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Regroupés dans un collectif à géographie variable, les OL Dirty Bastards assument seuls contre tous le je-m’en-footisme de Govou comme les méthodes du discours aulassien.

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Ultras Biolay

11 février 2008 à 09:42 Ultras Biolay

Quand on a sacrifié ce qu’il peut rester de vie sociale pour quelques matchs de l’OL, en plus de tous ces disques et bouquins qui savent eux aussi faire le ménage affectif, on trouve encore du temps à tuer devant sa télévision. C’est peut-être à ce moment crucial, dans un dimanche soir qui n’en finit plus, que se situe la chance des mecs qui s’ennuient. Lorsqu’au détour d’une émission tardive présentée par une pimpante femme de sélectionneur, on tombe sur Benjamin Biolay.

Benjamin Biolay – Dans la Merco Benz

A la place qu’il occupe ce soir-là, n’importe quel invité en profite en général pour exhiber dans les moindres détails l’amour d’un maillot ou d’un joueur. Quand on le sollicite pour ce rituel, lui baisse les yeux et se contente de souffler le nom de l’équipe qu’il supporte : « L’Olympique lyonnais… Je n’y peux rien. C’est comme ça ». Sur le plateau, personne ne comprend. Pourtant, tout le monde devrait savoir maintenant qu’être supporter de l’insupportable, c’est passer son temps à baisser les yeux et laisser aux autres le soin d’être enthousiaste à votre place. Après 95 minutes et un 4-1 enfilé aux Sochaliens hier soir, on a pu se retrouver à nouveau dans la peau de l’ultra Biolay - les épaules rentrée et la mine contrariée qui vont avec.

Pour ne rien arranger à l’affaire, on commence l’après-midi en rejouant le rôle du célibataire de passage au milieu des jeunes parents qui pouponnent. Le même, ou presque, tenu un peu plus tôt dans la semaine par le chanteur trash yéyé le temps d’un court (C’est pour quand ?, Canal +). Bien agrippé à sa bière, on réussit tant bien que mal à donner le change parmi les discussions poupoutes. Avant que ne surgisse la question qui fait baisser les yeux et bredouiller une réponse incompréhensible : « Et toi, Serge, tu fais quoi ce soir ? ».

On a pensé pendant quelques temps qu’on s’en tirerait en répondant qu’on allait rue de Paradis, dans le 10ème. Maintenant, on en est le plus souvent réduit à s’entendre dire « Ah, tu vas à Gare de l’Est pour tes matchs… Et ils jouent contre qui Lyon ce soir ? ». Avant de révéler l’adversaire de la soirée, vous savez que vous torpillez les derniers espoirs placés en vous par tous ces amis bien intentionnés qui, il y a peu encore, pensaient que vos chances de vous amouracher pour une belle inconnue étaient encore réelles.

C’est vrai, Serge, tu pourrais au moins sacrifier un OL / FC Sochaux-Montbéliard et penser à relancer enfin ton entrée dans la trentaine ! On remet le numéro de dérision à la prochaine fois pour être au plus vite côté comptoir au Café Rouge. C’est là, entre deux commandes de Picon, qu’on pense trouver les vraies réponses au sens caché de la vie dès la présentation de la compo’. Pour la première fois de la soirée, on peut enfin lever les yeux et découvrir la mine couperosée d’Alex Ferguson dans les tribunes de Gerland. Pour peu que le collectif lyonnais poursuive dans son registre de la lente agonie, on se dit qu’il va falloir les baisser très vite.

Coup de chance, la défense sochalienne semble disposée à jouer le meilleur de la Ligue 1 dès la 2ème minute. Suite au premier solo dans la surface de Ben Arfa, l’OL obtient un corner. En bon joueur pessimiste, Juninho se contente de le tirer comme n’importe quel corner, au second poteau. Il tombe sur un grand milieu oublié de tous, de nous comme de N’Daw : Mathieu Bodmer (1-0). A force d’intérims en défense centrale et de quelques piges à la récupération, on l’avait vu jusque-là à peu près partout, sauf dans ce rôle qu’il était venu chercher à Lyon. Celui de relayeur à la Tiago.

Et c’est peut-être là qu’il est le plus à l’aise. Bien sûr, avec ses allures nonchalantes, la grande gigue n’a pas le goût du vice que l’on adorait chez le Portugais. En attendant, en une première mi-temps, il profite à merveille du boulot défensif de Govou, de la recherche du mouvement permanent assuré par Juni et du travail dans la largeur de Toulalan. Ses passes manquent d’être décisives quand, aux alentours de la 20ème minute, il envoie Benzema décroiser son tir au ras-du-poteau de Richert.

Tout ça reste fragile. D’autant que le travail de sape orchestré par le milieu lyonnais sur la moindre tentative de relance sochalienne tient 35 minutes. Pas plus. Après, on ne sait plus trop ce qu’il s’est passé. Les revenants du jour (Govou, Juninho et Bodmer) ont peut-être fini par s’essouffler. A moins que Gilot ait reçu un conseil éclairé du haut des tribunes, oui, pas très loin de Ferguson, là où baisser les yeux est la chose la plus naturelle du monde.

De là haut, on pouvait en effet se rendre compte que depuis le début de la partie, la nouvelle charnière centrale lyonnaise s’appliquait à relancer propre et court. Ce qui revient à jouer contre-nature quand on s’appelle Jean-Alain Boumsong. Pour son retour en Ligue 1, on le découvre convaincant quand il s’agit d’aller au contact sans se jeter. Un peu moins dans ses placements – on lui accordera le bénéfice du rodage avec Squilacci. Et pas très loin du gouffre balle au pied. On voit bien qu’il aimerait régler le problème en balançant par-dessus le milieu. Ce qui serait, à ses yeux mi-clos, bien plus efficace que ce respect de la consigne martelée toute la semaine par Perrin : on soigne la première relance. La seule solution est donc de refiler le problème à Squilacci qui, on le sait maintenant, n’a rien de la passion du Cris quand il s’agit de trouver des relais au milieu.

Il ne reste plus alors aux Sochaliens qu’à faire sauter les apparences d’un retour du collectif lyonnais et aller presser cette défense empruntée balle au pied. Entre la 35ème et la 75ème, on se remet à baisser les yeux, ne serait-ce qu’en imaginant un seul instant Fergusson assister à ce qui restera comme une des pires mi-temps de l’OL cette saison. Entre approximations techniques et manque de mobilité, l’équipe ne parvient plus à combler ce trou béant au milieu, ces 25-30 mètres qui séparent Toulalan du reste du milieu. Ca sent la honte quand, sur une histoire de sortie manquée entre Grosso et Perrin, le fantôme de Pancrate ressurgit d’on ne sait où (1-1, 52ème).

Dans ce genre de situation, ce qu’on supporte de moins en moins, c’est de voir Ben Arfa et Benzema s’emmêler dans leurs désirs d’exploits et de sauvetage qui partent de trop loin. L’impatience cède alors à la crispation. Benzema, balle au pied, qui réclame excédé du mouvement autour de lui, Ben Arfa qui se perd avec toute la défense adverse sur le dos, Govou qui a encore besoin d’un rythme de matchs plus soutenu pour ne pas disparaître.

On pourra reprocher tant qu’on veut à la défense et à Coupet quelques approximations, si les deux BB Gones continuent à jouer les corps impatients seuls contre tous, loin devant, et refusent de mettre en veilleuse leur talent insolent jusqu’au 20 février, s’ils ne se forcent pas à harceler les relances adverses et à préférer l’apparente simplicité de la première intention, alors Ferguson a bien raison de se barrer 10 minutes avant la fin du match, l’esprit tranquille.

Voir Bodmer reprendre un ballon renvoyé par un coup-franc de Juninho lui suffit (2-1, 75ème). Le reste aurait pu donner des regrets à ce départ anticipé si Fred avait eu le bon goût de ne délivrer qu’une seule de ses deux passes décisives des arrêts de jeu. La première offre en effet une jolie réplique – collective de surcroît – à celles et ceux qui s’inquiètent pour ces samedis soirs passés devant une mi-temps pourrie de l’OL, à boire des Picon. Comme d’habitude, c’est Govou qui se charge de sauver les apparences (3-1, 91ème).

La seconde, elle, oblige à redescendre avec Juninho plus bas que terre : « 4 à 1 est un score exagéré : on ne méritait pas de l’emporter 4 à 1. On a montré que les qualités individuelles étaient toujours là mais on n’a pas fait un gros match collectivement. Après un bon début de rencontre, on a baissé de pied. En ce moment, on est un peu en manque de confiance et on essaie de jouer plus simplement ». En alignant Richert en toute fin de match (95ème), Benzema flingue encore ce retour à un jeu tout sauf débraillé, cette bouée de sauvetage qu’on réclame depuis quelques temps et qui laisserait entrevoir l’espoir d’un passage en force contre MU.

Au lieu de quoi, on sent qu’on va devoir passer en boucle pour la suite de la saison le tube à Biolay qui pue le dépit et le regard qui flotte. Une manière comme une autre de faire passer la pilule de ce but de trop. A moins que ce ne soit ce match de trop et une nouvelle soirée de perdue, on ne sait plus bien…

Serge Rezza






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» Ultras Biolay · 11 février 2008 21:31

Allez Serge, t’inquiètes !! Je connais le même modèle, mais lui il vit en Norvège : d’où 3 différences fondamentales : impossible de trouver un rade retrsnsmettant l’OL ; Le Picon, inconnu au bataillon ; et le demi à 9 euros, t’en bois pas des masses.... Chanceux va !

 chenmawon   

» Ultras Biolay · 11 février 2008 19:26

"Avant de révéler l’adversaire de la soirée, vous savez que vous torpillez les derniers espoirs placés en vous par tous ces amis bien intentionnés qui, il y a peu encore, pensaient que vos chances de vous amouracher pour une belle inconnue étaient encore réelles". Je ne suis donc pas seul. Belles lignes. Bravo.

 Big Blue Bear   

» Ultras Biolay · 11 février 2008 13:07

Serge, t’es pas seul a t’enquiller des bieres devant un match mediocre, l’esprit perdu dans le pourquoi du comment, le doute au coin de la rue, le lit vide. Ceci est un message d’encouragement. Robert, un troisieme picon, s’il te plait.

 bib