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Connaissez-vous beaucoup de clubs de foot dont le nom est celui d’un poète ? Fidèle abonné au Stade d’Ornano (tribune Centre, rang I, siège 166), qui a vu l’épanouissement de William Gallas et la chute de Dangbeto et a vénéré Xavier "le routard" Gravelaine, Arsenic écrit pour vous démontrer que ce nom ne doit rien au hasard. Malherbe qui joue, c’est peut-être pas du Baudelaire, et ça rime pas toujours, mais c’est toujours rock’n’roll.

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A Paris sous les bombes

2 février 2009 à 12:35 A Paris sous les bombes

PARIS SG 2 – 0 SM CAEN

Buteurs : Hoarau et Luyindula pour le PSG

Spectacle : 1/5

C’est reparti pour un janvier d’enfer. Et tout le monde semble déjà résolu à courber l’échine en attendant que le vent change de sens du côté de Malherbe. Il n’y avait qu’à voir la tête des Caennais dans le tunnel du Parc samedi pour comprendre qu’on allait passer une après-midi difficile. De là à tomber aussi bas, il faut bien l’avouer, on a peine à l’imaginer.

Caen n’a pas le niveau requis en défense, Caen retrouve ses vieilles habitudes désagréables d’attendre d’être mené pour faire semblant de réagir, et pire que tout, Caen n’a même plus le niveau technique, cette circulation fluide et ce toucher de balle gracieux qui avaient fait notre bonheur depuis quelques saisons. En fait, si on s’en tient au match contre le Paris SG hier, Caen n’a pas le niveau pour rester en Ligue 1. C’est bien beau de vouloir commencer le match retranché sur ses bases, mais si le pressing est inexistant, ça ne mène à rien. Parce que si personne ne vient gêner la relance, ben elle va finir par tomber là où il ne faut pas. Il y a bien Nivet, à la réception d’une ouverture splendide de Zoumana Camara vers son propre but, mais le chauve numéro 10 s’est montré incapable de refaire le coup de Florentin en 2007, quand Ceara a fait rire la France entière en glissant sur le ballon et en offrant les trois points à Malherbe. Là, non. Landreau sort le ballon du pied, ce sera la seule occase caennaise du match. Pour le reste, une pauvreté technique affligeante en première période, Luyindula zéro en finition, une flopée de contrôles manqués à tous les coins du terrain (en voir autant dans un seul match, surtout chez les Caennais, c’est très inquiétant), Sorbon et Leca complètement à l’ouest, Seube toujours à la limite, Ben K qui s’échine à déborder sans jamais trouver personne à qui donner le ballon, Savidan et Eluchans toujours aussi fantomatiques. Et puis Eluchans, il est devenu lent ou quoi ? Bref, aucun appel intelligent en attaque, aucun soutien pour les ailiers, aucun redoublement, aucune course en profondeur… Rien, nada, peau de balle. La résignation incarnée pendant quatre-vingt dix minutes.

Paris aura su attendre tranquillement son heure de jeu pour arracher à Caen l’espoir d’un hold-up miraculeux. Le milieu de terrain caennais aux six poumons qui sifflent (Seube, Nivet, Deroin) est tellement statique qu’il emmerde la construction ? Qu’à cela ne tienne, on va passer par les ailes, là où Lemaître et surtout Barzola sont à la ramasse, pour pouvoir repiquer dans l’axe au dernier moment… Paris aurait pu dévorer Malherbe, en étant un peu plus adroit, ils en sont capables cette saison. Mais non, Makélélé et ses gars ont préféré nous déguster une fois assaisonnés. Deux fois le même but, une frappe détournée par Planté dans les pieds d’un attaquant parisien, la première pour Hoarau et la seconde pour Peguy. Les défenseurs caennais, en plus de ne jamais suivre le ballon sur les frappes parisiennes, sont toujours aussi nuls et réussissent même à se mettre en difficulté tout seul, à l’image de Sorbon, qu’on a jamais vu aussi naze sous les couleurs de Caen. Le placement est inexistant. Il n’y a qu’à voir l’action qui amène le second but, on voit des Caennais courir dans tous les sens, partout là où il ne faut pas.

Bon, à la limite, qu’on soit nuls en défense, c’est un fait auquel on commence à être sacrément habitués. Mais être aussi mauvais en attaque et dans la construction, c’est beaucoup plus rageant. Malgré le coup de gueule de Fortin après la défaite contre Boulogne en Coupe de France, Malherbe est toujours aussi fragile moralement et ne fait preuve d’aucune force de caractère. Les ambitions de Coupe d’Europe affichées par quelques joueurs en début d’année ne se sont jamais pointées sur le terrain en six mois. Sur le pré, Caen accepte son sort, et l’étincelle d’orgueil qui a jailli après l’ouverture du score des Parisiens n’a pas trouvé le chemin de la mèche. Cela a duré dix minutes, dix minutes de Deroin bouillonant et de duels gagnés, enfin, et puis tout cela s’est estompé aussitôt. Caen n’apprend décidément jamais de ses erreurs. Et Paris en aura profité pour se venger des six points pris en deux confrontations par Malherbe l’an dernier. Caen est quinzième, et qui osera dire qu’on mérite mieux que ça ? Quand on disait en début d’année que Malherbe n’était pas suffisamment costaud, que l’effectif manquait cruellement de profondeur… La flamme s’est consumée. Reste à savoir si les Caennais vont encore rester amorphes à attendre que quelqu’un la rallume pour eux, ou enfin aller au charbon, repartir à l’assaut des buts adverses, mettre le pied sur le ballon… Parce que Caen dans la charrette pour la Ligue 2 dans deux ou trois journées, ça n’aurait rien de scandaleux. INSTANTANEMENT COMME CA / REPRENDRE DE VOLEE D’AUSSI LOIN / COMME ELLE VIENT

La bande-son du jour : Paris sous les bombes, Suprême NTM

Les notes :

Planté – 12 / 10 – Deux passes décisives pour Hoarau et Luyindula, un match plein. Il a même fait du rab en sortant quelques tentatives foireuses de Luyindula.

Barzola – 2 / 10 – Il est pas bon en défense, et il est pas là en attaque, pour combiner avec Ben K.

Lemaître – 4 / 10 – Faut reconnaître que le danger venait plus souvent de l’autre aile.

Sorbon – 1 / 10 – On savait même pas qu’il était capable d’être aussi nul.

Leca – 2 / 10 – Leca défenseur central, ça l’a fait un temps, mais là, va falloir ouvrir les yeux, un jour.

Seube – 4 / 10 – L’incarnation de l’expression « avec sa bite et son couteau »

Nivet – 5 / 10 – Toujours au-dessus du lot cette saison. Même quand le lot vole pas bien haut.

Deroin – 4 / 10 – Flamboyant… l’espace de dix minutes.

Eluchans – -2/10 – Ah bon, il a joué ?

Ben K – 5 / 10 – Un peu seul au monde, le pauvre.

Savidan – 2 / 10 – Son corps est resté à Clairefontaine et son esprit doit être retourné à Valenciennes. Ce sera un sacré coup de bol s’il est repris en équipe de France par Ray Dom pour affronter l’Argentine.






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