Pédale!

27/07
Voilà c'est fini. Trois semaines de course, des abandons, des pavés, de la pluie, des coureurs qui déçoivent, des coureurs qui surprennent, des attaques, des échappées, des descentes à grande vitesse, des Français en réussite et un Italien impérial. C'est triste, mais ce fut beau. Parce que tous les Tours sont beaux. Parce que les performances de Péraud, Pinot et Bardet ont maintenu le suspens pour le podium final. Et parce qu'en l'absence de Contador et Froome, partis sur chute, Vincenzo Nibali a été un grand maillot jaune, offensif dans la première semaine pour s'adjuger une victoire d'étape et piéger les favoris sur les pavés, imprenable et jamais pris en montagne où il aura gagné dans le ...
France 2, France 3
26/07
Marc Madiot s'est toujours fait une certaine idée de la France et de son cyclisme. Depuis 18 ans, le patron de la FDJ a tout connu. Les affaires, les années de vache-maigre, la génération perdue du début des années 2000, la relève qui pointe sans complexe. « Il y a quelques années encore quand vous preniez l'antenne pour le direct du dernier contre-la-montre, on va déjà ranger les vélos et remballez le bus », racontait-il au micro de France 2 quelques minutes après l'arrivée de ce contre-la-montre entre Bergerac et Périgueux. Alors voir un de ses coureurs s'inviter sur le podium du Tour, le Mayennais « n'en rêvait même plus, ça paraissait inaccessible. » Pourtant s'il ne ...
Peter Sagan : Bonjour Tristesse
25/07
Les étapes de transition ont cela de beau qu'elles tiennent presque toujours leur promesse, celle de n'offrir aucune surprise, aucun rebondissement, et de suivre à la lettre le protocole. Que faire, dès lors, pendant les 208,5km et les quasi-cinq heures de course de cette 19ème étape entre Maubourguet Pays du Val d'Adour et Bergerac ? Il y a beaucoup à faire : somnoler sur le canapé, le son de télévision légèrement baissé mais néanmoins prêt à bondir en cas de chute ou de bordure, chasser les mouches qui fuient la température extérieure, s'interroger inlassablement sur le nombre de verres que s'avalent Thierry Adam, Laurent Jalabert et les autres pendant leur déjeuner pour débiter autant de ...
Vincenzo-dessus du lot
24/07
Hau-ta-cam. Trois syllabes à la résonance particulière dans la légende du Tour. Escaladé seulement quatre fois par le passé, le sommet au nom qui claque ne bénéficie pas de l'abonnement de l'Alpe-d'Huez ou du Tourmalet mais, à l'instar de Pra-Loup ou d'Orcières-Morlette, une seule visite aura suffi à ancrer son nom dans les mémoires… et incruster durablement une image dans les rétines : celle de Bjarne Riis, petit sourire aux lèvres, se laissant glisser pour jauger un à un du regard ses rivaux de l'édition 96. Et quand il accélère enfin, facile, ce sont les années Indurain qui s'achèvent. Les années EPO, elles, battent leur plein. Col maudit, encore sali en 2008 par les vendeurs de chaudière ...
Les bons comptes de Péraud
23/07
Une image : il reste six kilomètres dans le Pla d'Adet, dernier col de la journée, quand Thibaut Pinot attaque, bientôt suivi par un puissant Jean-Christophe Péraud qui en remet une couche pour faire exploser Alejandro Valverde. Les deux coureurs, accompagnés de Nibali et Van Garderen, rejoignent alors Romain Bardet, parti à l'avant dans la descente. Preuve que, dans ce tour, les attaquants et les audacieux sont Français. Derrière, Valverde a la bouche grande ouverte et il est seul. Quelques dizaines de mètres plus tard, Vincenzo Nibali rappelle à tout le monde qui est le plus fort, et attaque à son tour. Jean-Christophe Péraud est le seul à tenir sa roue et profite de l'aspiration du maillo ...
Pinot blanc
22/07
Les 237,5 kilomètres entre Carcassonne et Bagnères-de-Luchon offraient aux baroudeurs un long terrain de jeu pour s'offrir une étape de montagne, et aux adversaires de Nibali la possibilité d'inquiéter l'Italien, ou de s'entretuer. Les premiers, conduits par Michael Rodgers, n'ont pas laissé passer l'occasion, alors que les seconds se sont tirés dans les pattes, écrémant par le bas. C'était la plus longue étape du tour, la première pyrénéenne, courue sous un soleil de plomb, à un rythme d'enfer. Un terrain qui pouvait donner envie, au choix, de s'enfiler du sirop codéiné en écoutant Jean-Paul Ollivier évoquer sur fond de musique classique les charmes du château de Mauléo et du Pic du Lion ...
Nibali contro gli francesi
19/07
Sur les bosses, à Sheffield ? Il était déjà à l'affût, et affûté. Sur les pavés flandriens ? De manière prévisible, c'était lui le plus intelligent des favoris. Sur les premières pentes, dans les Vosges ? Encore lui le meilleur. Et pour l'entrée dans les Alpes ? Et bien oui, c'est toujours Vincenzo Nibali le plus fort. Au point que la mainmise de l'Italien sur ce Tour 2014 interpelle : est-ce lui qui est tellement fort, ou est-ce l'adversité qui n'est pas tout à fait à la hauteur, sur un Tour possédant pour particularité de n'avoir plus aucun ancien vainqueur dans ses rangs ? Cette 14e étape, avec ses cols ancrés dans la légende de l'épreuve (Lautaret et surtout Izoard, point culminant de c ...
Encore une tournée de Gallopin
16/07
Une étape de transition est comme une verrine ou un petit-four qu'on vous apporte avant le plat de résistance. Certains préfèrent décliner d'un « non merci » poli mais ferme histoire de garder de la place avant cette montage qui tient au corps et ses cols dont le simple nom suffit à saliver d'avance. Il faut croquer sans poser de questions dans une étape de transition pour savoir quel goût elle peut bien cacher. Tony Gallopin n'est pas du genre difficile. Près de 48h après avoir rendu sa tunique jaune louée chez Nibali, le Français s'est très vite consolé. Cette étape entre Besançon et Oyonnax, l'homme la Lotto avait mis un post-it dessus depuis un moment. « J'étais venu reconna ...
La Belle fille tombe dans les bras de Nibali
14/07
Kilomètre 77 sur 161. Bruine sur la dixième étape du Tour de France, le ciel grisâtre se confond avec l'horizon au sommet du Platzerwasel, l'un des quatre cols de première catégorie programmés dans ce que Christian Prudhomme n'hésitait pas à qualifier de « plus dure étape de moyenne montagne de toute l'histoire du Tour. » Tombé dix-sept kilomètres plus tôt, Alberto Contador, relégué à quatre minutes du peloton, n'arrive pas à tenir la roue de Matteo Tosatto. Il regarde une fois de plus son genou droit, bandé, adresse une tape sur l'épaule de son équipier, et met pied à terre, définitivement. Après Christopher Froome, le Tour de France 2014 vient de perdre son autre favori, avant mê ...