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Connaissez-vous beaucoup de clubs de foot dont le nom est celui d’un poète ? Fidèle abonné au Stade d’Ornano (tribune Centre, rang I, siège 166), qui a vu l’épanouissement de William Gallas et la chute de Dangbeto et a vénéré Xavier "le routard" Gravelaine, Arsenic écrit pour vous démontrer que ce nom ne doit rien au hasard. Malherbe qui joue, c’est peut-être pas du Baudelaire, et ça rime pas toujours, mais c’est toujours rock’n’roll.

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Comme un aimant mou

22 janvier 2009 à 13:25 Comme un aimant mou

L’année 2008 aura été satisfaisante à plus d’un titre pour le Stade Malherbe. L’année où Caen renoua avec le bonheur de conserver sa place dans l’élite en troquant sa panoplie d’équipe sponsorisée par les ascenseurs Otis contre celle d’une équipe sympa à voir jouer (4ème meilleure attaque la saison dernière). L’année de Gouffran au top et de Savidan en Equipe de France, 15 ans après Xav’ Gravelaine Le Dingue. L’année de ce Caen-PSG qui restera dans la mémoire des supporters. Mais en fait, à y regarder de plus près, si on plisse les yeux un p’tit peu, le SM Caen sort surtout d’une année bien moisie. 4 victoires sur les 19 derniers matches de la saison 2007-2008. 5 victoires sur les 19 premiers matches de la saison 2008-2009. 43 points chopés au cours de l’année 2008, soit pas mieux qu’un parcours de relégable (rappelons qu’en 2004, Caen avait été relégué en L2 avec... 43 points).

Pire, le SM Caen a perdu sa joyeuse habitude d’emmerder les grands de ce monde... Au cours de l’année passée, les gars de Big Francky n’ont jamais bousculé les cadors du championnat. 1 point pris en deux confrontations contre Lyon (2-2, 0-1), aucun point pris contre Bordeaux (1-2, 1-2), aucun point pris contre Marseille (1-6, 1-2)... A tous ces chiffres, on ajoutera trois mois de disette pour bien commencer l’année (les bonnes résolutions, c’est pas trop le truc de Francky) et de longues semaines de souffrance pour la clore (pas une victoire depuis une plombe et tous les milieux de terrain qui s’entassent dans l’infirmerie). Je sais pas, peut-être que le staff medical caennais a engagé une nouvelle infirmière hyper canon...

Toujours est-il qu’on attendait un peu mieux du SM Caen cette année, et à mi-parcours, seules deux équipes ont gagné moins de matches (VA et Le Havre, pour ne pas les citer). Bon, c’est encore potable, vu que Malherbe perd peu et empile les matches nuls, comme le LOSC de la grande époque, mais avec quatre buts de plus par match. Voilà, l’effet de surprise est passé, les adversaires des Caennais ne laissent plus les Normands prendre le jeu à leur compte et répéter ces contres rapides et assassins qui étaient notre fond de commerce. En fait, ça devait arriver, et on devrait peut-être s’enthousiasmer que ça ne soit pas synonyme de zone rouge. Parce que si Malherbe peine de plus en plus à développer ce jeu léché et fluide qui faisait le bonheur de d’Ornano, Francky Boy a su inculquer à ses gars l’art de ne pas s’écrouler moralement au moindre but encaissé. L’expérience de la Ligue 1, certainement. Résultat, Caen ne prend plus de valises comme la saison dernière et se montre désormais capable de revenir au score dans des situations critiques, comme à Lille ou ce week-end contre Monaco.

On ne va pas revenir sur ce match dont on ne sait pas trop s’il doit être considéré comme un bon résultat ou non (pas terrible pour un match à domicile contre une équipe aux abois, mais bon, vu les circonstances de match...). Malherbe a encore montré des carences défensives assez folles : tout le monde est à la rue sur le premier but, véritable exploit de Pino, et tout le monde est au bistrot pour le second but, quand deux Monégasques ont failli se gêner tellement ils se sentaient seuls au monde devant le but de Planté.

A propos, vendre Karl Svensson et l’ogre Brahim Thiam, c’est bien, mais personne ne pense donc à recruter un type solide qui pourrait faire office de patron dans la passoire qui nous sert de défense ? Alors, quelles raisons d’espérer pour 2009 ?

D’abord, Ben K. Ce croisement de lévrier et de pitbull retourne la situation à lui seul contre Monaco en enrhumant son vis-à-vis avant de marquer en faisant ricocher le ballon sur le crane de Savidan. Ce type affole les défenses et mord la ligne avec un tel enthousiasme et un tel talent qu’on se dit qu’on avait jamais eu un tel ailier à Malherbe. Ben Khalfallah est prié de ne se plus blesser d’ici juin. Ensuite, Nivet, au top du hip-hop cette année alors qu’il avait presque déçu l’an dernier. Déjà 6 buts claqués pour Benji qui a profité de la blessure hivernale de Deroin pour enfin retrouver de l’importance dans le jeu et maintenir l’équipe à flot quand le milieu était dans le creux de la vague.

Et puis Savidan, of course, qui sait marquer même en étant transparent, la marque des grands. Autant profiter du bonhomme à fond avec qu’Aulas et ses millions ne viennent faire une rafle dans le coin. Et Planté, enfin, dont on ne se rappelle plus trop la dernière bourde, et c’est tant mieux.

Bon maintenant, c’est acquis, cette saison sera celle de la transition. C’est le terme qu’on utilise pour signifier qu’on ne peut plus se permettre de viser grand-chose sinon rester mollement aimanté au chaud dans le milieu de tableau, et qu’on va devoir assurer la maintien le plus vite possible, à l’auxerroise, pour... pour... Pourquoi, en fait ? Ben pourquoi pas pour s’offrir le luxe de retrouver le fond de jeu qui nous a parfois émerveillé la saison dernière ?

Avant d’enchaîner deux déplacements périlleux au Parc et au Chaudron, il y a toujours moyen de se faire les dents en coupe ce week-end contre Boulogne et peut-être de s’offrir, une fois n’est pas coutume, une aventure en Coupe de France. Histoire d’égayer la fin de saison.

SM CAEN – AS MONACO : 2-2

Buteurs : Savidan et Nivet pour Caen, Pino et Alonso pour les défiscalisés

“INSTANTANEMENT COMME CA / REPRENDRE DE VOLEE D’AUSSI LOIN / COMME ELLE VIENT”

LA BANDE-SON DU JOUR : la bande originale géniale du film This is England parce qu’on devrait avoir droit à une fin de saison passionante outré-Manche






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