. Brest | 23 pts | (+5) |
| 8. Laval | 21 pts | (+4) |
| 9. Châteauroux | 20 pts | (+1) |
| 10. Vannes | 20 pts | (-3) |
| 11. Nîmes | 20 pts | (-4) |
| 12. Ajaccio | 17 pts | (+3) |
| 13. Dijon | 17 pts | (-3) |
| 14. Guingamp | 17 pts | (-3) |
| 15. Clermont | 16 pts | (-2) |
| 16. Angers | 16 pts | (-3) |
| 17. Sedan | 15 pts | (-7) |
| 18. Istres | 14 pts | (-10) |
| 19. Strasbourg | 13 pts | (-5) |
| 20. Bastia | 10 pts | (-4) |