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Connaissez-vous beaucoup de clubs de foot dont le nom est celui d'un poète ? Fidèle abonné au Stade d'Ornano (tribune Centre, rang I, siège 166), qui a vu l'épanouissement de William Gallas et la chute de Dangbeto et a vénéré Xavier "le routard" Gravelaine, Arsenic écrit pour vous démontrer que ce nom ne doit rien au hasard. Malherbe qui joue, c'est peut-être pas du Baudelaire, et ça rime pas toujours, mais c'est toujours rock'n'roll.

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A l'Ouest rien de nouveau ?

A l'Ouest rien de nouveau ?
06/04/2009

SM CAEN 0 -; 0 TOULOUSE

Arbitre : M. Lannoy

Spectacle : 3/5

17 909 spectateurs

Buteurs : maladroits

Caen a changé. Certes, dit comme ça, ce n'est pas d'une évidence absolue au niveau du score... 0-0, même contre le quatrième de la Liguorange, ça ne peut pas, ça ne doit pas suffire à une équipe qui joue sa peau et sa dignité en première division. Surtout que maintenant, vu que Le Havre s'est farci les défiscalisés du Rocher ce week-end, Caen est l'équipe qui compte le plus petit nombre de victoires cette saison (5 en 30 matches, c'te honte). Face à une équipe toulousaine soi-disant en pleine bourre, mais sans grandes ambitions ni velléités samedi dernier, Malherbe aurait dû s'imposer, en forçant un peu des coudes, en s'écorchant un tantinet les genoux, la bave aux lèvres et les yeux exorbités. On aurait dû assister à l'interview après le match d'un Nico Seube euphorique, hurlant des obscénités en brandissant un poing rageur, ou d'un Francky Dumas hystérique, allumant ses clopes avec le mégot de la précédente, braillant dans son Talkie-Walkie à Papa (Patrick Parizon) de dire aux joueurs qu'ils partaient en mise au vert à Port-en-Bessin pour fêter ça.

Finalement, de victoire il n'y eût point, la faute à des Toulousains irréprochables en défense à défaut d'être talentueux en attaque (Nothing Toulouse, ok, mais vraiment tout à gagner pour eux, en cette fin de championnat, non ?) mais ils ne risquaient pas grand-chose à essayer de marquer. Caen a loupé le coche dès les premières minutes du match. Yatabaré, reconduit après son excellente entrée en jeu contre Nice, tchoure le ballon à Fofana et s'en va foirer son duel face à Carasso. Voilà, c'était la fin du premier quart d'heure et le match était déjà plié. Toulouse se recroqueville sur ses bases et tente mollement sa chance sur coups de pieds arrêtés ou sur quelques contre-attaques... Dumas, debout dans les tribunes (parce que suspendu pour deux matches), clope au bec et Talkie-Walkie à la main, a beau se crisper de temps à autres, Parizon peut toujours afficher un masque plutôt marrant d'entraîneur de L1 hyper sérieux et préoccupé au lieu de la mine joviale qu'on lui connaît, les 22 acteurs peuvent toujours courir : le score est déjà acquis. 0-0. Double bulle. Les tentatives de Savidan (sur Carasso) et d'El Arabi (sur le toit du stade) ne pourront rien y changer. Il faut au moins reconnaître à Caen le mérite d'avoir essayé. Pas toujours adroitement, pas toujours dans le bon timing, mais bon... Honnêtement, cela faisait bien longtemps qu'on ne les avait plus vus comme ça. Dominateurs dans le jeu, largement devant à la possession de balle, un peu moins fébriles derrière (Gomis compense son manque de solidité et de fiabilité par une mobilité appréciable, une capacité à percer les premières lignes adverses pour relancer), plus solides en défense, donc, et plus sûrs collectivement, les Normands ont fait honneur. Si Caen n'avait pas été avant-dernier, c'est vraiment un match dont on aurait pu se féliciter, même sans victoire à la clé.

En plus, Caen a pris des risques, en allant jusqu'à se tester sur les coups de pied arrêtés, la grande spécialité de la maison pour encaisser des buts à la con via une erreur de marquage de benjamin. Malherbe tient le choc, malgré un Vincent Planté toujours aussi peu rassurant dans ses sorties (s'il y avait eu un seul Toulousain au second poteau sur les coups de pied arrêtés d'Etienne Didot que Plantoche se contentait d'effleurer en laissant le but grand ouvert, il est certain qu'on se prenait encore une pilule). Mieux : les Normands se sont montrés intelligents, préférant isoler les attaquants violets plutôt que de commettre des fautes à la con.

En attaque, le bilan est le même : c'est mieux, mais il y a encore une belle marge de progression. Ben K n'y est plus, il n'a pas gagné un duel depuis novembre, il perd trop de ballons, ne brille pas par ces appels. De l'autre côté, Elu n'est que l'ombre maladroite de celui qu'il était il y a douze mois. Donc il a fallu faire sans eux, se propulser dans la verticalité à défaut de pouvoir passer par les ailes, ce qui aurait pu élargir le bloc toulousain jusqu'à la rupture. Dommage. Yatabaré et Saviplusbeaucoupdegoals ont parfois manqué de lucidité, mais bon, à eux deux, ils ont failli y arriver, et rien que ça, c'est beaucoup. Il faut dire qu'ils ont été bien servis par Nivet, toujours aussi dérangeant quand il a des solutions devant lui, et par Seube, tout simplement monstrueux par son activité, lauréat du trophée « Bite et couteau » 2009, qui a réussi à lui tout seul à anesthésier le milieu de terrain toulousain en seconde période. Caen a essayé, sans se procurer de grosses occasions, à l'exception d'une cartouche à blanc de Savidan de l'entrée de la surface et d'une mine d'El Arabi, qui s'était pourtant magnifiquement ouvert le but, avant d'expédier le ballon à un copain en tribune, histoire qu'il reparte du stade avec un souvenir.

Caen a changé, parce que Caen a semblé maîtriser le théâtre des opérations, et ça fait longtemps qu'on attendait ça. A une semaine du duel fratricide contre des Havrais qui seraient presque foutus d'y croire alors qu'ils ont déjà les pieds dans le ciment, ce n'est pas encore trop tard. Alors osons le dire, en espérant que ce soit la dernière fois : c'est maintenant ou jamais.

LES NOTES

Planté 5  : pas de but encaissé, c'est cool. Mais il serait vraiment temps de travailler les sorties aériennes, maintenant.
Barzola 6,5 : une perf honorable, quelques impulsions intéressantes sur son aile, assez adroit défensivement, avec quelques prises de risques maîtrisées.
Lemaître 5 : moins en vue que son collègue argentin, carrément en galère face à Braaten (celui qui pense que l'arbitre ne sifflera pas les fautes si on sourit bêtement après).
Sorbon 6 : moins de travail qu'à l'accoutumée, et il s'en est chargé avec sérieux.
Gomis 6,5 : travail de récup, courses vers l'avant pour relancer proprement, pas de ballons balancés à la Leca. Pourquoi ne pas continuer avec cette charnière ?
Seube 8 : peut-être LE mec qui va remettre Malherbe sur le droit chemin. Encore une grosse prestation pour Nico, pitbull captain en pleine bourre.
Yatabaré 7 : moi qui reprochais à Dumas de ne plus lancer les jeunes... En voilà un qui mérite vraiment d'avoir sa chance régulièrement. Intelligent dans les transmissions, pertinent dans ses choix, à l'aise dans la récup... Aurait pu devenir un héros s'il n'avait pas manqué ZE balle de match au quart d'heure de jeu.
Nivet 7 : il bouge, propose des solutions, fait tourner le jeu, ratisse le terrain. Nivet est bien, avec Seube, le seul caennais qui aura haussé son niveau de jeu cette saison.
Ben K et Elu 8 : à eux deux. Il serait temps qu'ils fassent de leurs ailes des rampes de lancement desquelles le danger peut jaillir. Parfois. Une fois de temps en temps. Mais là, non.
Savidan 6,5 : il y a du mieux. Auteur d'une reprise bien placée mais mal dosée, il s'est moins dépensé inutilement et n'a pas eu la tâche facile face à une charnière toulousaine en béton.
Adnane : toujours aussi inutile ce mec.
El Arabi : 10/10 pour le crochet de la mort, 0/10 pour la frappe qui vient juste après.
Nabab : il a un nom rigolo, lui.

Bande-son du jour : Buffalo Springfield, “For What It's Worth”

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