Pédale!

22/07
Les 237,5 kilomètres entre Carcassonne et Bagnères-de-Luchon offraient aux baroudeurs un long terrain de jeu pour s'offrir une étape de montagne, et aux adversaires de Nibali la possibilité d'inquiéter l'Italien, ou de s'entretuer. Les premiers, conduits par Michael Rodgers, n'ont pas laissé passer l'occasion, alors que les seconds se sont tirés dans les pattes, écrémant par le bas. C'était la plus longue étape du tour, la première pyrénéenne, courue sous un soleil de plomb, à un rythme d'enfer. Un terrain qui pouvait donner envie, au choix, de s'enfiler du sirop codéiné en écoutant Jean-Paul Ollivier évoquer sur fond de musique classique les charmes du château de Mauléo et du Pic du Lion ...
Nibali contro gli francesi
19/07
Sur les bosses, à Sheffield ? Il était déjà à l'affût, et affûté. Sur les pavés flandriens ? De manière prévisible, c'était lui le plus intelligent des favoris. Sur les premières pentes, dans les Vosges ? Encore lui le meilleur. Et pour l'entrée dans les Alpes ? Et bien oui, c'est toujours Vincenzo Nibali le plus fort. Au point que la mainmise de l'Italien sur ce Tour 2014 interpelle : est-ce lui qui est tellement fort, ou est-ce l'adversité qui n'est pas tout à fait à la hauteur, sur un Tour possédant pour particularité de n'avoir plus aucun ancien vainqueur dans ses rangs ? Cette 14e étape, avec ses cols ancrés dans la légende de l'épreuve (Lautaret et surtout Izoard, point culminant de c ...
Encore une tournée de Gallopin
16/07
Une étape de transition est comme une verrine ou un petit-four qu'on vous apporte avant le plat de résistance. Certains préfèrent décliner d'un « non merci » poli mais ferme histoire de garder de la place avant cette montage qui tient au corps et ses cols dont le simple nom suffit à saliver d'avance. Il faut croquer sans poser de questions dans une étape de transition pour savoir quel goût elle peut bien cacher. Tony Gallopin n'est pas du genre difficile. Près de 48h après avoir rendu sa tunique jaune louée chez Nibali, le Français s'est très vite consolé. Cette étape entre Besançon et Oyonnax, l'homme la Lotto avait mis un post-it dessus depuis un moment. « J'étais venu reconna ...
La Belle fille tombe dans les bras de Nibali
14/07
Kilomètre 77 sur 161. Bruine sur la dixième étape du Tour de France, le ciel grisâtre se confond avec l'horizon au sommet du Platzerwasel, l'un des quatre cols de première catégorie programmés dans ce que Christian Prudhomme n'hésitait pas à qualifier de « plus dure étape de moyenne montagne de toute l'histoire du Tour. » Tombé dix-sept kilomètres plus tôt, Alberto Contador, relégué à quatre minutes du peloton, n'arrive pas à tenir la roue de Matteo Tosatto. Il regarde une fois de plus son genou droit, bandé, adresse une tape sur l'épaule de son équipier, et met pied à terre, définitivement. Après Christopher Froome, le Tour de France 2014 vient de perdre son autre favori, avant mê ...
À l'aise Blel
12/07
Si la première partie de cette étape était triste et sans saveur, le final, avec ses trois cols répertoriés, offre une scène propice aux premières joutes entre favoris afin de se jauger et de se juger avant les cimes alpines. Surtout, ce temps menaçant se pose en arbitre et rend les coureurs nerveux et fébriles. Un groupe de cinq se forme grâce aux efforts de Chavanel et passe la journée en tête. À trente kilomètres de l'arrivée, le peloton, jusque-là lancinant, change de rythme et se met à table. Les Tinkoff en tête, la chasse commence et la meute s'étiole. Obligé de montrer son jeu, Contador prépare un coup et fait rouler ses équipiers à vive allure. Cette locomotive, symbolisée par un Mi ...
Sagan gourmand, Trentin gagnant
11/07
Une étape en ligne en première semaine, c'est un jeu de dupes : l'échappée matinale fait semblant d'être convaincue de ses chances de succès ; les équipes de sprinteurs font semblant de craindre que la situation leur échappe ; et les suiveurs et commentateurs du Tour font semblant de croire que le suspense est au rendez-vous. Aujourd'hui, l'argument de rigueur pour justifier les chances du sextet parti dès le cinquième kilomètre était la longueur inaccoutumée de l'étape : 234km, soit le deuxième plus long parcours de l'édition 2014. Mais quand bien même le trajet reliant Épernay à Nancy aurait fait le double de distance, les sprinters, rivés aux consignes hurlées à l'oreille par leur direc ...
Greipel, un Allemand peut en cacher un autre
10/07
Clan à part dans le peloton, les furieux du sprint affichent en général un ego aussi hypertrophié que leurs cuisses. « Tous les sprinteurs ont forcément une confiance en eux incroyable, sinon on n'oserait pas se lancer comme des fous à l'abordage comme on le fait », assénait au soir de la première étape Marcel Kittel, le patron de la discipline en ce début de Tour, du haut de ses trois succès en autant d'emballages massifs (1ère, 3e et 4e étapes). Quelle peut bien être la réaction de tels monstres d'orgueil devant pareille domination de l'un d'entre eux, boulimique de victoires depuis le départ et réduisant à la famine les autres rois de la ligne droite ? Cette situation les insup ...
Froome tombé au champ d'honneur
09/07
C'est un peloton meurtri, désarticulé et tétanisé qui rejoint l'arrivée. Eux, ils ont vécu l'enfer ; la pluie, la boue, les chutes. Des camarades se sont perdus, d'autres rentrent en retard. Les visages sont noircis et les vélos oxydés quand la nouvelle tombe : la reine des classiques a eu raison du favori du Tour. Christopher Froome n'a même pas goûté aux vibrations des routes pavées qu'il rend les armes. Groggy par le choc, éraflé par les chutes, l'homme qui domptait les cimes tel un chasseur alpin a craqué sur le bitume détrempé et rentre tristement dans la voiture du manager, tête baissée et jambes boiteuses. S'il quitte le Tour aujourd'hui, Froome a sûrement gagné un peu d'humanité aux ...
Marcel et son orchestre, troisième rappel
08/07
Ils sont partis de bon matin, ils sont partis sur les chemins, à bicyclette. Y'avait Voeckler, y'avait Maté… mais pas Andy Schleck. Pour le retour du Tour en sa mère patrie, après une excursion de trois jours sur l'île de Mark Cavendish, Christopher Froome et sir Bradley Wiggins, le vainqueur 2010 de l'épreuve n'a même pas touché terre, renonçant quelque part en transit en Manche, suite à sa blessure au genou contractée dans une chute la veille, du côté de Londres. De maux en bleus, le Luxembourgeois persiste dans une trajectoire décidément tortueuse depuis son sacre sur tapis vert. Thomas Voeckler, lui, fidèle à son rendez-vous avec les amateurs de « Cocorico » chaque été depuis m ...