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Connaissez-vous beaucoup de clubs de foot dont le nom est celui d'un poète ? Fidèle abonné au Stade d'Ornano (tribune Centre, rang I, siège 166), qui a vu l'épanouissement de William Gallas et la chute de Dangbeto et a vénéré Xavier "le routard" Gravelaine, Arsenic écrit pour vous démontrer que ce nom ne doit rien au hasard. Malherbe qui joue, c'est peut-être pas du Baudelaire, et ça rime pas toujours, mais c'est toujours rock'n'roll.

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A coup de balles à blanc

A coup de balles à blanc
28/02/2010

SM Caen - RC Strasbourg : 0-0

26e journée de L2

Match aller : Strasbourg 2-2 Caen

Arbitre : Amaury Delerue. A la rue.

Spectateurs... : 11 863. Public de merde, qui siffle les Caennais au coup de sifflet final.

... rassasiés par le spectacle ? : 3/5. Finalement, il y a eu de l'action pendant 90 minutes, peu de temps morts, et on ne s'est pas ennuyés.

Compos :

Caen : Thébaux, Sorbon, Leca, Heurtaux, Tafforeau, Seube (cap.), Nivet, Langil (puis Eluchans), Yatabaré, El Arabi, Traoré (puis Toudic)

Strasbourg : Cassard, Maire, Pichot, Sikimic, Fanchone (puis Gargorov), Rodrigo, Damour (puis Pelé), Bah, Lacour (cap.), Zenke, Brahmia (Ledy)


L'homme du match : honnêtement, difficile à dire.

L'anti-homme du match : Cassard, évidemment. Plus qu'un gardien, plus qu'un concept, un mec capable de refiler Parkinson à toute sa défense. 95% de foirage aux dégagements, minable une fois sur deux pour capter le ballon : heureusement que Malherbe a oublié de cadrer. Parce que voir Cassard ne pas prendre de buts après une telle prestation, ça équivaut à renier l'existence de Dieu.

Le geste du match : l'enchaînement contrôle de la poitrine/coup du sombrero réussi par Youssef El Arabi au beau milieu du terrain.

L'anti-geste du match : y aurait de quoi faire un DVD avec les dégagements de Cassard.

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Evidemment, après avoir supporté Malherbe tout au long d'hivers rigoureux et avares en points, on a eu un réel aperçu de ce jusqu'où les Normands pouvaient aller dans la déroute. Donc, non, ce Malherbe-là ne connaît pas la crise. Certes, depuis début 2010, les Francky Boyz marquent le pas (deux victoires, quatre matches nuls, une défaite). Un peu. Sans voir vraiment leur avance sur le quatrième diminuer. Alors, histoire d'être débarrassés, on va le balancer d'emblée : le public caennais commence à se comporter en salle gosse pourri gâté et il fallait vraiment être un gros con pour oser siffler Malherbe au terme de ce match de bonne facture livré contre Strasbourg.

Parce que, soyons honnêtes, il n'a manqué aux Caennais qu'un petit but pour valider leur domination, un petit but qui aurait suffi à nous faire dire que les Francky Boyz s'étaient fait pardonner de la récente déroute corse. Après la défaite 2-0 concédée à Ajaccio et après laquelle Fortin a déclaré à ses joueurs qu'ils s'étaient "foutu de [s]a gueule", Malherbe devait se remettre sur les bons rails.

Don Dumas, a priori, n'était pas si inquiet que cela et a osé modifier son schéma tactique fétiche et surtout, surtout, bouleverser le trident au milieu de terrain qui fait la force du Stade Malherbe depuis le début de la saison. Exit Proment, donc, pas vraiment dans sa plus belle saison depuis son arrivée à d'Ornano. Big Francky gomme son 4-3-3 pour un truc plus proche d'un 4-2-4. Un pari un peu fou et dont les limites nous sont apparues un peu flagrantes dès le début de match. Parce que là où il y a Proment d'habitude, il n'y avait vendredi soir qu'un vide béant. Seube, pendant toute la première mi-temps, a joué trop haut, happé par son rôle habituel de relayeur quand il aurait dû se cantonner à celui de récupérateur.

En défense, Sorbon semble définitivement être préféré à Barzola au poste d'arrière lattéral droit. Choix heureux, puisqu'il a disputé son meilleur match à ce poste. En osant jouer... comme un ailier, puisqu'il n'avait pas grand chose d'autre à foutre. Leca et Heurtaux commencent à former une charnière cohérente, bien que plutôt lente. Et on a droit à deux pointes pour le prix d'une, donc, avec Traoré évoluant en pivot et El Arabi en soutien.

A vrai dire, on était encore en train de se demander comment ce dispositif plutôt dingue pourrait fonctionner quand Strasbourg passe tout près de flinguer le début de match. Brahmia se faufile dans la surface, Leca tend la jambe et provoque le penalty. On a à peine le temps de s'affoler, d'espérer un exploit de la part de Thébaux, de s'exaspérer de l'habitude détestable qu'ont certains joueurs de stopper leur course d'élan avant de tirer un péno, comme c'est le cas de Rodrigo... et le Brésilien envoie le ballon en tribune.

Une fois l'éclat de rire (un peu nerveux, faut avouer) passé, on se prend à espérer la marche en avant des Caennais. Malheureusement, les Francky Boyz semblent connaître pas mal de difficultés, comme nous finalement, à s'adapter à ce nouveau schéma, face à une équipe ultra-défensive. Traoré, plutôt en jambes face à l'une de ses anciennes équipes, ne trouve personne à qui remettre le ballon. Langil et Traoré, lorsqu'ils récupèrent le ballon, n'ont pas assez de solution. Nivet, contraint d'évoluer plus bas que d'habitude, ne trouve pas les solutions. Malherbe offre même pas mal d'opportunités de contre aux Strasbourgeois, malheureusement un peu trop frileux pour profiter des errements défensifs d'une équipe qui a oublié qu'elle évoluait sans milieu déf.

En un mot, Caen bafouille son animation offensive, et ne se montre véritablement dangereux qu'à de rares reprises, sur des recherches de diagonale et des centres pour une fois plutôt chiadés. Il faut quand même attendre les arrêts de jeu de la première période pour avoir enfin l'occasion de vibrer un peu, sur une diagonale de Langil, que Yatabaré offre en retrait à Traoré, lequel commet un extérieur dégueulasse hors cadre alors qu'il était à trois mètres du but.

Qu'importe, finalement, puisque l'attaquant caennais indique la marche à suivre pour la seconde période, au cours de laquelle les Francky Boyz se montreront nettement plus convaincants... Déjà, Nico Seube joue beaucoup plus bas et renforce l'assise défensive des Caennais, qui maintenant dominent franchement la rencontre. Les flèches offensives des Normands viennent de tous les côtés mais prennent rarement au dépourvu la défense à 9 des Alsaciens. Sorbon s'essaie à la reprise de volée excentrée et manque de tromper Cassard. El Arabi, extrêmement remuant, offre un caviar à Yatabaré, lequel réussit un lob impeccable sur le portier strasbourgeois mais voit le cuir rebondir sur la barre. Strasbourg est sur le point de craquer, mais les Francky Boyz manquent clairement d'imagination pour créer des combinaisons fatales dans l'axe, manquent aussi de verticalité et de constance pour faire exploser une équipe en perdition, et sont même trop inégaux au pressing pour maintenir leur siège des cages de Cassard. En fin de match, ce sont même les Strasbourgeois qui sont proches du hold-up parfait, par l'intermédiaire de Bah qui se loupe carrément face à Thébaux à deux reprises.

Malherbe concède donc un nouveau nul sur ses terres, sans vraiment rassurer ses dispositions et son animation offensives du moment, ni toutefois inquiéter particulièrement, tant leur domination fut indiscutable. Dumas a parfaitement résumé les choses : "c'était un match bizarre, [...], il nous a manqué un peu de folie". Aucun souci, les Francky Boyz peuvent se permettre de rentrer un peu dans le rang. Et ce n'est pas vraiment en faisant preuve de folie qu'ils ont brillé cette année... Mais il faut avouer qu'elle nous manque, parfois.

"INSTANTANEMENT COMME CA / REPRENDRE DE VOLEE D'AUSSI LOIN / COMME ELLE VIENT"

Bande-son du jour : Loved because of great faults, de Blonde Redhead, sur le disque Melody of Certain Damaged Lemons

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LES NOTES

Thébaux [6] : il n'a pas eu grand chose à foutre, l'ami Alex.

Sorbon [7] : comme il n'y avait personne à marquer en défense, Jérém' en a profité pour se faire plaisir, jouant plus souvent de l'autre côté de la ligne médiane. Centre, combinaisons avec Yatab', une tentative de frappe pas loin de faire mouche, découpage en deux de Fanchone : profite, tu ne pourras pas toujours te le permettre, mon pote.

Leca [6,5] : encore une grosse perf' pour Greg, toujours tranchant, efficace à la relance. Reste qu'il concède un péno...

Heurtaux [5,5] : un peu plus fébrile qu'à l'accoutumée, et souvent pris de vitesse, il a heureusement pu s'appuyer sur ses partenaires pour finalement se rassurer quelque peu.

Tafforeau [6] : un match honorable de taff', qui s'est appliqué, qui s'est battu... et qui ne s'est peut-être pas assez impliqué en attaque.

Seube [6] : il ne savait pas où donner de la tête en première période, jouant beaucoup trop haut et abandonnant la défense aux contres strasbourgeois. En seconde période, il a su canaliser son énergie à la récupération et a contribué à la domination des siens.

Nivet [5,5] : fais gaffe, mec, il va t'échapper, ton titre de meilleur joueur de Ligue 2, à ce rythme-là. Gêné par la position d'El Arabi, et par un double marquage étouffant. Faut avouer que les conditions idéales étaient loin d'être réunis.

Yatab' [6,5] : pas vraiment fameux en position d'ailier cette saison, il manquait clairement de solutions dès qu'il avait le ballon. Pourtant, il a peu à peu trouver son rythme, provocant, cherchant à rentrer dans l'axe et combinant avec Sorbon. Il offre un caviar à Traoré, et trouve la barre sur un mouvement limpide. Sambou est passé tout près du match référence pour se relancer.

Langil [4] : à l'ouest rien de nouveau. On était contents, Elu était sur le banc, mais il a contaminé Steeven. Lequel n'a pratiquement rien fait de juste. Putain, merde, c'était Pichot en face, mec.

El Arabi [7] : assurément le meilleur caennais sur la pelouse, encore. Très remuant, presque trop pour combiner avec Traoré, il a pensé à offrir des solutions aux quatre coins de la pelouse. Impliqué dans la plupart des bons coups de son équipe, et auteur d'une ouverture parfaite pour Yatabaré, qui a failli devenir décisive. On est vraiment pressés de le voir en Ligue 1, ce petit.

Traoré [5] : très en jambes en début de match, il fut adroit dans ses remises bien que trop souvent isolé au milieu d'une marée de maillots blancs. Et puis il loupe un but tout fait en fin de première période et s'efface complètement lors de la seconde période.

Elu [5,5] : il a pas mal tenté sur son aile, avec plus ou moins de réussite. Pas vilain.

Toudic [5] : vingt minutes pour rien.

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TOUS LES SCORES :

Dijon 0 - 0 Laval

Angers 2 - 1 Clermont

Bastia 0 - 0 Guingamp

Istres 2 - 0 Châteauroux

Vannes 0 - 0 Arles-Avignon

Brest 1 - 3 Sedan (ha, ha, bien fait)

Nîmes 2 - 1 Nantes

Caen 0 - 0 Strasbourg

Tours 1 - 3 AC Ajaccio

Metz 01/03 Le Havre

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CLASSEMENT

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1. Caen 51 pts (+18)
2. Brest 49 pts (+15)
3. Metz (-1) 41 pts (+4)
4. Nîmes 40 pts (-1)
5. Laval 37 pts (+7)
6. Le Havre (-1) 37 pts (+4)
7. Angers 37 pts (+2)
8. Ajaccio 36 pts (+6)
9. Tours 35 pts (+1)
10. Sedan (-1) 34 pts (+2)
11. Arles-Avignon (-1) 33 pts (-2)
12. Strasbourg 32 pts (-1)
13. Clermont (-1) 31 pts (-1)
14. Vannes 31 pts (-5)
15. Nantes 31 pts (-7)
16. Dijon 30 pts (-2)
17. Guingamp 27 pts (-6)
18. Châteauroux 27 pts (-7)
19. Istres 26 pts (-15)
20. Bastia 18 pts (-12)