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Connaissez-vous beaucoup de clubs de foot dont le nom est celui d’un poète ? Fidèle abonné au Stade d’Ornano (tribune Centre, rang I, siège 166), qui a vu l’épanouissement de William Gallas et la chute de Dangbeto et a vénéré Xavier "le routard" Gravelaine, Arsenic écrit pour vous démontrer que ce nom ne doit rien au hasard. Malherbe qui joue, c’est peut-être pas du Baudelaire, et ça rime pas toujours, mais c’est toujours rock’n’roll.

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Caen - Le Man(s)que à gagner

5 mai 2009 à 12:12 Caen - Le Man(s)que à gagner

Amis de l’aventure, l’aventure nous attend…

SM CAEN - LE MANS : 3-1

Buteurs : Barzola, Seube et Deroin pour Caen, Cerdan pour Le Mans

Spectateurs : 18 615 et autant de sourires bananes, honorable pour un 19ème

Arbitre : Stéphane Bré

Autant être honnête, c’était la dernière chance des Caennais. Après avoir laissé filer une opportunité en or la semaine dernière, en ramassant deux pions à la con quand tous les autres mal classés avaient laissé grande ouverte la porte pour sortir du wagonnet pour l’enfer de la Ligue 2 (oh ben si, quand même, allez demander à Sorbon et Savidan d’aller jouer à Vannes samedi prochain, vous allez voir en combien de temps ils vont réussir à se faire transférer à Lorient ou Nice), après s’être lamentablement vautrés dans le money time, Caen a donc juste décidé de reporter d’une semaine son septième succès de la saison et sa sortie de la zone rouge.

Restons honnêtes, c’est peut-être trop tard, vu le calendrier qui attend les Malherbistes avant que le rideau ne tombe sur une saison qui restera de toute façon une vraie saison de merde : Rennes, Lyon et Bordeaux en quatre matches, franchement, il y a de quoi préparer la corde et le tabouret.

Osons cependant être optimistes, le jeu des Caennais a meilleure gueule depuis quelque temps. Déjà, contre Auxerre, il avait fallu LA boulette de la Liguorange 2008-2009 pour priver les Normands d’une victoire pas franchement méritée, mais au moins, pendant 85 minutes, Caen avait neutralisé les Auxerrois et su porter le coup fatal au moins adéquat… Et puis non, Malherbe a paumé 3 points en 3 minutes.

Contre Le Mans, Dumas et ses boys ont fait fructifier. En même temps, vu les points qu’on perd depuis novembre, il doit y avoir de sacrés intérêts cachés quelque part. Caen n’est pas vraiment apparu métamorphosé. Juste un peu plus réaliste, un tantinet plus opportuniste, un chouïa plus malin… et vachement plus récompensé. La preuve ultime, c’est que Caen a ouvert le score à la suite d’un coup de pied arrêté. Sans déc. Une chouette frappe d’El Negro Barzola, contrôle de la semelle, tir croisé, vlan, son premier en L1.

Après le but d’une délivrance auquel on a pas cru une seconde, il y a eu la demi-heure d’échauffement athlétique des Manceaux, qui ont fait volé les Caennais comme des Playmobils jusqu’à ce que Savidan, décidément en manque de buts, dévie un coup-franc de Cerdan au ras du poteau de Planté. Rien à dire, c’est net, efficace, le geste du buteur, froid et clinique.

Heureusement, Malherbe a remis les pendules à l‘heure. Il avait suffi de trois minutes pour tout foutre en l’air à Auxerre, il en aura fallu trois aussi pour assurer la victoire contre Le Mans. Avec malice et talent. Et encore sur coup de pied arrêté. A ce rythme-là, c’est plus de l’ironie, c’est carrément de la science-fiction. Un coup-franc rapidement joué par Proment, Ben K qui se rappelle qu’il est le seul ailier rouge et bleu à pouvoir prendre tout le monde de vitesse (depuis que le Gouff s’est fait la malle, vous voyez qui d’autre ? Van La Parra ?) avant d’offrir un caviar pour Seube, dont on ne sait pas trop ce qu’il foutait là. 2-1. Deux minutes plus tard, Barzola réussit une transversale pour Florentin (si, si), qui réussit le plus beau contrôle jamais réalisé à d’Ornano, centre pour Lemaître, qui manque le but mais demeure habilement couché sur Pelé pendant que Deroin dézingue la lucarne. 3-1.

Trois bus et trois points qui permettent à Caen de sortir le nez de la zone de relégation : Chochaux est tombé sur Bordeaux (ce serait plutôt l’inverse, en fait), Nantes a eu l’idée géniale de s’incliner à dom contre les Havrais (les cons, quand même, perdre à domicile contre le Havre, on pensait garder l’exclusivité, cette saison) et Sainté a fait démonstration de son peu de motivation en concédant un 0-0 dégueulasse contre les Niçois qui préparent comme d’hab leur saison suivante dès avril. Antonetti est un génie.

Caen va mieux, c’est indéniable. Le problème avec cette équipe, c’est qu’on ne sait jamais combien de temps ça va durer et parfois, on est déjà au fond du gouffre avant de s’apercevoir que la seconde d’avant, on allait pas si mal. Espérons que le coach Dumas ressuscite l’esprit guerrier qu’il avait invoqué à son arrivée sur le banc, à quatre matches de la fin de la saison en 2005. A l’époque, Caen avait gagné 3 matches sur 4... Si cela n’avait pas suffi alors, ça devrait largement l’être aujourd’hui. On en demande d’ailleurs pas tant.

Mais par pitié, laissez-nous y croire encore un petit peu. Malgré les apparences, c’est jouable. Premier élément de réponse dans une semaine à Rennes, où Caen avait pris 3 points il y a un an. C’est maintenant guidé par la nécessité qu’il va falloir remettre le couvert.

« INSTANTANEMENT COMME CA / REPRENDRE DE VOLEE D’AUSSI LOIN / COMME ELLE VIENT » (a dû se dire Pablo Barzola avant d’allumer la mèche)

La bande-son du jour : Walk the Line, de Hello I’m Johnny Cash, parce que Caen va devoir effectuer un vrai numéro de funambule pour s’en sortir.

Merci à Clémentine pour ses idées lumineuses de jeux de mots.






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