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Connaissez-vous beaucoup de clubs de foot dont le nom est celui d'un poète ? Fidèle abonné au Stade d'Ornano (tribune Centre, rang I, siège 166), qui a vu l'épanouissement de William Gallas et la chute de Dangbeto et a vénéré Xavier "le routard" Gravelaine, Arsenic écrit pour vous démontrer que ce nom ne doit rien au hasard. Malherbe qui joue, c'est peut-être pas du Baudelaire, et ça rime pas toujours, mais c'est toujours rock'n'roll.

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C'est le printemps !!!

C'est le printemps !!!
14/03/2010

Stade Malherbe de Caen -; Clermont Foot : 2-1

28e journée de L2

Match aller : Clermont 1-3 Caen

Buts : Traoré x2 pour Caen, Benatia pour Clermont

Arbitre : M. Varela. Comment ruiner un match parti sur les chapeaux de roue ? Facile. Sifflez à chaque contact, même si vous êtes à quarante mètres de l'action et que vous n'avez rien vu. 0/5.

Spectateurs... : 10 562. Heureusement qu'on compte les abonnés même quand ils sont pas là, d'ailleurs. Et au fait, comment on appelle un public capable de siffler son équipe pourtant première du championnat et largement bien partie pour accéder au niveau supérieur ? Un public de cons ? Ouais c'est ça.

... rassasiés par le spectacle ? : 3/5. Un bon p'tit match, du moins jusque dans la dernière demi-heure.

Les compos :

SM CAEN : Thébaux, Barzola (puis Sorbon), Leca, Heurtaux, Tafforeau, Proment, Seube (cap.), Nivet, Langil (puis Eluchans), El Arabi, Traoré (puis Yatabaré)

CLERMONT FOOT : Fabre (cap.), Benatia, Madouni, Cellier, Ekobo, Bockhorni (puis Abdoulaye), Arnaud (Murcy), Brahimi (puis Armand), Pinto-Borges, Najih, Haquin


L'homme du match : Kandia, évidemment. Les produits laitiers, des sensations pures.

L'anti-homme du match : l'arbitre, tiens, pour la peine.

Le geste du match : le retourné extraterrestre de Traoré. Evidemment.

L'anti-geste du match : la sortie de Thébaux sur le but clermontois. Le baluchon sous le bras et des rêves plein la tête, Alex voulait découvrir le monde. T'aventure pas trop loin, quand même.

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3 points d'avance sur le 2e, 14 points d'avance sur le 4e. Si l'histoire du Stade Malherbe devait ne retenir qu'une seule date de cette saison en Ligue 2, ce serait celle-là. Le jour où tous les autres ont craqué, le jour où Caen a conquis à l'arrache trois points qu'il aurait dû assurer dans la sérénité. Peu importe, finalement. Il ne faut pas se leurrer, Caen ne nous aura pas beaucoup fait rêver cette année. Et ne nous aura pas beaucoup déçus, soyons honnêtes. Encore une fois, Caen a fait le taf. Sans briller, sans paraître invincible.

Pourtant, les Francky Boyz ont sans doute réalisé leur meilleure entame de match depuis le début de la saison. Pressing haut, circulation fluide, jeu direct... Les Caennais ne sont pas là pour déconner. Trois matches sans victoire, c'est pas vraiment dans les habitudes de la maison, et même si les Boyz ont fait un bon match à Sedan, même si leur avance sur le 4e ne diminue pas vraiment, il serait quand même très con de se mettre en danger après pareille domination sur le championnat. Pendant une dizaine de minutes, les Normands multiplient les rushes sur les buts de Fabre, finissent par étirer un bloc clermontois pris dans la tempête et créent des espaces. Nivet en profite pour délivrer un caviar à Traoré, complètement esseulé face au but, qui sauve sa saison en un seul geste, en l'occurrence un retourné exceptionnel. 1-0. Voilà une entame de match qui fleure bon.

Pendant quelques minutes, on s'est pris à rêver d'une bonne grosse pilule, genre 4 ou 5 à zéro. Il n'en fut rien. La faute aux Clermontois, d'abord, qui ont vite compris qu'ils n'avaient plus rien à perdre et qui ne s'embarrassent pas de phases de construction pour menacer les buts de Thébaux. La faute aux Caennais, également, d'une fébrilité inhabituelle en défense, notamment de la part de Thomas Heurtaux, auteur de sa plus mauvaise perf sous le maillot rouge et bleu, et de Alexis Thébaux, définitivement dans un jour sans, comme ça lui arrive parfois. Et ce qui est marrant, c'est que dans ces jours-là, ce sont les secteurs où Alex est le plus rassurant d'habitude qui nous inquiètent soudain le plus.

Clermont se procure quelques occasions, et obtient quelques coups de pied arrêtés. Le problème, c'est que Malherbe est carrément dominé dans le secteur aérien, et que Thébaux croit régler le problème en multipliant des sorties que l'on qualifiera d' « hasardeuses », pour être polis. Sauf que la sanction ne tarde pas à tomber. Après vingt minutes un peu dingues, au cours desquelles le ballon se balade d'un but à l'autre, vingt minutes d'un match agréable que Malherbe semble avoir toutes les peines du monde à maîtriser ou à enflammer, Thébaux fait la sortie de trop et repousse le ballon dans les pieds de Benatia, qui ne les a pas carrés. Ravi de recevoir une telle offrande, le Clermontois, déjà engagé avec l'Udinese pour la saison prochaine, réalise le lob parfait et égalise.

Les Francky Boyz n'accusent pas trop le coup, malgré le soutien conditionnel de leur public, prompt à siffler une équipe qui écrase son championnat. Y a des cons partout. Sur le pré,Malherbe joue par intermittence, mais ça semble suffisant pour malmener Clermont. En témoigne une énorme occase, juste avant de rentrer aux vestiaires : corner de Proment, détourné du bout des gants par Fabre, El Arabi hérite du ballon plein axe aux six mètres, sa tentative est repoussée sur sa ligne par un défenseur clermontois, Langil récupère, et expédie le ballon en tribunes. Qu'importe, ce n'était qu'une répétition grandeur nature.

La seconde période débute sur des bases aussi débridées que la première. Caen domine, mais rencontre toutes les difficultés du monde à asseoir sa domination dans le camp clermontois. Parce que le plus important dans le football, et quoi qu'on en dise, c'est pouvoir compter sur une solide base défensive. Autant dire que c'est compliqué, vu que Heurtaux claque des genoux et que Leca, plutôt correct dans ses interventions, est rarement placé là où il faut. Au milieu de terrain, c'est pas franchement mieux. Proment, véritable chef d'orchestre de l'équipe (quand Seube est plutôt capitaine de vestiaire), beugle ses ordres vers tous les coins du terrain, mais la sauce ne prend pas. Le collectif est pratiquement inexistant. Surtout que le maître à jouer, Benji Nivet, tellement génial dans les transmissions impossibles, refuse tout simplement d'effectuer une passe quand elle est trop facile. Malherbe rock'n'roll, enfin te revoilà. Dangereux par instants, aussi souvent pour l'adversaire que pour toi-même. Trop irrégulier pour faire plier ton adversaire. Pas assez en confiance pour résister sereinement aux rares flèches des Clermontois. Les accélérations de Brahimi sont autant de preuves du malaise de la défense caennaise, tant le numéro 28 aux chaussures bleues parvient à fissurer le bloc normand à chaque coup de rein (celle-là, j'en suis fier).

Heureusement, l'hiver se termine. Si on ne peut pas vraiment dire que la période hivernale 2009-2010 fut réellement synonyme de crise pour le Stade Malherbe, difficile de nier que les Caennais ont été un peu freiné dans leur élan, même si leur avance au classement sur le quatrième est restée à peu près la même. N'empêche, une seule victoire entre la 21e et la 27e journée, soit une seule victoire en sept matches (deux victoires en huit matches, si on compte la victoire dans le match en retard pour le compte de la 19e journée, à Metz), ça ressemblait un peu au rythme d'une équipe de la zone rouge. Bon ben en fait, c'était la crise, mais on n'était pas au courant.
Enfin bref, Malherbe a repris ses bonnes habitudes du début de saison, en raflant la mise sur un coup de pied arrêté. Une victoire à domicile sur un but d'écart, sur un corner, faut avouer que c'est pas super rock'n'roll, mais c'est le train-train qui nous réussissait si bien pendant les premiers mois de la compétition. Prom' au corner, donc, Traoré enfin digne de sa réputation de joueur habile de la tête, ballon piqué, Fabre surpris. 2-1. Dirty Francky Boyz on the top.

Le souci, c'est que l'arbitre et Clermont vont sacrément pourrir une fin de match qu'on aurait préférée plus tranquille. Le premier a commencé à siffler pour tout et n'importe quoi. Souvent n'importe quoi. Souvent contre Caen. Une fois parce qu'un Clermontois glisse et tombe tout seul. Une autre fois parce que deux Clermontois se sont rentrés dedans sous les yeux d'El Arabi, jugé responsable. On ne va pas trop se plaindre, cependant, parce que si Caen empoche les trois points, c'est aussi grâce à lui.

Parce que Clermont domine grave en fin de match, et les Francky Boyz confirment qu'ils ne sont pas du tout confiants défensivement. Maladroits à la relance, trop médiocres techniquement pour tenir le ballon hors de leurs bases. Du coup, ça chie devant les buts de Thébaux. D'abord quand trois Clermontois se retrouvent seuls face au portier caennais et que Murcy expédie fièrement le ballon en tribune. Grande classe. Et puis, une dernière fois dans les arrêts de jeu, quand Haquin, ce coquin, est à la réception d'un centre venu de l'aile droite et d'une déviation de la tête, et qu'il claque une reprise au premier poteau. Thébaux n'a pas le temps de boucher son angle, Clermont égalise. Stupeur dans le stade... et puis en fait, non. Hors-jeu. Ah bon. Si on regarde bien, en fait, Haquin n'est pas hors-jeu, et même s'il l'était, c'est un Caennais, en l'occurrence Sorbon, qui détourne le ballon de la tête. Dirty winners, les Francky Boyz, vraiment.

Bon, on ne va pas trop s'attarder là-dessus (à moins que Dechavanne ne veuille lancer une pétition pour qu'on rejoue le match, mais je crois qu'on est à l'abri), mais plutôt sur le fait que Malherbe vient sans doute de flinguer pour de bon le suspense : une place dans l'ascenseur vers la Ligue 1 est déjà réservée. Et si le titre n'est pas encore acquis, on devrait se faire une idée sur l'identité du champion lors du prochain match à d'Ornano, face à Brest. D'ici là, il y a deux matches à l'extérieur.

« INSTANTANEMENT COMME CA / REPRENDRE DE VOLEE D'AUSSI LOIN / COMME ELLE VIENT ! »

Bande-son du jour : We gathered in spring, de Midlake, sur le disque The Trials of Van Occupanther

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LES NOTES

Thébaux [4] : match tout moisi, la faute à des sorties toutes mal branlées. Et ça coûte un but, quand même.

Barzola [4,5] : pas encore au top physiquement, puisque revenant de blessure, pas au top non plus face à Brahimi, qui courrait libre comme l'air.

Leca [6] : pas facile de composer avec Heurtaux, pour une fois. Greg a assuré l'essentiel, en demeurant plutôt adroit dans les duels. Dommage que niveau placement et jeu aérien, c'était franchement moyen.

Heurtaux [4] : trop de conneries, à ce poste sur le terrain, c'est quand même vachement gênant. Même sur le but, il aurait dû foncer sur la ligne de but en voyant son gardien s'avancer et anticiper le lob. Ben même pas. Une prestation à oublier.

Tafforeau [5] : d'abord pas dégueulasse en première période, et puis soudain symptômatique du manque de sérénité des Francky Boyz. Des pertes de balle très inquiétantes en fin de match.

Proment [6,5] : le seul qui a essayé d'organiser une équipe en plein chaos collectif. Le seul maître à bord quand tout part en vrille. Heureusement qu'il était là, d'autant plus qu'il délivre une passe dé à Traoré. Gratos.

Seube [5] : si le milieu caennais n'a pas rempli son rôle et n'a pas su tenir le ballon, c'est parce que la défense était sous Tranxène mais aussi parce que Seube était dans un mauvais jour. Pas en grande réussite à la récup, il a au moins le mérite de ne pas avoir ménagé ses efforts.

Nivet [5,5] : une passe décisive made in le meilleur passeur de Ligue 2. Pour le reste, quelques ouvertures de malade mental, et beaucoup de pertes de balle à la con.

Langil [5,5] : enfin un peu plus en réussite et un peu plus dangereux sur son aile. Pour l'efficacité, on repassera.

El Arabi [6] : il fut adroit, même si beaucoup plus discret que d'habitude. Reste que quand il a le ballon, il y a danger. Toujours.

Traoré [8,5] : il n'y a pas que ses buts. Jamais Kandia ne fut plus brillant cette saison dans son rôle de pivot, servant admirablement ses partenaires dans toutes les positions, cavalant sur toute la largeur du terrain. Et puis bon, il faut l'avouer, deux buts qui valent cher, dont une bicyclette, c'est fort.

Elu [3,5] : gentil fantôme a tenté de frapper des coups francs. Distance minimale de ses frappes avec le but : 3 mètres.

Yatab' [5,5] : super rentrée, parce qu'il a permis à El Arabi de passer dans l'axe, là où l'aime. Pour le reste...

Sorbon [5] : rentrée vitaminée, mais il ne parvint pas vraiment à hausser le niveau défensif de son équipe.

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TOUS LES SCORES

Tours 1-3 Sedan

Istres 1-1 Angers (pas mal)

Dijon 1-0 Guingamp (heureusement qu'ils étaient favoris, l'En Avant)

Brest 0-1 Ajaccio (cet été, je pars en vacances en Corse)

Vannes 1-1 Strasbourg

Bastia 3-0 Arles (Pierre-Yves André a marqué. C'est dire si Bastia va mal)

Caen 2-1 Clermont

Laval 4-0 Le Havre (vlan)

Nîmes 1-4 Châteauroux (merci JPP)

Metz (15/03) Nantes

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LE CLASSEMENT

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1. Caen 55 pts (+19)
2. Brest 52 pts (+15)
3. Metz (-1) 45 pts (+6)
4. Laval 41 pts (+11)
5. Angers 41 pts (+3)
6. Nîmes 41 pts (-4)
7. Ajaccio (-1) 40 pts (+7)
8. Arles-Avignon 39 pts (-1)
9. Sedan 38 pts (+3)
10. Le Havre 38 pts (-2)
11. Tours 35 pts (-2)
12. Dijon 34 pts (-1)
13. Nantes (-1) 34 pts (-6)
14. Strasbourg 33 pts (-2)
15. Vannes 33 pts (-5)
16. Clermont (-1) 31 pts (-3)
17. Châteauroux 31 pts (-4)
18. Guingamp 28 pts (-7)
19. Istres 27 pts (-18)
20. Bastia 22 pts (-9)