Caen loupe son virage et vole dans le décor
27 janvier 2008 à 02:05
Amis de l’Olympe, les Olympiens nous attendent…
Olympique de Marseille – Stade Malherbe de Caen : 6-1
Buts : Cissé (x3), Valbuena (x2), Nasri pour Marseille ; Toudic pour Caen
Arbitre : M. Ledentu
Spectacle : 5/5, direct
Homme du match : Valbuena, Cissé ou Nasri, au choix
Dans l’auto, sur la route qui nous menait jusque chez mon frère, où nous devions suivre le match sur Foot + (commentaires assurés par Philippe Bruet et Michel Hidalgo), j’ai affirmé à mon père que je sentais que la soirée serait riche en buts. J’aurais préféré me tromper, voyez-vous.
Pendant la dernière saison de Caen en Ligue 1 (2004-2005), Caen était allé s’imposer au Vélodrome 3 buts à 2. Et Marseille s’était imposé à d’Ornano sur le même score. Je me rappelle très bien qu’un but de Marseille avait été injustement accordé et que Lemaître, qui avait égalisé dans les arrêts de jeu, s’était vu refuser un but pourtant parfaitement valable. Pour les petits clubs, c’est confortable de jouer contre Lyon, Paris ou Marseille, on peut toujours se persuader que l’arbitre favorise « les gros ». N’empêche, on se méfie. Avec beaucoup de mauvaise foi, généralement, mais pas toujours, quelquefois on se dit qu’on avait raison.
Cette saison, l’OM a gagné à d’Ornano, encore, et la victoire était indiscutable. Alors Malherbe avait l’occasion de se venger, une fois de plus, en allant bouter les Olympiens dans leur antre.
Pendant dix minutes, on s’est dit que ça n’allait pas poser beaucoup de problèmes. 2 minutes, Gouff’ centre pour Ju Toudic, Rodriguez ne parvient pas à dégager, Juju canarde, 0-1.
Quelques minutes plus tard, Gouff’ efface un défenseur marseillais au nom imprononçable, face-à-face avec Mandanda, remporté par le gardien olympien.
Tout cela n’est que partie remise. Pas le temps de souffler. Nivet choppe un ballon plein axe et envoie Gouff’ sur orbite, le jeune international centre comme il faut pour Toudic, un défenseur tacle, on ne sait pas trop qui touche la balle, mais le ballon file derrière la ligne, et c’est de l’intérieur du but que Mandanda renvoie le ballon. Seulement, Damien Ledentu ne dit rien. Comme il le dira en fin de soirée à Jour de Foot, l’arbitre assistant était masqué « par le poteau (n’est-ce pas toujours le cas ?) et par le corps du gardien ». Sauf que lui, le Ledentu, il était plein axe, et il n’a pas pu ne pas voir le ballon franchir la ligne d’un demi-mètre, si ? Si, puisqu’il était assez éloigné de l’action, à une dizaine de mètres de la surface.
Plaidoyer du tournant raté…
C’est le tournant du match, évidemment. Comment aurait-il pu en être autrement ? Les Caennais tenaient là leur excuse pour arrêter de courir et déjà justifier une défaite qui devait se profiler dans les minutes suivantes. Malherbe cesse de jouer. La récupération, point fort du système de jeu élaboré par le gros Francky Dumas, s’éteint. La relance, au mieux, s’adresse à Steve Mandanda. Les milieux ne touchent plus le ballon. Costil a beau être remplaçant de Lloris en équipe de France espoirs, il n’est pas blanc comme neige dans l’embrouille (3ème et 6ème buts).
Personnellement, ce qui va advenir, je le sens gros comme une maison. Peut-être pas à ce point, non, mais je sais que ces deux occases ratées, on va les regretter. Alors, le défilé commence.
L’OM égalise sur un raccro immonde, généreusement accordé au Djib’, alors que c’est plutôt Costil et son défenseur qui expédient le ballon dans les cages. Et puis, triste ironie du sort, la boule franchit à peine la ligne, avant que Seube ne la dégage rageusement. Je les entends, tous les Caennais de France qui regardent Foot + : « Ah bah voilà ! Là, l’arbitre, il le voit, que le ballon est rentré ». Certes. Comme tout le monde, en fait. Le scandale n’est pas là ; il a déjà eu lieu.
Ensuite, on a droit à la minute Valbuena (qui durera en réalité 5 minutes). D’abord, une patate enroulée pleine lucarne similaire à celle que le lutin olympien avait claquée contre Liverpool. Et puis un amour de lob que Costil ne peut qu’effleurer, mauvais placement oblige.
La mi-temps passe, Malherbe trépasse. Cissé achève les Rouges et Bleus, de deux échappées, l’une conclue d’une grosse frappe de l’extérieur de la surface, l’autre d’un joli plat du pied, les deux terminant dans le petit filet opposé.
Nasri, déjà auteur d’une offrande au Djib’, finit le travail, d’une frappe à peine dangereuse que Costil claque dans ses buts.
Alors, Hidalgo a beau saluer « ces Normands qui continuent d’y croire et de produire du jeu », désolé, mais je ne reconnais pas mon équipe. Eluchans n’existe pas, oublie de bouffer sa ligne pour caviardiser Gouff’ ou Compan. Deroin, l’hyperactif nabot du SMC, essaie de rentrer dans l’axe, sans réussite, jamais. Nivet cafouille son football. Gouff’, génial pendant vingt minutes, disparaît du Vélodrome. Sorbon, surtout, et Thiam, en défense, pointent aux abonnés absents. Je vous le dis : tous les Rouges et Bleus semblent s’être figés dans le temps quand ce fameux ballon a franchi anonymement la ligne de Mandanda.
Je ne serais pas supporter si je n’ajoutais pas à cet article un peu de mauvaise foi, pas vrai ? Et puis, c’est l’occasion ou jamais. Au vu du score, on est tenté de se dire que le but refusé en début de match ne change pas grand-chose à l’affaire. Sauf que tout le monde sait que c’est faux.
A 2-0, aucune chance que Marseille ne fasse un tel match. Et surtout, personne n’a pu ne pas constater que cet incident a sonné la fin de toute ambition caennaise.
Je laisse chacun se faire une idée de la chose, et vous épargne mon dégoût le plus profond. Bon, il n’y pas à chier, Nasri a été brillant, d’ouvertures lumineuses en coups de patte délicieux, le Djib’ plus efficace que jamais, Valbuena nous a claqué deux buts tellement beaux que ça ferait presque plaisir de se les prendre. Non, je ne nie pas tout ça. Il n’en reste pas moins que dans un coin de ma tête, il demeure un « Et si… ».
Caen reste sixième, mais ça commence à se bousculer derrière. Celle-là, je vais mettre longtemps à m’en remettre. Même la tartiflette de ma belle-sœur ne pourra rien y faire. J’suis deg…
La bande-son du jour : La Ligue d’IAM, évidemment. Parce que je suis beau joueur.
» Caen loupe son virage et vole dans le décor · 2 février 2008 19:39 | |
Ricky14 |
» Caen loupe son virage et vole dans le décor · 30 janvier 2008 10:38 | |
Arsenic |
» Caen loupe son virage et vole dans le décor · 28 janvier 2008 14:09 | |
FuliGul’Eader |
» Caen loupe son virage et vole dans le décor · 27 janvier 2008 17:31 | |
Fufu |
» Caen loupe son virage et vole dans le décor · 27 janvier 2008 15:49 | |
Arsenic |
» Caen loupe son virage et vole dans le décor · 27 janvier 2008 12:52 | |
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» Littérature, effets de rime et triplé de Cissé · 27 janvier 2008 12:48 | |
Arsenic |
» Caen loupe son virage et vole dans le décor · 27 janvier 2008 12:31 | |
Patricia |
Ricky14