<![CDATA[OL'Dirty Bastards - SO FOOT.com]]> fr www.sofoot.com <![CDATA[OL'Dirty Bastards - SO FOOT.com]]> <![CDATA[Rank'n'OL #46 – Lopes, le sacre du plein-temps ]]> text/html fr SO FOOT En l'absence de ses tauliers, à commencer par ceux qui étaient sur le terrain, l'OL n'a été une équipe de foot que pendant une mi-temps, jusqu'à ce que Paris éteigne la lumière. Suffisant pour dégager un top 5, inattendu et rafraîchissant. Comme doit l'être le Rank'n'OL. 36ème journée de Ligue 1 
 Olympique Lyonnais – Paris Saint-Germain 0-1 
 Pour Paris : Ménez (52ème) 
 ]]> 36ème journée de Ligue 1
Olympique Lyonnais – Paris Saint-Germain 0-1
Pour Paris : Ménez (52ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Anthony Lopes : cinquième match de la saison, cinquième Rank. Est-ce que ça suffira à consoler le gardien made in Givors ? On pense que oui. En tout cas, il n'aura rien à se reprocher, impeccable devant Ibrahimovic (3ème), autoritaire devant Ménez (23ème) et hyper classe devant Pastore (66ème). Et s'il y a quelques fautifs sur le but parisien, il n'est pas sur la liste. Mais son rayonnement va au-delà de ses réflexes : Lopes rassure sa défense. Il ne faut peut-être pas chercher plus loin la transformation de Koné ou la confiance (excessive ?) retrouvée d'un Dabo qui s'en va tenter dribbles et frappes impossibles. Lopes multiplie les miracles. Et pas des moindres.

2. Samuel Umtiti : depuis son retour dans l'axe, on craignait d'avoir perdu sa trace. Celle qu'il laissait à intervalles réguliers dans le Rank, au titre officiel de rookie de l'année et, plus officieusement, de défenseur dont l'expérience semble inversement proportionnelle à son âge. Sans doute trop occupé à ne pas ramener à la surface cette théorie qui veut qu'un défenseur ne sombre jamais autant que lorsqu'il se retrouve associé à Bako. Du coup, on en est arrivé à se demander s'il n'était pas en train de façonner ce grand défenseur classe et délié qui couvait parfois sous les erreurs du Général. Comme si après avoir enterré la concurrence, le Fossoyeur de Ménival avait compris qu'il fallait soulager une âme en perdition pour enfin consolider cette place, la seule qu'il ait jamais souhaitée, celle de meilleur défenseur du monde. Où un dégagement peut être à la fois sauvetage décisif et relance nickel pour les siens. Où rien ne semble venir à bout de sa sérénité, pas même un milieu en délicatesse. Où il faut arracher son titre à Thiago Silva. Surtout quand il n'est pas sur le terrain.

3. Yoann Gourcuff : « Un joueur plus plaisant qu'utile. » A dire vrai, Gourcuff n'a jamais été aussi près d'incarner le nouveau Zidane depuis cette sentence envoyée en son temps à ZZ par l'Avvocato Agnelli. Car depuis qu'il occupe ce couloir gauche limite à l'abandon depuis le départ de Bastos, Gourcuff rappelle vraiment quelque chose du second Zidane, celui de la période galactique. Un joueur trop classieux pour se livrer à l'exercice des coursiers qui squattent habituellement le long de la ligne de touche. Mais un joueur suffisamment consciencieux pour faire sa part de boulot, jusqu'à l'excès et la faute qui va avec. En vrai, on aurait aimé que les caméras de Douglas Gordon et Philippe Parreno reprennent le travail avec Gourcuff là où elles avaient laissé Zidane. Dans ces gestes de grand fauve, félin dès qu'il faut toucher la balle, qui pèsent chaque geste au gramme près, prenant soin au passage de ravir la galerie parce que ce soir, c'est gala. Yoyo ne sera jamais le Zizou du futur. Mais il ressemble de plus en plus à Zidane quand il regardait déjà son passé.

4. Bakary Koné : « Même Messi n'est pas à 100 % tout le temps. » Au moment de sortir la tête du banc, c'était la seule défense que pouvait encore tenter le Général pour sauver ce qui pouvait encore l'être. Parce qu'en vrai, on avait tous compris – et peut-être lui le premier – qu'il faisait partie d'une autre catégorie de joueurs, de ceux qui ont besoin d'être au-delà des 100 % requis pour exister. Valbuena a construit sa carrière sur cette réalité. Bako n'en a pas encore saisi toute l'ampleur : la preuve, il se laisse encore embarquer sur le but, pris entre la nécessité de couvrir Ménez et celle de ne pas ouvrir la voie à Thiago Motta. Et comme le mouvement a déjà un avant-goût d'histoire, pour le titre qu'il ramène à la Capitale, on aura vite fait d'oublier le reste de la prestation du Burkinabé : le tacle glissé décisif qui ferme la ligne entre Ménez et Ibra (44ème), les centres en retrait renvoyés au loin, la tête qui domine son sujet. D'accord, ce n'est pas du 100 %, mais 90 % des attaques parisiennes qui finissent par s'échouer sur lui (source : Opta-peu-près), c'est l'air de rien un premier score de Général au pouvoir.

5. Yassine Benzia : on ne l'attendait pas d'entrée, à un poste qui n'est pas le sien et où il n'avait guère brillé à Nancy. Pourtant, Benzia a tout de suite fait ce qu'il fallait, et même un petit peu plus, toujours dispo sur son aile droite, propre et collectif. Surtout, Benzia a su faire ce que Lacazette, peut-être trop discipliné, n'ose pas assez : rentrer dans l'axe pour apporter le surnombre et perturber la défense adverse. C'est dans cette position qu'il enverra une mine péniblement sorti du pied par Douchez (12ème). Sa réputation de dilettante aura, ce soir-là au moins, souffert de ses replis défensifs courageux et intelligent. Dans une équipe trop lisse, c'est même lui qui ira chercher, en vain, le deuxième carton de Thiago Motta, après avoir provoqué le premier (42ème). On dit souvent que Benzia est un sale gosse. Mais tant qu'il fait chier les autres.

Par Pierre Prugneau et Serge Rezza

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<![CDATA[Rank'n'OL #45 – L'amour du travail Bafé]]> text/html fr SO FOOT Et le pire, c'est que tout cela paraît normal : l'OL gagne à Nancy (0-3), Gomis marque deux buts magnifiques, Gourcuff ressemble à un meneur de jeu international… Que ce soit une pièce exceptionnelle ou le début d'une production en série, ça reste de la belle ouvrage. Le genre de Rank'art à ne pas manquer. 35ème journée de Ligue 1 
 AS Nancy Lorraine – Olympique Lyonnais 0-3 Pour Lyon : Gomis (47ème et 88ème), Gourcuff (80ème) ]]> 35ème journée de Ligue 1 

AS Nancy Lorraine – Olympique Lyonnais 0-3
Pour Lyon : Gomis (47ème et 88ème), Gourcuff (80ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Bafétimbi Gomis : le Rank a toujours su rendre hommage à ses matchs de combattant, passés dos au but, au service du collectif et de la sacro-sainte « institution ». Et même si cela devait être au détriment de son efficacité. Mais personne ne pouvait défendre le Bafé 2013, lent et maladroit. Inoffensif. Alors Gomis avait fini par sortir du onze, et ce n'est pas ses entrées en jeu qui allaient le faire regretter. Pour tout dire, on en était presque à se demander comment on avait pu soutenir (à jeun) qu'il n'y avait pas meilleur complément pour Karim Benzema en équipe de France. Aussi osera-t-on avancer que Rémi Garde, après avoir compris que Licha ne rentrerait pas sur le terrain après la mi-temps, a réfléchi avant de prendre la décision qui allait tout changer. Martial ? Malbranque à droite pour recentrer Benzia ? Une demande de dérogation à la LFP pour inscrire Lacombe sur la feuille de match ? Ce sera finalement Gomis. Qui prend d'entée la mesure du double quintal de la défense centrale nancéienne avec une remise pour Benzia avant de marquer un premier but qu'il ne doit qu'à lui-même. Il n'est alors pas rentré depuis trois minute. Véritable aimant à défenseurs, Gomis reprend son rôle d'ouvrier et ouvre des brèches à la pelle pour ses coéquipiers. Avant de finir le travail sur un nouveau chef-d'œuvre : enchaînement roulette-balle piqué en douceur. Génial. Et quatrième meilleur buteur de Ligue 1 (16 buts). Entre Gomis et les Lyonnais, il y a clairement eu une histoire d'amnésie. Reste à savoir de quel côté.

2. Yoann Gourcuff : depuis qu'il est arrivé à Lyon, Gourcuff n'a jamais fait qu'une chose : revenir. A chaque fois, on a vu cette même scène se reproduire, celle d'un joueur voulant renaître au football, multipliant les étirements comme les touches de balle comme pour mieux sonder ce corps qui semblait lui en vouloir, presque autant que le destin. Voilà pour le corps. L'esprit maintenant. Soit précisément ce qui a foutu le camp après ces neuf mois passés à incarner le futur du foot français – et un peu plus que ça – du côté de Bordeaux. Un après-midi passé sous le soleil de Nancy ne suffira sans doute pas à ramener ce joueur qu'on a perdu. Mais il en a peut-être esquissé un genre de futur. Où Gourcuff donne d'abord dans ces courses qui sauvent Dabo de sa condition d'orphelin, pour mieux se retrouver à coups de contrôles soyeux, de détours dans l'axe ou de passes en première intention à libérer un peu plus que l'espace : l'esprit justement.

3. Anthony Lopes : avant lui, en bon gardien ayant grandi à l'ombre de ceux qui l'ont précédé, Vercoutre avait fait du name dropping un genre d'art en soi. D'abord en ramenant quelque chose de l'allure de Coupet dans les cages lyonnaises, entre interventions frappées au coin du bon sens et sorties à l'énergie. Puis en reprenant à son compte le théorème de Lloris qui veut qu'un gardien ne vaut que s'il s'impose aux points – ceux qu'il fera gagner à son équipe. Parce qu'il savait qu'il ne pouvait en arriver là, Vercoutre a construit sa place de titulaire à coup de sortie aux poings et en permettant de la sorte aux siens d'en perdre, des points. Et pour Lopes alors ? Il est déjà ailleurs. Ses sorties décisives évitent à l'OL de perdre bien plus que des points (un Derby), avant d'en faire gagner au bout de deux apparitions. Soit la chance du débutant pour ceux qui attendent de voir la suite. Ou la nouvelle assurance tout risque pour les autres qui prennent à leur compte ces échos qui l'annonçaient en prochain crack des cages lyonnaises. Entre les deux, une place à prendre, celle du moment : la chance tout risque.

4. Gueïda Fofana : après tout, il avait été irréprochable à son poste. Alors quand on lui a dit « Gueïda, tu vas jouer latéral », il a répondu : « D'accord. Mais à ma façon. » Et de la même manière qu'il fait un piètre récupérateur lorsqu'il joue trop bas à son goût au milieu de terrain, Fofana n'aime le poste d'arrière droit que pour sa partie récréative, à savoir devant. Alors certes, le bonhomme est déjà en postion d'ailier quand Koné ne sait pas quoi faire du ballon. Et on peut craindre à tout moment qu'un adversaire puisse s'engouffrer dans son dos. Sauf la stratégie tout-ou-rien a débouché sur une clean sheat de Lopes et deux passes décisives pour Gomis et Gourcuff. La stratégie était risquée au départ. Mais quand ça se passe comme ça, c'est du gâteau. Fait Maicon.

5. Bakary Koné : le titre du mec le plus cool de la terre, c'est un peu comme le Ballon d'Or. Il n'est jamais question que de retenir deux noms, d'alimenter un vague suspens quand tout le monde sait que la cause est entendue et de révéler celui des deux noms que tous les kids auront envie de floquer sur leur maillot. On a ainsi longtemps fait croire que Kim Gordon pourrait remporter le titre en question, avant que Stephen Malkmus ne sorte le nouvel hymne à même de faire chavirer l'Internationale slacker. Laquelle a dû être ébranlée dans ses certitudes pour peu qu'elle ait aperçu la partie de Bako Koné. Parce que, de mémoire de slacker, on n'a jamais vu un défenseur jouer aussi cool et délié que le Général : des têtes en tour de qu'on trolle, des relances nez au vent et des dégagements à l'emporte-Cris. On pourra toujours dire qu'Umtiti y est pour quelque chose, à rendre aussi indispensable un type donné pour perdu au moins un bon millier de fois cette saison. On rappellera qu'il faut surtout une bonne part de génie pour profiter de ce travail de sourd qu'un autre veut bien faire pour vous et rester ainsi fidèle au seul style qui compte : le Bakonbauer.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau.

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<![CDATA[Rank'n'OL #44 – OL-ASSE, Derbipolaire]]> text/html fr SO FOOT Les Lyonnais ont attendu une mi-temps pour renter dans leur match et éviter que les Stéphanois ne reprennent l'A47 avec leur scalp et leur podium (1-1). L'OL a fini par retrouver de l'intensité et peut remercier Joël Bats d'avoir sorti de son chapeau un énième gardien performant. Car même s'il n'est pas tout clair sur le but des Verts, Anthony Lopès a prouvé qu'il pouvait tenir son Rank. 34ème journée de Ligue 1 
 Olympique Lyonnais – AS Saint-Etienne 1-1 Pour Lyon : Gourcuff (54ème) Pour Saint-Etienne : Zouma (29ème) ]]> 34ème journée de Ligue 1 

Olympique Lyonnais – AS Saint-Etienne 1-1
Pour Lyon : Gourcuff (54ème)
Pour Saint-Etienne : Zouma (29ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Anthony Lopès : il faisait peu de doutes que Vercoutre était à la merci de la moindre entorse. Si Lopès prenait le pouvoir, il ne le lâcherait plus. Le semestre d'indisponibilité du taulier aura au moins l'avantage d'éviter l'affront. À moins que le jeune gardien ne déçoive. Mais on n'y croit pas vraiment. Déjà, parce qu'il est taillé pour le Rank. La preuve : trois matchs, trois apparitions. Il faut dire qu'il a suffisamment de talent pour grappiller de l'indice Juninho, qu'il a passé une partie de sa jeunesse dans le Virage Nord, ce qui lui garantit du Govou à pleines brassées, et que sa nationalité portugaise ne peut pas laisser indifférent qui veut lui donner du bonus Tiago. Alors pourquoi « seulement » 4 d'indice Lacombe ? Parce qu'on a beau être un vrai Gone (né à Givors, arrivé à l'OL à 11 ans), faire patienter son monde de la sorte avant de signer une prolongation de contrat, c'est une faute de goût. Et ce n'est pas l'ambition de trouver une place de n°1 qu'on reproche à Lopès. C'est d'en avoir douté. Alors que tout le monde savait.

2. Steed Malbranque : on en arrive à un moment de la saison où Malbranque se met à jouer plus qu'un match. Steed rejoue sa carrière. Alors qu'il y a quelques mois, on se demandait tous comment la France du foot avait fait pour passer à côté de ce joueur, on a fini par se rappeler au fil de la saison comment Malbranque avait fait par passer à côté de la France du foot. Du coup, il ne restait plus qu'une chose à faire : poursuivre sa saison comme il a mené sa carrière, seul. Plus seul que jamais même dans une première période qu'il joue là où les autres se gardent bien d'aller : avec des tacles qui emportent tout, des relances vers l'avant et une bonne dose d'orgueil. Quelques jours après avoir affirmé n'avoir rien gardé de son passage sans lendemain dans le Forez, Malbranque n'a eu qu'à confirmer sur le terrain qu'il restait un de ceux qui savaient où se trouvait l'esprit du Derby. Celui que Genesio et Garde ont dû faire souffler à la mi-temps, façon hair dryer. Pour mieux ramener dans leur sillon les Lyonnais à leur condition toute malbranquienne des jours de Derby : affreux, seuls et méchants.


3. Lisandro Lopez : au moment des soldes d'hiver, alors que le lucratif départ de Gomis était dans les tuyaux, la gonosphère était en panique. Comment l'OL allait faire sans son point d'appui devant ? Que Lisandro soit l'un des buteurs les plus adroits de France n'était même plus un argument. L'Argentin (1,74 m, 74 kg) était avant tout une crevette. S'il a fallu attendre que Gomis oublie son football en route pour revoir Licha à sa place, on a pu se rendre compte face à Sainté qu'il n'était pas complètement absent des débats quand le ballon décollait du sol (tête décroisée sortie par Ruffier, 27ème) ou coincé au milieu des géants stéphanois (relais pour Gourcuff sur l'action du but). Alors certes, Lisandro ne récupère pas tous les dégagements de son gardien, mais il sait se servir de son corps pour créer le danger. Et finalement, l'un dans l'autre...

4. Maxime Gonalons : à la fin de la première période, on était prêt à laisser à Edmilson, de passage pour quelques viva, le soin de s'occuper du cas Washing Maxime : « Je ne sais pas comment il s'appelle, mais le n°21, il faut lui dire d'arrêter de perdre des ballons et de presser plus sur le milieu de Saint-Etienne ! » Se prendre une leçon de relance et de pressing par Edmilson, c'est un peu comme si Toulalan vous recalait aux oraux du Bac d'efficacité. A mesure que Gonalons reprend du service en seconde période, on se résout à poursuivre la conversation intime entamée depuis le début de saison avec la vraie Rank'n'OL star du moment : le pied qui appuie là où ça fait mal – si possible sur les chevilles stéphanoises – et la distribution bien cadencée droite-gauche/gauche-droite. L'OL n'en demandait pas plus pour se lancer enfin dans son Derby. Et Edmilson pour coller un nom au n°21.

5. Yoann Gourcuff : on a peut-être levé une part du voile qui entoure Gourcuff depuis son arrivée à Lyon. Au point de renvoyer au loin tout ce qu'on a pu entendre ces derniers temps le concernant : les 23 millions, le mystère, l'accident industriel, le contrat et on en passe. Pour en revenir à ce seul statut que Gourcuff n'a eu de cesse de réclamer pour lui même : être un joueur de foot et rien d'autre. Ce que raconte en creux son but claqué après une demi-douzaine de déviations heureuses et de contres favorables. Pour n'importe quel autre joueur, on aurait fait ressorti les reliques cro-magnesques de Saint Delmotte pour invoquer la colère des jours de Derby. Pour Yoyo, on y voit autre chose : un type qui, hors et sur le terrain, est enfin parvenu à banaliser sa présence à force d'avoir manqué de disparaître un bon milliard de fois – sous le poids des blessures, des attentes, du pognon. Il fallait sans doute en passer par là pour redevenir un joueur et rien d'autre. Jusqu'à en devenir enfin indispensable.

Par Pierre Prugneau et Serge Rezza

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<![CDATA[Rank'n'OL #43 – Lyon, la victoire à demi-volée]]> text/html fr SO FOOT De manière improbable, l'OL l'a emporté à la dernière seconde à Montpellier (1-2), inversant en cinq jours la dynamique de cette fin de saison. Un hold-up ? Peut-être, au vu de la deuxième mi-temps. Mais, à l'image du but de Grenier, les Lyonnais, leur coach en tête, ont tout misé sur l'insouciance et la folie pour rafler le pactole. My daddy was a Rank rober ? Peut-être. Mais il n'a jamais fait de mal à personne. 33ème journée de Ligue 1 
 Montpellier Hérault SC – Olympique Lyonnais 1-2 Pour Lyon : Lisandro (28ème), Grenier (90ème + 2) Pour Montpellier :…]]> 33ème journée de Ligue 1 

Montpellier Hérault SC – Olympique Lyonnais 1-2
Pour Lyon : Lisandro (28ème), Grenier (90ème + 2)
Pour Montpellier : Belhanda (41ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Clément Grenier : la première place du Rank ne lui était pas promise à cinq secondes de la fin. Et pourtant, c'était écrit. Dans un match sans véritables conventions, il ne pouvait qu'être le boss. À sa façon. À sa nouvelle façon. C'est qu'il en a envoyé bouler des conventions en 48 heures, le bonhomme. Fini le gentil garçon, propre sur lui, discret, écrasé par le poids de la famille, lyonnais quoi. Vas-y que je te demande une augmentation à la hussarde. Et vas-y que je joue pour mes lignes de stats plutôt que de courir pour l'institution. Pour le coup, le Grenier NBA style n'a pas déçu, jolie passe décisive et jouissif missile à l'appui. Une frappe qui rappelle toutes celles que Toulalan, à cela près qu'aucune n'est jamais rentrée. Pourtant, le soyeux meneur n'a pas encore atteint la cote d'amour du besogneux récupérateur. Alors certes, Clément, tout Lyon a spontanément levé ses fesses comme ça ne lui arrive plus si souvent. Mais il peut très vite te les montrer le jour où la chance ne sera plus à la hauteur de tes ambitions.

2. Lisandro : on connaît suffisamment le lisandrisme pour savoir mieux que quiconque à quel point il peut encore nous surprendre. Ne serait-ce que pour en profiter encore quelques matchs depuis ce passage remarqué à Tola Vologe cette semaine aux allures d'adieux avant l'heure. Et vérifier cette drôle de théorie sur laquelle on n'a jamais eu vraiment prise : Lisandro n'a jamais paru aussi bon qu'à Montpellier. Pourquoi là et pas ailleurs ? Peut-être parce que, pour que le Gaucho se sente bien, il faut qu'il y ait quelque chose de l'Argentine dans l'air. La Mosson, stade déglingue qui ne tient que par ses Gitans de la Paillade, seule barra brava digne de ce nom à l'échelle de la Ligue 1. Ce football qui la joue bâtard pour mieux rester sensible, sous le coup de patte de Belhanda (41ème) ou de gueule de Girard qu'on tient, en vrai, pour le coach le plus sous-estimé de son temps – ceux qui ont encore en tête le championnat d'Europe de ses Espoirs en 2006 savent de quoi il retourne. A moins qu'il ne s'agisse des plus belles femmes du monde, celles qu'on ne peut croiser qu'à Montpellier ou en Argentine, ou de ces pages de Cortazar qu'on ne voudrait jamais oublier comme on se refait l'OuSaPo (l'Ouvroir de Saloperies Potentielles) de Loulou Nicollin à intervalles réguliers. Pas de doute, avant de s'en aller, Lisandro tenait là plus qu'ailleurs ce qu'il fallait pour livrer une grande partie aussi généreuse qu'enragée, une des dernières sans doute. Quelque chose qui aurait à voir avec sa part d'hombre.

3. Maxime Gonalons : sans le Rank, la vie pourrait être injuste pour Washing Maxime. Comme elle doit l'être pour à peu près tous les bassistes et les batteurs de la Terre dans n'importe quel groupe de rock : les mecs sont condamnés à n'exister que lorsque les stars attitrées ne sont plus en mesure d'attirer la lumière. Une fois de plus, c'est ce qui est arrivé au capitaine lyonnais. Dans une première période où le jeu qu'avec des milieux fait surgir l'idée un nouveau futur pour l'OL – ce qui suffit en soi à provoquer une belle émotion –, il n'a jamais eu qu'à disparaître pour jouer du relais comme les autres. Il est déjà essentiel quand la seconde période s'embarque sur des pertes de balle, celles de Grenier en tête, qui manquent de faire disparaître le milieu lyonnais. Autrement dit, toute l'équipe ou presque. Or, c'est précisément là, dans ces trois contre un qui tournent à son avantage ou dans ces retours dans les chevilles de Belhanda que Gonalons a pu choper un peu de la gloire que les autres laissaient filer. Pour mieux la leur abandonner au premier exploit venu. Autant d'allers retors qui rappellent cette règle : que vous soyez un groupe de rock ou de Rank, ne partez jamais sans un gars qui sait battre un peu plus que le tempo.

4. Rémi Garde : ça s'appelle régler le chaos par le chaos. Après trois défaites, le coach lyonnais, sans défense et avec guère plus d'attaque, avait décidé d'associer et Grenier et Gourcuff. Sans qu'on sache si ça avait fonctionné ou non, l'OL avait enfin gagné. Pour le match suivant, Garde n'a pas tranché. Il a même rajouté Malbranque au milieu. Et Fofana, qu'on a peu vu derrière. Et même Lisandro, qui y a ses habitudes. Et bien sûr Gonalons. L'OL a-t-il joué en 4-3-3, en 4-2-3-1, en 3-4-3 ou en 4-4-2 ? Un peu de tout. Ce qu'on pourrait synthétiser en 3-6-1. Et l'histoire retiendra qu'il a gagné ainsi. Quant au coaching, il aura au moins eu le mérite d'indiquer une volonté de tenter quelque chose jusqu'au bout. Et, malgré un net déclin en deuxième période, les Lyonnais l'ont emporté à la fin. Faute de pouvoir blinder sereinement, mais Garde a préféré tout faire péter. Preuve que maîtriser le bordel, c'est toujours plus classe qu'accompagner la discipline.

5. Yoann Gourcuff : et si c'était lui le vrai sauveur de la fin de saisons lyonnaise ? On sait très bien qu'on ne serait pas en train de parler des performances de Grenier si le destin n'avait pris un malin plaisir à s'acharner sur le corps de l'ex-futur du foot français. De même qu'on ne pourrait parler de victoire lyonnaise à l'arrachée s'il n'y avait eu ces interventions, même lointaines, presque éthérées de Yoann : une air passe qui paraît aussi involontaire qu'elle devient décisive sur l'action qui mène au but de Licha (28ème). Comme le sera son corner qui finit sur la patte gauche d'un Grenier qui réussit en une fois ce que Toulalan aura manqué en quatre saisons entre Saône et Rhône (90ème +2). Preuve qu'on peut se voir reprocher régulièrement de faire plonger tout un club et finir par en devenir l'homme providentiel. Peut-être pas le héros qu'on attendait à son arrivée, mais un héros quand même : malgré lui.

Par Pierre Prugneau et Serge Rezza

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<![CDATA[Rank'n'OL #42 – L'union sucrée]]> text/html fr SO FOOT Qu'il n'y ait pas de méprise : l'OL a battu Toulouse (3-1) sans vraiment rassurer son monde. Mais le printemps est suffisamment sinistre pour ne pas savourer les trois gourmandises et autres surprises qui ont agrémenté l'après-midi. Et prouver que le bon Rank'n'OL supporte très bien la guimauve. 32ème journée de Ligue 1 
 Olympique Lyonnais – Toulouse FC 3-1 Pour Lyon : Grenier (8ème), Koné (46ème), Gomis (63ème) Pour Toulouse : Ben Yedder…]]> 32ème journée de Ligue 1 

Olympique Lyonnais – Toulouse FC 3-1
Pour Lyon : Grenier (8ème), Koné (46ème), Gomis (63ème)
Pour Toulouse : Ben Yedder (27ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Clément Grenier : d'abord, il y a ce geste insensé de la 46ème minute qui suffit à lui seul pour imposer une émotion partie pour durer longtemps. Ouais, comme le lob de Tiago sur Janot à Geoffroy-Guichard (en 2007) ou le départ petit pont de Benzema face à la défense lensoise quelques mois plus tard. Cette fois, c'est un centre tendu et tellement bien balancé qu'il en arrive à trouver la tête de Koné. Ce petit monument renvoie avant tout à cette exécution gestuelle parfaite qui a valu à Grenier le titre de next big thing pendant ses années de formation. A son inconstance aussi, tant sa prestation du jour semble se situer à des années lumière de celle aperçue à Reims la semaine dernière ? Disons plutôt que son jeu d'équilibriste est d'abord une affaire d'équilibre au milieu, entre la domination retrouvée de Gonalons et le volume de Gourcuff enfin considéré à sa juste valeur. De quoi faire vibrer un peu plus cet aphorisme presque sartrien s'il n'était passé par la (dé)formation lyonnaise : « l'enfer, sans les autres. »

2. Lisandro : le passage à une pointe ne l'a pas renvoyé sur le côté... Jusqu'à la sortie de Lacazette (32ème), pourvoyeur de la première sucrerie de l'aprèm' pour le but de Grenier, sur une action similaire à celle de Braaten entraînant l'égalisation toulousaine, la vitesse en plus. Licha ne s'est pas ému de ce retour le long de la ligne. Il l'a fait pour la bonne cause, et ce n'est pas la performance de Gomis qui l'empêchera de reprendre sa place le week-end prochain. Et les suivants. Sacrifice, grinta, combativité : Lisandro a rempli son cahier des charges. Avec un éclair en annexe, à l'origine du but de Gomis sur une passe de Fofana. Tout le lisandrisme en une action : où comment être suffisamment génial pour transformer un exploit personnel en exploit collectif.

3. Maxime Gonalons : c'est pas qu'on l'avait perdu, mais à l'image du reste de l'équipe, Gonalons ne dominait plus ses matchs que par intermittence. Suffisant pour fragiliser un édifice qui en avait d'autant moins besoin à mesure que la superbe de Malbranque commençait à être entamée. Puisque le physique seul ne suffisait plus, il lui fallait reprendre son grand œuvre là où il l'avait laissé, quelque part entre l'élimination en Europa League et la prise de pouvoir de la paire Progtuidi en Equipe de France. Bref, retrouver cet air de Busquets pour Ligue 1 en redonnant un peu d'ampleur à sa palette de jeu : répondre au défi physique engagé par un milieu toulousain qui s'y connaît dans le registre, tout en la jouant plus cérébral à coups d'anticipations bien senties et de percutions qui remettent le jeu dans le bon sens. On a beau ignorer ce qui a pu se dire au sein de la République des joueurs lyonnais réunie mercredi soir à son initiative et à celle de Grenier, Max en a visiblement profité pour regarder d'assez près le match de Sergi, ce Gonalons de la Liga.

4. Gueïda Fofana : dans le Rank, vous avez les créateurs touchés par la grâce à qui il suffit d'une inspiration géniale pour récolter un bonus Tiago gonflé à l'hélium. Et puis vous avez Gueïda Fofana. Soit un type qui maîtrise l'histoire du Rank comme personne. La dernière fois, c'était à Valenciennes où il s'était embarqué dans une relecture du Serpent à Sonnettes le temps d'un récital façon human box-to-box machine. Cette fois, il s'est à nouveau adressé aux amoureux du 4-3-3 canal nostalgique en reproduisant la même performance, mais sur une bande latérale large de 3,50 mètres, côté droit. Rentré à la place de Réveillère – parfait dans son rôle d'amulette, un peu moins dans celui de victime collatérale des passements de jambes de Braaten –, Fofana s'est fendu d'un hommage à son aîné, sous forme de compilation des plus beaux débordements d'Antho, avec pour sommet celui de 2005 face au Real reproduit à l'identique sur le but de Gomis (63ème). Faire du vieux mais avec du jeune : après tout, l'histoire du jeu en 4-3-3 accords ne saurait s'écrire autrement.

5. Bakary Koné : la machine n'est pas prête de remplacer l'homme. Imaginez bien qu'aucun algorithme ne serait assez puissant pour générer deux notices de suite sur Bako dans le Rank'n'OL. Il faut croire que l'homme, souvent pas là où on l'attend, sait aussi être là quand on ne l'attend plus. Dans la surface adverse, déjà, où il a eu le bon goût de convertir l'une des passes dé' de l'année. Mais aussi dans la sienne, avec notamment un tacle de toute beauté pour reprendre Ben Yedder dans ses six mètres (43ème). Une performance comme on n'en avait plus vu depuis dix-huit mois et surtout largement au-dessus de celle de son camarade Umtiti, que l'on n'aurait jamais cru avoir à lui comparer un jour. Pour le reste, pas de chichi, et même deux-trois initiatives de relances qui ont fini en Jean-Jaurès. Bako n'est pas encore devenu une machine. Il est juste redevenu un joueur de foot. Et c'est déjà de la science-fiction.

Par Pierre Prugneau et Serge Rezza

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<![CDATA[Rank'n'OL #41 – Vercoutre, sans les points]]> text/html fr SO FOOT En perdant son troisième match de suite à Reims (0-1), l'OL voit l'ASSE lui passer devant dans la course à la Ligue des Champions. Un Sunday Dirty Sunday qui appelle forcément le Rank héroïque, sous-genre pour gars qui beuglent en levant les poings. 31ème journée de Ligue 1 Stade de Reims – Olympique Lyonnais 1-0 Pour Reims : Krychowiak (53ème, sp) ]]> 31ème journée de Ligue 1
Stade de Reims – Olympique Lyonnais 1-0
Pour Reims : Krychowiak (53ème, sp)


Notes : la grille d'éval'



1. Rémy Vercoutre : deux jours plus tôt, il avait poussé un coup de gueule à Tola Vologe pour expliquer que, si l'on ne voyait que lui en conférence de presse, c'était surtout parce que les autres se cachaient. Deux, trois formules bien senties plus tard, il avait retourné l'assemblée de scribouillards. Mieux, il leur avait offert leur papier du dimanche. Parce que devant les micros comme sur la pelouse, il n'y avait guère que Vercoutre. Un héros à défaut d'être un super-héros, puisqu'il n'a pas sorti le penalty qui aurait permis de sauver une fois de plus la face de ses (tout) petits camarades. On ne l'accablera pas. Parce qu'un génie là-dedans, ça ferait vraiment tâche.

2. Alexandre Lacazette : le kid de Mermoz aurait très bien pu passer pour le grand rescapé de cet après-midi aux allures de tranchée d'Aranberg où le goudron qu'on attend à la fin ne sert jamais qu'à ramener les plumes perdues au passage. Après vingt premières minutes passées la tête sous l'eau, il est en effet celui qui remet l'offensive lyonnaise à l'endroit, quand les autres en sont encore à regarder leurs pompes. Pas loin d'être un rôle dans lequel on pouvait apercevoir Govou en d'autres temps. A la différence près que lorsque Lacazette sème sur un côté, c'est son latéral qui récolte la tempête. Comme ça que Dabo, puis Umtiti et Bisevac se sont pris l'ouragan Diego en pleine tête. Soit un mec dont le prénom rappelle le Pibe, mais avec les choix de carrière de Pascal Bérenguer. De quoi convaincre un peu plus Lacazette de lire la seconde partie du traité de jeu à la Sid, Le joueur de couloir et son double. Celle où il faut défendre.


3. Anthony Réveillère : « Nous avons voulu jouer à la place d'Anthony Réveillère. Nous l'avons fait en espérant récupérer une place de titulaire qui nous semblait promise.

Nous l'avons fait parce qu'un coach, une partie de la presse, un agent, un ami, un frère, un médecin pensaient que notre talent dépassait de loin celui de Réveillère. Nous l'avons fait parce que nous avons cru que le nom de Réveillère resterait à jamais lié à un geste, le passement de jambes façon Mancini. Nous l'avons fait parce que nous avons cru que son genou le mènerait tout droit vers une carrière aboudiabesque.

Nous avons fini par nous mettre en danger en plus de mettre en danger nos équipes respectives en occupant une place qui ne nous revenait pas. Les trois défaites et le nul en son absence, une première à Lyon depuis 1993, attestent de l'urgence la situation. Nous réclamons le retour au poste de titulaire d'Anthony Réveillère.
»

Premiers signataires : Mouhamadou Dabo, François Clerc, Bacary Sagna, Christophe Jallet.

4. Bafétimbi Gomis : 76ème minute. Contrôle orienté. Roulette. Grand pont. Une émotion. Une seule. Et le pire, c'est que ça suffit à squatter un top 5.

5. Bakary Koné : il fut un temps où la présence du Général était la garantie de voir sombrer son acolyte de la défense centrale. Faut croire que son influence est grandissante puisque, ce coup-ci, c'est toute la défense qui a sombré. Mais, paradoxalement, pas lui. Pas une bonne nouvelle. À moins que... La dernière fois (la seule) que Koné a brillé, il y a dix-huit mois, il qualifiait l'OL pour la Ligue des champions. Désormais descendus du podium, les Lyonnais savent sur qui compter. Bah quoi ? Vous cherchez de l'espoir, on fait ce qu'on peut.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau

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<![CDATA[Rank'n'OL #40 – Le Dejan est sur l'herbe]]> text/html fr SO FOOT Battu par Sochaux à Gerland (1-2), l'OL s'est tiré une balle en laissant s'échapper Paris et, pire, en se faisant dépasser par Marseille. On pourra toujours se cacher derrière ces trois frappes repoussées par les montants. On préférera insister sur les sept humiliations que s'est infligé Dejan Lovren sur la seule action du but vainqueur. L'acharnement, c'est pas vraiment le genre de la maison. Mais quand l'OL abandonne le réalisme, le Rank est bien obligé d'élargir sa palette. 30ème journée de Ligue 1 
 Olympique Lyonnais – FC Sochaux Montbéliard 1-2 Pour Lyon : Gomis (69ème) Pour Sochaux : Sio (50ème), Bakambu (88ème)…]]> 30ème journée de Ligue 1
Olympique Lyonnais – FC Sochaux Montbéliard 1-2
Pour Lyon : Gomis (69ème)
Pour Sochaux : Sio (50ème), Bakambu (88ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Clément Grenier : de ce qu'on sait, c'est à la qualité de ses coups de pied arrêtés qu'un joueur peut faire valoir sa forme du moment. De quoi permettre à Grenier de passer pour un type en pleine bourre au vu de ceux envoyés toute la partie, à commencer par ce coup franc qui aurait pu avoir quelque chose du coup de Juni s'il n'avait été renvoyé par Pouplin, sa cigogne tatouée sur la gueule et sa bouteille de Valstar. Suffisant pour retrouver sa place de meneur en chef pour les huit derniers matchs de la saison ? Encore faudrait-il avoir quelque chose à mener. On ne parle pas du collectif un rien poussif du moment, mais de ce 4-2-4 qui renvoie l'Ardéchois à un rang de Pastore du pauvre. Pas si indigne que ça, c'est vrai. A condition de ne pas descendre d'un cran pour rejoindre Bodmer et sa promesse de Riquelme blond qui s'est mis, depuis peu, à graviter dans la catégorie des meneurs de région (feat. Nivet, Ziani, Lachuer, Martins etc.). Autrement dit, la cave pour Grenier.

2. Maxime Gonalons : faut le comprendre, le grand Max. Après tout, à quoi ça sert d'être le meilleur quand vous voyez depuis le banc l'équipe de France qui trouve son futur avec Matuidi et Pogba au milieu ? Pourquoi s'arracher pendant une bonne moitié de saison pour attirer l'attention de Sir Alex et finir par entendre que c'est Arsène qui décroche son combiné ? A ce compte-là, autant redevenir le héros de la classe moyenne, trop moyenne, et laisser son quart d'heure de gloire à plus moyen que soi. Tiens, à Poujol par exemple.

3. Arnold Mvuemba : la performance de Lovren aura quelque peu pondéré son impact. Mais il y a clairement eu dans ce match un avant et un après Mvuemba. Peut-être en sera-t-il de même en 2013 tant l'autre fils de Christian Gourcuff s'est imposé en un mois comme une alternative crédible à Malbranque pour le onze de départ. L'OL a égalisé six minutes après son entrée en jeu (63ème). Mais il avait déjà entre temps délivré un bijou de passe en profondeur pour Lacazette, justifiant pour la première fois la sortie estivale de Bernard Lacombe, qui l'avait comparé à Tiago. On n'en est pas encore là. Mais dans l'état actuel des choses, on s'en contentera.

4. Alexandre Lacazette : si l'OL n'a pas résisté à l'absence de Réveillère (trois matchs pour un nul poussif et deux défaites), Lacazette est sans doute celui qui s'en est le mieux tiré pendant ce mois maudit. Et comme le kid de Mermoz n'en est pas à un paradoxe près, c'est par là où il a péché, dans la provocation de péno qui lui avait coûté une occase qu'on avait imaginée décisive face à Tottenham, qu'il a sorti le camp lyonnais de l'ornière (67ème). Il aurait sans doute pu aller plus loin si le montant de Pouplin n'avait renvoyé, une minute plus tôt, sa frappe pleine course. On pourra toujours l'appeler manque de bol ou de Réveillère après coup, mais c'est bien un cadre qu'il manquait ce soir à l'OL pour emporter la mise. Au moins pour les frappes d'Alex.

5. Lisandro : on les a entendu les mauvaises langues qui commençaient à baver sur un Licha qui dézonnait trop alors qu'il avait (enfin) droit à l'axe de l'attaque. On a préféré y voir (encore) de l'intelligence et (toujours) cette capacité à se mettre au service du collectif. Lisandro a partagé l'animation du flanc gauche avec Grenier pour un rendu plutôt convaincant. Et qui aurait même pu l'être davantage si Umtiti avait profité des quelque quatre-vingts décalages qui lui ont été offerts pour ne réussir ne serait-ce qu'un centre. Pour le reste, l'Argentin a multiplié des décrochages souvent judicieux tout en étant présent dans la surface. Mais ce 4-4-2 « à la parisienne » taillé pour lui par Rémi Garde ne résistera peut-être pas à cette défaite. Et avec une tête à bout portant placée sur le poteau, il a sa part de responsabilité. La vie est une chienne, mais on a de bonnes raisons de penser que Licha parviendra bientôt à la dresser.

Par Pierre Prugneau et Serge Rezza

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<![CDATA[Rank'n'OL #39 – OL dirty battu]]> text/html fr SO FOOT Trois points, dernières illusions dans la course au titre et, sans doute, pas mal de certitudes pour la fin de saison qui s'annonce duraille : voilà en vrac ce que l'OL a perdu à Bastia (4-1). On peut toujours se dire que l'histoire du Rank'n'OL ne serait rien sans ce passage obligé par les bas-fonds. A condition de pouvoir en sortir. 29ème journée de Ligue 1 
 SC Bastia – Olympique Lyonnais 4-1 Pour Lyon : Lisandro (54ème) Pour Bastia : Thauvin (45ème et 61ème), Modeste (56ème) et…]]> 29ème journée de Ligue 1 

SC Bastia – Olympique Lyonnais 4-1
Pour Lyon : Lisandro (54ème)
Pour Bastia : Thauvin (45ème et 61ème), Modeste (56ème) et Khazri (87ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Lisandro : en plantant son neuvième pion en championnat, l'Argentin a gagné sa place en tête de Rank. Sauf que la vraie question est encore de savoir s'il a la sienne à la tête de l'attaque lyonnaise. L'entrée de Gomis est venue apporter la réponse : trois hors-jeu en cinq minutes, des décrochages à contre-sens et des tirs qu'on force sans prendre la peine de cadrer. Une façon de repenser le problème. Où plutôt que se demander s'il n'y a pas une tête de trop à la pointe de l'attaque, il faut espérer pour Garde qu'il en reste ne serait-ce qu'une.

2. Rémy Vercoutre : il aura donc fallu attendre 29 journées pour que Vercoutre découvre vraiment le boulot de gardien lyonnais tel qu'on l'entendait ces dernières saisons. A savoir celui du type condamné à l'exploit quand il n'y a même plus de Réveillère pour courir après les oublis des autres. Du coup, on a pu mesurer très précisément l'écart entre Lloris et son ancienne doublure : quatre buts, dont un compte triple – celui de Modeste. Là où le grand échalas à tête de fouine pouvait encore sauver les apparences, Vercoutre n'a eu d'autre choix que de sauver sur deux arrêts miracles de fin partie, dont un de la joue (81ème), ce qu'il restait de dignité. La sienne, hein… Pas celle que Bisevac et Lovren cherchaient le nez dans la pelouse comme Madar cherchait sa gourmette.


3. Arnold Mvuemba : trop tardive pour être décisive, l'entrée de Mvuemba était suffisamment attendue pour ne pas révéler le vrai naufrage lyonnais depuis quelques matchs, celui du milieu. Or, quand le milieu commence à grincer, c'est l'OL qui menace d' y rester. Il y a alors deux façons de considérer le problème. La première, en soumettant un peu plus à Garde l'idée d'un changement de dispositif, en passant de 4-3-3 en 4-4-2 diamant , plus raccord avec les qualités des hommes qui ont fait jusque-là la saison lyonnaise. La seconde, en estimant avec Garde et Churchill que le 4-3-3 reste le pire de tous les systèmes à l'exception de tous les autres. De toutes ces fois surtout où il ne cherche pas à relancer la carrière de Gourcuff. Ce dont ont pu témoigner les tentatives de jeu en première intention de Mvuemba.

4. Anthony Modeste : chaque naufrage a ses héros. Celui des Lyonnais en Corse en tient un, Anthony Modeste, dont la réussite proverbiale face au but rappelle combien il est difficile d'exercer le métier d'attaquant quand le cadre n'en finit plus de vous lâcher. Si bien qu'il faudra aussi marquer d'une croix ce jour maudit du 16 mars 2013 qui a vu Modeste Mouise retrouver les filets – à moins que ce ne soit l'inverse – pour mieux manquer toutes les actions qui suivront, assurant pour la défense lyonnaise le service minimum qu'elle n'était manifestement plus en mesure de mener.

5. Anthony Réveillère : c'est à ce genre de détails qu'on reconnaît les grands oubliés. Premier épisode, jeudi dernier, quand Deschamps préfère encore s'en remettre à Jallet dont le principal mérite est d'occuper le seul poste qui n'est pas soumis à la concurrence à Paris – du moins tant que Van der Wiel jouera à ce niveau. Second épisode après le premier but bastiais – et peut-être tous les autres aussi – où les erreurs de la défense lyonnaise sont venues rappeler qu'on engueulait encore des poussins pour moins que ça sur tous les terrains de France. Bien sûr, Dabo en train de se faire soigner sur le bord du terrain n'était pas là pour tenir la place de libéro. N'empêche, le constat reste le même : en cas de naufrage, c'est toujours Réveillère qui manque le plus.


Par Pierre Prugneau et Serge Rezza

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<![CDATA[Rank'n'OL #38 – La flemme olympique ]]> text/html fr SO FOOT L'Olympico a viré au Soporiphco entre l'OL et l'OM (0-0). Pourquoi ? Parce que « face à un concurrent direct, l'important, c'est de ne pas perdre ». Mais si les Lyonnais ont écouté Rémi Garde en laissant peut-être filer une de leurs dernières chances de titre, certains sont quand même restés mobilisés pour le Rank. Honneur aux hommes qui ont le sens des priorités. 28ème journée de Ligue 1

 Olympique Lyonnais – Olympique de Marseille 0-0 Notes :…]]> 28ème journée de Ligue 1


Olympique Lyonnais – Olympique de Marseille 0-0


Notes : la grille d'éval'



1. Maxime Gonalons : un peu lassé d'être le secret le mieux gardé du football français, il avait décidé, au moment où Didier Deschamps doit établir sa liste, d'inviter tout le monde pour son Harlem Shake à lui. Dans le rond central. Il a bien fait de tenter le coup : personne n'a essayé d'aller voir ailleurs pendant une heure et demie, et il y fut l'un des plus en vue. Sans oublier d'y aller de sa désormais traditionnelle taloche à Valbuena. Car que serait la joie de recevoir sans le plaisir d'offrir ?

2. Steed Malbranque : la semaine dernière, il gagnait les faveurs du Rank en jouant à la façon d'un Pirlo, en milieu technique qu'on recule à l'abri d'une ligne de gardes du corps pour envoyer son jeu soyeux. C'était normalement l'affaire d'un match. Sauf que le milieu marseillais, Barton en tête, s'est mis à faire peser une pression que l'attelage Max-Steed-Gueïda n'a pas su résoudre. De quoi appeler le jeu un cran plus bas pour le plus technique des trois. Comme ça que Malbranque s'y est collé. Ce qui nous a valu, dans l'ordre : 1. un récital minimaliste du petit tour sur lui-même et remontée de balle en accélération ; 2. un taquet de Barton en sortie de course comme à ses plus belles heures de Premier League. On s'en doutait, mais on sait maintenant que Malbranque ne sera jamais Pirlo. Il ne saura jamais jouer en marchant.

3. Alexandre Lacazette : pour tout dire, on n'a rien compris à la première mi-temps lyonnaise. Un milieu suffisamment cotonneux pour se laisser mordiller par Barton, des relances trop hésitantes pour ne pas abuser du jeu long au bout de cinq minutes de jeu et Licha qui enterre deux siècles d'histoire des gauches lyonnaises en disparaissant. La composition donnait quand même une tendance : l'OL ne savait peut-être pas comment bouger l'organisation marseillaise pour cette fois. Au point de débarquer ce soir sans autre idée que de tout miser sur une erreur de Morel. Un genre de all-in qui aura au moins permis à Lacazette de sortir sa panoplie du bon petit dynamiteur de couloir. Mais même bien dégoupillées, deux trois accélérations ne pouvaient suffire faire exploser le côté droit. Pour une fois, Morel n'y était pas pour grand chose. Dabo, déjà plus.


4. Samuel Umtiti : le fossoyeur est aussi un ambianceur. Pas de Harlem Shake ici, même si la tentative de grappiller de l'indice Lacombe en chambrant du Steph' était bien tentée. Non, c'est le match que Samuel Umtiti a essayé d'égailler. D'abord en laissant croire aux supporters adverses que Sougou pouvait être le Messie. Il a donc laissé passer l'ailier sénégalais histoire de persuader les supporters marseillais que leur salut passerait sur les côtés. Ah, ah ! Pas du sien en tout cas. Ensuite, il est passé à la phase offensive, envoyant d'abord des centres qui ont eu le mérite d'exister, avant de décocher une frappe de toute beauté, bloquée en deux temps par Mandanda (67ème). Le dernier frisson du match ? Non, car il avait décidé d'humilier Valbuena, transformant le meneur de jeu de l'équipe de France en stoppeur de Ligue 2. Et, après avoir subi une troisième faute en dix minutes, lorsque le grand Sam décida de se venger, il obtint une faute pour simulation. Un peu sale. Tellement propre.

5. Milan Bisevac : forcément, une tête qui appelle le couteau entre les dents a vite fait de vous coller une réputation de milicien sans pitié. C'était en tout cas celle qui précédait Bisevac à son arrivée entre Saône et Rhône. Depuis, le Serbe se pointe en dédicace dans les OL Store avec des chemises à fleur et fait chialer les mômes à coups de tweets qui disent non à la défaite et aux trucs qui vont pas dans le monde. On ne sait pas encore s'il a prévu de passer ses vacances à Grenoble, mais de toute évidence, Milan est en train de devenir un hippie. Et histoire de nous convaincre qu'on est tous frères, man, il s'est mis à pratiquer la défense non-violente. Des tacles glissés, mais jamais sur l'homme. Et surtout pas sur Gignac : des fois qu'il viendrait à manquer une occasion, il serait capable de la mettre au fond. De l'Olympique haut du match aller à l'Olympique cool de ce soir, on ne pourra pas reprocher à Bisevac d'avoir été cohérent.


Par Pierre Prugneau et Serge Rezza

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<![CDATA[Rank'n'OL #37 – Brest-OL, life's a beach]]> text/html fr SO FOOT L'OL n'a pas réussi à revenir à hauteur du PSG après avoir concédé un nul (1-1) sur la pelouse / plage (rayer la mention inutile) de Brest . Une contre-performance frustrante mais pas dramatique qui valait bien un Rank celte. Et pépère. 27ème journée de Ligue 1
 Stade Brestois 29 – Olympique Lyonnais 1-1 Pour Lyon : Makonda (53ème, c.s.c) Pour Brest : Chafni (8ème) ]]> 27ème journée de Ligue 1

Stade Brestois 29 – Olympique Lyonnais 1-1
Pour Lyon : Makonda (53ème, c.s.c)
Pour Brest : Chafni (8ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Steed Malbranque : au moment d'évoquer la possibilité de voir Steed Malbranque en équipe de France, Jacques Monclar, en juge sage mais passionné, avait invoqué Andrea Pirlo. Malbranque a donc clairement affiché ses ambitions en poussant le mimétisme jusqu'à s'inventer une cinquième fonction différente cette saison dans le milieu lyonnais : celle du meneur reculé. Une inspiration que le résultat du match n'aura pas rendu géniale mais qui dit toute l'intelligence du bonhomme, aux côtés d'Arnold Mvuemba, pour régler le problème quasi-insoluble de l'absence de Gonalons. Si Malbranque a récité à merveille sa leçon de quarterback qui distille des offrandes depuis la ligne médiane, davantage grâce à son sens du jeu qu'à sa patte droite pour le coup, c'est encore lorsqu'il s'est rapproché de la surface adverse, en deuxième période, que l'OL est devenu plus dangereux. La preuve que Gonalons est indispensable. Mais qu'il n'est pas le seul.

2. Lisandro Lopez : il fallait bien que quelqu'un s'y colle et, ce coup-là, ce n'était pas une question de choix. Alors Licha est retourné piger à gauche, une semaine après avoir rappeler à tout le monde qu'il était bien l'une des meilleures pointes de Ligue 1. « Malheureusement » pour lui, il n'est pas si dégueu sur le côté, comme il l'a montré dans une rencontre durant laquelle il a su tirer profit du confort fourni par Umtiti derrière lui et des passes délivrées par Malbranque. « Heureusement », Gomis a décidé d'éclipser à la dernière seconde un match courageux par une occasion ratée. Une occasion peut-être plus compliquée à mettre qu'elle n'en avait l'air. N'empêche, quand Lisandro a manqué son face-à-face avec Thébaux, ça a fini en autogoal de Makonda. En ce qui concerne la hiérarchie des avant-centres, la chance a donc décidé de choisir son camp. Celui de la raison.

3. Samuel Umtiti : il a bien fait semblant d'être un peu en dessous durant les trente premières minutes. Peut-être l'horaire de la digestion ; plus sûrement une blague à l'encontre de la cellule Rank'n'OL, du genre « Démerdez-vous sans moi cette fois ». Mais, de toute évidence, cette facétie ne pouvait pas durer. La suite aura d'abord été une leçon de défense avec de l'anticipation, de la vitesse et de domination physique. Et ce qu'il faut de vice pour garder un ballon qui menace de se transformer occasion de but (69ème). Umtiti bluffe donc encore des gens. C'est pourtant pas faute d'avoir prévenu.

4. Alexandre Lacazette : il ressemble à n'importe quel autre jeune joueur de Ligue 1. Jusqu'à ce que ses performances rappellent cette vérité le concernant : Lacazette est un joueur de l'Olympique Lyonnais. Autrement dit, tout sauf un jeune pro. Un type qui, en dehors des matchs, calibre déjà sa comm' au gramme près. Et quand il est sur le terrain est déjà capable de situer le sens d'un match à l'autre bout de son inclinaison naturelle, loin de la provoc' habituelle et en plein dans le foot bataille. Suffisant pour amorcer quelques-unes des principales actions de l'après-midi et jouer au bon petit soldat qui renvoie un peu plus Jimmy Briand à sa condition de bon petit soldé.

5. Arnold Mvuemba : « Life's a bitch and then you die » L'une des punchlines les plus décisives de l'histoire du rap a manqué de s'échouer plus d'une fois cette saison sur la carrière d'Arnold Mvuemba. Cet après-midi, la sentence a pris la forme d'un centre tellement parfait que Gomis en a oublié de le rendre décisif. Avant ça, l'ancien Merlu s'était fendu d'un match d'abord hésitant, où il a fallu se distribuer les rôles avec Malbranque à défaut de pouvoir distribuer le jeu. Pour ensuite monter au fil de la partie, dans l'intensité comme sur le terrain. Jusqu'à cette dernière occasion sortie sur un petit exploit côté gauche – enchaînement dribble de dégagement dos à la défense et centre dans la foulée. D'expérience, on sait qu'un tir cadré peut changer la face d'une fin de saison et, parfois, de la carrière qui va avec. On aura enrichi notre point de vue et donné par la même occasion un peu plus d'épaisseur à la punchline de Nasir Jones : même pour ceux qu'on pense revenus d'entre les morts, la vie, elle reste toujours une chienne.

Bonus Track

Django Django - Life's a Beach



Par Serge Rezza et Pierre Prugneau

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<![CDATA[Rank'n'OL #36 – Lisandro, le mort brillant]]> text/html fr SO FOOT Grâce à un gros Licha, que tout le monde avait pourtant enterré, l'OL a battu Lorient (3-1), deux jours et demi après son élimination en coupe d'Europe. Une victoire pénible mais pas dénuée de panache qui peut permettre aux Lyonnais de nourrir des rêves au moins aussi improbables qu'un Rank'n'OL émancipé de ses figures du milieu. Du Rank alternatif quoi. 
 26ème journée de Ligue 1 Olympique Lyonnais – FC Lorient
 3-1 Pour Lyon : Lopez (24ème), Ghezzal (50ème), Mvuemba (90ème) Pour Lorient : Aliadière…]]> 26ème journée de Ligue 1
Olympique Lyonnais – FC Lorient
 3-1
Pour Lyon : Lopez (24ème), Ghezzal (50ème), Mvuemba (90ème)
Pour Lorient : Aliadière (11ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Lisandro : le Rank'n'OL ne trouve pas son inspiration dans les chiffres. Par principe. Mais puisque les chantres du Lisandro bashing sont (étaient ?) en train de se constituer en une armée vite devenue aussi puissante qu'incontrôlable, on ne passera pas sous le silence cette stat tombée en cours de match et qui rappelait que Lisandro est le meilleur buteur de la L1 depuis les trois ans et demi qu'il est arrivé en France. Buteur. Attaquant. Avant-centre quoi. L'opportunité qui lui était donnée de retrouver enfin l'axe le temps d'un après-midi avait tout du piège. Ça marche ou tu crèves. Et non seulement ça a marché (un but, une tête décisive sur le but de Ghezzal), mais Licha a bien pris soin de rappeler qu'il était plus que ça. Appels en profondeur incisifs, déviations spontanées, retours salvateurs et dribbles brillants : Licha n'est pas mort. Il était juste mis de côté.

2. Alexandre Lacazette : le retour de l'ombre. Celle qui planait jeudi dernier après l'élimination face à Tottenham autour de sa prestation, où on lui avait reproché un peu vite d'avoir manqué de lucidité / talent / expérience (rayer la mention inutile) en s'écroulant pleine surface plutôt que d'aller chercher le duel avec Friedel. Une situation aux airs de déjà vu pour le kid de Mermoz : à Nicosie, où un pénalty manqué promettait de flinguer la belle ascension. C'est une théorie qu'on tient sur le joueur, Lacazette a justement besoin de l'ombre pour redevenir le joueur qu'il est : provocateur doué, enfant perdu du côté droit, corps élastique et passeur décisif ou presque (premier et deuxième buts) qui rappelle qu'un Koné en cache souvent un autre. Une théorie que l'intéressé (ou son inconscient) avait lancée au moment de revenir sur ses années de formation : « J'ai fait partie d'une génération avec des joueurs comme Grenier ou Belfodil dont tout le monde attendait beaucoup. C'est ce qui m'a permis de progresser tranquillement dans mon coin. » Un coin où il a déjà fait le vide autour de lui, renvoyant un peu plus à l'ombre le cas Briand. Au moins pour perpète.

3. Samuel Umtiti : la première fois qu'il a joué arrière gauche, c'était juste correct. La fois suivante, il s'était mué en méta-stoppeur rassurant tous ses camarades dans un rayon de trente mètres. Puis il a commencé à s'aventurer dans le camp adverse. Puis il a porté le danger dans le camp adverse. Puis il a mis un but de l'espace. Et puis contre Lorient, il a amené deux avant-dernières passes décisives, a même failli marquer en partant à la limite du hors-jeu (41ème, parade d'Audard), tout en éteignant ses adversaires directs, Corgnet puis Giuly et quiconque ayant eu l'audace de passer par là. Le fossoyeur de Ménival préfère jouer dans l'axe. En attendant, il se contentera d'être le meilleur arrière gauche de France. Par défaut.

4. Rachid Ghezzal : quitte à passer le plus clair du Rank à pratiquer le name dropping et à envoyer de l'Abidal en puissance à chaque bonne apparition d'Umtiti, il faudrait situer la belle tenue du match de Ghezzal du côté de Malouda. Après tout, certains ont bien voulu lui envoyer de la comparaison avec Ben Arfa pour un dribble derrière la jambe honnêtement exécuté. En vrai, s'il faut trouver un phénomène du côté de Ghezzal, il faut le chercher juste en dessous, précisément là où se trouve Umtiti. Et c'est sans doute là que réside tout le talent du rookie of the year de l'attaque lyonnaise, celui d'avoir compris qu'il y avait un joli brin de carrière à lancer dans le sillage du fossoyeur de Ménival en se contentant de jouer simple, disponible, défensif quand il le faut. De quoi permettre à Sam de se rapprocher un peu plus de toi, Eric. Et à Ghezzal d'éviter l'ornière d'un Tafer ou d'un Belfodil du futur.

5. Arnold Mvuemba : pas loin d'être les quinze minutes les plus rentables de l'histoire du Rank. Ce qui, dans tout classement, porte le nom de hit en puissance. Et si l'on veut poursuivre la correspondance avec l'histoire du rock, il faut se demander si ce n'est pas ici et maintenant que se joue une bonne partie de la carrière lyonnaise de Mvuemba. Deux solutions. La première, le sosie officiel de Al Green est l'homme d'un hit et en reste à cette belle promesse sans lendemain, façon Single Of The Week. La seconde, l'ex' de Pompey a accumulé suffisamment de frustration pour enchaîner les belles prestations comme on aligne les hits sur deux albums sortis en l'espace de six mois. En bon connaisseur de la chose – du foot et du rock, qu'il aime surtout progressif –, Gourcuff père ne voyait pas autre chose : « Je vais pas dire que je suis content pour Arnold. Mais si ça peut lancer sa saison... » Façon d'honorer un nouveau statut, celui de Lester Bangs de France, tout juste après avoir fait ses premiers pas en qualité de Rank critic . Façon surtout de rappeler qu'il en va du le foot comme du rock : il ne suffit jamais que d'une bonne dose de hargne et d'un peu de technique pour gagner les faveurs du public. Celui de Gerland ne demande rien d'autre.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau

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<![CDATA[Rank'n'OL #35 – Grenier, c'est re-lose !]]> text/html fr SO FOOT L'OL s'est fait sortir de la Coupe d'Europe après avoir concédé, comme à l'aller, un but en fin de match face à Tottenham (1-1). Une égalisation sur laquelle Dembélé, transparent jusque-là, mystifie Grenier, qui avait survolé la rencontre. L'inexorable destin européen de tout Lyonnais qui se respecte. « A ranking class hero is something to be ! » 16ème retour d'Europa League Olympique Lyonnais – Tottenham Hotspur 
1-1 Pour Lyon : Gonalons (16ème) Pour Tottenham : Dembélé (90ème) ]]> 16ème retour d'Europa League
Olympique Lyonnais – Tottenham Hotspur 
1-1
Pour Lyon : Gonalons (16ème)
Pour Tottenham : Dembélé (90ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Clément Grenier : l'emballement autour de lui commençait presque à être disproportionné. La barre était haute. Il l'a atteinte. Puis il l'a dépassée. Une première heure de toute beauté durant laquelle sa septième passe déc' de l'année, sur coup franc pour Gonalons (17ème), n'était qu'un petit « bonjour » qui ne disait pas tout de sa parfaite maîtrise de l'art des choix : caviars du gauche, son « mauvais » pied, passe derrière la jambe d'appui, coup du sombrero et une dizaine d'autres bonnes décisions prises en milieu hostile, toujours avec élégance. Une élégance qui n'aurait toutefois pas souffert d'un petit tacle de cochon en fin de match. Mais ce n'est pas tant par préciosité que par fatigue qu'il laissa frapper Dembélé (90ème). La faiblesse qui l'éloigne encore du niveau international ? Non. Juste la fatalité qui l'a fait entrer dans la légende de son club.

2. Maxime Gonalons : on pourrait parler de la sortie de route lyonnaise comme de la énième preuve de l'incompatibilité entre foot français et soirs d'Europe. Le genre de truisme qui pourrait rassembler à peu près tous ceux que l'affaire intéresse. A l'exception des premiers d'entre eux, les Lyonnais. Car on sait trop bien dans une ville qui a mené le plus clair de son existence footballistique « dans la banlieue de Saint-Etienne » ce que la lose signifie. Au point de pouvoir retracer l'histoire de la ville à travers ce seul prisme. Pas en reste pour coller au plus près de l'esprit qui y règne en maître, Gonalons s'est démené pour sortir le grand match qu'il faut, à coups de ballons grattés à la limite de la secousse réglementaire et relancés à l'intuition, première intention et vers l'avant. Sans oublier cette tête qui le ramène toujours vers son Mersey Beat à lui et son miracle d'Anfield. Ne restait plus qu'à incarner le grand capitaine de fin de partie qui rameute et replace à l'envi dans les dernières minutes. Autant dire un match de plus pour se rapprocher de la lose à la lyonnaise. Celle qui finit toujours par gagner à la fin.

3. Samuel Umtiti : avec cet effectif encore rajeuni d'un cran dans les dix dernières minutes et cette lose qui finit par rattraper l'OL par la manche à la 90ème, on pourrait croire que l'ADN européen des Lyonnais s'arrête là où commencent les matchs à élimination directe. Ou dit autrement, que le joueur lyonnais incarne comme aucun autre l'exception culturelle française les soirs d'Europe. On veut bien, à condition de retirer Umtiti du lot. Car le fossoyeur de Ménival est une exception à lui seul, rapport à la sérénité dégagée pendant 90 minutes. Au-delà de ses trois sauvetages (deux duels, un contre anticipé et dégagé), on s'est arrêté sur une action en seconde période. Un renversement de jeu qui vise son couloir et cherche Lennon dans son dos. La séquence rappelle furieusement celle d'Abidal à Milan en 2006 quand, trop court, le latéral avait laissé filer Chevchenko, avant que les poteaux de Coupet ne trouvent le tibia d'Inzaghi. De toute évidence, Umtiti connaît l'action par cœur au point de se permettre une relance facile pour son milieu sur la tête qui suit. Moralité : oubliez le dernier grand défenseur en date, le Grec de 2004, et célébrez son digne successeur, le geek de 2012.

4. Gueïda Fofana : tellement à l'aise depuis septembre face à la concurrence étrangère qu'il apparaît comme l'ultime recours crédible pour permettre à la France de reconquérir l'Eurovision. S'il n'a pas encore détrôné Marie Myriam, Fofana aura au moins poussé Malbranque sur le banc pour l'un des (rares) matchs de gala de la saison. Un choix longtemps justifié, notamment en première période, où il bonifia chacun des nombreux ballons qu'il avait lui-même récupéré. S'il a continué à intercepter les passes et les dribbleurs londoniens par la suite, la distribution a moins suivi. On lui pardonnera ce déclin, il partait de suffisamment loin. Et même s'il avait voulu poursuivre le festin, on ne lutte pas contre un destin.

5. Dejan Lovren : il suffit en général d'une paire de matchs, comme l'aller et le retour de ce 16ème d'Europa League, pour se dire que Lovren a tout du grand défenseur, celui qu'on nous avait promis à son arrivée entre Saône et Rhône. D'abord, un type suffisamment dur dans les duels pour qu'on en oublie jusqu'à la présence d'Adebayor. Puis un technicien plutôt fin qui relance à son aise, quand il ne se paye pas le luxe de lancer les chevaux l'espace d'une remontée plein axe. Lovren possèderait donc exactement ce qu'il faut pour être l'un des tous meilleurs. Sauf l'essentiel. Soit ce corps ou ces nerfs qui finissent par le lâcher autour du troisième bon match de suite. Comme ça que finit par remonter à la surface cette correspondance signée Lacombe à son arrivée : « Lovren, il sait tout faire. Dans son genre, il me rappelle Edmilson. » Un joueur qui avait également tout pour lui. Sauf le sens de la défense. De quoi réaliser une fois de plus avec cette défaite après un match quasi parfait l'aphorisme suivant : pour devenir un grand défenseur lyonnais, mieux vaut être un type contrarié.

Bonus On-refait-le-match



Parce que si tout se déroule comme prévu, l'OL ne rejouera pas l'Europa league avant un moment. Parce que si tout se passe comme prévu, l'OL ne gagnera pas la Champions league avant longtemps. Alors même s'ils ne jouaient que les 16èmes contre Tottenham, les Lyonnais ont peut-être raté l'occasion de faire quelque chose de chouette en coupe d'Europe. Le moment ou jamais de dire ce que vous vous auriez fait, entre bons choix et mauvaise foi.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #34 – Lyon, le carton jeune]]> text/html fr SO FOOT Volé au match aller après avoir eu la maîtrise du match (0-2), l'OL s'est froidement vengé à Bordeaux (0-4) en laissant le ballon à une équipe qui ne savait pas quoi en faire. Pas vraiment dans les habitudes de la maison. Mais les jeunes ne respectent rien. Sauf à l'heure de se mettre en Rank. 25ème journée de Ligue 1 
 Girondins de Bordeaux – Olympique Lyonnais 
0-4 Pour Lyon : Grenier (15ème et 73ème), Fofana (65ème), Lacazette (75ème)…]]> 25ème journée de Ligue 1 

Girondins de Bordeaux – Olympique Lyonnais 
0-4
Pour Lyon : Grenier (15ème et 73ème), Fofana (65ème), Lacazette (75ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Gueïda Fofana : il y a des buts qu'on aime moins pour ce qu'ils sont que pour ce qu'ils racontent. Et c'est bien pour cette raison qu'ils finissent par squatter durablement nos mémoires vives. En l'occurrence, ce but de Fofana est bien parti pour rejoindre à sa manière le lob somptueux de Tiago à Geoffroy-Guichard (mars 2007). Pas forcément pour ses qualités esthétiques, mais bien parce qu'il inscrit pour longtemps ce qu'on a cru percevoir d'un joueur, disons quelque part au-dessus de la moyenne. D'abord, pour son mental en acier trempé. Là où tant d'autres se seraient perdus dans un début de match trop timide pour ne pas draguer du côté de la transparence, Fofana a retrouvé la partition qu'on croyait abandonnée du côté de White Hart Lane. Où il n'y a plus choix à faire entre la puissance et l'intelligence du joueur. Ce que résume aussi le but à sa manière, expression brute d'un talent d'un bout à l'autre de l'action (de récupération à frappe décisive) autant que validation des choix du jour, permettant à l'OL de prendre le large et à Garde d'entamer un turn over pépère en vue du retour de jeudi face à Tottenham. Au cas où vous ne l'auriez pas compris, on n'aime donc rien tant que les buts qui nous donnent de nouvelles raisons d'avoir raison.

2. Maxime Gonalons : il va finir par se retrouver avec le fisc aux fesses pour ne pas avoir déclaré le Rank'n'OL comme résidence secondaire. Sûrement pas de quoi faire paniquer le gaillard de la East Coast lyonnaise qui s'est baladé sur la West Coast française comme à peu près partout où il est passé cette année. Problème pour lui : la régularité, c'est l'habitude ; l'habitude, c'est la routine ; et la routine, c'est assez vite l'oubli. Tant pis pour Deschamps, tant pis pour la France : l'OL sait suffisamment ce qu'il doit à Mahamadou Diarra et Jérémy Toulalan pour apprécier à sa juste valeur la parfaite synthèse des deux.

3. Clément Grenier : la formule expérimentée au milieu du côte de White Heart Lane (Gonalons-Fofana-Malbranque) jeudi dernier semblait bien partie pour durer. Où l'on préfère les meneurs d'âme au meneur en titre, ici Grenier. Il faut croire que le classieux passeur à la lyonnaise respire aussi bien l'air du temps qu'il sent le jeu. Ce qui l'amène à répondre, à sa manière, à l'impératif d'engagement à coups de tacles de fin de partie et autres passes en retrait. Comme s'il fallait noyer un peu de la prise de risques qu'implique sa tendance naturelle dans le propos du jour, où il vaut mieux laisser la possession à l'adversaire histoire d'en venir à bout. Au-delà de ses deux buts, c'est là que s'est jouée la réussite du jour pour Grenier, dans cet art de la reprise à son compte d'un genre qui n'est pas le sien. Qui l'amène à surclasser dans l'art de la cover l'espèce de bandasse girondine qui a bien voulu massacrer l'Hallelujah de Leonard Cohen, ne se risquant au déchet que sur quelques situations de contres pour mieux créer les décalages qui finissent par compter. Une idée de jeu qui aurait, en somme, quelque chose de l'art de posséder en contre.

4. Alexandre Lacazette : à première vue, une bonne partie du match de Lacazette pouvait ressembler à cette parabole que connaissent par cœur les (mauvais) footballeurs du dimanche. Celle qui voit cette catégorie de joueurs parmi les plus maudites incapables d'attraper la reconnaissance qui leur a toujours été refusée à force de tergiversations au moment de faire une passe, une passe toute simple, décisive ou presque pour peu que le gars de devant sache plier l'affaire en contre. Du coup, histoire de rappeler qu'il y a bien un monde entre le joueur professionnel qu'il est et le Jimmy Briand qu'il peut devenir, Lacazette a fini par tout miser sur ses qualités de passage en revue de la défense adverse. Après une première tentative manquée d'un rien jeudi dernier, il a remis ça à l'heure de la digestion. Pas une mauvaise idée à la découverte du bide de Planus, visiblement pas tout à fait revenu des escapades de Petitrenaud. D'autant que le côté élastique du kid de Mermoz n'aime rien tant que se jouer des formes rebondies de ses adversaires pour repartir de l'avant. Un pari payant une fois replacé dans l'axe, précisément là où le jeu lyonnais était appelé à s'épanouir cet après-midi. Et Planus à entamer sa sieste.

5. Lisandro Lopez : il aura donc suffi d'un match, contre Lille, pour que Rémi Garde règle (provisoirement ?) le problème. Dans l'état actuel des choses, dans l'intérêt général et plus encore dans l'optique d'un match abordé dans la position du tireur couché, Licha est plus utile côté gauche. On pourra toujours débattre de la pertinence de ne se servir d'un joueur de ce calibre dans un championnat de ce niveau que pour son « utilité ». En revanche, on ne transigera pas sur la performance du garçon, qui n'a pas ménagé sa peine à 80 mètres du but adverse, là même où Umtiti connaissait quelques difficultés. Certes, l'OL a marqué trois buts après sa sortie (55ème). Mais il n'y aurait pas eu d'édifice s'il n'avait pas été là pour poser les fondations. Et plutôt bien pour un architecte d'intérieur.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau




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<![CDATA[Rank'n'OL #33 – Bale, les cachous à Juni]]> text/html fr SO FOOT La bonne nouvelle, c'est que les Lyonnais ont enfin bien joué au foot. La mauvaise, c'est que l'OL s'est incliné face à Tottenham (2-1). Et le comble, c'est que cette défaite sur deux coups-francs dans le money time ressemble un peu trop à celle qu'il infligeait à l'époque aux plus méritants de ses adversaires. Sans rankune. 16ème de finale aller d'Europa League 
 Tottenham Hotspur – Olympique Lyonnais 2-1
 Pour Tottenham : Bale (45ème et 90ème) Pour Lyon : Umtiti…]]> 16ème de finale aller d'Europa League
Tottenham Hotspur – Olympique Lyonnais 2-1

Pour Tottenham : Bale (45ème et 90ème)
Pour Lyon : Umtiti (55ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Maxime Gonalons : on se le disait depuis un moment. Désormais, Alex Ferguson est au courant : Washing Maxime est fait pour Manchester United et sa prestation livrée en prime time sur une pelouse anglaise a obligatoirement interpelé le plus malin des managers – à un Djemba-Djemba près. Ce type costaud, imprenable au duel et propre dans la relance, aussi discret soit-il par ailleurs, a un Carrick dans chaque jambe. Quoi ? Il a déjà humilié Liverpool pour l'une de ses toutes premières apparitions en pro. Qu'on recherche un socle pour sa future statue. OK, il fait une faute stupide dans les arrêts de jeu qui entraîne le deuxième coup-franc de Gareth Bale. So what ? Le Fergie time, ça s'apprend. Suffit d'avoir le bon prof.

2. Samuel Umtiti : Jean-Michel Aulas avait décidé d'installer un showroom éphémère en plein cœur de Londres pour une soirée exceptionnelle. Coup de génie : toute la Premier League voudra acheter lyonnais en juin. Pourtant, pendant une heure, l'une des plus belles pièces de son catalogue n'a pas dû énormément attirer l'attention : Samuel Umtiti réalisait en effet une performance plutôt moyenne. L'envie de rester à la maison une petite année de plus peut-être. Et puis il s'est souvenu qu'il était le fossoyeur de Ménival quand même et que, quitte à se retrouver coincé à gauche, autant en profiter. Alors il s'est avancé un peu, pour voir, et puis il a marqué un but magnifique. Comme ça. Histoire que toute l'Angleterre pense tenir un vulgaire Roberto Carlos alors qu'elle a un Patrick Müller sous la main. Mais ça, JMA s'en fout. Le repositionnement de produit, ça fait partie de la panoplie du bon commercial.

3. Steed Malbranque : dans cette séquence lyonnaise en pente douce, personne ne semble avoir douté de l'engagement de Malbranque. La preuve, il reste un titulaire indéboulonnable dans le onze-type de Garde et la plus sûre des valeurs quand vient le Rank. Restait une incertitude au sujet de la caisse qui finirait bien par faire ses 33 ans bien tapés après le plus improbable des retours de flamme. On se disait qu'il faudrait peut-être attendre un autre retour, celui à White Heart Lane, précisément là où Malbranque fut ce joueur qu'on a adoré retrouver l'été dernier. Il a fallu en finir avec la première (longue) séquence de conservation des Spurs pour se rassurer : Malbranque a toujours la Premier League qui lui colle à la peau. De quoi inspirer le reste du milieu qui le lui rend bien. Et finit par rappeler que c'est peut-être moins Steed qui a baissé d'un cran ces derniers temps que le reste de la bande qui n'a pas su jouer à son niveau.

4. Gueïda Fofana : première théorie en le voyant prendre la place qui revient à Malbranque dans le milieu pour cette fois : Fofana est bien l'amulette qu'on ressort les soirs d'Europa League, quitte à se payer le luxe d'oublier Mvuemba sur le fax pour l'UEFA. L'autre théorie, la vraie, parce qu'on la défend depuis le début : Fofana a tout du nouvel homme fort du milieu lyonnais. Du genre à étouffer comme il faut la belle brochette d'en face, à basculer à l'aise de gauche à droite ou inversement et surtout à se trouver là où il faut, surtout quand c'est un autre qu'on attend à sa place – au hasard, Lisandro, Umtiti ou Malbranque. Pas de quoi changer la face d'un match pour le moment, comme en atteste le résultat final. Disons plutôt ce qu'il faut pour changer l'allure du 4-3-3 à la lyonnaise qu'on a jamais senti aussi prêt de lâcher ses meneurs de jeu (Grenier, Gourcuff) auxquels il se cramponnait pour un meneur d'âme.

5. Dejan Lovren : parce qu'il n'avait pas foutu un pied, et encore moins les deux (en avant et décollés du sol de préférence), dans le Rank depuis 144 jours ; parce qu'il est quand même vachement impressionnant filmé au ras de la pelouse ; parce qu'il n'ira (probablement) jamais au Barça mais qu'on ne se tapera (sûrement) jamais Shakira ; parce qu'il y avait un jeu de mot Love-Lovren à faire pour la Saint-Valentin mais qu'on vous l'épargnera parce qu'on se respecte et surtout parce qu'on l'a pas trouvé. Ah ! On oubliait : parce qu'il a été bon aussi.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #32 – Les crocs à mi-temps, l'accroc à plein temps]]> text/html fr SO FOOT Une semaine après un revers idiot à Ajaccio, l'OL a remis les pendule à l'heure en concédant une défaite tout ce qu'il y a de méritée contre Lille (1-3). Manque de charisme, manque d'expérience, manque de Bastos : le facteur miracle est en train de faire faux bond aux calculs prévisionnels. Bref, c'est le bordel dans la maison JMA. Rank the casbah. 24ème journée de Ligue 1 
 Olympique Lyonnais – Lille OSC 
1-3 Pour Lyon : Lisandro (57ème) Pour Lille : Chedjou (28ème), Balmont (45ème), Kalou…]]> 24ème journée de Ligue 1
Olympique Lyonnais – Lille OSC 
1-3
Pour Lyon : Lisandro (57ème)
Pour Lille : Chedjou (28ème), Balmont (45ème), Kalou (50ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Steed Malbranque : il y a eu bien plus que le naufrage du milieu lyonnais ce soir. Il y a eu ceux de la défense et de l'attaque. Et puisqu'il fallait en sauver un, on s'est dit que ce serait Malbranque. Non pas parce que sa partie le méritait – encore que son petit pont sur Balmont (19ème) rappelait avec malice ce qui séparait les carrières des deux anciens vainqueurs de la Gambardela 1997. Disons plutôt pour sa capacité à surnager, y compris quand le physique grince et que le dispositif lillois s'emploie à le faire jouer loin des autres. Car, même quand il est de toute évidence moins à l'aise, Steed reste le meilleur. De ce qu'on sait, il préfèrera sans doute ressasser tous les sales moments passés sur le terrain, ces feintes et tours sur lui-même qui ne viennent pas à bout du jeune Gueye et toutes ces passes qui ne trouvent pas preneur (74 % de passes réussies). Et l'on se finira par se convaincre qu'on tient là toute la différence entre une carrière, celle qu'on mérite, d'une autre, celle qu'on a eue.

2. Bafétimbi Gomis : on serait salement feignasse qu'on résumerait l'affaire comme suit. Avant Bafé, c'est 0-3 pour les Dogues. Après Bafé, c'est 1-0 pour l'OL. Raison de plus pour en vouloir encore davantage à Licha ? Raison de plus surtout pour dire merci à Garde qui a réglé pour la suite de la saison la dispute qui pourrit ce début de reprise 2013. Car si le 4-3-3 peut très bien se jouer sans attaquant, sa version dite à la lyonnaise se passe de moins en moins de Gomis. Au point de donner à son entrée des allures de petit miracle, transformant la prestation jusque-là désespérante de Ghezzal en début de récital maloudesque, façon j'accélère à gauche, je crochète l'air de rien et repique dans l'axe. Même Benzia a manqué d'y aller de sa passe décisive (66ème) là où Lacazette cherchait encore le fantôme de Christophe Cocard quelques minutes plus tôt. Preuves s'il en fallait que l'OL sait faire un bon Bafé.

3. Rémy Vercoutre : cette semaine, pour fêter la finale de CAN des Etalons du Burkina, l'OL offrait le flocage gratuit Koné pour un maillot acheté. Pour mieux fêter son Général, la défense lyonnaise en a remis une couche ce soir, de placements foireux en relances perdues évoquant comme jamais le souvenir de Bako. Autant dire que dans ce concert de ratés en série, Payet devait sortir dans la peau du grand héros de la soirée et Vercoutre dans celui de l'homme seul. L'homme de la manchette a beau avoir réussi ses envolées sur les 32 corners consécutifs de la première période, il ne pouvait rien sur les retards à l'allumage des quatre devant lui mis dans le vent par la grâce de Dimitri. Et même lorsqu'il parvient à arracher une balle de but dans les pattes de Kalou, c'est Bisevac qui offre la revanche au frangin de Bonaventure sur un contre de volley-ball (50ème). De quoi gagner haut la main son maillot offert floqué au nom du plus grand gardien jamais abandonné par sa défense : celui que lui filera Lloris jeudi soir.

4. Florent Balmont : il a à peine eu le temps de porter le maillot lyonnais après son passage chez les pros. Et pourtant, comme les plus grands (Coupet, Sonny, Juni, Foé), Balmont a lui aussi un stade à son nom dans Lyon. Le plus important des stades secondaires même, pour avoir vu s'épanouir le retour de flamme de Kévin Jacmot entre 2005 et 2006 avec La Duchère. Rien que pour ça, le sosie officiel de Laurent Duhamel – et d'à peu près tous les maîtres-chiens de la région lyonnaise aussi – méritait bien son coup d'un soir dans le Rank. Pour son match aussi, partition sourde et sûre comme les aimait Beethoven qui fait déjouer le milieu d'en face, avant de lui donner sa charge héroïque en y allant de son but à la 45ème (0-2). On a beau renifler le jubilé sur l'affaire, ça ressemble surtout au genre de coup de grâce cent fois lyonnais qui se donnait à Gerland du temps de la grande domination. Si Balmont n'est pas cent fois Lillois, il est assurément sans foi, ni loi. Ce qui fait partie de son charme.

5. Lisandro : ce soir se jouait l'avenir de Licha en pointe et celui du Licha bashing. Au vu du résultat, tout laisse à penser que ce dernier a encore de beaux jours devant lui. A moins de se dire qu'on n'a jamais cru cette fois pas plus que les autres à l'Argentin dans la peau du grand attaquant pour 4-3-3. A moins de vouloir finir comme Benzema lors de sa dernière saison entre Saône et Rhône, planté sur un tabouret à mater des DVD sur l'art de l'appel de Pauleta. Les caprices de Licha pour prendre la place de Gomis ont en partie eu raison de la première période lyonnaise : aucun impact sur la défense lilloise, Lacazette et Ghezzal qui rappellent qu'occuper un couloir est d'abord une affaire d'enfants perdus. Vraiment perdus pour cette fois. Pourtant, même en sacrifiant les dernières chances de course au titre sur l'autel de ses envies, Licha reste la meilleure raison de combiner, de décrocher, de lancer dans la profondeur une fois que Gomis est sur le terrain. Comme si le monstre d'égoïsme avait besoin de se mettre au service de ses coéquipiers pour redevenir l'attaquant qu'on pensait avoir perdu. Bien plus que chez Sartre, c'est vraiment chez Licha que l'enfer, c'est les autres.


Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #30 – Valenciennes, le bassin Houllier]]> text/html fr SO FOOT L'OL s'est imposé à Valenciennes (0-2) dans un style qui a fait rajeunir tout le monde de sept ans. Un match que Gérard Houllier n'aurait pas renié. Tout comme il ne pourra pas renier longtemps Gueïda Fofana. Pas besoin de test de paternité, on a suffisamment d'éléments. Eh oui ! La Rank'n'OL attitude réserve parfois quelques surprises. 22ème journée de Ligue 1 
 Valenciennes FC – Olympique Lyonnais 0-2
 
 Pour Lyon : Fofana (8ème), Gomis (28ème) 
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Valenciennes FC – Olympique Lyonnais 0-2

Pour Lyon : Fofana (8ème), Gomis (28ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Gueïda Fofana : quand Pippo Inzaghi enterrait de manière (forcément) injuste le destin (forcément) grandiose de l'OL de Gérard Houllier un funeste soir d'avril 2006, il n'avait pas encore fêté ses 15 ans et vivait à 657 km de Gerland. Mais même depuis son Havre natal, Gueïda Fofana semble avoir été fabriqué pour Lyon, et plus encore pour le 4-3-3 « Serpent à Sonnette » institutionnalisé par Houllier. D'ailleurs, dès la mi-août, le Rank s'était déjà penché sur son cas invoquant même – avec la distance requise – Steven Gerrard, le milieu box-to-box de référence, lancé par le père Gégé, encore lui. Alors le voir régner sur le milieu de terrain, marquer un premier but presque tout seul et amener le deuxième dans la région natal du désormais directeur technique des New York Red Bulls est bien la preuve qu'il existe une filiation au-delà de toutes considérations géographiques ou chronologiques. Et si on considère que tout cela a eu lieu le jour de l'anniversaire de David Ginola, l'histoire en devient même carrément mystique.

2. Maxime Gonalons : qu'on soit bien clair, Maxime Gonalons possède tout ce réclame le Rank'n'OL : une place de patron dans le sanctuaire du 4-3-3 à la lyonnaise – comprendre au milieu de terrain –, une tendance à incarner comme personne l'idée qu'on s'est jamais faite des Lyonnais – du moins depuis la Sainte Trinité Lacombe-Di Nallo-Chiesa –, et donc un filon d'inspiration inépuisable pour les auteurs du Rank, de « Busquets si la Ligue 1 le veut bien » au fils modèle de la classe très moyenne, jusqu'à Washing Maxime , sobriquet à l'adresse de tous ceux qui ont un jour rêvé d'une partie de pêche en Dombes avec Thurston Moore et Kim Gordon. Au lieu de quoi, le Rank'n'OL préfère ne pas faire grand cas de la gratitude, de la même manière qu'il a préféré laisser ce qui lui reste de bonne foi pour s'emporter pour le premier rookie venu, surtout s'il s'appelle Fofana ou Umtiti. Toujours plus facile de s'emporter pour un futur crack dont la marge de progression semble être pile ce qui sépare l'OL actuel de la promesse d'une nouvelle domination. Surtout quand on sait qu'on aura bien des occasions de ramener Gonalons sur la durée à la seule place qui lui revient, celle du boss. Une imagination ardente rattrapée par la prudence réalisatrice : difficile de concevoir un Olympique plus lyonnais que celui que dessinent les apparitions répétées de Gonalons à l'ombre des protégés du moment.

3. Bafétimbi Gomis : le joueur le plus bankable actuellement en stock à Tola Vologe a tout fait pour donner des regrets. À qui ? On ne le saura que le 1er février. À son coach et à ses supporters, qui regretteront le combattant capable de passer en un quart de seconde du rôle de premier stoppeur à celui de dynamiteur de la défense adverse ? Ou à son président qui, après l'avoir vu ouvrir une brèche pour Fofana sur le premier pion puis planter le deuxième, s'est dit qu'il aurait bien pu partir, non pas pour 14 millions, mais pour 16 s'il avait davantage eu le goût pour les bancs de la Premier League ou les pétrodollars du championnat russe ? Sa deuxième mi-temps a été plus discrète. Mais faut dire que Gomis a d'autres soucis que le foot en ce moment.

4. Samuel Umtiti : on évoquait la semaine dernière l'aubaine que ce serait pour Rémi Garde d'avoir deux Umtiti sous la main, un pour jouer dans l'axe, un pour jouer à gauche. Umtiti a donc décidé que, tout latéral qu'il était sur le papier, il pouvait tout à fait couvrir les deux postes, permettant ainsi à Lovren de toucher une prime de match à moindre frais. On soulignait il y a deux semaines qu'Umtiti avait raté un seul truc à Troyes : un centre. Umtiti a donc décidé d'offrir, au bout de 3 minutes, ce qui aurait dû être une passe dé' si le tir Lacazette n'avait pas fini sur la transversale. De là à dire qu'Umtiti pourrait rétablir la situation économique de la France, il y a un pas que nous ne franchirons pas. Mais force est de constater, en toute objectivité, qu'il n'y a finalement que très peu de défis lancés depuis le Rank'n'OL que le fossoyeur de Ménival n'a pas par relevé.

5. Gérard Houllier : il y a le foot qui n'est jamais qu'une question d'épure quand on le confie à la Juve : le noir, le blanc, on vient, on joue, on gagne. Et puis, il y a ce que Gérard Houllier a voulu en faire à la tête de l'OL : le noir profond, celui du Darkhorse, on vient, on joue bien une mi-temps, on gère. A la classe ouvrière des Agnelli, Houllier a préféré un autre modèle, celui de la classe moyenne caractéristique du monde des PME-PMI d'Aulas. Pour ça, suffisait de reprendre à son compte le 4-3-3 laissé par Le Guen pour y injecter une bonne dose de théorie, autrement connue sous le nom de Serpent à Sonnettes, et institutionnaliser le système en question, au point de le rendre indépassable à l'échelle du jeu à la lyonnaise. Y compris quand cette forme de domination qui permettait de plier l'affaire face au tout-venant de L1 en première période pour mieux laisser filer la suivante sans vraiment forcer menaçait de foutre le camp. C'est pourtant cette gestion rationalisée à l'extrême, ne proposant en guise de variation au onze type qu'un turn over à la marge où les seconds rôles se voient confier des compositions sur mesure – Lamine Diatta hier, Rachid Ghezzal aujourd'hui – qui a semblé refaire surface cette fois. De quoi se dire après ce match au Stade du Hainaut plié sur le modèle des années 00 que l'idée de domination a encore de l'avenir entre Saône et Rhône.

BONUS - RANK'N'AULAS


Si le Rank'n'OL est le temple de la mauvaise foi, alors Jean-Michel Aulas est son prophète. La preuve le temps de ce Rank 100 % freestyle lâché en six minutes chrono pour BeIN.



1. Yacine Benzia : ce que JMA a vu : « Nous avons des solutions en interne, notamment avec le jeune Yacine Benzia qui, comme vous l'avez vu, a donné mille tourments à la défense valenciennoise. » Ce qu'on a vu : trois ballons dont un perdu en sept minutes de jeu.

2. Lisandro : ce que JMA a vu : « Nous avons répondu non à la proposition de prêt de la Juventus. Compte tenu de ses qualités de joueur, mais aussi de meneur d'hommes et de son image, Licha est indispensable à Lyon. » Ce qu'on a vu : le coup de la blessure diplomatique à l'échauffement et une présence dispensable pour cette fois.

3. Yoann Gourcuff : ce que JMA a vu : « Yoann était sur le banc ce soir. Pour nous, c'est un déchirement. Ce qi veut dire qu'il va rester comme les autres joueurs, notamment pour avoir une équipe solide face à Tottenham en Ligue Europa, mais aussi pour la suite du championnat. » Ce qu'on a vu : un mec en chasuble qui trottinerait presque comme Bodmer qui s'est resservi quatre fois à la ronde des entrées de Courtepaille.

4. Bafétimbi Gomis : ce que JMA a vu : « Rémi Garde le fait jouer et le protège. On aime tous beaucoup et on l'a défendu quand il a connu des difficultés sur le terrain comme dans sa vie personnelle. Il a marqué ce soir, permettant à l'équipe de faire un résultat. D'ailleurs, la dernière fois qu'on avait gagné ici, on avait été champion. » Ce qu'on a vu : c'est écrit dans le Rank.

5. Michel Bastos : Ce que JMA a vu : « Il n'y a pas encore d'accord concernant Michel. On est en train de discuter. Il s'est mis d'accord avec les Allemands de Schalke 04, nous avec un autre club. Il faut qu'on discute tranquillement et qu'on trouve la meilleure solution pour lui. Michel est venu avec ses coéquipiers ce soir et je l'ai fait applaudir. » Ce qu'on a vu : Michel qui joue avec sa nouvelle appli Langenscheidt sur le banc.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #29 – OL-ETG, point de vente]]> text/html fr SO FOOT Michel Bastos a été la tête de gondole d'un match encore plus sinistre (OL-Evian 0-0) que la période de mercato en cours du côté de Lyon. Sur le départ pour Gelsenkirchen ou on ne sait quelle autre destination exotique, le Brésilien a une fois de plus chercher à se faire regretter. Pour mieux rester ? Il y a des choses qui ne s'achètent pas. Pour tout le reste, il y a le Rank'n'OL. 21ème journée de Ligue 1 Olympique Lyonnais – Evian TG 0-0 Notes : la grille…]]> 21ème journée de Ligue 1
Olympique Lyonnais – Evian TG 0-0


Notes : la grille d'éval'



1. Michel Bastos : les mercatos se suivent et ont l'art de rendre l'OL chaque fois plus incertain. Au vu du niveau de jeu affiché, il y a toutes les raisons du monde de réclamer au plus vite la clôture de ce marché qui secoue trop les âmes sensibles – celles des joueurs donnés pour vendus et de leurs supporters tendus à l'idée d'une nouvelle séparation – pour jouer serein, serein. Sauf pour Bastos. A croire que Michel aime trop la contradiction pour se mettre en tête de rester entre Saône et Rhône une fois qu'on lui a dit qu'on se quittait. A moins que ce ne soit ce goût de la provocation, celle qui l'a animé toute la soirée et lui donne envie de se remettre à jouer le jeu qu'on lui connaît, les deux doigts dans la prise de risque. De quoi donner à voir quelques moments de grâce, à commencer par ces débordements sur le fil du rasoir et ces passes pleine course en aveugle, les seuls à même de vous ramener un peu de football quand vous jurez qu'il a foutu le camp. Preuve que Bastos n'est jamais aussi bon que lorsqu'il peut enfin jouer le rôle de sa vie. Vivement le prochain mercato, tiens…

2. Samuel Umtiti : un peu moins bien, c'est déjà suffisant pour le Pat Müller 2.0. Mais il a trop souvent donné dans l'excellence ces derniers temps pour qu'on ne remarque pas ces deux-trois relances approximatives qui seraient passées pour des bonnes interventions chez Lovren. Umtiti occupait d'ailleurs la place d'arrière central, celle du Croate, alors que ce dernier n'était ni blessé, ni suspendu, soit sa meilleure perf depuis trois mois. Mais le boss, désormais, c'est ce Gone de 19 ans qui ne panique jamais et qui est suffisamment easy pour se permettre des relances orientées de la poitrine. Le match peu consistant de Dabo pourrait toutefois bientôt le renvoyer à gauche. Pas un problème pour lui. Un peu plus pour Garde, pour qui la véritable solution serait d'avoir deux Umtiti. Minimum.

3. Lisandro : bien plus qu'un 0-0 poussif, le vrai scandale du moment tient dans cette parenthèse de Lisandro bashing aperçue en amont de la reprise des affaires à Gerland. Tout ou presque fut reproché à Licha : des histoires de prétention de diva, un brassard laissé sur le bord de la route, des bouderies inconsidérées et des blessures à répétition révélant en creux des retours au pays qui sentiraient un peu trop l'asado. Au point d'en arriver, par richochets, à se demander si Licha ne sentirait pas lui aussi un peu trop l'Assadourian. Il a bien fallu un match pourri pour rappeler à quel point l'OL avait besoin d'un joueur comme l'Argentin. Pas seulement d'un bon bout de supplément d'âme qui viendra vous réciter quelque aphorisme tiré de la bibliothèque imaginaire de Borges et vous emporter la décision certains soirs de match. Non, on parle de l'attaquant autant foutraque qu'il reste au-dessus du lot pour mener à mal un 4-3-3 comme celui aligné ce soir, de loin le plus équilibré de l'histoire et le plus prévisible aussi. Ce que Houllier, maître kantien au top du hip hop quand il fallait enrichir son Serpent à Sonnettes de notions implacables, avait un jour nommé un « joueur de classe mondiale ». Un joueur trop rare pour ne pas lui accorder le calibre d'un Juni ou d'un Karim. Surtout une fois qu'il est parti…

4. Milan Bisevac : il suffit de se souvenir de la saison 1 de Rémi Garde, ou même de Nancy et Troyes récemment, pour ne pas tomber dans le « en-même-temps-y-avait-rien-en-face ». Si Rémy Vercoutre n'a rien eu à faire contre la team Danone, il le doit à une doublette de défenseurs centraux enfin homogène dans sa performance. La dernière fois, cela devait être en 2009. Bisevac semble enfin avoir accepté de partager le leadership avec son compère surdoué, quitte à passer pour le bourrin du duo. Et quoiqu'on en dise, mieux vaut avoir un Bisevac préposé aux basses œuvres avec Umtiti qu'un Lovren à la relance aux côtés de Koné.

5. Eric Tié-Bi : pour tout avouer, les trois dernières fois qu'on l'a aperçu c'était (dans l'ordre) : 1. dans l'ennui d'une rediff' d'un match de CFA où on lui préférait largement Tafer, Faure, Grenier et peut-être même Lacazette ; 2. dans la montée vers Tignes en train de se faire lâcher à huit kilomètres du sommet par Claude Puel ; 3. dans Sur la route, émission culte d'OL TV, qui part traquer les anciens du club, surtout ceux quand ils se sont reconvertis dans la gestion de commande dans un Point P de la vallée du Rhône ou dans la pose de pelouse synthétique. Autant dire que l'ancien pigiste des matchs d'avant-saison avait davantage le pedigree pour finir en Viale ou en Bethiol du milieu que celui d'un type capable de foutre en l'air le jubilée Sidney Govou, avant de poursuivre sur sa lancée en faisant la leçon à tout le milieu lyonnais. Une performance suffisamment stupéfiante pour élargir un peu plus la liste des anciens de la formation appelés à y aller de leur retour miracle à la Steed. Quand elle ne révèle pas un milieu lyonnais qui traîne la patte comme Max et compte pour seules poches pleines celles qui sont apparues sous les yeux de Malbranque.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau


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<![CDATA[Jacques Monclar : « Je me suis engueulé à cause de Malbranque »]]> text/html fr SO FOOT RANK'N'OL – LE BILAN #2. Jacques Monclar a beau être l'une des figures (et la voix) du basket français, il est aussi un observateur attentif et passionné de l'OL. Après Benjamin Biolay, il est donc le deuxième juge du Rank. Et un mec qui vous déclame spontanément son amour pour Tiago, ça fait référence. L'avantage avec un ancien joueur, puis entraîneur et désormais consultant de basket qui a ingurgité des centaines de systèmes de jeu, c'est qu'il digère les règles du Rank'n'OL en deux secondes. «…]]> L'avantage avec un ancien joueur, puis entraîneur et désormais consultant de basket qui a ingurgité des centaines de systèmes de jeu, c'est qu'il digère les règles du Rank'n'OL en deux secondes. « D'ailleurs, avec tous les indices que vous avez donnés, souligne Jacques Monclar, celui qui mérite, c'est Rémi Garde. Il sait parfois dire qu'il est pas d'accord. Et puis il y a le petit Génésio, qui s'est fait expulser l'autre jour. Maintenant qu'il n'y a plus Vercoutre sur le banc, il en faut bien un qui gueule. Mais l'indice Lacombe, faudrait l'appeler l'indice Nanard ! »


« Quand Di Nallo se fait péter la jambe, j'en ai chialé... »

« Mon père m'a emmené à l'OL quand j'avais 5 ans, en 1962. Ma première émotion sportive, ça a été la victoire en Coupe de France contre Bordeaux en 1964. J'ai toujours gardé ça en moi. Ensuite on est remontés à Paris : je suis dans le stade quand Di Nallo se fait péter la jambe contre le Red Star. Et j'en ai chialé. Mon éveil sportif, c'était l'OL. C'est seulement après que j'ai Alain Gilles en poster dans la chambre. Cette saison, je n'ai pas été les voir, parce que je ne suis pas sur Lyon et que je n'ai pas pu aller au Parc. Mais je regarde. » Alors on écoute.



1. Steed Malbranque : « Deschamps n'est pas fou. S'il en a besoin, il le prendra. »

« Normal. Surpris ? Oui et non. Qu'il soit instantanément à ce niveau, ça prouve que c'est un vrai pro. Mais la qualité du joueur, elle est là et il bénéficie de l'expérience qu'il a accumulée en Angleterre, où il était le joueur préféré de Tony Blair ! Il a trouvé un endroit où il est bien, c'est une belle histoire. Et puis il y a le coup d'oeil de Rémi Garde. Rémi l'avait à disposition et il a vu tout ce qu'il pouvait apporter au milieu des jeunes. Je me suis engueulé avec du monde à cause de Malbranque : il aura 34 ans pour la Coupe du monde en 2014. Et alors ? Pirlo, il a quel âge ? Mais Deschamps n'est pas fou. S'il en a besoin, il le prendra. »

S'il était un basketteur : « On appelle ça un leader par l'exemple, un peu comme Antoine Rigaudeau. Ce sont des mecs qui n'ont pas besoin de parler pour se faire comprendre, pour donner l'exemple. Dans un registre lyonnais, il y a aussi Alain Gilles ou Laurent Foirest. »


2. Maxime Gonalons : « C'est lui le taulier. »

« Pour lui aussi, l'histoire est tellement belle. Il a commencé à se faire une place quand il y avait encore une tripotée de stars. Ou supposées telles. Depuis, il s'installe en équipe de France et c'est lui le taulier. Les numéros 1 et 2 sont les deux tauliers à mon sens. Techniquement, il est au niveau : il est dans une des deux-trois meilleures équipes de France – on va pas se porter malheur en disant « leader »… Gonalons, c'est aussi le symbole du recrutement grande région mis en place par l'OL, déjà à l'époque de (Éric) Spadiny et (Philippe) N'Dioro, qui venait du Puy. Et même si l'institution OL, ça reste ce que je supporte, il y a eu des décisions de prises dans le recrutement qui m'ont déçu. Abdelkader Keïta , le conducteur de Maserati (plutôt Lamborghini apparemment, NDLR) ; Baros, qui conduisait vite aussi ; il y a eu le recrutement de Claude Puel ; et puis trop de Brésiliens tue le Brésilien. Alors que parmi les joueurs formés, le départ de Loïc Rémy, c'est un regret. Même (Anthony) Mounier. »

S'il était un basketteur : « Pour l'exemplarité sans trop la ramener, la classe et le côté polyvalent, je vais citer Antoine Diot. En plus, c'est un supporter de l'OL, puisqu'il est de Bourg. »


3. Anthony Réveillère : « Il a pris un acide ou quoi ? »

« Alors lui… Dois-je le dire ? Parfois, j'ai douté. Je pensais qu'il avait un côté chat noir. Il y a un Anthony Réveillère d'avant sa blessure et sa rééducation particulière, et un d'après. Le départ des leaders, ça lui a permis de se libérer. Il marque des buts maintenant ! Et on le voit exprimer une joie qu'on ne lui connaissait pas. Je ne le connais pas, c'est une image de l'extérieur, mais il a un côté Droopy. Alors quand on le voit marquer et s'exprimer, on se dit : « Il a pris un acide ou quoi ? » Il est très Lyonnais aussi, avec ce côté BCBG. Et comme pour les deux premiers, des joueurs comme ça, c'est le bonheur d'un coach. »

S'il était un basketteur : « Il est comme les frères Gadou, Didier et Thierry. Des joueurs en équipe de France sans y être prégnants, fidèles à un club et solides au poste. »


4. Bafétimbi Gomis : « C'est bonnard !»

« J'adore. Il est arrivé avec l'étiquette de Vert, les 15 millions, une pression terrible. Mais il a réussi grâce à son comportement, sa capacité à garder le ballon. Son seul défaut, c'est que ça oblige Lisandro à jouer à gauche. Et puis son côté fashion victim, j'aime bien aussi. C'est bonnard. Il est entré dans la mémoire collective contre Zagreb, quand il en colle quatre. Il claque souvent dans le Derby, c'est impec'. Lui, pour la fin de sa carrière, il faut qu'il s'installe à Rive-de-Gier. »

S'il était un basketteur : « Le côté fashion victim, le côté « je suis très club », scoreur, borderline équipe de France et la trajectoire pas simple : Gomis, c'est un Edwin Jackson qui aurait maturé. »


5. Clément Grenier : « Il est très lyonnais. »

« Ça fait partie de la formation, avec toute la bande des Gonalons, Lacazette, Ghezzal, etc. Il a du talent, il faut qu'il mature un peu. Il a apporté énormément en début de saison. Surtout à un moment où il était plus près de la Promenande des Anglais que de la place Bellecour. Ça lui a fait du bien de claquer. Et puis il s'exprime bien. Lui aussi il est très lyonnais. »

S'il était un basketteur : « Il me rappelle Andrew Albicy. Ils ont un jeu à risque, ils sont jeunes et ont un gros talent. »


« La Juve, ils ont beau avoir du goût, ils nous cassent les burnes ! »

« Il y en a un, je suis surpris qu'il soit pas dans les cinq, c'est Umtiti (septième alors qu'il a réellement commencé à jouer en novembre, NDLR). Son match au Parc… 
Lisandro Lopez, j'aime son côté bougon, ours mal léché. C'est Licha, c'est la classe. Sans lui, peut-être que les autres seraient moins forts. Sa seule présence rend les autres meilleurs, notamment pour l'intégration des gamins, même si c'est pas un grand communicant. Ce mec-là, il est là, les autres sont rassurés. Dans les sports co', quand on rend les autres meilleurs, c'est qu'on a atteint le vrai haut niveau. Comme Alain Gille : quand je suis revenu à 20 ans pour jouer à l'ASVEL, j'ai franchi un cap avec lui. Lui aussi était capable de se sacrifier au détriment de sa performance collective. Les rumeurs de départ ? Y en a un que j'ai regretté, c'est Tiago : son allure, son port de balle. Que la Juve arrête de nous en piquer des comme ça. Ils ont beau avoir bon goût, ils nous cassent les burnes. »

Propos recueillis par Pierre Prugneau

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<![CDATA[Rank'n'OL #28 – Umtiti, c'est l'âme Eric]]> text/html fr SO FOOT Tel Éric Abidal, c'est en latéral gauche contrarié que Samuel Umtiti a évolué à Troyes, où l'OL s'est imposé avec pas mal de bol (1-2). Et tout comme son illustre aîné, il a un peu trop bien fait les choses pour espérer ne pas s'y retrouver à nouveau. Alors en attendant les louanges du rock sacré, il mérite au moins ceux du Rank des sacrifiés. 20ème journée de Ligue 1 
 ESTAC – Olympique Lyonnais 1-2 
 Pour Lyon : Gonalons (11ème), Umtititi (75ème) Pour Troyes : Nivet…]]> 20ème journée de Ligue 1 

ESTAC – Olympique Lyonnais 1-2
Pour Lyon : Gonalons (11ème), Umtititi (75ème)
Pour Troyes : Nivet (38ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Samuel Umtiti : forcé de jouer latéral alors qu'il est désormais acquis qu'il est plus fort que Lovren dans l'axe (la preuve, c'est désormais lui, et non plus le Croate, qui « intéresserait le Barça »), le fossoyeur de Ménival n'a pas fait valoir ses états d'âme puisqu'il a été le meilleur joueur de son équipe. Et de loin. Sur le modèle abidalien, il s'est mué en troisième stoppeur, infranchissable, tout en relevant, un cran plus haut, un Ghezzal pas vraiment maloudien pour le coup. À peine a-t-il manqué un centre histoire de rappeler que, bon, arrière gauche ça va, mais sans plus. Mais le mal était fait et le spectre d'une carrière à la Abidal commence déjà à le hanter. On n'oubliera pas de souligner que le Gone de 19 ans a inscrit le but d'une victoire pas vraiment méritée. Mais lorsqu'un footballeur marque un but, on a souvent tendance à oublier le reste de sa performance. De la même manière que quand il est gaucher, on a souvent tendance à ne lui offrir que la ligne de touche comme terrain de jeu. Alors Samuel Umtiti ne sera peut-être pas toujours dans la tendance, mais au moins peut-on assurer qu'il est dans la bonne direction.

2. Maxime Gonalons : l'air de rien, c'est un peu l'idée qu'on s'est fait de la saison lyonnaise qui s'est confirmée cet après-midi au Stade de l'Aube. Une saison où l'OL domine son sujet quand Gonalons occupe la place à la façon du patron du moment, ce qui fut l'affaire des quinze premières minutes. Une saison qui menace de couler à chaque instant quand Max n'est plus là, soit l'histoire du quart d'heure qui suit. Une saison où il vaut encore mieux faire avec la cheville et demi du néo-capitaine – qui l'était déjà pas mal dans l'âme – pour la dernière heure, plutôt qu'avec Malbranque sur la béquille ou Gourcuff les deux doigts dans la reprise. Autrement dit, après avoir passé une première moitié de saison à laisser entendre que l'OL, c'est le milieu, on est bien parti pour répéter que le milieu, c'est Gonalons. Et donc un peu plus.

3. Rémy Vercoutre : il y aura toujours un de ces vieux briscards qui hantent les plateaux de talk d'après foot pour nous dire qu'après tout, c'est à ce genre de signes qu'on reconnaît les champions en puissance. Soit une équipe qui, à défaut de pouvoir maîtriser son sujet, s'en remet au brin de talent qu'on lui connaît en espérant que la chance fera le reste. Le genre de description dans laquelle on peut apercevoir le match de Vercoutre, ruminant ses envolées suicides sur le moindre corner pour mieux sauver la mise avec sa manchette spéciale Banks de France face à Darbion (25ème). Reste qu'il faut encore que le destin s'en mêle, à moins qu'il ne s'agisse de Corentin Jean dans la continuité de l'action, pour que Vercoutre puisse poursuivre à la place qui lui revient. Pas celle de meilleur gardien de Ligue 1. Pas même de l'OL où Lopès viendra occuper celle de titulaire déjà promise. Non, celle du type à qui l'on demande de saisir sa chance et d'assurer le renvoi aux points qui va avec.

4. Michel Bastos : quand il ne se passe rien, on sent qu'il est le seul à pouvoir créer quelque chose. Et ce même lorsqu'on ne le voit que trois fois dans le match. Suffisant pour amener les deux buts puisque son coup-franc détourné par le gardien et sa volée contrée par un défenseur ont été à l'origine des deux corners décisifs. Des stats « invisibles » qui auraient pu être agrémentées d'une passe décisive à Lisandro (23ème) après un délice d'extérieur, sur une phase répétée deux jours plus tôt à l'entraînement avec Gérald Baticle. La preuve que Bastos est un joueur imprévisible qui sait aussi être discipliné. Et surtout que son statut de « gros salaire le moins indispensable » n'est peut-être pas totalement justifié.

5. Arnold Mvuemba : il était surtout question ici de rendre hommage aux trois remplaçants qui ont totalement bouleversé le cours d'un match qui sentait un peu plus la merde pour l'OL qu'une andouillette de Troyes. Alors cela aurait pu être Alexandre Lacazette, dangereux dans chacune de ses prises de balle mais finalement pas décisif. Cela aurait pu être Gueïda Fofana, taillé pour Lyon et le 4-3-3 comme s'il était le fils illégitime de la vierge Marie et de Gérard Houllier. Ce sera finalement Arnold Mvuemba, un peu pour le corner qui amène le but de la victoire, plus encore pour cette action de classe, plein axe, qu'il a conclue d'une louche vers Licha en pleine surface. Mais surtout parce qu'il tenait ici une chance peut-être unique d'intégrer le Rank. Et comme celui qui est avant tout une victime de la surprise Malbranque a trop souvent vu son nom associé au flop Monzon, il était temps de rendre justice. L'une des missions souterraines du Rank'n'OL.

Bonus - Top 5 Come Back rêvés

Après Steed Malbranque, quoi de plus tentant que de s'embarquer dans la liste des retours d'anciens fils prodigues aujourd'hui oubliés. Top 5 de ces come back as you are auxquels on rêve encore plus depuis la prestation du jour de Jérémy Bréchet dans le camp d'en face.

1. Frédéric Kanouté : bien avant de s'embarquer dans une carrière de Pichichi en Liga et de se finir en Chine, ceux qui ont eu la chance de voir ses premiers débordements à Gerland n'en sont, pour certains, toujours pas revenus. Ce type était déjà plus fort que tous les Thierry Henry de la Terre. Ce qui vaut bien une dernière pige pour le prouver au-delà du seul cercle des happy few.

2. Jérémy Bréchet : une prestation maîtrisée au cœur de la défense troyenne face à l'OL suffit à convaincre qu'il saura y faire à chaque fois que Lovren sera au bord du rouge ou du pénalty provoqué. Autrement dit, rien que pour éviter un autre genre de retour, celui qui hante bien des supporters lyonnais : Bakary Koné.

3. Florent Malouda : si Umtititi confirme qu'il a l'âme d'un Abidal, alors il mérite d'avoir son Flo de côté.

4. Enzo Reale : parce que le passage de 4-4-2 en 4-2-3-1 et celui à vide de Gourcuff n'en finissent plus de rappeler que deux meneurs ne suffiront jamais à l'OL. Il en faut un troisième. Et Reale peut être celui-là.

5. Bryan Bergougnoux : what else ?

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #27 – La Coupe de France, tu la gagnes et tu la quittes ]]> text/html fr SO FOOT Tenant du titre, l'OL s'est piteusement fait sortir de la Coupe de France par Épinal 3-3 (4 tirs au but à 2), équipe de National. La seule performance de Bako Koné aura au moins permis d'esquiver le cliché du complexe de supériorité. Pas un grand moment de poésie, donc. Mais l'occasion ou jamais de citer François Feldman : « Faut pas pleurer », petit Rank. 32ème de finale de Coupe de France 
 Epinal – Olympique Lyonnais 3-3 (4-3 t.a.b)
 
 Pour Lyon : Gomis (15ème), Forfana (20ème), Lisandro (61ème)…]]> 32ème de finale de Coupe de France
Epinal – Olympique Lyonnais 3-3 (4-3 t.a.b)

Pour Lyon : Gomis (15ème), Forfana (20ème), Lisandro (61ème)
Pour Epinal : Boubaya (10ème), Boubaya (13ème), Focki (75ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Steed Malbranque : il a beau être le mec le moins show off du milieu, aller fêter son anniversaire dans les Vosges, ça sentait le sapin. Il termine en tête du classement davantage pour avoir su capitaliser sur ses indices que sur sa performance. Encore que : il a bien tenté de mettre un peu d'ordre au milieu et aurait même pu marquer, notamment en prolongation sur une belle frappe du gauche qui heurte le poteau. Mais pas de quoi enterrer le roi de la résurrection. Surtout pas le jour où il atteint l'âge du Christ.

2. Gueïda Fofana : les Vosges, c'est d'abord un nom qui résonne à la perfection quand il s'agit de faire entrer l'accusé. Sa glissade sur le troisième but et son pénalty comme un défi à celui de Sergio Ramos ont eu vite fait de désigner Bakary Koné comme le grand coupable du jour. Tout en sachant qu'à son retour de CAN, contre toutes les règles du football, une énième amnistie lui permettra de retrouver les terrains et de faire sombrer un peu plus la défense lyonnaise. A l'inverse, Fofana risque de traîner son statut de joueur de coupes comme un boulet à mesure que son équipe n'en dispute plus. La faute à ce pénalty manqué ? A cette reprise qui vient s'échouer sur le poteau adverse en début de prolongation ? La faute aux autres surtout. Car, dans un milieu sans meneur, Fofana n'a pas été plus à sa place que Gonalons et Malbranque. Reste que l'ancien Havrais a quand même trouvé le moyen d'être meilleur.

3. Anthony Réveillère : les trous d'air à l'arrière auraient pu l'inciter à retrouver le job de baby-sitter de la défense centrale qui était le sien les deux saisons précédentes. Mais désormais, il s'éclate devant et l'a encore prouvé en délivrant une passe décisive à Fofana. Pas grand chose d'autre par ailleurs, mais plutôt que de se sacrifier pour une cause désespérée, autant soigner ses stats.

4. Bafétimbi Gomis : une nouvelle réalisation, que celle de France 3 a ratée, et une belle fausse piste sur le but de Fofana. C'est tout et c'est déjà beaucoup par rapport à la grande majorité de ses camarades. Rémi Garde aura beau invoquer l'état du terrain, loin des standards de la Premier League anglaise, c'est surtout le laps de temps qu'il va falloir à son avant-centre pour faire la comparaison qui doit aujourd'hui le contrarier.

5. Samuel Umtiti : des mois qu'on se demande ce qui peut bien faire la différence entre Umtiti et tous les autres défenseurs lyonnais. On a d'abord cru qu'il fallait compter l'âge du Gone de Ménival en années de chat au vu de son expérience inversement proportionnelle à son nombre de matchs en Ligue 1. Et puis, cet après-midi, on a compris qu'il y avait d'autre chose. Si Sam semble tellement au-dessus du lot, c'est qu'il s'est juste contenté d'échapper à la malédiction qui poursuit tous ceux qui ont traîné du côté de la défense lyonnaise ces dernières années. C'est Cris qui résilie son contrat avec Galatasaray au bout de trois mois, Lovren qui prend plus de cartons en quinze jours que Pepe depuis le début de sa carrière, Bakary Koné impliqué sur cinq buts lors des deux petits tours de coupe disputés par l'OL cette saison, Sandy Paillot sur le banc au fin fond des Vosges et Mensah sorti de l'ambulance le temps d'un rendez vous en terre inconnue, sur un terrain de foot, et qui y va de son c.s.c. Rien ne dit qu'Umtiti n'y aura pas droit lui aussi un jour. Pas tout de suite en tout cas : Koné doit se barrer pour la CAN dans les toutes prochaines heures. Toujours ça de pris sur la poisse.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #26 – Lyon, l'art du contre à Puel]]> text/html fr SO FOOT « Pour tenir le ballon il faut un certain style de joueurs. » OK, Rémi Garde n'avait pas Gourcuff ou Grenier sous la main. Mais une victoire face à Nice (3-0) en jouant le contre, c'était surtout un hommage aux années Puel. Ou comment être agaçant en restant classe. So Lyonnais. So Rank'n'OL. 19ème journée de Ligue 1 
 Olympique Lyonnais – OGC Nice 3-0 Pour Lyon : Lisandro (40ème), Réveillère (56ème), Gomis (77ème) ]]> 19ème journée de Ligue 1
Olympique Lyonnais – OGC Nice 3-0
Pour Lyon : Lisandro (40ème), Réveillère (56ème), Gomis (77ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Anthony Réveillère : cette saison, Antho le discret a décidé d'écrire sa légende. Il aurait pu sombrer dans la dépression après l'humiliation infligée cet été par Leonardo et le staff du PSG, mais il a pris les devants. Et ce n'est pas qu'une métaphore. Pas assez reconnu pour ses années à écoper les conneries des autres derrière, Réveillère s'amuse désormais du côté de la lumière. Et il soigne ses stats avec deux buts, deux passes déc', un CSC provoqué contre Reims et pléthore d'occasions créées. Face à Nice, il a d'abord frappé sur le poteau avant de conclure un contre pour le 2-0. Histoire de rappeler à Puel qu'il y a bien un monde entre François Clerc et lui. Et au PSG qu'il est le meilleur latéral de France. Réveillère ne se pose plus de questions, il donne des réponses.

2. Rémy Vercoutre : « Il a fallu un bon Rémy Vercoutre. » Plus qu'à son coup de bluff de dernière minute – Ghezzal n'était pas titulaire sur la première feuille de match qui indiquait un 4-3-3 avec Fofana –, Rémi Garde savait à qui il devait la première victoire de l'OL lors du dernier match de clôture depuis douze ans. L'homme de la manchette a donc récidivé avec sa spéciale, côté droit, à 0-0 devant Cvitanich (14ème) puis en deuxième mi-temps, après un tir à bout pourtant de Traoré, sur sa gauche cette fois (64ème). Certes, Vercoutre n'a pas réalisé l'arrêt miracle digne de ses prédécesseurs à Paris et il avait méchamment fauté contre Nancy. Mais en sortant le grand jeu pour le retour de Puel, Rémy a rappelé que l'OL pouvait bien se passer d'un grand gardien pourvu qu'il y ait un meneur d'âme.

3. Bafétimbi Gomis : il met tellement de cœur sur le terrain médiatique à prouver qu'il est plus sympa que Jallet, Mavuba et Janot réunis qu'il commencerait presque à en devenir fatigant. Mais puisqu'insister est aussi sa marque de fabrique, Bafé a préféré poursuivre cette campagne de séduction un cran plus fort, sur le terrain cette fois. Et comme promis, il ne s'est pas raté : bien placé pour planter, il a délivré une offrande à un Lisandro alors en échec (1-0, 40ème). Il transforme ensuite le penalty du 3-0 qu'il a lui-même obtenu après une action pleine de puissance, d'abnégation et de finesse. Bref, un match beau comme un CV de chouchou préféré des Lyonnais. Qu'il vaut mieux rédiger soi-même pour mieux laisser aux autres le soin de l'envoyer.

4. Milan Bisevac : alors qu'il avait promis à son arrivée l'Art de la guerre, c'est pour une autre œuvre revisitée par ses soins que Bisevac est en train de s'imposer en patron de défense : l'Anthologie des PV du premier flic de France. De toute évidence, le Serbe joue sous influence, celle laissée par Cris, pour venir à bout des absences de Lovren, les refiler à Cvitanich et renvoyer au passage Puel à la consultation du Coaching pour les Nouls. Pour s'en convaincre, il suffit de considérer cette prestation où la défense debout et la relance tout en percussion ne sont pas loin d'en faire un évangéliste de première. Reste maintenant à convertir le reste de la bande au message du Cris où le seul amour qui compte est celui de la force de l'ordre.

5. Rachid Ghezzal : l'air de rien, Ghezzal est en train de prouver qu'il vaut mieux que ces histoires d'héritages qui ont plombé bien des promesses à Lyon. Le premier, ce nom qui renvoie au grand frère, ses chemins de traverse qui tiennent lieu de carrière et le pedigree qui va avec – des grands attaquants empruntés. Le second, cette étiquette du Ben Arfa nouveau genre envoyée par quelques suiveurs qui ont le name dropping facile. Or, pour sa quatrième apparition dans la peau d'un titulaire, l'OL l'emporte pour la seconde fois de la saison par trois buts d'écart : 4-1 au Vélodrome, 3-0 face à Nice. On peut y voir un coup de bol monumental pour la trouvaille que personne n'avait vu venir. On n'oubliera pas de rappeler qu'un autre boy next door a construit une bonne part de sa légende sur cette réputation d'amulette porte-bonheur : Govou. D'autant qu'avec deux occasions presque trop faciles pour ne pas être manquées, de la discipline dans le repli défensif et une ouverture lumineuse sur le premier but, on tient quelques arguments de plus pour pratiquer la seule comparaison qui vaille la peine d'être tentée : celle du joueur à la Sid.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #25 – Paris, la bûche de l'OL]]> text/html fr SO FOOT Ne pas compter sur Lyon pour remettre en cause l'ordre établi. Le plus beau collectif du début de saison s'est pointé au Parc à la façon d'un bloc bien ramassé, faute de meneurs et de Malbranque au top. L'occasion pour Paris de prendre la tête promise. Et pour l'OL de rentrer dans le Rank. 18ème journée de Ligue 1 
 Paris Saint-Germain – Olympique Lyonnais 
1-0 Pour Paris : Matuidi (45ème) ]]> 18ème journée de Ligue 1 

Paris Saint-Germain – Olympique Lyonnais 
1-0
Pour Paris : Matuidi (45ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Maxime Gonalons : une petite théorie parmi le bon millier qu'on a pu lire sur le Paris Saint-Germain dit ceci : Carlo et Leo pensent qu'il y a encore trop de Ligue 1 dans leur équipe. Comprendre trop de joueurs du cru qui ne sauront jamais hisser leur niveau aux nouvelles exigences du club version QSI. Seule exception, Matuidi qui a su accorder son potentiel à l'air du temps au point de devenir la boussole du milieu parisien. On en vient à rallier d'autant plus cette vision des choses qu'il y avait en face un autre gars pour se montrer à la hauteur du PSG question intensité et justesse. A la différence près que là où Blaise s'adapte à la nouvelle donne dans un milieu ultra concurrentiel, Max doit tirer les siens vers le haut. Quand il n'y parvient plus, il faut se contenter comme ce soir de jouer tout seul. Suffisant pour tenir Ménez, comme il l'avait déjà fait avec Valbuena, ce qui situe un peu les prestations du bonhomme. Encore un peu et on aurait pu se mettre à tweeter comme Raymond : « On zappe entre Gonalons et l'OL, ce n'est pas le même sport. Désolé. »

2. Samuel Umtiti : après avoir joué dans l'axe le dimanche précédent, puis à gauche mercredi, il s'est donc retrouvé pile au milieu. Et la synthèse a été au moins aussi brillante que les paragraphes précédents, sachant que, les fois où Bisevac avait Réveillère à ses côtés, il devait couvrir le bien plus offensif Bastos. C'est d'ailleurs après une montée du Brésilien qu'il perd son duel avec Ibrahimovic sur le but parisien. La seule fois qu'il a été pris en défaut. Bref, le haut niveau. Mais c'est pas encore Sakho.

3. Rémy Vercoutre : d'accord, Vercoutre ne pouvait rien sur le but de Matuidi. N'empêche que c'est précisément sur ce genre d'action qu'on a fini par regretter Lloris et son goût du miracle permanent sous la folle pression pour la première fois de la saison. On s'est d'abord rassuré en se disant qu'il avait fallu attendre la 18ème journée de L1 pour en arriver là. Avant de s'en foutre à nouveau puisque Vercoutre peut toujours renvoyer au loin des buts que n'importe quel Penneteau de service se serait pris, face à Pastore (12ème) puis face à Lavezzi (65ème). Même sans les points.

4. Rémi Garde : à vrai dire, on ne sait pas si c'est à son panache ou à son pragmatisme qu'on doit rendre hommage. À moins qu'il n'ait pas résisté à l'opportunité d'aligner trois bons défenseurs centraux après une saison entière à en chercher deux potables. N'empêche, le coup du 3-5-2 avait de la gueule : recentrer Licha, sécuriser l'axe, obliger Paris à faire le jeu et miser sur le contre. Garde avait tout prévu, sauf l'improbable : le moment d'absence de Malbranque. Alors que tout le monde semblait avoir assimilé le changement tactique, il a clairement manqué d'un meneur pour ordonner les mouvements. Où même un Malbranque moyen aurait très certainement suffi. Car, (enfin) cramé, le milieu n'a pas permis à l'opération de se transformer en coup de génie. Restait l'instant coaching qui n'est jamais venu et qui vaudra sans doute quelques reproches à Garde. A moins de savoir qu'avec un Bastos était à bout, il n'y a pas besoin de se retourner vers son banc et croiser le regard de Monzon pour savoir qu'il est déjà trop tard.

5. Gueïda Fofana : en première mi-temps, le grand frère de 21 ans avait décidé de montrer à la France entière que Diaby et Cabaye, c'était bien, mais que dans un même bonhomme, c'était mieux, surtout s'il ne se blesse pas. Quasi plus haut que Lisandro en phase de pressing, il était également en soutien de sa défense et toujours dispo pour se partager avec Gonalons la distribution du jeu. Son action de la 27ème minute – récupération du ballon dans la moitié de terrain adverse, relais avec Malbranque puis passe en profondeur amenant le poteau de Lisandro – en aura été la démonstration. Évidemment, il n'a pas conservé ce rythme en deuxième mi-temps. Bref, le haut niveau. Mais c'est pas encore Matuidi.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #24 – Malbranque, purge player]]> text/html fr SO FOOT L'OL a choisi de prolonger l'humiliation infligée à Sainté en concédant le nul face à Nancy (1-1), dernier du championnat avant la rencontre. Et ça aurait pu être pire. Heureusement, Malbranque et Bastos ont sauvé les Lyonnais. Et un peu le Rank aussi, on ne va pas se mentir. 17ème journée de Ligue 1 Olympique Lyonnais – AS Nancy Lorraine 
1-1 Pour Lyon : Michel Bastos (83ème) Pour Nancy : Lotiès (73ème) ]]> 17ème journée de Ligue 1
Olympique Lyonnais – AS Nancy Lorraine 
1-1
Pour Lyon : Michel Bastos (83ème)
Pour Nancy : Lotiès (73ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Steed Malbranque : les derniers témoignages à son sujet nous ont fait comprendre que le grand muet de l'OL était un type chiant. Ce qu'on a compris ce soir, c'est que Malbranque était surtout le seul joueur capable de ramener la bleusaille lyonnaise, de celles qu'on aligne les soirs de Coupe de la Ligue, au niveau de la Ligue 1. Jean Fernandez pourra toujours confirmer son rôle de geek suprême du foot français en soufflant son soulagement d'avoir échappé à Gonalons pour cette fois, il restait encore un Malbranque pour incarner à lui seul la marque de fabrique du jeu à la lyonnaise, autrement connue sous le titre de prise de risques. Quand le reste du milieu, Fofana un peu, Mvuemba surtout, jouaient les douillets de première à force de passes latérales, il suffisait à Steed d'un petit tour sur lui même et puis s'en va pour remettre ce qu'il restait de jeu lyonnais vers l'avant. Ce qui peut suffire à vous sauver du bonjour tristesse de la partie. Ce qui vous oblige surtout à revenir sérieusement sur le titre de plus belle machine à jouer du championnat envoyé à l'OL. Parce qu'à la voir se réduire à peau de chagrin, on n'est plus loin de penser que la machine en question ne vaut que pour le seul cas Malbranque. Un genre de Cesc machine pour peu que l'on reprenne à son compte cette évolution aperçue en d'autres temps à Arsenal, là même où l'OL semble puiser une partie de son inspiration.

2. Samuel Umtiti : sa performance sur le côté aura au moins servi a démontré qu'il est bien un défenseur central. S'il n'a pas été d'un grand recours pour apporter du soutien à ses attaquants dans le camp adverse, au moins aura-t-il été précieux comme soutien de Lovren, de retour après un moins d'absence et en difficulté depuis un peu plus longtemps. Après Koné, il a donc enterré Monzon. Mais le fossoyeur de Ménival ne devrait pas s'arrêter à si peu de choses.

3. Bafétimbi Gomis : souvent considéré comme trop frustre pour le très haut niveau, il a par deux fois ressemblé à l'enfant illégitime de Ronaldo et de Zidane. Ce qui donne une certaine idée de la qualité du match. Alors, même s'il a été trop gourmand sur sa seule véritable occasion, le festival qu'il a réalisé au préalable, tout comme sa superbe roulette en deuxième mi-temps, auront constitué une part importante du capital émotion de la soirée. A Bafé Gomis, la partie reconnaissante.

4. Michel Bastos : l'étiquette de héros du Derby qui lui colle au maillot a failli avoir raison de son retour en qualité de titulaire. Car le Brésilien a passé le plus clair de son match à se souvenir de la règle du hors-jeu, se prenant le plus souvent les pieds dans les fils comme aux plus belles de la wha-wha à Kader Keita. C'est au moment où on a fini par l'oublier sur ce côté qui n'est d'ordinaire pas le sien, le droit, que Bastos a pu conforter son titre de joueur le plus efficace de Ligue 1 – preuve s'il en est qu'on peut décidément faire dire n'importe quoi aux stats… Résultat, à défaut de confirmer l'idée d'un retour en grand, sa performance sentait surtout l'épié inversé.

5. Milan Bisevac : il est comme ça Milan. C'est une grande gueule, un « guerrier ® », mais il aime surtout quand c'est lui le patron. Et l'exil forcé d'Umtiti sur le côté gauche lui a permis de reprendre le leadership, et plutôt bien, en dépit des nombreuses occasions des huit défenseurs centraux nancéiens. C'est vrai, c'est con de se sentir bridé par un gosse de 19 ans quand on a dix ans de plus. Mais pas plus que de se faire bouffer par Nancy quand on est premier du championnat.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #23 – Dabo, la petite frappe qui annonçait la grosse]]> text/html fr SO FOOT C'était écrit. Et ça avait même déjà été joué. Comme un an plus tôt face aux mêmes Stéphanois, les Lyonnais n'ont fait la différence, sur un missile de Bastos, qu'après l'expulsion de Dabo. Un génie stratégique pourtant simple comme un coup de tête. Parce qu'un bon Rank'n'OL est toujours plus sensoriel que cérébral. 16ème journée de Ligue 1 
 AS Saint-Etienne – Olympique Lyonnais 
0-1 Pour Lyon : Bastos (65ème) ]]> 16ème journée de Ligue 1
AS Saint-Etienne – Olympique Lyonnais 
0-1
Pour Lyon : Bastos (65ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Mouhamadou Dabo : ce n'est pas parce que sa diction emprunte des trajectoires aussi tortueuses qu'une montée vers Tignes sur le porte-bagage du VTT d'Ederson qu'il faut en conclure que Dabo a autant de neurones que Jordan Ayew. En vrai, le latéral gauche lyonnais a rappelé que les vrais héros du Derby sont d'abord ceux qui savent provoquer l'étincelle qui fait la différence. Non pas à coups de comparaisons tout droit sorties du sommaire d'Auto Plus, mais bien là où la bataille fait rage : sur le terrain, devant les bancs de préférence. Après avoir pris la mesure d'un match qui glissait tranquille vers un 0-0 aussi enlevé qu'un dimanche vide-grenier chez Loulou la Brocante, Dabo a compris que la victoire lyonnaise dans le Chaudron dépendait de lui seul. Autrement dit, son expulsion à la 56ème tient moins du coup de boule labélisé Barbapapa que du coup de génie sur lequel a pu se construire le succès de l'OL. En quatre temps. Le premier, en obligeant Gradel à s'humilier devant la France entière pour son écroulement, de loin le plus mal joué de l'histoire. Le deuxième, en sauvant le coaching de Rémi Garde de l'impasse qui menaçait depuis le remplacement de Grenier par Fofana. Le troisième, en faisant sortir Gourcuff dont l'activité côté gauche relevait au mieux du poids mort, au pire du danger à force de retours au centre qui obligent Malbranque à prendre son couloir. Le quatrième, en faisant passer le succès lyonnais par la dernière mine encore en activité à Sainté, celle de Bastos. Résultat, comme aurait dit Stéphane Eicher, y a eu des bas et y a eu Dabo.

2. Steed Malbranque : dans le scénario fantasmé par les supporters lyonnais, c'était lui, parti à la sauvette de Saint-Étienne un an plus tôt, qui devait marquer, si possible dans les arrêts de jeu, en position illicite tant qu'à faire. Le coup-franc, à moitié justifié, de Bastos et la faute de main de Ruffier suffiront largement à la légende. Malbranque, lui, aura fait du Malbranque, arpentant le milieu de terrain dans chacun de ses recoins, que ce soit pour remplacer Grenier à la mène dès la 11ème minute ou pour compenser les errements de Gourcuff sur le côté. Et comme d'habitude, il sort le double-contact qui met tout le monde d'accord quand on a l'impression qu'il disparaît de la circulation, même trois minutes. Car Malbranque ne disparaît jamais longtemps. A part, bien sûr, si c'est lui qui l'a décidé.

3. Samuel Umtiti : on savait déjà qu'il avait deux fois l'expérience de ses dix-neuf ans. La preuve sur ce numéro avec Alonso où c'est lui le vieux roublard et l'Argentin le jeune premier qui sort pour avoir les nerfs à fleur de Derby. Ce qui ne l'a pas empêché de se laisser aller à quelques émotions pour « la bonne cause » : ouais, le grand Sam a définitivement validé son ticket Lacombe en se retrouvant deux fois au milieu des échauffourées comme le font encore les types tout juste sortis des équipes de jeunes. Les Lyonnais ne peuvent déjà plus s'en passer. Les Français ne devraient pas tarder.

4. Anthony Réveillère : l'homme qui n'est jamais mauvais sait s'écouter et se mettre en RTT certains matchs. Mais il a toujours le bon goût de sortir le grand jeu pour les soirs de gala. Il a donc tranquillement museler Gradel, qui dut trouver d'autres moyens pour se faire remarquer, sans oublier de partir jouer devant avec les copains, sa nouvelle grande passion depuis qu'il n'a plus à couvrir une défense centrale nommée Koné-Cris. Il s'est ainsi créé la seule occasion de la première mi-temps, mais s'est également retrouvé parfois en position de meneur de jeu. Il était également là pour glisser quelques mots à Dabo après son coup de sang. On pensait alors qu'il le réprimandait. On sait maintenant qu'il le félicitait.

5. Michel Bastos : le Brésilien n'a pas eu grand chose à faire. Juste à rentrer sur le terrain et attendre quelques minutes pour envoyer sa spéciale Bastos qui fait mouche à tous les coups les soirs de derbys en Ligue Rhône-Alpes. Avec une petite victoire derrière la grande, celle qui provoque l'Air Arconada de Ruffier, plus proche de Lolo que de Ferrari sur le coup. De quoi oublier les emmerdes qui finissent généralement en mal de dos et envoyer quelques cœurs supplémentaires à l'adresse d'un kop stéphanois qu'il aime tellement qu'il finit par l'appeller « ma femme ».

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #22 – Aulas, le Wenger masqué]]> text/html fr SO FOOT L'OL a terminé son premier tour de Ligue Europa en beauté face à Kyriat Shmona (2-0) avec une ribambelle de bambins. De quoi enflammer une gonosphère jusque-là très sceptique face à la volonté d'Aulas de se délester de quelques stars salaires. Et si la réalité dépassait les rêves du président ? One for the money, two for the show : that's Rank'n'OL ! 6ème journée d'Europa League 
 Olympique Lyonnais - Kiryat Shmona 2-0
 Pour Lyon : Sarr (15ème), Benzia (48ème) ]]> 6ème journée d'Europa League
Olympique Lyonnais - Kiryat Shmona 2-0

Pour Lyon : Sarr (15ème), Benzia (48ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Jean-Michel Aulas : se débarrasser de Bafé Gomis ? Une hérésie. Même si... Même si Lisandro. Et Benzia. Et puis Martial aussi. Quoi ? Un chèque de 14 millions ? Pour un salaire de 300 000 euros en moins... Gourcuff bradé ? Ce serait dommage. Mais c'est vrai qu'il y a Grenier, et que sa sortie à la mi-temps face aux Israéliens a semblé libérer tout le monde. Alors voilà : quand tout le monde cause ballon, Jean-Michel Aulas pense équilibre d'exploitation et baisse de la masse salariale. C'est forcément moins rigolo. Quand l'OL retrouve les sommets de la Ligue 1, il met de l'eau dans son vin. Mais la démonstration des meilleures pousses de Tola-Vologe a forcément laissé entrevoir la possibilité de faire quelques coups, peut-être même au-delà de ses espérances. Après tout, la gestion du manager Arsène Wenger a permis à Arsenal d'être aujourd'hui le club le plus apte à affronter le fair-play financier. Alors pourquoi ce qui a fonctionné avec les Baby Gunners ne marcherait pas avec les Bébés Gones ? Si certains en sont à se poser la question, nul doute que JMA a déjà une réponse. On lui soumettra simplement qu'Arsenal n'a rien gagné depuis 2005. A l'exception du seul titre qui compte pour les gars d'OL Comptabilité : celui de seul modèle rentable par temps de crise.

2. Yassine Benzia : on n'en est qu'aux prémices de la pré-hype. Soit très précisément le seul moment de sa carrière où l'on doit expliquer au monde entier que le nouveau prodige est un joueur frisson comme on n'en voit sortir qu'une fois tous les dix. Après, une fois que la hype se mettra en place, il sera trop tard : on n'aura plus vraiment envie de rallier cet enthousiasme trop unanime pour ne pas laisser deviner le retour de bâton qu'il sous-tend. Car, en plus d'être ce joueur trop facile pour se permettre de planter dans ces mêmes angles impossibles que Karim, Benzia se traîne aussi une réputation de tête dure. Du genre que la France adorera détester au premier excès qui sera déjà de trop. Raison de plus pour commencer à l'aimer plus que les autres.

3. Anthony Lopès : longtemps, on a cru que le vrai talent de Joël Bats était d'organiser les barbecues de fin de saison. La faute à cette tenue de maître-nageur portée de fin février à fin novembre et à ces gardiens tellement sûrs de leur art (Coupet, Lloris) qu'on se dit qu'il ne reste rien d'autre à faire que de faire griller un peu de barbaque pour faire d'une équipe une bande de potes. Il aura donc fallu attendre douze ans pour revenir sur cette vision des choses. Car depuis qu'une ex-doublure et un jeune premier se partagent le poste, c'est à peine si l'on voit la différence avec les glorieux prédécesseurs. Quand Vercoutre n'est plus là pour jouer l'homme de la manchette, c'est Lopès qui devient l'Omeyer d'entre tous à coups de doubles parades poing-pied. Si le miracle n'est pas génétique, on n'oubliera pas d'être convaincu qu'il est vite transmissible au contact de Bats.

4. Gueïda Fofana : « Je ne suis pas un milieu défensif ! Je suis un relayeur ! » Inutile d'entrer dans les détails pour les profanes : la nuance est infime. Mais pour l'homme du jeudi soir, elle est immense. S'il n'a jamais rien exigé de tel dans la presse ou auprès de son entraîneur, on ne peut qu'admirer l'ardeur qu'il met à faire passer son message sur le terrain. On l'avait déjà remarqué d'un match à l'autre, mais cela fut encore plus flagrant dans la même rencontre : insignifiant en première mi-temps, Fofana est revenu libéré et entraînant après la pause. Et c'est peut-être aussi pour ça qu'il méritait son brassard : un bon capitaine n'a pas besoin de parler pour se faire comprendre.

5. Sidi Koné : on voudrait jouer la partition de la fixette Gourcuff qu'il faudrait s'y prendre comme suit. A savoir que Yoann ne sert jamais qu'à rendre les autres meilleurs que lorsqu'il n'est plus là. Un procédé injuste dans lequel on se gardera bien de donner par respect pour le retour de Sidi Koné. C'est vrai que ce dernier jour de poule en Europa League était suffisamment anecdotique pour avoir un air de match de préparation d'avant-saison. Soit pile ce moment où on a pu s'enticher pour le milieu malien. C'était à l'été 2011, quelques semaines avant que Sidi ne retourne dans les limbes de la Pro 2 pour un rouge ramassé trop vite à Brest. Ce soir, l'autre Koné a rappelé à coups de ballons grattés et de relances sans chichi qu'il valait peut-être mieux qu'un Fofana à la peine question récup'. Une prestation idéale pour gagner la dernière place à prendre dans le milieu lyonnais, juste à l'ombre de Gonalons.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #21 – Grenier, l'art des choix]]> text/html fr SO FOOT Entre sa perf à Marseille et le derby à Saint-Étienne, l'OL n'a pas fait l'impasse face à Montpellier, dans un match de costauds qu'ont survolé le plus fin et le plus malin. Juste ce qu'il faut pour donner de l'épaisseur à un morceau de hard Rank. 15ème journée de Ligue 1 
 Olympique Lyonnais – Montpelier HSC 
1-0 Pour Lyon : Gomis (26ème) ]]> 15ème journée de Ligue 1 

Olympique Lyonnais – Montpelier HSC 
1-0
Pour Lyon : Gomis (26ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Clément Grenier : « Avec un Gourcuff comme ça, Grenier tu le revois plus. » Les experts étaient formels il y a encore huit jours. Mais l'Ardéchois avait encore une carte come back dans la manche. Comme il avait su se rendre indispensable dans la foulée de son quasi transfert à Nice, Grenier a profité d'une petite gêne à l'adducteur de Gourcuff pour obtenir la révision des contours de l'équipe-type. Et comme la barre s'élève, le meneur a revu ses exigences à la hausse, réduisant la part de déchet de son jeu direct sans que son efficacité en pâtisse, en témoigne sa superbe passe sur le but de Gomis. Plus efficace mais pas moins glam, puisque le garçon s'est aussi permis quelques dribbles de classe. Bref, c'était beau à revoir.

2. Samuel Umtiti : pas grand-chose à faire en première mi-temps, si ce n'est une vague parade de la tête sur la seule simili occasion montpelliéraine, histoire de s'occuper. La seconde période a été parfaite ou presque. Mais c'est dans le « presque » qu'il a révélé son génie, lorsque, après avoir perdu un ballon face à Congré, il partit s'empaler sur son adversaire pour obtenir une faute. Comme un joueur de 35 ans. Mais avec seize ans de moins.

3. Steed Malbranque : son match le plus moche. Avec ce qu'il faut de talent pour transformer le reproche qui semble poindre en nouveau compliment. Voilà où on en est avec Malbranque : même quand le milieu briscard ne joue pas beau, on reste admiratif. Ne serait-ce que pour cette invention qui permet d'échapper à la pression de plomb promise par les Héraultais sur le milieu lyonnais : une course de vingt mètres de Steed, mais en direction de ses propres buts, avant demi-tour sur lui-même et relance vers l'avant. Et quand la pression se situe un cran plus haut en fin de match, c'est le reste de l'attirail Premier League que l'on ressort, à coups de semelles et de tacles limites. Chic parade pour faire passer le coup de mou tant redouté et remettre une nouvelle fois à plus tard les histoires sur la farce de l'âge.

4. Bafétimbi Gomis : le parent pauvre de l'attaque lyonnaise, la pointe promise aux basses œuvres comme dans tout 4-3-3 à la lyonnaise qui se respecte, a visiblement gagné le droit d'être considéré pour ce qu'il est, un attaquant et rien d'autre. Car, pour la première fois depuis son arrivée entre Saône et Rhône, Bafé a vu les autres jouer pour lui et non l'inverse. Sans doute un juste retour des choses après le coup d'éclat marseillais. Le signe plus certain que la Panthère est en veine, jusqu'à transformer en but une occasion qui n'aurait jamais dû en être une sans le trouble de Ligali. De là à voir un changement de statut, il n'y a qu'un pas que Gomis lui-même ne saurait faire. Ce genre de sortie n'est jamais qu'affaire de circonstances, celles liées à l'absence de Licha. Autrement dit, même avec la meilleure réussite du monde, Bafé sait y faire pour rester à sa place, celle du type droit dans ses buts.

5. Maxime Gonalons : la grande différence entre la saison 1 et la saison 2 de Rémi Garde, c'est que l'OL peut enfin voir au-delà du seul état d'esprit (providence) pour gagner ses matchs. Reste que pour éviter de perdre le fil de certains d'entre eux, mieux vaut encore tenir plus qu'un bon trait d'esprit maison. Un gars de la trempe de Gonalons par exemple, assez discret quand le jeu lyonnais anticipe la fête des lumières à sa manière, avant de se replacer en première ligne pour réchauffer la bande à l'expérience et au 21 chaud. Tout ça en trente minutes, soit pile ce qu'il faut pour perdre de vue les prétentions d'un retour du beau jeu à la lyonnaise et déboucher un fond de beau jeu laid nouveau, ce mélange de synthèse qui sent la banane, mais que l'OL aime servir à mesure qu'approche le Derby. Comme la confirmation que ce Gone a bien été touché par la grâce de l'esprit sain. Sans le –té.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #20 – L'Olympique haut]]> text/html fr SO FOOT Parfois, il faut savoir s'aventurer dans les marécages pour gagner son droit au nouveau départ. L'OL y a eu droit à deux reprises cette semaine : au sens figuré à Toulouse, et au sens propre dans la gadoue marseillaise. Après avoir fait mine de flirter avec le gouffre, les Lyonnais retrouvent le sommet de la L1 l'air de rien. Ou plutôt sur un air de Rank'n'OL. 10ème journée de Ligue 1 
 Olympique de Marseille – Olympique Lyonnais 
1-4 Pour Lyon : Gomis (3ème, 34ème, 72ème), Malbranque (48ème) Pour…]]> 10ème journée de Ligue 1 

Olympique de Marseille – Olympique Lyonnais 
1-4
Pour Lyon : Gomis (3ème, 34ème, 72ème), Malbranque (48ème)
Pour Marseille : Rémy (77ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Bafétimbi Gomis : les théoriciens en tous genres qui ont misé sur le football sans attaquant en sont pour leur frais. Parce que, depuis ce soir, mieux en avoir un et Gomis de préférence. Alors qu'on se demandait quelques heures plus tôt si l'OL pouvait tourner sans Licha, Gomis a suffisamment semé le trouble pour qu'on se demande s'il n'était pas l'astre autour duquel s'organisait la révolution copernicienne à l'œuvre côté lyonnais. Pas seulement un type qui y va de son hat trick le temps d'un soir de grâce où c'est Souley qui ramasse. Non, un joueur assez dur pour évoluer dans le même registre que Gonalons, mais à l'autre bout du terrain, dos à une défense lui aussi, lançant le jeu à rebours pour permettre à son milieu d'enclencher la marche avant. Plus qu'un simple pivot de raquette, Bafé est aussi gratteur de ballons, technicien ès conservation et grosse caisse qui ne ménage pas sa peine à ses heures perdues. L'invention d'un nouveau poste, indispensable. Plus-qu'un-attaquant.

2. Steed Malbranque : l'OL en démonstration au Vélodrome ? Un classique des années 00, quand Juninho y faisait à peu près ce qu'il voulait. Si le Malbranque 2012 n'a rien à envier à son aîné brésilien en terme d'influence dans le jeu, il lui manquera toujours la postérité Youtube. Mais comme la fête était belle, il a décidé de mettre son premier « vrai » but de la saison sur une volée acrobatique. Pour que personne n'oublie que c'est d'abord son volume de jeu qui défie les lois de la science, il a pris soin de récupérer le ballon qui allait amener le centre de Lacazette. Façon de rappeler que ce qu'il ne demande pas, Steed va le chercher.

3. Maxime Gonalons : « Si Max était brésilien ou argentin, il serait déjà en train d'évoluer dans un grand club. » Il suffit donc d'une victoire enlevée pour que Vercoutre retrouve son rôle d'attaché de presque pour ses copains du milieu. Ce qu'il oublie de dire, c'est qu'il n'y a pas plus lyonnais que Gonalons. Autrement dit, si Washing Maxime n'a rien contre le fait de jouer dans un de ces grands clubs évoqués par son gardien, autant faire en sorte que ce soit à la maison. Ouais, comme Elvis qui finit par se barrer d'Hollywood pour reprendre son titre de King depuis Memphis, Tennessee. On n'a pas trouvé plus concerné que le Gone du Val de Saône pour répondre aux attentes de la maison mère. Car là où d'autres auraient perdu les pédales pour cette semelle brutale qui refait le portrait de Petit Vélo façon Paris-Roubaix, Gonalons parvient à conserver cette maîtrise de soi tout le reste du match, au point d'irradier tout l'entrejeu. C'est les Ayew qui doivent la jouer très frères gadoue, puis le milieu marseillais dessoudé plus vite qu'après vingt ans de règlements de comptes. Le reste n'est jamais que la récitation d'une partition bien connue : interventions à haute intensité, récupérations propres et relances bien élevées (près de 90 % de passes réussies). Notre Sergi Busquets à nous ? Pourquoi se priver, puisque l'OM le voulait bien.

4. Anthony Réveillère : sa huitième entrée dans le classement le plus subjectif de France est bien la preuve irréfutable qu'il est objectivement le meilleur arrière droit français actuel. Alors, en attendant que sa cote d'amour remonte à l'international, il s'est chargé de la soigner auprès des siens en reprenant son rôle de passeur décisif sur la dernière réalisation de Gomis pour la quasi-réplique du but de Wiltord face au Real . C'était il y a sept ans. La preuve que Réveillère ne vieillit pas. Ou alors qu'il vieillit bien.

5. Alexandre Lacazette : ça aurait pu être Dabo, Grenier ou Umtiti. Mais il a bien fallu se rendre à l'évidence : participer très directement à l'élaboration de trois buts méritait bien une place dans le tableau. À Marseille, Lacazette a démontré qu'il n'était pas seulement titulaire depuis plusieurs semaines parce qu'il n'avait que Briand comme concurrent. Il a enfin pris toute la mesure de son poste d'ailier, sans que ses efforts de repli nuisent à son efficacité offensive. Alors ce coup-là, Briand était blessé, mais il devrait désormais avoir pas mal de temps pour gérer son personal branding les soirs de match.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #19– Le mirage pour tous]]> text/html fr SO FOOT Dans un match très pénible que les Lyonnais ont joué à dix contre onze pendant une heure, après le forfait de Monzon, l'OL a rendu le plus vibrant des hommages à Toulouse, place forte de l'anti-foot, avec son jeu à XV, son Stadium vide et ces génies injustement méprisés – on ne t'oublie pas, Bryan Bergougnoux ! Ce qui valait bien un pur moment de Rank'n'OL, mais expérimental cette fois, histoire de rester raccord avec la prestation d'ensemble. 14ème journée de Ligue 1 
 Toulouse FC – Olympique Lyonnais 3-0
 Pour Toulouse : Ben Yedder (50ème, 87ème), Capoue (90ème) ]]> 14ème journée de Ligue 1 

Toulouse FC – Olympique Lyonnais 3-0

Pour Toulouse : Ben Yedder (50ème, 87ème), Capoue (90ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Bafétimbi Gomis : le meilleur défenseur du match. Pas vraiment une performance, à cela près qu'il était aussi le seul attaquant. À la 12ème minute, Bafé en était déjà à sa troisième interception dans les trente mètres adverses. Il a continué à se battre, mais de plus en plus loin de ses adversaires. Orphelin de Lisandro ? Peut-être. Mais surtout orphelin des mecs présents.

2. Mouhamadou Dabo : première hypothèse, Monzon a été tellement Carlos – le chanteur, pas le boxeur, hein… –, que la prestation de Dabo a fini par apparaître plus lumineuse qu'elle ne l'a été. Car si le latéral droit s'est fendu d'un sauvetage impossible sur sa ligne et d'une frappe qui manque la lucarne d'un rien, c'est aussi de son côté que vient le centre de Tabanou qui finit en illusion optique collective, puis en ouverture du score pour les Toulousains. Seconde hypothèse, Dabo n'a jamais fait que maintenir un niveau de performance moyen, ce qui, au vu de la prestation d'ensemble des Lyonnais, vaut largement une citation parmi les bons gars du Rank. Et une petite visite de routine chez l'ophtalmo aussi.

3. Clinton N'Jie : seconde apparition et nouvelle entrée pleine de promesses pour le rookie lyonnais. D'abord, une ligne de stats impeccable avec ce 100 % de réussite niveau passes (une passe réussie pour une passe tentée). Surtout, LE geste technique de la soirée côté Gones, avec ce contrôle en aile de pigeon qui, de l'avis des quelques témoins présents, a tellement mis le frisson à Monzon que l'Argentin s'est précipité vers son jeune coéquipier en fin de partie pour un échange de maillots. Preuve que l'OL pardonne tout, même les patronymes impossibles nés de l'union entre le président U.S le plus funky de l'histoire et la pire chanson des Stones.

4. Claude Puel : pour l'instant, la justice l'a débouté de toutes ses demandes d'indemnités auprès de l'OL. Mais s'il ne touche jamais les millions qu'il a réclamés, il les aura fait cracher à son ancien employeur. Parce que récupérer un Timothée Kolodziejczak ( C-V) en fin de contrat pour refourguer un Fabian Monzon était peut-être le coup le plus fumant de l'été. Alors que le premier progresse tranquillement sur le flanc gauche de la défense niçoise, le second, au salaire forcément plus conséquent, est en train de faire furieusement regretter aux supp' lyonnais Aly Cissokho. Peut-être sa seule performance.

5. Professeur Éric Rolland : Rémi Garde ne bénira jamais assez l'orthopédiste qui a recalé Anthony Réveillère lors de la visite médicale qui devait précéder sa signature au PSG. Parce que sans le latéral le plus sous-estimé de France, c'est toute la machine OL qui souffre, à l'image d'Umtiti et de Malbranque trop occupés à écoper à bâbord pour jouer au football. Eh oui, si Réveillère était parti, c'était Monzon à tous les repas. Mon-zon : deux syllabes, comme celles qui séparent la gastronomie de la gastro. Merci Docteur.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #18 – Gourcuff, passe classe, le grand frère]]> text/html fr SO FOOT L'OL et le Sparta avaient tous les deux besoin d'un match nul. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils ne se sont pas ratés. Mais Yoann Gourcuff a su donner à son orchestre de débutants une touche pop pour que la médiocre composition trouve au moins sa place sur une face B. Suffisant pour entrer dans l'histoire du Rank'n'OL. 5ème journée d'Europa League 
 Sparta Prague – Olympique Lyonnais 
1-1 
 Pour Lyon : Benzia (46ème) 
 Pour Prague : Husbauer (53ème)…]]> 5ème journée d'Europa League
Sparta Prague – Olympique Lyonnais 
1-1
Pour Lyon : Benzia (46ème)
Pour Prague : Husbauer (53ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Yoann Gourcuff : tel un moniteur de colo davantage préoccupé par ce qu'il fera de sa soirée une fois la marmaille couchée, Yo a fait le taf, sans plus. Mais comme il est suffisamment malin et, on ne peut pas le nier, assez doué pour le job, il a pris soin de réaliser le geste de cette sortie un peu tristoune en offrant au plus jeune un souvenir qu'il n'oubliera jamais. Ça ne suffira peut-être pas à amadouer la direction, mais le bonhomme pourrait manquer à pas mal de monde au retour des prochaines vacances.

2. Anthony Réveillère : même quand tout le monde s'en fout, le capitaine d'un soir ne sait pas être mauvais. Il avait d'ailleurs décidé d'en profiter pour montrer qu'il avait un Debuchy dans chaque orteil, y compris sur le plan offensif. Las ! Quand il réalise un coup du sombrero en pleine surface adverse, Gourcuff vient frapper sur la transversale et tout le monde lève les yeux au ciel de dépit. Alors personne ne le voit. L'histoire de sa vie.

3. Yassine Benzia : avec son but et cette gestuelle classieuse sur la moindre de ses prises de balle, Benzia a eu le temps de rappeler qu'il était bien l'enfant-roi de la formation lyonnaise. Pas suffisant encore pour se voir accorder la place que tant d'autres lui ont promis, celle de Benzema du futur. D'abord, parce que d'autres sont passés par là avant lui (Tafer, Belfodil). Ensuite, parce que l'air du temps entend élever à la dure les kids de son espèce. Donc, à part une nouvelle sortie du genre, une heure à tout casser, pour un autre match du genre, semi-anonyme - face à Kyriat Shmona par exemple -, il faudra retourner voir Benzia là où il peut se montrer à la hauteur de sa réputation de sale môme : à l'entraînement.

4. Clément Grenier : première information, quand Malbranque n'est plus là, ça se voit tout de suite. La preuve, c'est à peine si l'on a vu Grenier. Il a bien tenté en tout début de partie de prendre en loucedé la place de meneur d'entre tous à Gourcuff. Avant de se faire remettre à sa place et de disparaître au fil des minutes. On peut avoir une vraie tendresse pour le passeur-né, on a encore le droit de le trouver trop tendre au moment d'aller tenter sa chance au grattage de ballons. Comme on a fini par le trouver trop vieux pour son âge quand, ramené au poste de meneur pour les vingt dernières minutes, son jeu servi à l'instinct allait manifestement trop vite pour la marmaille placée devant lui. Conclusion, Grenier est bien un surdoué. Faudra juste penser à ne pas le rester trop longtemps.

5. Gueïda Fofana : cette sortie pragoise n'avait rien d'un match européen comme les autres. Ou alors un hommage à peine dissimulé aux années Le Guen, quand le Breton alignait pour les derniers matchs sans enjeu de Ligue des Champions une équipe à peine sortie de sa réserve pour faire souffler les cadres et mettre en valeur le travail de la formation à la lyonnaise. A moins qu'il ne s'agisse d'un clin d'œil à la gestion Houllier quand la troupe jouait la carte de la « récupération invisible » sur place, l'occasion pour Wiltord et d'autres d'approfondir leur connaissance des établissements nocturnes de l'autre côté du mur – celui de la chambre d'hôtel. Pas la peine donc de ressortir l'ADN des vrais soirs d'Europe pour cette fois. Ce qu'a bien compris Fofana qui a remisé son activité de grande essoreuse du milieu pour enrichir de quelques lignes supplémentaires son guide du parfait petit taulier.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #17 – Umtiti, la crème de l'aprèm' ]]> text/html fr SO FOOT Pour sa grande première à 14 heures, l'OL a laissé passer le temps de la digestion avant d'expédier les affaires courantes. Comme un grand, mais avec un gamin à la barre. À 19 ans, Samuel Umtiti a le culot de sa jeunesse et l'assurance d'un ancien. Bref, tout pour reprendre à son tour ce refrain : « Tonight, I'm a Rank'n'OL star ! » 13ème journée de Ligue 1 
 Olympique Lyonnais – Stade de Reims 3-0
 Pour Lyon : Weber (csc 45ème), Gomis (73ème), Lisandro (90ème) ]]> 13ème journée de Ligue 1 

Olympique Lyonnais – Stade de Reims 3-0

Pour Lyon : Weber (csc 45ème), Gomis (73ème), Lisandro (90ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Samuel Umtiti : ça ne durera peut-être pas. On l'avait déjà vu bien à son aise lors des premiers mois de 2012 avant qu'un marquage un peu mou sur Brandao en finale de la Coupe de la Ligue calme les ardeurs de ses premiers fans. Parmi eux peut-être, Rémi Garde qui, cette saison, lui a longtemps préféré Koné. Il n'y a désormais plus match entre l'ancien Guingampais et le petit gars de Ménival. Au point de se demander s'il n'est même pas en train de remettre en cause la place d'un Lovren aux prestations assez pénibles depuis fin septembre. Parce que Samuel Umtiti ne se contente pas de bien défendre – ce qui n'était pas très compliqué non plus face à Reims, hein… –, entre jaillissements bien sentis et lecture du jeu en daron. L'air de rien, il s'impose presque naturellement comme un leader, donnant des consignes et prenant la relance à son compte, faisant passer le bouillonnant Bisevac pour un docile junior malgré leurs dix ans d'écart. Et puis, à 19 ans tout juste, le nouveau Patrick Müller est encore un type que l'on croise dans le métro les jours d'entraînement. Mais ça non plus, ça ne durera peut-être pas.

2. Steed Malbranque : on ne sait pas encore si les déplacements et permutations du trio Gourcuff-Lisandro-Malbranque sont de l'improvisation bordélique ou du génie tactique. Mais qu'ils soient subis ou voulus, ces mouvements n'empêchent jamais la recrue du siècle de faire tout bien. Avec ce côté insaisissable qui le voit devenir plus décisif à mesure que ses performances deviennent plus humaines, à défaut de décliner. Et puis encore une passe décisive en bout de match, alors que tous les observateurs se demandent pourquoi il n'a pas encore été remplacé. Il y a les amateurs. Il y a les pros. Et il y a Malbranque.

3. Bafétimbi Gomis : on connaissait les buteurs contrariés. Il faudra faire avec Gomis, le buteur contrariant. Même s'il lui arrive encore à intervalles réguliers de naviguer dans la première catégorie, Bafé semble prendre plaisir à renvoyer au loin l'idée qu'on pouvait se faire de son jeu. Mercredi dernier, pour commencer, où celui qu'on apprécie surtout dans le rôle de pivot qui use les défenses s'emploie à occuper le rôle de supersub super efficace. Avant de remettre ça le temps d'un après-midi dominical, à coups de décrochages très lisandriens dans l'esprit, pas très efficaces au moment d'apporter ce danger qui manque face aux buts rémois, mais plutôt bien vus pour consolider la possession de balle lyonnaise – et sa défense par la même occasion. Ne manquait plus qu'une dernière touche pour achever cette semaine passée à contre-sens, avec un but à la Pippo (Inzaghi), façon coup du renard, mais sans le hors-jeu cette fois. On pourra toujours douter des qualités du futur candidat au Bac sur les épreuves à fort coefficient – nombre de buts par saison, efficacité devant les cages... En attendant, Bafé maîtrise comme personne son sujet pour le rattrapage.

4. Lisandro : puisque la petite histoire du Rank permet de loucher du côté de la grande, celle du rock, on ne va pas se priver pour piétiner les bégonias de la rock critic à coups de correspondances suffisamment fumeuses pour paraître indiscutables. Car il y en a une qui opère en creux avec Licha, celle du type qu'on sait le plus doué de la bande, qui le sait d'ailleurs lui-même, mais à qui on demande de mettre son ego de côté dans l'espoir de décrocher la timbale – les hits pour les rockeurs, les titres pour les footeux. Comme chez les Gallagher, quand Noel doit laisser la place de frontman au frangin Liam, génial dans le rôle du braillard de service, au nom d'une certaine idée de la conquête du monde. L'aîné se transforme alors en usine à tubes, ronge son frein devant les limites évidentes de ceux qui l'entourent, tout en se gardant deux trois pépites de côté, façon de rappeler qui reste le patron de l'affaire. C'est un peu l'histoire du match de Licha – et d'une bonne partie de cette saison. La diva passe ses parties collée à la ligne de touche, à s'en brûler les poumons quand il faut donner dans le repli défensif, avant de rappeler au monde entier que l'attaquant le plus efficace du moment, c'est bien lui : dix-huit secondes, pas plus, pour marquer une fois ramené en position de pointe. Clinton N'Jie pouvait bien lancer le mouvement pour glaner un premier but en Ligue 1, Licha n'a pas hésité à placer son appel parfait aux abonnés absents. Comme quoi, le lisandrisme a beau être un humanisme, il n'est pas encore une œuvre de charité.

5. Anthony Réveillère : suffit que la gauche se cherche pour que la droite se mette à s'amuser sur son terrain. Longtemps considéré comme le côté pauvre du foot lyonnais, le droit donc, a repris les manières de celui qui fit les belles heures du 4-3-3 des années de domination, à savoir le gauche. A cette différence près que le gars qui dézone ou qui s'en va piquer une tête dans l'axe n'est plus le milieu offensif, mais bien ce latéral tout terrain de Réveillère. Repéré une première fois en position de meneur, il demande à Malbranque d'aller tenir sa position dans le couloir en défense. Avant de prendre encore plus de libertés, le temps de ce débordement décisif qui prendrait presque l'allure d'une petite leçon envoyée à Dabo. D'accord, Antho n'est peut-être pas le mieux placé pour s'y coller. Encore que : à compter toutes ces années les beaux enchaînements en One+One du monstre à deux têtes Maloudabidal, on peut se dire que Réveillère en a forcément gardé quelque chose. Signe qu'à Lyon, la mémoire comme la droite dure. Longtemps.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #16 – Malbranque, un homme donneur]]> text/html fr SO FOOT À l'image de Malbranque, son héros très discret qui délivre sa quatrième passe dé' de la saison, l'OL n'a pas cherché strasses et paillettes en prenant la première place du championnat. Les Lyonnais se sont contentés de faire le job après des performances plus solaires. Pour un Rank'n'OL pas si dark que ça. 12ème journée de Ligue 1 
 FC Sochaux-Montbéliard – Olympique Lyonnais 1-1 Pour Lyon : Gonalons (23ème) Pour Sochaux : Privat (71ème) ]]> 12ème journée de Ligue 1
FC Sochaux-Montbéliard – Olympique Lyonnais 1-1
Pour Lyon : Gonalons (23ème)
Pour Sochaux : Privat (71ème)


Infographie : le classement



1. Steed Malbranque : que ne nous avait-il pas encore montré ? Ah, oui : les coups de pied arrêtés. C'est désormais chose faite avec un coup franc « en profondeur » pour la tête de Gonalons qui a ravivé les souvenirs de la spéciale Juninho-Carew. Et ce pour le premier essai de la saison de celui qui n'est pour l'instant que le quatrième spécialiste de l'exercice derrière Gourcuff, Grenier et Bastos. À part ça, (encore) un bon match dans une (énième) position différente, malgré cette tendance à jouer trop collectif aux abords de la surface. Preuve que Steed reste plus heureux en retrait. On l'aura compris, Malbranque ne sort pas tous ses atouts d'un coup. Donc pour la grosse frappe en lulu, merci d'attendre la semaine prochaine.

2. Maxime Gonalons : comme chaque 11 novembre, la France fleurit ses monuments aux morts à coup de gerbes et Gonalons veut y aller de son hommage en se lançant à corps perdu dans le jeu de tranchée. Quitte à y laisser par moments sa belle technique et faire parler la violence des échanges dans un milieu qu'on connaissait plus tempéré. Comme ça qu'après son ouverture du score, on a fini par se tourner vers sa grosse caisse et ses relances au clairon pour tenir, vaille que vaille, sur les temps faibles qui se sont succédés. Encore fallait-il être sûr que sa défense soit animée du même sens du sacrifice que lui pour que les lignes ne cèdent pas. Ce qui, visiblement, n'était pas le cas de Bisevac. Preuve que n'est pas Max qui veut. Gonalons, enfant de la partie.

3. Samuel Umtiti : alors que le milieu lyonnais fait tourner tranquille le moteur de l'équipe, y compris quand, par mesure d'économie, il cède à la facilité du diesel, la défense elle s'apparente de plus en plus à un quatre fois sans maître. Où Umtiti figurait jusque-là comme le dernier relayeur. Après une seule titularisation, le benjamin n'en apparaît pas moins comme le plus serein de la bande. Du self control à revendre, de la finesse technique et des anticipations bien senties : les prestations de Sam rappellent toujours quelque chose de la défense tendance ligne claire, celle qu'incarna en d'autres temps Patrick Müller. Avec en prime, quelques têtes au passage qui renvoient la menace sochalienne au loin sur coups de pied arrêtés. Pas sûr que cela suffise à faire exploser la charnière des Balkans qui reprendra du service après la trêve. Ce qu'on croit deviner, c'est qu'Umtiti vient de prendre la place de troisième homme. Et au vu des équilibres toujours aussi fragiles dans le secteur, rien ne dit que ce soit la plus mauvaise place.

4. Rémy Vercoutre : lui non plus n'aime pas trop la lumière. Tous les projecteurs sont braqués sur son cas depuis quelques jours, mais celui du Stade Bonal était peut-être de trop. C'est l'explication la plus rationnelle (ou la plus bienveillante) que l'on ait trouvée après sa sortie complètement ratée sur un coup-franc de Boudebouz à la demi-heure. Mais sa désormais « classique » manchette sur la droite pour dégager une tête de Privat (60ème) justifie à elle seule sa place dans le classement. Un Rank'n'OL qu'il aurait même pu toiser s'il avait répété l'exploit sur le but sochalien. Mais Vercoutre comme l'OL avaient bien compris qu'ils avaient davantage à gagner à tamiser l'ambiance.

5. Gueïda Fofana : sera-t-il l'homme qui aura la peau du 4-3-3 ? Ce serait un peu présomptueux de sa part, puisque ni les entraîneurs (Perrin, Puel), ni les vedettes (Lisandro, Gourcuff) n'ont eu raison d'un système devenu, en une décennie, un paradigme. Mais le relayeur lyonnais a réalisé une énorme première mi-temps. Présent à la récupération, il a surtout impressionné dans sa capacité à prendre le jeu à son compte, au point de faire passer Gonalons pour un vulgaire Alou Diarra. Bref, le Fofana des soirées européennes. Jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il n'était qu'à Sochaux.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #15 – Fofana, l'Essien qui pousse]]> text/html fr SO FOOT En pleine crise d'ado, l'OL est capable de faire flipper ses parents en faisant un peu n'importe quoi par moments. Genre, je prends deux buts en 5 minutes pour la deuxième fois de la semaine, alors que j'étais tranquillement sur les rails, tu vois. Mais la brillante progéniture a du caractère. Et même des talents cachés. On trouvera toujours des pépites dans le teenage Rank'n'OL. 4ème journée d'Europa League
 Athletic Bilbao – Olympique Lyonnais 2-3 Pour Lyon : Gomis (22ème), Gourcuff (45ème), Lacazette (63ème) Pour Bilbao :…]]> 4ème journée d'Europa League

Athletic Bilbao – Olympique Lyonnais 2-3
Pour Lyon : Gomis (22ème), Gourcuff (45ème), Lacazette (63ème)
Pour Bilbao : Herrera (48ème), Aduriz (55ème)


Infographie : le classement



1. Gueïda Fofana : encore quelques matchs de ce calibre et c'est bientôt un autre cri d'amour que viendra lâcher Rémy Vercoutre en zone mixte : « J'aimerais tant que Gueïda soit sélectionné en équipe de France. C'est mon cri du cœur. On s'en fout de son âge et de son parcours. Il le mérite tellement, c'est notre grand bonhomme. C'est notre Monsieur Plus. Sur le début de parcours en Europa League, il n'y a pas photo, c'est le meilleur. Il récupère des ballons, il en donne de bons, il marque des buts décisifs et maintenant il en fait marquer ! » On ne sait pas encore si le joueur a la caisse pour incarner le Bison en herbe qu'on a cru deviner sur son débordement mené du coup d'épaule et qui envoie les derniers restes de défense basque dans le décor. Au bout de l'action, Lacazette n'a plus qu'à récupérer un amour de passe déc' pour assurer la victoire lyonnaise. Ce qu'on sait en revanche, c'est que le garçon a les soirs d'Europe dans la peau. Diablement efficace pour répondre à la pression du jeu à mille passes des hommes de Bielsa. Bien pratique surtout pour allumer un peu plus encore la concurrence qui sévit dans le milieu lyonnais. A se demander si Steed Malbranque ne lui doit pas une bonne part de son retour de flamme.

2. Rémy Vercoutre : pendant qu'Hugo Lloris vivait son propre Maribor, treize ans après l'OL, celui qui a passé dix ans sur le banc prouvait que, non seulement, il ne faisait pas tache, mais qu'au contraire, il s'en acquittait plutôt bien, de sa tâche. Et qu'il fallait plus qu'une intervention un peu approximative sur un centre de Muniain ou même qu'un tacle en torpille reçu en pleine face pour le faire gamberger. Auteur de trois nouvelles parades de grande classe, Vercoutre a prouvé qu'il était capable d'ambiancer au-delà du vestiaire, jusqu'à se mettre tous les septiques du début de saison dans la poche. Avec Malbranque, il est l'autre gros coup (de bol) du duo Aulas-Lacombe.

3. Yoann Gourcuff : ne pas s'attacher. Surtout ne pas s'attacher. Car il est là le drame : plus Gourcuff sera bon, plus les chances de le voir refourgué à bon prix en pleine redescente du cocktail dinde-champagne-il-doit-bien-te-rester-un-truc-à-boire seront élevées. Mais les Lyonnais pourront toujours se dire que pour la deuxième fois en quatre jours, ils ont vu le « Gourcuff de Bordeaux ® ». Le côté petite frappe en plus, comme lorsqu'il refuse de serrer la main à un adversaire venu lui chatouiller les chevilles. Un geste comme un message envoyé à Franck Ribéry, trois jours avant les retrouvailles à Clairefontaine. Si aujourd'hui, Gourcuff ne vaut peut-être pas tout à fait 23 millions d'euros, il n'a plus à baisser les yeux.

4. Alexandre Lacazette : au vu de la compo, ce 4-3-3 un peu timide qui sent le gros grain promis par l'Athletic, on en est venu à regretter l'absence de Briand. On admettra quelques minutes plus tard que c'est plutôt une présence qu'il faudrait regretter, celle de Fabian Monzon qui met son côté gauche à l'envers. En comparaison, la tendance « je déborde, mais trop quand même » de Lacazette passe pour un monument de jeu simple et lumineux. Jusqu'à citer les références d'usage dans le domaine : Wiltord pour le sens du jeu, Govou pour le don de soi. Pour tout le reste, on n'ira pas plus loin. Car en jeune professionnel qui n'ignore rien des règles dans l'air du temps, Lacazette a compris qu'il devait rester un garçon modèle. Une belle lucarne, un petit cœur envoyé face caméra, une petite danse de célébration en toute fin de partie, et au lit. Les nuits sans fin et les roupillons du petit matin aux grilles de Tola Vologe, ce n'est plus pour lui. C'est en tout cas ce qui le sépare de Nino et Sid. Dit autrement, ce qui sépare le foot professionnel pour jeune premier du football total des glorieux aînés.

5. Milan Bisevac : l'air de rien, l'OL a entamé sa seconde période comme le LOSC a commencé son match la veille dans l'Allianz Arena. A cette différence près incarnée par Milan Bisevac : les Lyonnais ont toujours autant de mal à s'en foutre les soirs d'Europe, y compris quand l'enjeu n'y est pas vraiment. Ce qui donne, sur le terrain, un bon lot de têtes à l'arrachée, de dégagements au loin et de corps qui se projettent pour faire barrage à la furia basque. Pour s'éviter de vivre un nouveau gang bang, le foot français avait bien besoin d'un Bisevac sûr de ses responsabilités. Un daron qui n'hésite pas à activer la touche « contrôle parental ».

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #14 – Tant de chiens]]> text/html fr SO FOOT Dans un match un peu dingue que les Lyonnais ont joué à dix pendant une heure, l'OL a inventé le football sans défenseur. Et dans une ambiance digne du Nord de l'Angleterre, c'est encore Malbranque qui a tenu le rôle de leader. Mi-crasseux, mi-classieux, du Rank'n'OL comme on l'aime. 11ème journée de Ligue 1 
 Olympique Lyonnais – Bastia 5-2 
 Pour Lyon : Gonalons (5ème), Lacazette (26ème), Lisandro (56ème), Briand (90ème), Malbranque…]]> 11ème journée de Ligue 1 

Olympique Lyonnais – Bastia 5-2
Pour Lyon : Gonalons (5ème), Lacazette (26ème), Lisandro (56ème), Briand (90ème), Malbranque (90+5ème)
Pour Bastia : Khazri (28ème), Rothen (32ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Steed Malbranque : il pourrait se contenter d'être encore l'homme du match. Mais Malbranque prend toujours soin de raconter une nouvelle histoire à chaque fois. Après avoir prouvé qu'il pouvait jouer partout au milieu, il a cette fois démontré qu'il pouvait être TOUT le milieu. Tout seul. Et alors que chacun pronostiquait sur la minute de son déclin après un tel sacrifice physique, Steed a fait parler les stats sur la fin en assurant son rôle de meneur avec un délice de passe pour Briand, tout ça avant de marquer son premier but sur un penalty à l'arrache. Conclusion idéale d'un nouveau chapitre parfaitement maîtrisé.

2. Lisandro : le bonhomme appartient clairement au gratin des techniciens de Ligue 1 et pourrait aisément viser plus haut s'il pensait un peu plus à sa gueule. Mais le lisandrisme est un humanisme. Et lorsque Licha s'en ira, on se souviendra de lui pour ce genre de match. Un match de chien au service de la meute, qu'il aurait quand même pu terminer sur un doublé. Sauf que Lisandro a décidé d'offrir son penalty à Malbranque. Si le lisandrisme n'a pas besoin du zlatanisme pour exister, la comparaison ne le rend que plus grand.

3. Yoann Gourcuff : on ne souhaitera certainement pas à Yoyo de poursuivre sa carrière de jouet du destin, à coups de blessures et de disparitions à intervalles (trop) réguliers. En attendant, à le voir renaître au football comme il l'a fait en l'espace d'une semaine, on se dit que l'absence, même prolongée, peut avoir des vertus qu'on ignorait. La première, sur cette feinte al naturale d'avant frappe, pour redécouvrir l'un des gestes techniques les plus émouvants, où la simplicité est élevée au rang d'art. La seconde, devant cette disponibilité de tous les instants qui rappelle quelque chose de ses belles heures girondines. Comme la promesse qu'avec les deux hommes forts du moment, Gonalons et Malbranque, il y a la place pour que l'OL s'impose comme le nouvel empire du milieu en Ligue 1. Enfin, si les gars de la défense le veulent bien.

4. Alexandre Lacazette : en marge de l'échange sur les types sortis du Rank, Benjamin Biolay avait gardé celle-là pour le kid de Mermoz : « Lacazette, il a l'air triste. » Puisque tout le monde s'est refilé le mot pour contredire le chanteur, des Stéph' qui rehaussent le vert de leur maillot jusqu'à Briand qui manque la foule, Alex a décidé d'incarner la face la plus joyeuse du foot. Restait encore à provoquer les conditions nécessaires pour que ses facéties, entre dribbles à revendre et pichenette dérisoire qui finit entre les poteaux, ne virent pas à la grande farce. Ce fut là tout le talent du garçon, faire juste ce qu'il faut pour que la défense adverse soit suffisamment aux abois et que la caravane lyonnaise passe.

5. Maxime Gonalons : Max n'est pas le plus Gone des Lyonnais pour rien. Il respire comme personne cette lyonnaise du way of life où, depuis la fin des années de domination, la nostalgie tient une grande part. Comme ça qu'il a fini par rejouer l'acte fondateur de sa légende personnelle, cette soirée d'Anfield qui le consacra comme le fils préféré de la classe moyenne. Un remake où tout y est, du but planté en opportuniste sur un ballon sauvé par le gardien adverse, à la pige d'un soir en défense centrale, jusqu'aux inspirations parfois hasardeuses qui lui redonnent ce faux air de jeune premier. Face à Bastia, Max avait bien trois ans de moins. Pari audacieux certes, mais que ne ferait-on pas pour que l'amour dure trois ans de plus ?

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL – Bilan #1 par Benjamin Biolay : « L'OL, je l'ai connu tellement mal… »]]> text/html fr SO FOOT On pourrait décréter que la France n'est toujours pas un pays de foot. On va d'abord se dire qu'elle n'a pas encore réglé son problème avec ses supporters. La preuve par l'effet, celui provoqué par Biolay en ces pages depuis deux jours. Le chanteur ne s'est jamais caché pour clamer son amour pour l'OL, bien avant cette interview. Quitte à envoyer, comme n'importe quel supporter, son lot de vannes à l'adresse de son meilleur ennemi…]]> Le chanteur ne s'est jamais caché pour clamer son amour pour l'OL, bien avant cette interview. Quitte à envoyer, comme n'importe quel supporter, son lot de vannes à l'adresse de son meilleur ennemi stéphanois ou à tourner en dérision sa propre passion. C'est bien parce qu'il n'est jamais question que de cela que Biolay s'est prêté au jeu en cette fin d'après-midi d'avant OL-Bilbao, loin de la réserve attendue et du grand cirque qui accompagne n'importe quelle promo menée tambour battant.

Cafés, clopes et quelques noms, ceux des cinq joueurs en tête du Rank'n'OL après une dizaine de matchs, suffisent alors à dérouler le bon début de saison lyonnais. Et comme les souvenirs ne sont jamais loin, c'est une autre histoire qui finit par se dessiner, celle qui relie les supporters de l'OL, ces types revenus de nulle part – ou de la banlieue de Saint-Etienne, c'est kif kif – pour lesquels l'heure de la revanche a fini par sonner, au prix de bien des malentendus. Cette interview n'aura peut-être pas permis de les lever. Pas bien grave. Après tout, Lyon n'en est plus à un malentendu près. Entre la Saône et le Rhône. Entre la colline qui prie et la colline qui crie. Entre Lacombe et Domenech. Entre le sérieux et le dérisoire rappelés à sa manière par Biolay au moment de mettre fin à la bonne demi-heure d'échange : « J'aurais bien aimé poursuivre… La seule interview intéressante de la journée ! » La polémique pourra toujours se charger du reste, l'essentiel est bien là : le supporter lyonnais a une âme. Raison de plus pour reprendre à son compte l'un des titres les plus intenses de Vengeance : Ne regrette rien.

1. Steed Malbranque – 125 points (7 apparitions, 4 x 1er)

Le titre de ton précédent album, La Superbe, allait bien avec ce que l'OL a pu vivre toutes ces années de domination. Le prochain, Vengeance, pourrait raconter aussi quelque chose de l'équipe du moment ?
J'aimerais bien qu'il y ait cette notion de vengeance, de revanche à prendre. J'ai quand même l'impression que l'effectif est motivé. Après, quand t'es lyonnais, tu sais comment on est : on parle pas. Ou quand on parle, on parle mal. A en paraître arrogants parfois.

Un type qui ne parle pas, c'est Malbranque.
C'est le meilleur depuis le début de saison. J'avais eu les boules qu'il signe chez les Verts. Heureusement, il a signé dix minutes ! (Rires) Sur le coup, j'ai compris qu'il se passait quelque chose d'ingérable pour lui, aussi bien sportivement qu'humainement. Quand le club l'a fait revenir cet été, j'ai été un peu sceptique. Jusqu'à ce que je le vois jouer en CFA sur OL TV. Quand il joue, tu repères l'effet Pemier League : le mec qui va constamment de l'avant, qui te fout jamais la gonfle 50 mètres derrière quand il l'a récupérée.

Il y a aussi une histoire de come back à la maison mère qui plaît à Gerland.
Face à Brest, il a eu une belle ovation quand Rémi l'a sorti. C'est quand même pas le genre de la maison, comme ça, aussi vite. Après, c'est l'intelligence de Rémi Garde de lui avoir proposé de rejouer avec la réserve au cas où. Gérald Baticle a checké l'affaire avant d'envoyer très vite des rapports : « Steed, il pète le feu ! Il faut le faire signer ! » Là, Rémi a tout de suite compris. Pour moi, ce retour après une année de break, c'est une leçon de vie. A méditer dans bien des métiers.

2. Maxime Gonalons – 116 points (8 apparitions, 1 x 1er)

Si le milieu lyonnais tourne, c'est aussi grâce à Gonalons qui a fait ses débuts dans ton club, à Villefranche-sur-Saône…
Je crois qu'il a gardé de la tendresse pour le FCVB. Comme moi, il a d'ailleurs mis un peu d'argent dans l'affaire. Si un jour il y a un gros transfert le concernant, pour l'économie d'un club qui vise la montée de CFA en National, tu peux t'acheter huit joueurs ! (Sourire) Max, c'est une bénédiction pour le club.

Tu le vois partir un jour ?
Dans l'absolu, c'est possible. Le président Aulas vient de dire qu'il lui fallait trente bâtons… Mais Rémi Garde s'opposera farouchement à son départ. Et puis, ce serait un coup à foutre le feu à Gerland ! Max est devenu un très bon joueur qui commence à avoir une putain d'expérience. Même s'il y a encore des moments où tu vois qu'il y va pour faire mal.

Il fait partie des types qui portent la nouvelle politique du club, un retour à l'identité assez forte. C'est quelque chose qui ressort à leur contact ?
Moi, je reste impressionné par les footballeurs. Je sais pas si c'est une admiration candide, mais je suis pas très disert devant eux. Je vais pas les emmerder… Surtout que le Président a toujours la gentillesse après un match de m'inviter à descendre dans le vestiaire. Là, les mecs sont cannés : c'est quand même pas évident…

L'ambiance de la fin de match qui brûle encore…
Ouais, il y a une vraie sobriété dans ce vestiaire. Les soirs de victoire, ça rigole pas trop. La plupart, c'est des gars assez taiseux… C'est comme moi, si tu veux me choper en sortant de scène, si tu me laisses pas du temps, je suis encore dans ma bulle. Pour être capable de reverbaliser les choses et oublier ce que tu viens de faire pendant deux heures, il faut une bonne heure.


3. Clément Grenier – 93 points (6 apparitions, 2 x 1er)

Grenier a failli partir, avant de s'imposer façon boy next door.
Lui, il a le potentiel d'une star. Techniquement, il est très, très à l'aise. Les mecs à l'entraînement sont unanimes : il fait des trucs de fou !

Un peu comme Ben Arfa…
Hatem à l'entraînement, il les énervait tellement ! Avec Squilacci, ça a fini par mal se passer. L'autre lui met un grand pont, « Va te faire enculer ! », « Et ta mère ! », et bam ! Clément, lui, il a quand même une belle vision du jeu.

Il a surtout ce geste, la passe, sans doute le plus apprécié à Gerland.
C'est vrai que c'est beau à regarder, mais ça n'a pas empêché de se faire enculer par Bordeaux. C'est peut-être pas toujours efficace, mais c'est quand même plus agréable à regarder que sous Puel.

Gagner moins, mais jouer mieux, alors ?
J'ai quarante ans. Je suis pas un footix. L'OL, je l'ai connu tellement mal…

C'est quoi tes premiers souvenirs de matchs à Gerland ?
Le tout premier, c'était pour voir Villefranche, quand les deux clubs jouaient en D2, en 1982. J'avais neuf ans. Mais le plus beau, ça reste encore la remontée en 1989 avec Raymond et le but de Jacky Colin. Tout ce qui vient après, pour moi, c'est caviar à volonté.

Tu fais partie des nostalgiques de la période de domination ?
Un peu, ouais. Ce qui m'énerve le plus, c'est la gestion de cette époque-là. Il y avait du fric de partout. Je crois même que les dirigeants négociaient à peine les joueurs. Ils prenaient une liste et ils disaient : « C'est combien Lloris ? C'est cinq ? Bon, on le prend à huit ! » Et c'était signé dans l'après-midi. Ce que je déplore aussi, c'est qu'à cette époque, on ait enrichi le LOSC comme des cochons. (Sourire) Avec des transferts tous plus foireux les uns que les autres. Sauf Abidal.

Qui reprend l'entraînement...
Ce mec est un héros. Je me rappelle la première galère, il y a un an et demi. Tout le monde était effondré dans le vestiaire du Barça et on m'a dit que c'était lui qui était venu faire les blagues. A Lyon, je sais que certains lui en veulent toujours pour son quart de Ligue des Champions face au Milan (en 2006, ndlr). Moi, je resterai toujours indulgent avec les défenseurs. Alors que pour un milieu de terrain qui perd un ballon facile avec un but derrière ou Bafé et Jimmy qui manquent des occasions impossibles, je deviens complètement hystérique. Jimmy, j'ai envie de lui dire : « N'essaye même plus de cadrer et vise la tribune ! » Des fois qu'elle rentrerait. Comme il tire surtout sur la foule, les mecs ont même fini par l'appeler Pinochet ! (Rires)

Il a aussi ce côté qu'on ne voit pas forcément, du joueur abrasif qui ne ménage pas sa peine.
Quand il est à droite, c'est rare qu'on s'en prenne un de son côté. Comme avec Sidney, l'attaquant qui mettait le moins de buts au monde. François Clerc, le plus mauvais latéral de l'histoire de l'OL, lui doit sa carrière. Je le suis pas trop à Nice, mais il rame là, non ? Ah mais non ! Il est à Saint-Etienne ! Bon, il est mort ! (Rires)

T'as calmé le jeu avec les supporters stéph' ?
Je calmerai jamais le jeu ! Si je ne joue pas à Saint-Etienne, c'est par conviction. C'est le club que je déteste le plus ! J'aime pas leur maillot, ça me dégoûte ! Et puis, c'est un club qui n'a pas à nous faire la morale. Parce que moi, la caisse noire du président Rocher, je me rappelle très bien : double billetterie dégueulasse pour éviter de payer les taxes. Il y a eu aussi le mépris à notre endroit pendant des années. Après, ils ont su avoir une finesse dans le recrutement qu'on n'a pas eu forcément. Quand ils prennent Matuidi à Troyes, le mec fait à peine 40 kilos. Je l'ai vu dans la rue l'autre jour, il est toujours gringue. Licha te fait la même impression hors du terrain.

4. Lisandro – 88 points (6 apparitions, 1 x 1er)

Lisandro, un autre type qui ne parle pas, lui aussi mystérieux.
Intelligent surtout. Parce qu'en privé, il parle, en français. La gloire, lui, il en a rien à secouer. Mais une fois sur le terrain, quel engagement ! Quelle colère ! Il est même sans pitié. Pour moi, c'est l'archétype du joueur argentin. Alors que je suis désespéré quand je vois Lavezzi et Pastore qui font passer les Argentins pour des starlettes brésiliennes.

5. Réveillère – 72 points (6 apparitions, 1 x 1er)

Réveillère a manqué de les côtoyer. Le type revient et continue malgré tout à faire le boulot.
C'est dur ce qui lui est arrivé. C'est quand même un des derniers glorieux de la grande époque et toujours un des deux latéraux de l'équipe de France, avec Debuchy qui est meilleur en ce moment. Le jour où il a annoncé qu'il ne se ferait pas opérer, je me rappelle du Professeur Moyen qui avait déclaré : « Il ne rejouera jamais. » Il revient en trois mois et Puel lui dit à son retour : « Qu'est-ce que tu branles ! » Rien que pour ça, je l'adore.

Il y assez peu de joueurs qu'on n'aime pas finalement à Lyon.
Il y assez peu de joueurs que j'ai dans le pif. Ederson, sa façon de jouer, je pouvais pas le blairer, même si je sais que le mec est charmant. Et quand j'ai vu l'affaire des trente millions à combler, je me suis dit, c'est exactement Gourcuff. Je sais pas ce qui lui arrive à ce garçon…

Son début de saison sentait bon la relance.
Mais il y a encore quelque chose qui ne va pas. Pour moi, il est venu salement de Bordeaux. Et quand c'est pas propre, ça peut vraiment te casser.

Il sortait aussi de Knysna.
Ouais, le truc foireux, les claque de Ribéry… Moi, j'y étais pas. J'ai juste eu des échos de ce bus, par un pote de Mandanda. Lui voulait descendre. On lui a fait comprendre que c'était pas une bonne idée. La fin de l'ère Raymond.

Comme d'autres Lyonnais, tu l'aimes un peu Raymond ?
Je l'adore ! Avant l'arrivée de Rémi, je me disais même : « Pourquoi pas Raymond ? » Tu fais chier tout le monde. Un truc pas très lyonnais… Quand il est parti à la fin de sa cinquième saison, j'ai ce souvenir des lumières du stade qui s'éteignent en plein milieu de son tour d'honneur. (Rires) Ils étaient brouillés avec Bernard, alors que c'était des copains d'enfance… Je crois que maintenant tout va bien.

Lacombe est toujours là pour l'ouvrir.
Ce qui m'a frappé quand on s'est rencontré et qui le rend encore merveilleux, c'est que dans son bureau, y a pas de trophée. Juste le drapeau « Adieu D2 ! » de la remontée en 1989. C'est son seul gri-gri. Bernard, c'est un monument ! Je l'ai vu jouer en vrai. C'était un putain de joueur.

Avec Lacombe, tu as eu d'autres héros ?
Quand j'étais petit, on m'a surtout parlé des glorieux anciens que je n'ai jamais vu jouer : Serge Chiesa, Angel Rambert, évidemment la Fleur' Di Nallo. Et puis après, j'ai aimé l'équipe de transition des années 90, avec Delmotte qui est un type qui me plaisait beaucoup. On a eu aussi Edmilson qui me faisait bien marrer.

Qu'est-ce qu'il a de marrant Edmilson ?
C'était le genre à te faire un coup du sombrero dans une phase défensive. Je fais une roulette en pleine surface, je tente le grand pont pour voir et je repars jusqu'au milieu de terrain ! (Rires) Le mec nous foutait des frissons. Après, le plus grand joueur étranger qui ait jamais joué à Lyon, ça reste pour moi Juni.

L'histoire se construit autour de lui.
L'histoire se construit autour de lui et s'achève avec lui. Les départs de Karim et Juni, c'est la fin des années de gloire.

Propos recueillis par Serge Rezza

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<![CDATA[Rank'n'OL #13 – On Koné la chanson]]> text/html fr SO FOOT Il n'y en avait donc qu'un seul qui avait compris : une Coupe de la Ligue, ça se perd, et vite si possible. Pour retrouver la splendeur des années Houllier, l'OL a renoué avec ses vieilles habitudes. Et il a trouvé un sabordeur en chef. Car que serait le Rank'n'OL sans ses génies qui déraillent ? 1/8ème de finale de Coupe de la Ligue
 OGC Nice – Olympique Lyonnais 3-1
 Pour Nice : Eysseric (6ème), Traoré (9ème), Civelli (15ème) Pour Lyon :…]]> 1/8ème de finale de Coupe de la Ligue

OGC Nice – Olympique Lyonnais 3-1

Pour Nice : Eysseric (6ème), Traoré (9ème), Civelli (15ème)
Pour Lyon : Gomis (7ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Bakary Koné : lundi soir, au lendemain du match annulé à Marseille, Barth, bateleur en chef du talk d'OL TV, demande à Bernard Lacombe de venir animer une quotidienne qui menace de s'ennuyer. Comme d'habitude ou presque, le conseiller spécial du président ne se prive pas pour faire le show :
Barth – « Alors, Bernard, on va le jouer quand ce match face à Marseille ?

Bernard Lacombe (sourire en coin) – On jouera le 28 (novembre)...
Barth – Ca veut dire qu'on va perdre après-demain ?

Bernard Lacombe (sourire toujours en coin) – Oui, c'est possible. Tu sais, Barth, Nice, c'est très fort chez eux… »
Sans cet échange, on aurait pu considérer la partie de Bako Koné pour ce qu'elle fut depuis le bord du terrain : une performance qui trouverait davantage sa place dans une des galeries de la Biennale d'Art Contemporain plutôt que dans un match de foot entre joueurs professionnels. Sauf que derrière les deux passes foireuses qui manquent de perdre pour toujours le rookie Lopès ou le marquage au hasard qui fout en l'air la défense lyonnaise toute entière, c'est un contrat fixé par la voix de son maître qui est respecté à la lettre. Et comme Koné sait mettre jusque dans ses manqués manifestes le brin d'esthétisme que tant d'autres n'ont pas, on se pressera de lui décerner le prix qui de toute évidence lui revient. Celui du génie, forcément incompris.

2. Steed Malbranque : la master class continue. Malbranque est, au cœur de l'automne 2012, le meilleur milieu de terrain français. Une sentence qui serait subjective, balancée comme ça, si Malbranque n'avait pas pris soin de valider tous les modules en formation accélée. Milieu défensif : validé ; milieu relayeur : validé ; meneur : validé ; milieu excentré : validé. 4-4-2, 4-2-3-1, 4-3-3, etc. N'en jetez plus : les changements ne nuisent pas à ses performances puisque, de toute façon, c'est lui qui donne un sens à n'importe quelle stratégie. Mais le poste de relayeur droit dans le milieu en losange mis en place par Rémi Garde pendant une heure contre Nice est peut-être son meilleur rôle. Ça tombe bien, c'est aussi le schéma qui paraît le plus adapté à Lisandro et Gourcuff (ou Grenier). Même s'il faudra venir à bout du sacro-saint 4-3-3 qui résiste à tous ses assaillants (Perrin, Puel) depuis plus de cinq ans. Pour ça, on demandera à le revoir avec Gonalons lors du prochain cours qu'on devine magistral.

3. Anthony Lopes : personne ne l'avait vraiment vu, mais tout le monde l'aimait déjà. Avant le match, Rémi Garde avait loué ses qualités – « une explosivité très forte, il sent le jeu » –, ne déplorant que ses difficultés sur les sorties aériennes. Et c'est peut-être pour ça qu'il avait choisi de lui offrir le mètre quatre-vingt-quinze de Civelli en guise de baptême de l'air. Toutefois, si le mastoc argentin a bien marqué, c'est du pied. Et c'était surtout pour le troisième but encaissé chez les pros par le jeune international portugais né à Givors, alors qu'il n'avait toujours pas touché un seul ballon... Mais une fois l'élimination acquise, il a pu s'offrir quelques belles parades, dont une des deux poings dans le plus pur style Vercoutre. Car le gosse finira bien par piquer la place au taulier. En ayant l'élégance de lui rendre cet hommage mérité au préalable.

4. Yoann Gourcuff : on guettait du coin de l'œil, non sans fébrilité, son retour dans une ambiance digne d'Apocalypse Now : temps de mousson, harcèlement des lignes adverses à même de vous plomber le moral et partie qui semble perdue avant de pouvoir se jouer. Yoann aurait pu maudire d'autant plus ce nouveau coup de latte du destin que Rémi Garde lui offrait la meilleure place possible, celle de grand architecte dans un 4-4-2 aux faux airs de losange. Si la caisse a encore du mal à tenir 90 minutes dans des conditions plus favorables à Yannick Aniel qu'à un joueur de foot, les idées noires n'ont pas encore eu raison de l'ex enfant chéri du foot français pendant ses deux mois et demi d'absence. Jeu tête haute et en première intention, il a fait mieux que tenir sa place. Il s'est même permis d'envoyer un geste rare, déviation de la poitrine en guise de passe déc' pour Gomis, qui n'aurait pas manqué de faire le régal du suiveur dans d'autres conditions. Jusque dans le chaos, Gourcuff confirme sa renaissance au football. En attendant de pouvoir l'apprécier à sa juste mesure par temps sec et dans un beau milieu, plus tempéré que jamais.

5. Bafétimbi Gomis : c'est l'une des sentences les plus célèbres du foot moderne : « Filippo Inzaghi est né hors jeu. » Si Sir Alex a pu s'agacer des sales habitudes du dernier grand renard des surfaces de l'histoire, le supporter lyonnais doit, lui, apprendre à vivre avec celles de Bafé. Où, pour reprendre Simone – de Beauvoir, pas Marco, hein… –, on ne naît pas hors-jeu, on le devient. Car, une fois de plus, le temps d'un match passé à patauger dans la gadoue, Gomis ne se révèle jamais aussi décisif que lorsqu'il flirte à la limite des lignes adverses, du mauvais côté si possible. Des deux buts marqués ce soir, on aurait presque préféré voir le second validé plutôt que le premier, juste pour la beauté du mouvement et cet amour de passe envoyée par Malbranque. De quoi pratiquer un peu plus encore la confusion des genres et se demander si le hors-jeu est bien l'avenir de l'attaquant lyonnais.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #12 – Vercoutre, l'homme de la manchette]]> text/html fr SO FOOT Entre les pierres croulantes qui font dans la surprise party et les Pink Floyd qui font le sel des soirs d'Europa League, on a fini par choisir le seul combo capable d'enflammer le plus difficile des publics, celui de Gerland. Avec cinq garçons pour mener la danse et rappeler que, pour l'Europe comme pour le Rank, une simple question d'ADN peut faire toute la différence. Une belle bande d'inrankuptibles. 3ème journée d'Europa League
 Olympique Lyonnais – Athletic Bilbao 2-1
 Pour Lyon : Lisandro (54ème), Briand (86ème) Pour Bilbao : Ibai Gomez…]]> 3ème journée d'Europa League

Olympique Lyonnais – Athletic Bilbao 2-1

Pour Lyon : Lisandro (54ème), Briand (86ème)
Pour Bilbao : Ibai Gomez (76ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Rémy Vercoutre : on va finir par croire que pour devenir un des gardiens préférés du temple, il faut n'avoir rien de génial, mais faire tout très bien. Et si possible, avoir connu son lot de blessures domestiques à la con, un coup de pied dans une poubelle qui finit en fracture ou l'étagère en alu que vous montez au fond du garage qui vient vous taillader la main. Car, avant de le présenter comme la doublure de Lloris, on aurait dû se souvenir à quel point Vercoutre avait tout du double de Greg Coupet. Un type qui, à force de vivre dans l'ombre d'un autre qui multiplie les coups de génie (Barthez ou Lloris), comprend qu'il a tout intérêt à rester ce laborieux à la dure, ne serait-ce que pour tenir une fois dans sa carrière son moment de génie à lui. Pour Coupet, ce fut une double parade insensée face à Rivaldo en 2001, restée depuis dans le OL Of Fame des supporters, quelque part entre le but de Wiltord face au Real (2005) et le lob de Tiago dans le Derby (2007). Sa manchette avec du Gordon Banks dedans devrait valoir à Vercoutre une place au chaud dans ce top des gestes pour l'éternité. Surtout si, en plus de sauver la baraque, elle annonce un but de Briand. Comme quoi, on n'est jamais assez prudent : un miracle peut aussi en cacher un autre.

2. Steed Malbranque : la partie de flipper s'est emballée après sa sortie. Mais si la bille est finalement bien partie, c'est aussi parce que le boss a su retenir la tirette à bon escient. Comme si la pression n'existait jamais, Malbranque a la science de la conservation du ballon et l'art de le redonner toujours proprement. Une gestion des temps faibles que personne n'avait pris à son compte depuis le départ de Juninho. Ce qui est dommage, parce que ce n'est pas ce qui a manqué, les temps faibles, depuis trois ans...

3. Rémi Garde : et justice lui fut rendu. Quand, à la 65ème minute, Rémi Garde décide de passer d'une à deux pointes avec les entrées de Gomis et Lacazette en lieu et place de Lisandro et Malbranque, alors que l'OL mène 1 à 0. On repense à toutes les fois où Laurent Blanc remplaçait un joueur offensif par Alou Diarra, au hasard, pour conserver un résultat, comme, au hasard, un nul à domicile face à la Bosnie. Permettant ainsi aux joueurs adverses d'avancer d'office de vingt mètres puisque, de fait, ils n'avaient plus personnes derrière eux. Non, une équipe n'est pas plus dangereuse en empilant les joueurs défensifs. Le coaching de Garde n'était pas d'un romantisme échevelé – surtout qu'il n'avait pas énormément le choix –, mais il consistait à déplacer l'action au plus loin des tragiques Koné et Lovren. Et l'OL a alors connu sa plus belle période, sous l'impulsion d'un Bafé chaud comme la braise. Mais Koné et Lovren n'étant pas encore assez loin, Bilbao aurait pu l'emporter. C'était sans compter sur Vercoutre. Puis Briand. Le coup de folie par définition.

4. Anthony Réveillère : Jallet marcherait sur les mains pour prouver à un journaliste d'un hebdo de Lozère à quel point il est sympathique ; Debuchy ressemblera bientôt à ticket de métro sur lequel on aurait recopié le Léviathan en intégralité ; quant à Sagna... Si la concurrence use de tant de subterfuges, c'est qu'elle a des choses à dissimuler. À commencer par l'écart qui l'éloigne du meilleur de tous les back droits français. Comme à Rennes, Réveillère le discret a réalisé ce qui est en passe de devenir sa spéciale : interception au milieu et participation à l'élaboration du but, avec une passe décisive pour Licha cette fois. Et comme défensivement, il n'y a pas grand-chose à redire, les autres peuvent bien aller faire des sourires, des tatouages ou des décolorations.

5. Gueïda Fofana : on peut toujours être pris en flagrant délit de mauvaise foi, on ne cachera jamais que Fofana fait partie des attrape-cœurs du Rank. D'abord parce que dans cette maison du milieu qu'est devenu l'OL de Garde, le gars sait y faire pour donner le change aux gardiens des lieux, Malbranque et Gonalons : je récupère, je remonte sur vingt mètres et je donne propre. Parce que l'air de rien aussi, Fofana a le chic pour s'imposer comme un joueur de circonstances, de loin en loin, lors de ces matchs d'Europa League que l'OL finit par gagner à l'arrache. Façon de dire que le garçon y est sans doute pour quelque chose. Reste enfin le drame, celui d'un tout jeune joueur connu pour ses qualités de patron partout où il est passé et réclamé à ce titre en Europe. Avant de se retrouver dans le seul club du moment où sa polyvalence mi-relayeur, mi-récupérateur ne vaut pas une place de titulaire à coup sûr. De quoi gagner ses galons de héros maudit. Ou de trésor caché sans lequel il ne saurait y avoir de légende du Rank.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #11 – Malbranque, un homme-louche]]> text/html fr SO FOOT Il paraît que pour être champion, il faut être très fort aux deux extrémités du terrain. L'OL devra donc passer son tour. Parce qu'à Lyon, c'est au milieu que ça se passe. Un peu comme pour ces groupes qui ne sacrifieraient pas une mélodie pour un refrain racoleur. Par romantisme ou par manque de moyen ? On n'en sait rien. Reste cette ambiguïté sur laquelle s'écrivent les beaux morceaux du Rank'n'OL. 9ème journée de Ligue 1 
 Olympique Lyonnais – Stade Brestois 
1-0 
 Pour Lyon : Gomis (57ème) 
 ]]> 9ème journée de Ligue 1
Olympique Lyonnais – Stade Brestois 
1-0
Pour Lyon : Gomis (57ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Steed Malbranque : il se passe toujours quelque chose au n°17. On y compte déjà un drame (Marc-Vivien Foé), un rendez-vous manqué (Jean II Makoun), une belle éclosion (Alexandre Lacazette). Et depuis deux mois, ce retour tellement émouvant de Malbranque qu'il finit par éclipser tout le reste, y compris ce fonds de jeu qui respire par moments l'ennui. En voyant Garde contraint de ressortir le 4-4-2 pour la première fois depuis Lille, on aurait pu craindre que le contraire se produise. En gros, que le talent de Malbranque se dilue dans un système qui fait un peu moins la part belle à ses qualités de relayeur. Sauf que Steed n'est pas qu'un simple milieu qui ramène cet équilibre réclamé par Garde : il est le milieu. Le milieu qui défend, le milieu qui cadence, le milieu qui mène le jeu. En fin de partie, son coach peut bien avancer qu' « il n'y a pas que lui qui fait tourner la boutique », sa performance est quand même venue à bout de l'idée que sans Grenier, ni Gourcuff, point de salut pour le 4-3-3 à la lyonnaise. La preuve avec ce geste-louche dont raffolent les deux meneurs en titre et qui finit en passe déc'. Sans compter ce volume de jeu aussi intense que celui d'un Yoann au top, ni même ces quelques moments d'oubli qui se finissent en ballons perdus du côté de Clément. On ne sait pas s'il faut suivre Del Bosque quand il envoie du « Xavi français » à Cabaye. Ce qu'on sait en revanche, c'est qu'il ne connaît pas encore le Xavi lyonnais.

2. Maxime Gonalons : « Il n'y a pas que Malbranque qui fait tourner la boutique », donc. A) Parce que Rémi Garde n'est pas vraiment le genre de type à s'extasier, et surtout pas pour sacrifier le collectif. B) Parce que Gonalons. Puisqu'il n'est plus question de parler foot sans parler de Zlatan, on dira qu'il y a de l'Ibra chez le milieu défensif lyonnais. Une petite provoc' à pas cher pour souligner cette sensation de facilité – physique et technique – qu'il dégage par instants, des instants de plus en plus longs et récurrents, et qui donnent parfois l'impression d'un cadet jouant au milieu de poussins. Même chose lors de ces grandes courses durant lesquelles son corps et son buste ne semblent pas subir les à-coups de ses jambes. Ouais, comme Thierry Henry dans PES 4. On ne touche pas encore la perfection. Mais ça va bientôt finir par se savoir.

3. Lisandro : Gerland et ses chœurs à vif ont préféré y aller de leur chant d'amour longue distance pour Juninho. Un beau moment venu rappeler à quel point les tribunes lyonnaises ont la mémoire dure, surtout quand il s'agit de foot sentimental. Mais alors, pourquoi avoir ignoré la partition pas moins sensible de son capitaine du soir ? Sans doute parce qu'avec ce retour en 4-4-2, on aurait sans doute préféré le voir occuper la place du Matamore, enfin libre de pouvoir se laisser aller à l'art de la fugue et du geste qui tue à la moindre occasion. Au lieu de quoi Licha a continué le grand œuvre entamé depuis le début de saison, dignement sanglé dans son rôle de capitaine Fracasse. Peut-être pas aussi décisif qu'on le souhaiterait, mais le cœur en bandoulière, surtout quand il s'agit d'apporter le soutien qui peut manquer entre les lignes, sur un côté ou le temps d'un contre brestois. Une leçon d'engagement qui renvoie au loin les histoires de moues boudeuses et autres petites fâcheries d'un ego qu'on dit lassé d'être renvoyé aux taches obscures pour 4-3-3. Jusqu'à donner à ce 4-4-2 monté pour lui quelque chose du goût des autres. Ce qui vaut bien des chants d'amour.

4. Anthony Réveillère : il fut un temps, pas si lointain, ou un offensif droit pouvait sauver la carrière d'un latéral droit qui menaçait de couler. Cette histoire, François Clerc la connaît par cœur, mais se gardera bien de vous la raconter, trop conscient de ce qu'il doit à Sidney – jusqu'à son improbable passage en équipe de France. Pour ceux qui voudraient se convaincre qu'en 2012, les temps ils ont bien changé, c'est à un autre genre de scène qu'on assiste désormais. Où le latéral droit est devenu aussi indiscutable qu'un Govou, sauvant cette fois les dernières apparences pour un Briand toujours au bord du naufrage. Des appels, des remises, des lancements qui font la part belle à Jimmy le bon gars et à ses efforts abrasifs, sans pour autant venir à bout de ses contrôles aussi longs qu'un dimanche d'automne et de ses dribles toujours plus approximatifs. Un match qu'il faudra retenir le jour où Deschamps préfèrera Briand à Ménez parce que, quitte à s'en aller jouer le nez dans le gazon, autant préférer celui qui défend le mieux.

5. Milan Bisevac : après avoir été attendu comme un guerrier, le défenseur central a montré qu'il était aussi un vrai leader technique. « Je suis défenseur, mais j'aime beaucoup le ballon », rappelait-il avant le match. Bisevac disait vrai, mais son apport technique ne se limite pas à sa maîtrise du ballon. Il rejaillit également sur la prestation de son binôme. Et, miracle, à l'exception de moments un petit peu difficiles pour Lovren en première mi-temps, on a pratiquement vu une charnière au top dans son ensemble. La dernière fois que cela était arrivé, Bisevac devait être encore imberbe. On exagère peut-être, puisque ses premiers poils ont dû pousser au CP. Mais c'est une vraie bonne nouvelle pour l'OL. D'autant que, comme dirait le Serbe : « On peut faire mioux. »

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #10 – Malbranque, joueur de synthé]]> text/html fr SO FOOT Désormais, il faut aussi savoir apprécier un nul à Lorient. Si les milieux ont pris la mesure de la fameuse pelouse synthétique, l'OL a encore une fois versé dans la bipolarité à l'image d'un Licha brillant puis médiocre, ou d'une défense centrale toujours placé sous le signe du yin et du yang. Du génie et de la souffrance, comme dans les plus grands morceaux de Rank'n'OL. 8ème journée de Ligue 1 
 FC Lorient – Olympique Lyonnais 1-1 
 Pour Lyon : Gomis (22ème) 
 Pour Lorient : Alliadière (47ème)…]]> 8ème journée de Ligue 1
FC Lorient – Olympique Lyonnais 1-1
Pour Lyon : Gomis (22ème)
Pour Lorient : Alliadière (47ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Steed Malbranque : un crachin qui mouille jusqu'à l'os, une partie où l'on s'envoie des coups d'un bout à l'autre du terrain et Stéphane Guy au micro, ce déplacement au Moustoir avait quelque chose de Premier Ligue 1. Et dans ce genre de circonstances, c'est encore Steed qui reste le meilleur. Pourtant, en le voyant évoluer, on lui a trouvé bien plus que cette dégaine de box-to-box player que laisserait entendre sa performance – tacles enlevés, replis à l'énergie, soutien offensif, frappe sur le premier ballon qui traîne. Dans le dispositif lyonnais maintenant bien établi, Malbranque vaut mieux que ça. Autrement dit, il s'impose chaque journée un peu plus comme le chaînon manquant au projet de jeu souhaité par Garde : possession revendiquée, pressing haut et passes en première intention. La preuve, avec ce défi envoyé à cette autre identité de (beau) jeu, à la nantaise, où il déclenche ce but en trois passes sans que jamais le ballon ne touche le sol. Un genre de Xavi à nous ? Disons plutôt du Pedros, le mental de canari en moins. Ce qui revient peut-être au même.

2. Clément Grenier : à la 16ème minute, en le voyant préparer ce lob qui terminera proche lucarne, Eric Carrière, Vikash Dhorasoo et tous les joueurs de Ligue des Copains à frappe de mouche se sont fait la même réflexion : « J'aurais fait la même chose. » A la différence près que Grenier le fait en mieux. Et c'est d'ailleurs ce qui distingue l'apprenti meneur en ce moment : il fait tout mieux que les autres. Y compris l'impossible, comme relancer au cœur de la partie Lacazette qu'on a vu partir trop Briand pour ne pas finir au bord du gouffre. On a déjà eu le temps de détailler l'art de la passe, geste des types qui pensent plus vite que les autres. Ce qu'on ne savait pas encore, c'est à quel point la passe est aussi un geste qui sauve.

3. Maxime Gonalons : si la hype M'Villa a vécu, Étienne Capoue a intérêt à s'accrocher. Gonalons ne sera peut-être jamais à la mode, mais il est devenu un basic dont on ne se lasse plus. Et cela tombe bien puisqu'il est devenu irremplaçable, ce qui, à l'OL, n'est pas une figure de style. Le joueur qu'on s'est longtemps représenté taclant de la tête dans la boue a prouvé, depuis quelque temps déjà, qu'il savait se servir de ses pieds. La preuve à Lorient où Washing Maxime n'a pas fait la moindre tâche sur le synthétique.

4. Lisandro : sa disparition en seconde période ne manquera pas de remettre sur le comptoir les discussions autour de son placement côté gauche. Faut dire qu'avec Monzon derrière, bien parti pour partager avec Grosso plus qu'un prénom, il y avait de quoi y laisser des plumes. Reste une première période qui a vu le capitaine se lancer dans un hommage secret au beau jeu en général et à celui plus cérébral du divin Tiago en particulier. Entre décrochages bien sentis et remises en première intention, on a eu l'occasion cette fois d'admirer Licha pour ses neurones, où l'attaquant compense ses limites au poste – dans l'accélération et la provocation surtout – par la création d'espaces précieux pour le reste de la bande. Le lisandrisme a beau être un humanisme, il aurait sans doute préféré que les gars en question cadrent mieux. De quoi ruminer pour quelque temps encore cette sentence de Sartre (pas Romain, l'autre) : « L'enfer, c'est les autres. »

5. Milan Bisevac : tacler sur une pelouse artificielle est un peu le cauchemar du footballeur du dimanche, et probablement aussi celui du footballeur pro. Mais certainement pas de Milan Bisevac. Le joueur qui n'a pas résisté à la montée en gamme du PSG a démontré, face aux incessantes attaques lorientaises, qu'il faisait partie du gratin en Ligue 1 en terme de combativité. Il a même assuré la relance. Il lui aura de toute façon fallu bosser pour deux puisque Lovren a décidé de perpétrer cette tradition burlesque qui consiste à avoir un défenseur central sur deux à la rue. Sauf que depuis un an et demi, c'était généralement le Croate qui avait le beau rôle. Et si, un jour, ils s'y mettaient à deux ?

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #9 – Lisandro, le sens de l'Ironi]]> text/html fr SO FOOT Tout près de vivre la plus sale remontée de son histoire, l'OL a préféré attendre la 90ème pour donner à sa sortie en Terre Sainte l'allure d'une descente sans histoire. Où l'on joue l'Ironi facile histoire de tromper l'ennui qui pourrait menacer l'histoire agitée du Rank'n'OL. 2ème journée d'Europa League 

 Kiryat Shmona - Olympique Lyonnais 3-4
 

 Pour Lyon : Fofana (17ème et 90ème), Monzon (22ème), Réveillère…]]> 2ème journée d'Europa League 


Kiryat Shmona - Olympique Lyonnais 3-4
 


Pour Lyon : Fofana (17ème et 90ème), Monzon (22ème), Réveillère (31ème) 


Pour Kiryat Shmona : Abuhatzera (7ème et 66ème), Levi (51ème) 





Notes : la grille d'éval'



1. Lisandro : l'altruisme, c'est quoi ? C'est participer à trois buts de ses camarades, que ce soit en amenant le premier (passe pour Briand contrée qui revient dans les pieds de Fofana), en provoquant la faute qui aboutit au deuxième (coup-franc de Monzon) ou en s'effaçant de manière géniale sur le troisième (Réveillère dans la profondeur). Mais l'altruisme ultime, c'est se voir offrir (enfin) une place à la pointe de l'attaque pour continuer à décrocher éternellement. Pourquoi ? Pour ne pas évincer son pote Bafé bien sûr ! Parce que Bastos va revenir et que la place de Gomis est menacée. Et Licha ne va pas se contenter de regarder un vrai dur au mal, comme lui, aller s'asseoir sur le banc pour faire place à une diva intermittente, brésilienne par dessus le marché. Alors la dernière star du club va tranquillement attendre ses 32 ans pour jouer pour sa gueule et faire parler les stats. Car, oui, en 2015 Lisandro Lopez sera meilleur buteur du championnat. Où qu'il soit. Avec une préférence pour ici.

2. Anthony Réveillère : Gonalons peut bien envoyer sa petite leçon de savoir-vivre à la lyonnaise, il y a longtemps que Réveillère se contente de l'appliquer à chaque apparition sur le terrain. Un modèle de discrétion comme celle qui fait la (sale) réputation des villes bourgeoises et qui ferait sans problème d'Antho le capitaine incontesté du onze type des grands taiseux passés entre Saône et Rhône. C'est cette discrétion cultivée jusqu'à l'effacement qui lui permet de marquer sur cette passe de Grenier qui a besoin de l'intervention divine de Licha pour devenir décisive. Paris peut bien se dire qu'il tient la menace Chantôme. Il a surtout manqué avec Réveillère une vraie menace fantôme.

3. Gueïda Fofana : on en viendrait presque à regretter ce doublé. Parce qu'en vrai, il suffit que Fofana soit aligné pour qu'on lui trouve un genre de classe que le staff lyonnais se refuse à lui reconnaître. La preuve, au coup de sifflet final, Rémi Garde y est allé de sa mine contrariée pour évoquer sa déception d'un match qui a fini par manquer de maîtrise. L'évidence voudrait que les trois buts soient à mettre sur le compte d'un Koné catastrophe. Pourtant, on sait déjà que c'est Gueïda qui ramassera en retrouvant le banc aussi vite qu'il l'a quitté. Pour quelques longues semaines, soit ce qu'il faut pour se rappeler ses passes suffisamment inspirées à la limite de la décisive si Briand ne vient pas tout gâter, ou cette allure qui sent l'assurance du daron quand il faut remettre Monzon sur le chemin de la défense. Après quoi, il ne restera plus qu'à se remettre en quête de cette place qui fuira le grand échalas pas assez relayeur et pas tout à fait récupérateur tant que le milieu lyonnais sera au Max.

4. Clément Grenier : d'abord un paradoxe. Impliqué dans les trois quarts des buts lyonnais depuis le début de la saison, le meneur de jeu n'était jusqu'alors crédité que de trois pauvres passes décisives. Il est reparti d'Israël avec une de plus, pour Réveillère, alors que son ballon était destiné... à Lisandro. Un juste retour des choses, à l'image de cette place dans le Rank'n'OL, qu'il a davantage gagnée pour le vide laissé par sa sortie que pour sa petite heure sur le pré. Mais le bonhomme, indispensable après avoir failli être refourgué à la sauvette à Nice un beau matin du mois d'août, n'est plus un paradoxe près.

5. Fabian Monzon : Rémi Garde n'en fait un défenseur qu'à contrecoeur et il attendra encore un peu avant d'être convaincu, la faute à son mauvais placement sur le premier but. Pourtant, dès qu'il a assimilé les grands revers de la main de son coach, ou même de Fofana, l'incitant à reculer de dix mètres, l'« autre Argentin » est devenu un poil plus sécurisant. Jusqu'à se fendre d'un grand tacle en fin de match sur un contre de Kiryat Shmona ! On se rappellera surtout qu'on nous a vendu Monzon pour sa grosse mine du gauche à son arrivée entre Saône et Rhône. Autant dire qu'après des années Källström décevantes dans ce registre, on appréciera à sa juste valeur ce premier pétard.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #8 – Maxime, beau six]]> text/html fr SO FOOT Quand l'OL donne dans le bon football, il ramasse. Comme quoi, un Lyonnais ne devrait jamais s'ouvrir. A moins que les réputations ne soient pas toujours justifiées. La preuve par Gonalons qui poursuit son œuvre de guide du moment, que ce soit au milieu ou autour des bonnes tables en ville. Ce qui vaut bien un titre de chef de Rank. 7ème journée de Ligue 1 
 Olympique Lyonnais – Girondins de Bordeaux 0-2 Pour Bordeaux : Trémoulinas (65ème), Diabaté (82ème) ]]> 7ème journée de Ligue 1
Olympique Lyonnais – Girondins de Bordeaux 0-2
Pour Bordeaux : Trémoulinas (65ème), Diabaté (82ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Maxime Gonalons : on ne va pas décliner tout que Gonalons a pu faire de bien pendant la partie, de ses interventions dans les pieds adverses aux relances inspirées qui ont permis à la récup' lyonnaise de jouer plus haut que jamais. Défaite ou pas, le grand coup d'éclat du vice-capitaine se situait ailleurs, dans les pages du Parisien où Washing Maxime y est allé de son petit manuel du savoir-vivre à la lyonnaise. Tout y est passé, du doublé de Govou face au Bayern qu'on se repasse à l'infini aux grandes tables du coin qu'on visite comme autant de monuments historiques, jusqu'à cet hommage en grand à l'âme lyonnaise : « Je me méfie un peu des personnes à qui j'ai affaire, mais quand je connais, je m'ouvre. Ça, c'est peut-être un peu lyonnais. » Autant de détails qui comptent bien plus que certaines performances au moment de rentrer dans le Rank. Au point de faire oublier celle-là : Gonalons n'est plus vraiment ce garçon-boucher des débuts qui ramassait facile sa biscotte par partie. Une stat qui le ramène à sa manière aux côtés du grand Max du foot français et vaut bien un titre, même facile, de Maxime beau 6.

2. Steed Malbranque : s'il passe pour le daron de l'équipe, la recrue de la décennie sait aussi vendre de la folie. 22ème : Malbranque tente un dribble à un contre deux, sans soutien, au milieu du terrain. Ça frise la débilité, ça vire au génie après un petit pont suivi d'une superbe passe pour Réveillère. La Ligue 1 n'a pas suffisamment l'habitude de ce cocktail maîtrise technique + prise de risque pour qu'on se laisse influencer par la deuxième mi-temps plus fade de notre Xavi à nous. Et si l'OL a payé cher sa disparition, ce n'est pas un hasard.

3. Lisandro : en voyant ressurgir le 4-4-2 qu'on sait monté pour lui, on s'est souvenu de cette crainte qui faisait parfois passer Licha pour un Pauleta de plus. Soit un type tellement au-dessus du lot que le pas de son équipe finit par se caler sur le sien. En le retrouvant côté gauche, on a compris que le capitaine gaucho valait bien plus que ça. D'abord parce que dans un milieu aussi tempéré que l'Olympique Lyonnais, le supplément d'âme maison peut être renvoyé côté gauche au nom de cet intérêt général auquel Garde donne le nom d' « équilibre ». Ensuite, parce qu'il n'a pas fallu plus de deux matchs à ce même couloir pour redécouvrir les joies du one+one qui coulisse et provoque à merveille, pas tout à fait au niveau des grandes heures du monstre à deux tête Maloudabidal, mais suffisant pour que les types d'en face ne voient plus passer le jeu de leur côté autrement que sur un rush de Trémoulinas.

4. Mahamadou Dabo : ouais, Dabo ressemble au petit frangin venu faire le nombre derrière sur le terrain de hand en béton. Gringalet, le geste à moitié sûr, il a quand même vite gagné le droit de revenir le lendemain soir après l'école. Parce que son (unique) crochet passe toujours et aussi parce qu'il a su se mettre bien avec le boss. Et après ? On peut citer son entente avec Licha ou son apport offensif. Pas suffisant pour expliquer son bail prolongé dans le onze de départ. Sans doute parce que Garde a bien plus confiance en lui qu'en Monzon pour défendre. La preuve ce soir, avec les deux buts bordelais venus de l'autre côté. On ne sait pas si petit frère deviendra grand, mais en attendant, on l'aime bien comme ça.

5. Milan Bisevac : l'OL tombé par terre, c'est la faute à Lovren. L'attaque girondine qui passe le plus clair de la partie le nez dans le ruisseau, c'est la faute à Milan. Transformée en poudrière des Balkans, la nouvelle paire centrale lyonnaise peine encore à trouver les bons réglages. Pour cette fois, c'est le Serbe qui a fait valoir un sens de la défense minimaliste, entre interventions aussi sèches que justes et premières relances envoyée tête haute. On en est toujours là : pour qu'un des deux défenseurs ait droit à la lumière, il faut donc que l'autre marche à l'ombre. Comme si l'art de la guerre promis à la formation du duo ne pouvait se dissocier d'un genre de guerre en particulier : la guerre des nerfs.

C'est pas du Pippo

Bafé Gomis : un match parfait dos au but et des déviations toujours bien senties. Mais Bafé, l'autre grand sacrifié de la loi du milieu, ne résistera pas longtemps à ses multiples échecs face au but. Car si le courage peut se défendre, les statistiques gueuleront toujours plus fort.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #7 – Vercoutre, gardien de l'après]]> text/html fr SO FOOT Il y a des soirs, comme ça, qui sentent le clash, le sabordage, l'envie de tout foutre en l'air. Il faut tenir dans ces cas-là son lot de miracles. Ou, mieux, un quintette qui sait y faire pour sauver le set le plus mal embarqué du début de saison et gagner l'air de rien sa place au Panthéon du Rank'n'OL. 6ème journée de Ligue 1 
 Lille OSC – Olympique Lyonnais 
1-1 Pour Lyon :Lisandro (80ème) Pour Lille : Roux (7ème) ]]> 6ème journée de Ligue 1
Lille OSC – Olympique Lyonnais 
1-1
Pour Lyon :Lisandro (80ème)
Pour Lille : Roux (7ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Rémy Vercoutre : il s'en est fallu d'un rien pour qu'on manque cet improbable remake de Rosemary's Baby, avec Hugo Lloris dans le rôle de Mia Farrow. Une idée de génie quand on y repense, surtout en voyant les monstres que le « meilleur gardien français » a pu enfanter chez ceux qui vivaient dans son ombre ou qui étaient pressentis comme tels. Après Brad Friedel venu lui chiper la vedette avant même son arrivée, c'est au tour de Vercoutre de recaler sur le banc le fantôme d'Hugo en sortant cette prestation type qui devait figurer à jamais comme la marque de fabrique du grand échalas à tête de fouine, celle du gardien qui rapporte des points à son équipe. Mieux, en deux arrêts miracles, Flying Rémy a détourné sur Mendes (44ème) et Payet (57ème) la rengaine du type qui ne pourra jamais faire oublier le monstre sacré qui le précédait au poste – qu'il s'agisse de Hazard ou de Gervinho. En plus du point en Nord, toujours ça de pris.

2. Lisandro : le système adopté par Rémi Garde, et déjà tellement décrié après douze minutes de jeu, ne valait que pour lui. Mais Licha n'est pas le genre de mec qui cherche à ce qu'on lui fasse des cadeaux. Alors il a attendu d'être replacé sur la gauche, un peu loin du but pour penser à planter. Et comment ! Prise de balle, petit pont, frappe de 25 mètres. Certes, Coupet l'aurait sûrement arrêtée. Mais Licha s'en fout, il s'adapte. Coupet ou pas Coupet. Décalé ou pas décalé.

3. Robert Duverne : pendant que le théorème de Réné Girard – trop de fatigue trois jours après un match de coupe d'Europe – permettait au petit cirque du grand foot show de refaire le top 5 des albums de Pink Floyd entre deux retransmissions ce week-end, le préparateur physique historique de l'OL a semble-t-il bien bossé. La preuve : alors que la performance des Lyonnais a été pathétique durant quatre-vingt bonnes minutes, on s'est même pris à croire qu'ils pourraient l'emporter sur la toute fin. L'autre Bob D. de légende n'a peut-être pas été retenu pour le prochain Nobel de littérature, il n'en jubilait pas moins, toujours accroché à son chrono. Si l'on ajoute à cette maîtrise du temps le fait qu'aucune blessure musculaire ne soit à déplorer depuis le début de la saison, Robert Duverne marche sur l'eau. Ne manque plus qu'il remette Gourcuff en selle et c'est un autre Nobel qui lui tendra les bras : celui de médecine.

4. Dejan Lovren : c'était il y a une semaine et Alex Dupont lâchait dans un soupir : « Je ne vois pas beaucoup d'équipes prendre des points contre l'OL à Gerland. » Histoire de ne pas contredire le coach à la moto, Rémi Garde a consenti à se passer de son milieu de terrain en première période. Comme ça, pour voir comment ça faisait de jouer sans sa triplette Gonalons-Malbranque-Grenier, la plus prometteuse du moment – et pas loin d'être la plus étanche – avec celle du milieu parisien (Veratti-Matuidi-Chantôme). Si Garde a pu maintenir son expérience au-delà du raisonnable, soit un peu plus d'une mi-temps, il le doit en grande partie à Lovren, revenu en deux apparitions dans un rôle de daron en chef. Aussi à l'aise dans ses relances que précis dans ses interventions, le Croate a maintenu sa ligne de défense à flot et semble confirmer tout le bien que Lacombe a pu voir en lui – un genre d'Edmilson, mais en mieux. A moins qu'en comparaison, la prestation plus poussive de Bisevac ne parvienne à rendre plus brillante qu'elle ne l'est celle de son compère de la défense – après Koné trois jours plus tôt, Lovren face au LOSC donc. Façon de rappeler le Serbe à son métier plutôt qu'à ses déclarations d'intention tweetées à chaque veille de match : « Faites un match de foot, pas la guerre ! »

5. Mouhamadou Dabo : OK, il y a eu quelques trous d'air dans son dos. OK, sa relation technique avec Malbranque en première période n'a pas éclipsé le souvenir du duo Abidal-Malouda. Mais quand même : quand tous les supp' lyonnais souffrent, c'est toujours Dabo qui ramasse. Et ce n'est pas une image : une nuit en observation à Saint-Luc-Saint-Joseph après le match contre le Sparta, puis une titularisation quarante-huit heures après sa sortie célébrée par un tacle de Pedretti, les deux pieds décollés et par derrière, avec une lèvre en sang. Et quand tous les supp' lyonnais rigolent, c'est encore lui qui ramasse, mais là c'est une image : une poche de glace sur la tête après son remplacement par Monzon . Dur au mal et capable de faire quelques différences balle au pied, inesthétique mais efficace, Dabo s'impose comme l'anti-Fabio Grosso. Et donc comme un vrai symbole de l'ère actuelle.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #6 – Grenier, maison de passes]]> text/html fr SO FOOT L'OL retrouve la petite coupe d'Europe. C'est pas vraiment la grande classe, mais tant que ça reste Rank'n'OL... 1ère journée d'Europa League 
 Olympique Lyonnais – Sparta Prague
 Pour Lyon : Gomis (59ème), Lisandro (62ème) Pour Prague : Krejci (77ème) …]]> 1ère journée d'Europa League
Olympique Lyonnais – Sparta Prague
Pour Lyon : Gomis (59ème), Lisandro (62ème)
Pour Prague : Krejci (77ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Clément Grenier : il y avait deux bonnes raisons d'envoyer Grenier en tête de cette première européenne du Rank'n'OL. La première, objective, tient dans la prestation classieuse du meneur, qui n'en finit plus de décomposer l'art de la passe à travers sa gestuelle toujours plus irréelle. La seconde, plus subjective, qui l'amène à être raccord avec cette règle partagée en ville : être suffisamment brillant pour plaire à son monde, mais pas trop spectaculaire non plus pour rester un secret bien gardé des seuls Lyonnais. Voilà pourquoi il faudra penser à remercier chaleureusement Bafé Gomis d'avoir trafiqué les stats en ne concrétisant qu'une seule des quatorze passes décisives envoyées par Grenier qui peut rester, au vu des stats officielles, un passeur comme les autres.

2. Maxime Gonalons : pour le moment, Vercoutre prend moins de buts que Lloris. Et ce bon départ dans la peau du titulaire, Rémy le doit d'abord à son milieu. Toutes les réussites lyonnaises passent par là, des belles inspirations de Grenier au retour miracle de Malbranque. Il y a aussi le plus fidèle abonné au Rank, Gonalons. Une fois de plus, le gaillard a fait le boulot sur ses qualités – interventions à la limite de la brutalité, relances audacieuses, basculements bien sentis. Surtout, il a su rester fidèle à cette éthique soufflée par Toulalan un soir de coup d'éclat du côté d'Anfield : « Max est un garçon qui est toujours à l'écoute. » Une façon comme une autre d'annoncer la facilité de Washing Maxime à jouer de la complémentarité avec ceux qui l'entourent. Ce qui fut le cas une fois de plus ce soir à Gerland.

3. Steed Malbranque : son plus mauvais match depuis le début de la saison. Une performance qui aurait tout de même soulevé une vague d'enthousiasme si elle avait été réalisée par Yoann Gourcuff. Alors il faut savoir remettre les choses à leur place. Et pour ça, dorénavant, on sait à qui s'adresser.

4. Lisandro : certains supporters ont beau se laisser aller à la tentation nostalgique, le Rank'n'OL ne saurait se limiter à ce seul horizon. Sans quoi, il aurait fallu accorder une place dans le quarteron de tête à Gomis pour avoir exhumé la tétine de Fred qui est à Gerland ce que la gourmette de Mickaël Madar est au Parc des Princes. La soirée nous a pourtant rappelé que ramener une émotion du fond du slibard ne suffira jamais à venir à bout de cette réalité implacable : la classe d'écart qui sépare Licha de Bafé. Même relégué dans une position qui le condamne à ne rentrer dans la surface qu'à deux reprises dans la partie – dont une pour marquer –, le capitaine gaucho reste irremplaçable jusqu'aux marges du terrain. La preuve avec Monzon qui aura surtout servi à regretter la sortie du divin barbu.

5. Bakary Koné : une belle élégance naturelle et un football laborieux. Koné a réussi a être l'antithèse parfaite de Lionel Messi. Et on a forcément plus de respect pour ça que pour toutes les pâles copies du nain blaugrana. Si le barème du Rank'n'OL ne lui est pourtant pas favorable – et il n'y est pas pour rien non plus –, on n'allait pas laisser passer une chance, peut-être unique, d'intégrer le pivot de la défense au cinq majeur. Pour le coup, intraitable de la tête comme dans ses tacles, et profitant d'un milieu disponible au moment de relancer, il ne l'aura pas volée.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #5 – Malbranque, l'école normal' sup']]> text/html fr SO FOOT Un défenseur qui marque, un attaquant qui se bat, un passeur qui se fait plaisir, un rustre qui régale. Et un type normal qui fait sens. Quand tout devient fou, il en faut bien un qui raisonne. Ouais, comme dans un bon vieux Rank'n'OL. 5ème journée de Ligue 1 
 Olympique Lyonnais – AC Ajaccio Pour Lyon : Lovren (25ème), Lisandro (75ème) ]]> 5ème journée de Ligue 1
Olympique Lyonnais – AC Ajaccio
Pour Lyon : Lovren (25ème), Lisandro (75ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Steed Malbranque : il y a la règle, celle qui veut qu'un joueur mette en moyenne entre trois mois et une saison pour poser son empreinte sur le jeu lyonnais. Et puis, il y a les exceptions. On n'en connaissait jusque-là que deux : Jérémy Toulalan et son fameux « quart d'heure pour s'imposer » – entre autres formules cultes lâchées par Houllier –, et Tiago dont le temps pour ravir Gerland a été inversement proportionnel à celui nécessaire pour se remettre de son départ – pour peu que l'on s'en soit jamais remis un jour. Depuis deux semaines, il faut compter une exception de plus : Malbranque qui n'a pris que vingt minutes pour avoir droit à la reconnaissance du chœur des tribunes. Face à Ajaccio ? On a regardé le chrono : vingt-quatre minutes. Une façon comme une autre de mesurer une performance un brin moins flamboyante que la première, la faute sans doute à l'effet de surprise qui ne peut plus opérer, à ce jeu davantage tourné vers le registre défensif aussi. Pourtant, on n'en revient toujours pas de ces retrouvailles heureuses à chacune de ses récupérations, de ses relances franches comme l'or, autour de cette passe décisive qui envoie Licha au but ou de ces histoire de courses célébrant un autre retour en grand, celui de la classe moyenne : « En Angleterre, j'allais faire mes courses. Ici aussi ! On est des mecs normaux… » (L'Equipe) Un mec normal, on veut bien. Surtout tant qu'on pourra continuer à convoquer son alter ego, le joueur supérieur. Normalement supérieur.

2. Dejan Lovren : « Lovren is the air / Everywhere I look around. » Maître des airs derrière et donc devant, le grand revenant, qui n'avait pas joué depuis avril, a célébré sa toute récente paternité avec Gerland, ravi surtout de voir (enfin) une vraie défense. De la paire serbo-croate qui en fait fantasmer plus d'un, à coup d'estampille « guerriers » accolée en dépit du bon goût, on a surtout vu le Croate, présent physiquement, précis dans ses interventions et entraînant pour ses coéquipiers. Suffisant certes pour situer Bisevac un cran en dessous. Mais pas pour se remettre à jouer les sales gosses pourris gâtés, prêts à oublier ce qu'ils doivent à leur nouvelle paire en place : pas de but encaissé – une première à domicile depuis près d'un an –, Réveillère et Gonalons enfin libérés et ce coup de tronche jubilatoire.

3. Clément Grenier : samedi soir, le petit récital de Camel Meriem avait un air de mélodie du bonheur. Celle du type tout à sa joie de savoir que Grenier ne viendra jamais jouer pour le Gym'. En vrai, Meriem n'est pas le seul type heureux. Car Grenier est à la passe ce que Ben Arfa est au dribble : pas mal de déchet, mais suffisamment de fulgurances pour faire basculer une rencontre. Hier, il a donc délivré peu ou prou sa 87ème passe décisive de la saison. Mais il a également prouvé qu'il n'était pas monomaniaque, y allant de ses gestes classieux bien plus compatibles avec une pub Adidas qu'une sobre offrande. On retiendra cette délicieuse frappe en rupture, finalement claquée par Ochoa, que Carrière, Dhorasoo et tous les artistes au shoot d'enfant avaient vu venir avant les autres. Voir avant les autres : l'air de rien, on tient peut-être là le secret de Clément Grenier. Et un peu de son drame aussi.

4. Maxime Gonalons : quelques balles perdues, duels compliqués et autre glissade en deuxième mi-temps en ont sans doute fait tiquer plus d'un. N'empêche, sans Gonalons, pas de Malbranque ou de Grenier. Car Washing Maxime ne se contente plus des seules basses œuvres pour montrer chaque jour davantage qu'il est tout à fait capable d'assurer la distribution, y compris dans le jeu long. Pas encore du Diarra Djila '06, mais déjà mieux que du Diarra Alou '06, '07', '08, '09. Et la suite ? L'éthique du Rank'n'OL nous oblige à refuser toute forme d'acharnement gratuit. Dont acte.

5. Bafétimbi Gomis : on le sentait venir, peut-être pas si tôt. Pourtant, c'est officiel, le 4-3-3 est bien de retour dans la maison lyonnaise. La preuve, le meilleur attaquant de la soirée n'a pas marqué. Pas faute d'avoir essayé : contrôle orienté dos au but, déboulé un rien barré d'un bout à l'autre du terrain ou tête plongeante, tout y est passé. Et comme tous ceux qui s'y sont collés avant lui, de John à Fred en passant par Milan, c'est dos à la défense adverse que s'est joué l'essentiel de sa composition, celle si particulière des grands attaquants pour 4-3-3, types qui ne doivent pas marquer plus que les autres pour que les gars du milieu puissent briller. Pour que la performance puisse s'apprécier à sa juste valeur, faut-il encore que les autres soient à la hauteur. Au risque de devoir s'en remettre à ce genre d'expédient qui faisait office la veille encore de repoussoir chez Rémi Garde : « La culture de ce club n'est pas de se mettre tous derrière et de contrer. » On a beau cherché, on n'a pas trouvé meilleure description du but de Licha (75ème). Un point de plus pour Gomis donc, pour avoir eu le bon goût de se tenir en retrait de l'action, se rappelant sans doute que lorsque les vrais attaquants marquent, c'est le 4-3-3 qui trinque.

Types en question

Lisandro : la question qu'on s'est posée à la 70ème minute : à quoi ça sert de laisser Licha sur le terrain, si ce n'est pour obliger Dabo à monter le moins possible ? La réponse de l'Argentin à la 75ème minute : à rester le type le plus décisif sur les trois secondes du match où il a pu évoluer seul à la pointe de l'attaque. Licha est bien le roi de la stat'.

Rémi Garde : ce n'est pas à son coaching gagnant qu'on devrait juger la qualité d'un entraîneur, mais davantage à l'épaisseur du coaching en question. On peut ainsi en trouver trois à celui opéré par Rémi Garde face à Ajaccio. D'abord, maintenir le résultat en l'état en faisant entrer des joueurs aux qualités plus défensives (Briand, Mvuemba, Monzon) que les sortants (Grenier, Bastos, Lisandro). Mêler ensuite les dernières recrues (Mvuemba, Monzon) aux affaires du moment pour leur première apparition dans le groupe. S'appuyer enfin sur un groupe élargi en vue d'une période à haute intensité (6 matchs en deux semaines). Gérer la fin de partie pour mieux préparer la suite : c'est à ce genre de savoir-faire qu'on renifle l'entrée imminente dans l'autre saison lyonnaise, celle d'Europe.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #4 – Need for Steed]]> text/html fr SO FOOT Un retraité, un rattrapé, un reconsidéré, un recalé et un retrouvé : l'OL qui a battu Valenciennes n'aurait jamais dû ressembler à ça. Et on l'aurait regretté. Pour la glorieuse histoire du Rank'n'OL. 4ème journée de Ligue 1 
 Olympique Lyonnais – Valenciennes 3-2 Pour Lyon : Bastos (18ème), Gomis (22ème), Grenier (66ème) Pour Valenciennes : Gil (12ème), Pujol…]]> 4ème journée de Ligue 1 

Olympique Lyonnais – Valenciennes 3-2
Pour Lyon : Bastos (18ème), Gomis (22ème), Grenier (66ème)
Pour Valenciennes : Gil (12ème), Pujol (76ème)


Notes : la grille d'éval'



1. Steed Malbranque : c'est une histoire comme on en vit parfois au niveau départemental. Celle du gars qui a repris une licence « pour dépanner » et dont le président, qui l'a bien connu à l'époque où « c'était un super », dit aux jeunes sceptiques : « Il a un peu pris, mais il a du ballon le salaud. » Une expérience à l'évidence peu transposable à haut niveau dans le foot moderne. Et pourtant, Steed Malbranque, revenu onze ans plus tard à Gerland après un an d'inactivité, a réussi la meilleure prestation individuelle de ce début de saison en Ligue 1. Il n'a pas, comme on dit dans le jargon, donné une leçon de football. Il a été le football : le football simple, avec des passes rapides en première intention, le football plus sophistiqué, avec, au hasard, deux petits ponts, le football intelligent et le football courageux. Sans parler de la caution « j'ai planté Saint-Étienne l'an dernier à 24 heures de la fin du mercato ». Un épisode que Gerland a trouvé suffisamment savoureux pour justifier le bruyant hommage des tribunes après 20 minutes de jeu. Un feu de paille peut-être, mais qui tiendra chaud un moment.

2. Clément Grenier : c'est vrai que la tentation était grande de croire au retour du paradis perdu de l'OL, jeu en 4-3-3 accords et belles arabesques. Un nouvel OL ? Rémi Garde a coupé court après match : « L'OL, tout simplement. » Comprendre par là un jeu moins romantique qu'il n'y paraît et toujours plus rationnel. Un jeu qui consacre un geste, celui des types qui doivent penser plus vite que les autres : la passe. La plus efficace, la dernière ou presque si possible. Après en avoir envoyé deux ou trois il y a quinze jours, Grenier a remis ça : une fois pour Bastos qui a marqué, une autre pour Lacazette qui a récolté un pénalty. Le risque ? Minime, si ce n'est celui de vouloir aller trop vite et de perdre quelques bons ballons – ce qui fut le cas des tous premiers. Après, il reste la frappe, à mi-hauteur, qui vient faire but. Plus la peine alors de s'embarrasser avec ce jeu à mille passes, cette marque Barça qui devrait s'imprimer partout ailleurs. Lui préférer le jeu à l'économie, réduit au strict nécessaire. Grenier, tout simplement.

3. Maxime Gonalons : ses deux placements hasardeux sur les deux buts de VA auraient pu faire de l'ombre à sa prestation. Mais ça, Max s'en fout parce que, ce qu'il préfère, c'est l'ombre justement. D'ailleurs, on ne connaît rien de mieux pour faire briller le milieu comme ce fut le cas cette fois à Gerland. Allez demander à Pirlo ou à Zidane ce qu'ils doivent à Gattuso ou à Makélélé. Forcément, dans un club qui a vu passer ces dix dernières années la plus belle collec' de n°6 de Ligue 1 (Diarra, Toulalan), on a fini par prendre la mesure de ses prestations. D'abord en lui refilant ce brassard de capitaine qui lui va bien – déjà un trophée soulevé et aucune défaite en tout juste trois matchs. Ensuite, en l'écoutant parler comme il joue : « La saison dernière, on a encaissé trop de buts. Il fallait y réfléchir. » (Le Progrès) A le voir assurer ses récupérations debout, se ramener comme il faut quand ça commence à chauffer, trouver le bon tempo pour remettre le jeu à l'endroit, on a compris : Washing Maxime y a bien réfléchi. De l'ombre, de la sueur et des neurones, soit juste ce qu'il faut pour avoir droit au titre de secret le mieux gardé de l'Olympique Lyonnais.

4. Anthony Réveillère : on a les héros qu'on mérite. Mais le mec discret, pas spectaculaire, même pas sympathique, qui va encore faire une saison de haut niveau après s'être fait recaler par les médecins du PSG, on s'y attache. Et a priori, on n'est pas les seuls puisque Deschamps a convoqué le bonhomme pour les matchs qualificatifs de l'équipe de France. Et on aura encore plus raison d'y avoir cru quand Paris n'aura pas trouvé de solution pour ses latéraux et que Debuchy sera en voie de faubertisation. On a les héros qu'on mérite, mais on mérite aussi les héros qu'on a.

5. Michel Bastos : d'un côté, Docteur Michel, joueur rare qui sent le foot comme seuls les « dinosaures » savent encore le faire, capable sur un geste de sortir l'OL d'une partie mal embarquée, avec pour troisième but en trois matchs un monument de finesse. De l'autre, Mister Bastos, jamais loin de redevenir cette recrue lilloise comme les autres : suffisamment inconstante pour voir sa valeur se diluer un peu plus et appeler de nouvelles destinations improbables en guise de suite pour sa carrière. Entre les deux, Michel Bastos. Soit une certaine idée de la classe moyenne à la brésilienne. Suffisamment supérieure pour faire l'affaire une saison de plus.

Grands caciques

Rémy Vercoutre : le « nouveau » gardien de l'OL est quand même là depuis dix ans et sa connaissance parfaite du groupe fait sa force. La preuve : il était le seul à avoir compris que l'équipe n'était bonne que dans la réaction. En la mettant dos au mur dès la 11ème minute, il lui laissait largement le temps de se refaire. Hugo sauvait. Mais Rémy savait.

Cris : la prestation de Malbranque comme celles, moins inoubliables, de Bisevac et de Koné sonnent comme un message d'espoir pour le Policier. Oui, les compos ESPN Classic ont plus que jamais un avenir à Lyon.


Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #3 – Ce chien de Garde ]]> text/html fr SO FOOT Il y a les chiens fous, ceux qui disent « Non, c'est toi qui raccroche », ceux qui tentent des expériences capillaires et ceux dont on attend qu'ils soient des chefs de famille un peu vite. Et il y a toujours ce modèle de grand frère qui fera tiquer les parents. Les soirs où l'OL fait sa crise d'adolescence, c'est pas beau à voir. A moins d'avoir le Rank'n'OL dans le sang : « Teenage kicks through the night ! » 3ème journée de Ligue 1 
 Evian TG – Olympique Lyonnais 1-1
 Pour Evian TG : Barbosa (57ème) Pour Lyon : Bastos (74ème) ]]> 3ème journée de Ligue 1 

Evian TG – Olympique Lyonnais 1-1

Pour Evian TG : Barbosa (57ème)
Pour Lyon : Bastos (74ème)


Notes : la grille d'éval'


1. Rémi Garde : ce n'est peut-être pas encore « notre Guardiola à nous » – ou du moins pas comme vous l'entendez –, mais un gardien du temple, ouais. C'est ce qu'est venu rappeler le Duluc du jour dans L'Equipe, explicitant cette confidence au sujet de Grenier qu'on avait laissée passer jeudi en conf' de presse : « Clément est un joueur qui est non seulement identifié au club, mais également à la politique que l'on veut mettre en place. Je l'ai réaffirmé au président, et je n'ai pas besoin de la blessure de Yoann pour cela. » Pas question de sacrifier l'identité maison et les principes de jeu qui vont avec pour une fin de mercato nerveuse. Et une façon à peine détournée de marquer son territoire à l'heure où il faut mener une nouvelle mission, non plus de réconciliation mais de construction. Sans meneur, difficile de faire marcher pour autant ses hommes en 4-2-3-1 avec Lacazette à la baguette et Licha lâché côté gauche. Un coup de coaching suffira pour cette fois. Pour sauver l'invincibilité en cours et convaincre un peu plus la voix de son maître de rallier la sienne, de voie.

2. Michel Bastos : avant de partir, Michel le bien nommé a décidé de laisser sa trace sur la VHS du Best Of de la saison de Ligue 1. Il a surtout décidé de laisser des regrets aux supporters lyonnais. Déjà parce qu'ici on ne marque pas un coup franc sans soulever un certain émoi. Et que des yeux humides après ce but contre Troyes pourraient faire croire qu'on s'est mal compris. Hé ! Fabian Monzon, t'as intérêt à d'en avoir dans le chausson parce que tu n'arrives déjà plus en terrain conquis.

3. Hugo Lloris : pour ceux qui ne le sauraient pas, sa nouvelle coupe de cheveux est un standard très connu des Lyonnais, sous l'intitulé « l'aîné d'Ainay » – comprendre par là ce grand dadais des familles qui peut parader les jours de canicule en polo saumon et mocassins à glands, pamphlet de Mauras en vue histoire qu'on le situe bien sur la scène punk locale. Pas suffisant pour gratter quelques points supplémentaires à l'indice Lacombe. Du coup, Hugo a fait comme d'hab' : assurer la paire de sauvetages (29ème et 50ème) qui font gagner deux points à son équipe – ceux qu'elle aurait dû perdre – et consolider sa valeur autour des 20 millions d'euros sur le marché des transferts. Soit toujours plus près de Lyon.

4. Maxime Gonalons : sale temps pour les milieux. En l'absence de meneur de métier, Max a dû jouer les utilités un peu partout, au risque de se retrouver nulle part. Quelques sauvetages ric-rac ou des relances plus hasardeuses ne suffisent pas à masquer cette réalité du moment : élevé au rang de capitaine – cette fois après la sortie de Lisandro –, le garçon ne sait pas perdre. Bien sûr, il y aura toujours un Capoue pour être plus hype, un M'Vila pour être plus surdoué, voire un Toulalan pour être un secret encore plus sous-estimé. Pourtant, aucun de tous ceux-là ne sait y faire comme Max pour s'entendre avec son compère du moment. Surtout quand la complicité avec Fofana rappelle quelque chose du duo Petit-Vieira du premier Arsenal de Wenger. Ce n'est pas encore une grande nouvelle pour le foot français – et ce ne le sera peut-être jamais. Gonalons n'en reste pas moins une formidable raison de se passionner pour les petites et grandes affaires du milieu lyonnais.

5. Sidney Govou : on pourra toujours se demander ce que tu fous à Evian, ou à Thonon, ou même à Gaillard. Tu nous répondras que c'est toujours mieux qu'un Smic en Grèce. De toute façon, on sait bien que t'es en ville tous les quatre matins. Peut-être pas autant que le voudrait la légende, mais tu sais bien qu'on n'est jamais tout à fait lyonnais tant qu'on n'a pas « vu Govou en boîte l'aut' soir. » Non pas que tu vieillisses, puisque t'es éternel. La preuve, t'as rejoué au foot alors que tout le monde pensait que tu n'aurais jamais le courage de revenir. Sauf que t'es encore plus pro que fêtard et que l'ovation que t'as reçue à ton entrée sur la pelouse restera quoiqu'il arrive l'un des moments les plus chouettes de la saison. T'aurais même pu marquer, mais t'as eu le bon goût de t'abstenir. La classe. Passe un coup de fil à l'agent de Steed Malbranque, on sait jamais.

Les gars sortis du Rank'

Les BG 87 : quelques heures avant le match, on s'inquiétait de la fin annoncée des Ultras en Ligue 1 . Il n'en fallait pas plus pour qu'Alexandre Ruiz se décide à venir aux nouvelles, peut-être plus Tintin que reporter au goût des Bad Gones : « Allez, casse-toi avec ton micro de merde ! »

Bakary Koné : la vanne qui a le plus circulé l'an passé : les défenseurs qui se sont relayés n'ont jamais été aussi mauvais que lorsqu'ils se sont retrouvés associés à Koné au centre. Jusqu'à se féliciter de la présence du Général, comme ce fut une fois de plus le cas face au naufrage progressif de Bisevac. Génie.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau



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<![CDATA[Rank'n'OL #2 – Vie de Grenier ]]> text/html fr SO FOOT Drôle d'été à Lyon. Meurtrier pour le genou droit de Gourcuff. En remonte-pente pour les « dinosaures » de la veille qui font de Gerland leur plus beau jurassique parc. A la sauvette pour les gars promis à la charrette. Preuve que les départs en fanfare supportent pas si mal les jours de foire. So Rank'n'OL ! 2ème journée de Ligue 1 Olympique Lyonnais – Troyes 4-1 Pour Lyon : Gomis (51ème), Michel Bastos (66ème), Lisandro (88ème), Gomis (90+2ème) Pour Troyes : Bahebeck…]]> 2ème journée de Ligue 1
Olympique Lyonnais – Troyes 4-1
Pour Lyon : Gomis (51ème), Michel Bastos (66ème), Lisandro (88ème), Gomis (90+2ème)
Pour Troyes : Bahebeck (47ème)


Infographie : le classement

Notes : la grille d'éval'

1. Clément Grenier : c'est un peu l'histoire de ce début de saison, celle des gars pressentis pour servir de monnaie d'échange et qui finissent par rappeler qu'ils valent un peu plus que la classe moyenne, trop moyenne qu'on leur attribuait la veille encore. Condamné par le retour en grâce de Yoyo, Grenier profite du destin qui s'acharne sur le meneur de jeu en titre pour coller son double-double à lui : trois passes déc' et demi sur les quatre buts enfilés. Une performance raccord avec l'éthique du garçon : « Certains sont capables d'éliminer sur un contrôle, moi c'est la passe. » Surtout, un message envoyé à JMA : les années de formation passées à admirer en secret Tiago vaudront toujours plus qu'une place en charrette pour ramener un sous-Taiwo de la Côte.

2. Benjamin Biolay : alors que la critique s'apprête à s'enflammer pour son prochain album, La Vengeance (sortie prévue en novembre), Benji squatte le plateau d'OLTV en mode ultra Biolay. Un prono rien que pour aller à contre-courant du triomphe annoncé des Parisiens : « Je sais pas pourquoi, mais je sens qu'on va faire une Montpellier cette saison. » Une vanne aux allures de flagrant délit d'initiés : « Je suis là pour remplacer Serge Collonges. » Et cette punchline trop parfaite pour ne pas être so OL' dirty bâtarde : « Je ne jouerai jamais à Saint-Etienne. Maintenant, c'est trop tard. En même temps, pourquoi y aller quand tout me dégoûte dans cette ville, rien qu'au niveau esthétique. Je suis désolé pour les gens qui sont nés là-bas, hein… Même si je me dis que ça ne doit pas être facile pour eux. » Et si le dandy chanteur incarnait la seule façon d'être à la hauteur du club qu'on supporte : détesté pour de mauvaises raisons, adoré pour d'autres qui ne le sont pas moins. Ouais, Biolay est une bonne raison d'être insupportable.

3. Gueïda Fofana : en 2016, il sera le capitaine de l'équipe de France pour l'Euro ; ou alors il signera à l'US Orléans, en National, pour se relancer après une saison galère à Ipswish Town. Si une bonne partie de son destin de Gueïda Fofana se joue cette année, le rendement de l'OL 2012-2013 dépendra encore plus de ses performances au poste de relayeur. Corgnet ou pas. Parce qu'il devra soulager une défense au passé notoirement connu, venir en soutien à une attaque dont on ignore l'avenir et même apporter une dose de charisme à un groupe qui en manquait cruellement. Voilà, Fofana tient les clés de la maison, qu'on s'en réjouisse ou non. S'il n'est qu'une racine carré de Steven Gerrard, le Havrais a démontré contre Troyes avec son enchaînement tacle décisif dans sa surface + passe parfaite pour Gomis dans l'autre (18ème) qu'il pouvait être le milieu box-to-box qui donne un supplément d'âme à une équipe. Pour tout ça, il mérite qu'on croit en lui. Et puis aussi parce qu'on n'a pas vraiment le choix.

4. Bafétimbi Gomis : une première période passée au bord du désastre (3 d'indice Juni) et une seconde aux allures de rédemption modèle (9 d'indice Juni). En bref, un aperçu de la carrière lyonnaise de Bafé, qui doit en passer par les sorties en eaux troubles avant d'obtenir son pass pour le sauvetage express. On pourrait croire au miracle comme semble les apprécier celui qui occupe la première place au classement des plus gros brûleurs de cierges à Fourvière. On préfèrera plutôt y voir une autre idée, celle du joueur le plus convaincant du moment lorsqu'il s'agit d'occuper la pointe de ce 4-2-3-1 nouveau genre.

5. Michel Bastos : mauvaise volonté, négociations salariales, procédures administratives émiraties, Ramadan, etc. Si l'on n'a jamais vraiment compris pourquoi l'ailier brésilien allait signer à Al-Aïn en pleine force de l'âge (29 ans), on savait encore moins pourquoi il était encore là le 18 août. C'était donc pour marquer le plus beau but de la saison en Ligue 1. Mais également pour faire douter ceux qui s'agaçaient de ses performances inégales et de sa très relative implication sentimentale envers « l'Institution » et qui n'avaient qu'une seule certitude en cette trouble période de mercato : le départ de Bastos était une bonne chose. On n'ose imaginer le degré de perturbation général si Aly Cissokho venait à réussir un centre.

A suivre…

Milan Bisevac : même pas besoin de stage d'intégration pour se faire une place dans les cœurs, entre la séquence câlins avec Umtiti à l'échauffement et les sentences définitives envoyées sans ciller : « Lyon est un grand cloube ! » Pour Milan, bises en vrac.

Rémi Garde : au-delà de son coaching, on retiendra surtout la phrase de l'année du pourtant ascétique entraîneur lyonnais : « C'était difficile de regarder le match sans avoir envie de boire. » Certes, il faisait référence à la chaleur caniculaire de ce samedi après-midi. Mais les amateurs de bière et de foot l'ont forcément entendu d'une autre oreille. Et plus encore les Lyonnais qui ne comptent plus, depuis quatre ans, ces soirées de désarroi qu'il a bien fallu noyer.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau

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<![CDATA[Rank'n'OL #1 – Des hommes de valeurs ]]> text/html fr SO FOOT Réveillère qui fait les choses en grand pour son jubilé, Domenech en ultra dans tous ses états, Gourcuff qui veut nous faire croire que c'est du sérieux, Briand de plus en plus footballeur et de plus en plus lyonnais, et Gonalons qui possède les clés de la DeLorean : on tient la toute première promo du Rank'n'OL. 1ère journée de Ligue 1 Stade Rennais – Olympique Lyonnais 0-1 (Gourcuff, 15ème) Infographie…]]> 1ère journée de Ligue 1
Stade Rennais – Olympique Lyonnais 0-1 (Gourcuff, 15ème)

Infographie : le classement

Notes : la grille d'éval'

1. Anthony Réveillère : un type prêt à partir pour jouer les doublures de Jallet et sauver l'institution méritait déjà reconnaissance éternelle. Mais partir sur un match de très haut niveau – alors que la défense du PSG prend l'eau de toute part pendant ce temps-là –, c'est la grande classe. Maîtrise de Pitroipa, couverture de sa défense centrale en bonus, interceptions, relances propres et appels, à l'image de sa participation au but 100% made in Rennes : le tenancier du Purple a démontré qu'il ne sait pas faire autrement que d'être bon. Au fait, comment on dit « irréprochable » en serbe ?

2. Raymond Domenech : un tweet pour allumer la mèche : « Retour au parfum de la Ligue 1 à Rennes ce soir. J'y suis pour voir l'OL. » OK, mais quelle mèche ? Celle qui ramène les souvenirs en vrac : le gone des Etats-Unis, le gaillard qui chauffe comme personne le Chaudron les soirs de Derby, l'entraîneur qui sort l'OL des limbes de la D2 ou le mentor attentionné de Rémi Garde. Voilà pour les histoires qui continuent d'alimenter, même à distance, le lien entre Ray et Lyon. Pour le reste, la victoire sans trembler nous rappellera que le premier provocateur de France n'est jamais aussi fort que lorsqu'il est là. Surtout s'il ne coache pas ? N'insultons pas l'avenir…

3. Yoann Gourcuff : s'il fonctionne à l'amour, l'ex-successeur de Zidane, Rui Costa et Juninho risque de ne bientôt plus toucher terre. Tous ceux qui ont su faire preuve de mansuétude deux années durant sont prêts à exulter : « Tu vois, je t'ai toujours dit qu'il reviendrait. » Mauvaise foi ou pas, le modèle vient toujours d'en haut. Et en haut, on veut croire au(x) miracle(s). L'histoire sera peut-être sans lendemain, mais cette amourette d'été (Bernard Lions ©) vaut le coup d'être vécue.

4. Jimmy Briand : après avoir fêté son retour en sélection chez son « swag » de coiffeur à Vaux-en-Velin, Jimmy a remis ça Route de Lorient en envoyant passe déc' et occasion manquée. Dans le genre, on n'est pas loin du sans faute. Jusque dans les duels foirés et les débordements qui s'embarquent au hasard. Autant de détails qui font la différence à l'heure des comptes, en plus de confirmer un rôle bien plus précieux qu'il n'y paraît : celui du type taillé dans le rank.

5. Maxime Gonalons : la veille encore, Bernard Lacombe s'emmêlait dans ses compos, anticipant avant l'heure un retour au 4-3-3. Il n'en fallait pas plus pour que Washing Maxime rajoute à la confusion. Confirmant la belle complémentarité aperçue avec Fofana – à toi l'orientation du jeu, à moi les relances à travers les lignes –, le néo-capitaine a même trouvé le moyen de mêler Gourcuff aux petites combines du milieu. Et quand, en plus, le reste de la performance conforte sa défense à coups de récup' dures sur l'homme, de fautes vicelardes et de replacements bien sentis, on se dit qu'on n'est pas loin de tenir un genre de Sergi Busquets à nous. Enfin, si la Ligue 1 le veut bien.

Mentions spéciales du jury

Cris : « Attention à Cris ! Je connais bien le garçon et je l'ai vu se préparer comme jamais… » Bernard Lacombe, un prophète.

Benoît Pedretti : malgré la discrétion du bonhomme, difficile d'oublier son passage entre Saône et Rhône. Pour trois raisons : 1. une sentence suffisamment définitive envoyée au milieu à trois des années de domination, à même de figurer sur le fronton du OL Of Fame : « C'était trop fort pour moi… » ; 2. la dernière brosse en activité, hommage secret au carré militaire Coupet-Laigle-Violeau-Delmotte ; 3. et ce but décisif hier soir à Geoffroy Guichard. Un cheap type.

Bernard Lacombe : vendredi soir, on l'attendait sur OL TV dans l'idée d'en savoir plus sur les rumeurs de mercato. Ce qu'on a surtout retenu, c'est ce secret d'alcôve qui en a remué plus d'un : Tiago qui appelle Rémi Garde en début de saison dernière pour demander à revenir.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau

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<![CDATA[Rank'n'OL – Présentation ]]> text/html fr SO FOOT Parce qu'une performance ne se réduit plus à une ligne de stats, parce que celles de l'OL se saisissent aussi bien sur et hors du terrain, les blogs OL' Dirty Bastards (So Foot) et La 89ème Minute (Rue89 Lyon) s'associent pour lancer un Power Ranking d'un genre inédit. Let's Rank'n'OL ! Une nouvelle saison de l'OL est en train de s'ouvrir. Une saison de plus à scruter les résultats de l'équipe, à disséquer les performances de chaque joueur, à tordre chaque citation pour en…]]>

Une nouvelle saison de l'OL est en train de s'ouvrir. Une saison de plus à scruter les résultats de l'équipe, à disséquer les performances de chaque joueur, à tordre chaque citation pour en révéler le sens secret. Une saison où l'on cherchera aussi à s'emporter pour tous ces gestes, attitudes et réflexions qui sauront faire écho à ce qui constitue l'OL sur le terrain comme en dehors.

Autant de raisons qui ont poussé à imaginer cet OL Power Ranking. Restait encore à en établir les critères de façon raisonnée, sous la forme d'une note-somme rendant compte de toutes les performances, sur le terrain comme à l'abri des regards, que l'on mesure à coups de stats ou avec une bonne dose de feeling. De quoi constituer le classement le plus objectivement subjectif. A moins que ce ne soit l'inverse…

L'ensemble des critères retenus formera une note sur 20 – et parfois plus. Elle se compose comme suit :

- L'indice Juninho (sur 10) : critère le plus important, il désigne le rendement. Comme pour le reste de l'évaluation, il concerne aussi bien les joueurs que l'encadrement. Les buts pour Licha, le cours de l'action d'OL Groupe pour Aulas, les blessures contractées dans l'effectif pour Duverne, les barbecues organisés par Bats ou le nombre de victoires avec Clovis Cornillac en tribune. Autant de données qui seront rentrées pour constituer une première note qui comptera pour 50 % de la somme finale.

- L'indice Govou (sur 5) : à chaque performance, sa part visible. Ce qui implique une autre part plus souterraine qui renvoie à l'affection que l'on veut bien porter à l'un plus qu'à l'autre, en dépit d'un rendement moindre ou d'un talent pas toujours évident. Un critère présent partout et nulle part, des tribunes aux réseaux sociaux, des discussions au comptoir ou sur les forums jusqu'aux réactions que vous pourrez apporter à la publication chaque journée.

- L'indice Lacombe (sur 5) : c'est sans doute l'effet qui s'est fait le plus ressentir avec l'arrivée de Rémi Garde, celui d'un retour aux sources qui aurait quelque chose à voir avec une certaine identité lyonnaise. Comme pour rappeler que toute réussite doit aussi coller à l'esprit qui peut régner en ville. On mesurera donc ici cette façon d'être lyonnais sur le terrain et dans la vie : le goût pour les bonnes tables lyonnaises, les apparitions au Carrefour d'Ecully, les sorties nocturnes, l'intérêt pour la vie culturelle...

- Le bonus Tiago (illimité) : à chaque classement sa part de subjectivité. C'est le sens de ce bonus qui viendra régulièrement semer le trouble pour accorder une place digne de ce nom à tous les attrape-cœurs. En bref, tous ceux qui ceux prouveront qu'ils possèdent bien ce que d'autres n'ont pas : l'intelligence de la passe, le sens du placement, l'art de la relance, la défense impeccable, la sentence définitive… Une certaine idée de la classe ? Trop fourre-tout. Disons plutôt tout ce qui saura rendre la classe moyenne supérieure.

On en profite pour vous livrer un premier classement pour l'exemple, qui ne comptera pas dans les calculs de fin de saison. Un peu comme le Trophée des Champions. Avec un 20 pour nous avoir rendu un peu des années 00, un président en plein fantasme, une bombe à retardement, un gardien qui fait la grève du contre-pied et un mal-aimé portant nœud pap' sur bleu de travail.

Infographie : le classement

1. Yassine Benzia : pas loin d'être la première grande émotion aperçue depuis 2009 sous le maillot lyonnais. Tête de lard qui manque d'être lourdé du centre de formation, rattrapé in extremis par Lacombe, qui plante 50 buts par saison en équipes de jeunes et qui sème la pagaille dans la défense montpelliéraine pour sa première (ou presque). De la classe dans le moindre geste, des intervalles qui s'ouvrent sur chaque inspiration, un carton rouge provoqué et un pénalty envoyé comme un papa.

2. Jean-Michel Aulas : on disait le président lyonnais au radar, contraint de troquer sa liquette de commandeur du foot français pour celle de courtisan officiel du PSG. Jusqu'à ce Trophée des Champions qui vire à la soirée de rêve. Lloris qui justifie pleinement les 20 millions exigés pour son transfert, Gourcuff qui semble enfin sortir de son blues épais et Benzia qui révèle au grand jour les attentes placées en lui. Tout ça valait bien une sortie magistrale : « L'OL confirme avec cette nouvelle victoire qu'il est bien le plus grand club français du siècle. »

3. Yoann Gourcuff : le grand mystère de la dernière saison a passé a visiblement compris que pour regagner les cœurs lyonnais, mieux valait faire profil bas. Ce qu'on a vu pendant la préparation. Ne restait plus ensuite qu'à raviver le souvenir de cette gestuelle irréelle des années girondines. Ce qu'a réussi à provoquer son centre du gauche première intention qui finit en passe déc' sur la tête de Gomis. Avant de s'embarquer vingt minutes pleine caisse pour boucler la partie à moins de huit mètres de tout porteur du ballon. Après ça, difficile de ne pas annoncer que Yoann pourrait bien être de retour en ville.

4. Hugo Lloris : en attendant d'être libéré un jour par les Anglais, Lloris a décidé qu'il était temps d'arrêter de jouer à la balle au prisonnier. Il a donc choisi d'aller vers la balle au moment des tirs au but pour stopper deux tentatives montpelliéraines. A failli tripler la mise sur la frappe de Yanga-Mbiwa avant d'enlever les bras. Pour la déconne.

5. Jimmy Briand : ses contrôles ratés lui vaudront sans doute toujours quelques railleries du côté de Gerland. En attendant, dans le genre abrasif qui ne compte pas sa peine, Briand sait y faire. Une fois de plus, il faut s'en remettre à un but et un pénalty décisif pour que la performance soit appréciée à sa juste valeur. Une activité foutraque, mais pleine de bonnes intentions, juste ce qu'il faut pour sauver Dabo du naufrage. En bref, un modèle de prestation à la Sid.

Par Serge Rezza et Pierre Prugneau

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<![CDATA[Quel système de jeu pour l'OL ? ]]> text/html fr SO FOOT Il y a deux façons d'envisager les discussions tactiques. La première, en faire le prisme à travers lequel toutes les performances d'une équipe peuvent s'expliquer. Exercice séduisant quand on veut rationnaliser le football et le considérer comme une affaire cérébrale à part entière. Mais comme l'a rappelé un jour Jérémy Toulalan : « Le foot, ça reste du sport ! » Soit une activité qui se passe sur le terrain, précisément là où on ne sera jamais. Pourquoi alors y consacrer tout un post ? C'est là qu'intervient la seconde façon de considérer la tactique : à la manière d'un exercice critique comme les autres qui en dit plus long sur les…]]> Pourquoi alors y consacrer tout un post ? C'est là qu'intervient la seconde façon de considérer la tactique : à la manière d'un exercice critique comme les autres qui en dit plus long sur les obsessions de celui qui s'y emploie que sur le jeu de l'équipe dont il est question.

Comme mes obsessions et l'OL sont les deux grandes affaires de ce blog, autant vous dire que ça me va très bien de voir les choses ainsi. Et plus encore à ce moment précis où il est encore possible de donner un sens à la saison qui doit s'ouvrir. Avec un effectif un brin plus léger, mais avec cette idée d'une nouvelle mission confiée à Garde : celle du retour au jeu.

Le 4-2-3-1, le système attendu

Pourquoi ça peut marcher

On pourrait toujours réduire l'inconstance lyonnaise à sa difficulté à se défaire du 4-3-3 des années de domination. En vrai, les hésitations répétées autour du système de jeu révèlent autre chose : l'importance de tenir sur la durée le type au-dessus de la moyenne autour duquel viendra s'articuler le reste de l'équipe. Voyez la question qui sous-tend la fin progressive du jeu en 4-3-3 accords : comment faire après Juninho ? On mise d'abord sur des héritiers désignés ou annoncés comme tels (Ederson, Pjanic), avant de situer le gars en question un cran au-dessus, du côté de Lisandro, et lui monter un 4-4-2 sur mesure.

Problème, transformé en homme à tout faire, l'Argentin a fini par s'user et même par rompre. La preuve, il n'est déjà pas là au moment de reprendre en Ligue 1. Retour au milieu donc. Où l'on s'en remet à Gourcuff dans un genre de 4-2-3-1 qui lui a valu le titre d'enfant chéri du foot français, chez les Girondins et chez les Bleus. Le meneur de jeu s'est refait une caisse pendant la préparation, dit-on. Ce qu'on a pu en partie constater pendant certains matchs, les vingt dernières minutes de préférence, où on l'a revu pour la première fois depuis longtemps couvrir le terrain comme jamais, à 8-10 mètres du porteur de balle. Le reste du temps, il occupe surtout une position axiale, distribuant le jeu à sa guise, en première intention de préférence. On n'en est pas encore aux coups d'éclat techniques qui feront crier au retour sur le champ en Equipe de France. En attendant, rien à voir avec le joueur à la ramasse qui se planquait derrière des appels impossibles et temporisait plus que de raison, balle au pied, histoire de se rassurer. Reste encore à trouver la bonne formule à ce 4-2-3-1 renaissant. Sur les premières mi-temps, Gourcuff joue plutôt dans la verticalité, avec Gomis quand il veut bien servir de point d'appui, Lacazette et Briand – pointes de formation – quand ils viennent apporter des solutions dans l'axe. Reste ces vingt dernières minutes évoquées plus haut, celles où le retour aux affaires du n°8 lyonnais devient le plus crédible : au-dessus du lot physiquement, il peut occuper toute la largeur et venir demander des combinaisons avec ses latéraux.

En plus de servir la cas personnel de Gourcuff, le 4-2-3-1 présente un autre avantage de taille : il convient bien à la Ligue 1 qui le lui rend bien. La preuve, dans des registres bien différents, trois des quatre derniers champions ont chacun plus ou moins exploité le filon – Girondins, LOSC et Montpellier. A la différence près que les équipes types en question pouvaient s'appuyer sur ce qui fait encore largement défaut à l'OL : une défense aussi solide que difficile à manœuvrer. Faute de recrutement, Garde doit encore s'en remettre dans ce domaine à une solution de fortune, la paire Cris-Koné. Histoire d'éviter les moments d'égarement qui condamnent trop souvent Lloris aux sauvetages miracles, il a fallu renforcer la base défensive depuis le milieu autour d'un attelage Gonalons-Fofana. Vu de loin, avec deux joueurs qui évoluent dans le même registre en position basse, on pourrait croire à une combinaison par défaut – en attendant notamment de savoir si Källström aura bien Corgnet comme successeur. Pourtant, le tandem a laissé entrevoir comme une forme de complémentarité qui pourrait en faire l'autre point fort de ce 4-2-3-1. D'un côté, Gonalons qui travaille la verticalité, faisant preuve d'un joli brin de talent pour remonter le ballon à travers les lignes et poursuivre son soutien jusqu'aux abords de la surface pour créer le surnombre. De l'autre, Fofana dans un rôle qui s'apparente davantage à celui d'un relayeur orientant le jeu d'un côté vers l'autre du terrain sur les phases offensives. Sa présence aux trente mètres peut proposer un autre atout : une qualité de frappe que le garçon s'emploie à travailler à l'entraînement, quand il ne réclame pas le droit d'y aller de son coup franc – comme ce fut le cas pendant le Trophée des Champions.

Pourquoi ça va foirer

A l'OL, on n'a peut-être pas de nouvelle recrue, mais on a des idées. Oui, mais il manque quand même des recrues. On peut bien demander à Rémi Garde de trouver la formule qui fera rappliquer le public au stade, l'animation offensive est encore hésitante. En cause, la pointe de la structure. Avec Gomis et Lisandro, l'OL possède deux profils aussi complémentaires en 4-4-2 qu'inachevés une fois ramenés au 4-2-3-1. Le premier propose un jeu en pivot quand le second s'active à la façon du 9 ½ à la recherche d'intervalles. Or, au vu des premières prestations, le système établi par Rémi Garde a besoin de l'un et de l'autre. Faute de pouvoir trouver la meilleure formule et en l'absence de Lisandro, le coach lyonnais a quand même trouvé le moyen d'alterner l'un puis l'autre : Gomis pour mener le travail de sape en première période, puis Benzia pour apporter la touche de provocation qui tentera de faire exploser les lignes adverses. Si la variation a pu se révéler séduisante lors du Trophée des Champions, elle a aussi montré ses limites face à Porto. Dans l'absolu, Gomis est peut-être l'attaquant dont le profil rappelle le plus celui des types qui ont fait le bonheur des derniers 4-2-3-1 sacrés champions : Chamakh avec les Girondins, Sow avec le LOSC ou Giroud avec Montpeul'. L'efficacité en moins ? Disons plutôt la qualité du jeu aérien en moins (Giroud, Chamakh) pour servir de relais dans la surface, la vitesse aussi en moins (Sow) pour se retourner, s'excentrer et prendre de vitesse ses adversaires. Car le rôle de point d'appui de Bafé se situe le plus souvent ailleurs, à une trentaine de mètres du but, en début de séquence offensive, dos à la défense. Presque une mission de conservation. Ce que la dizaine de buts la saison de l'homme tressé peut aussi rappeler à sa manière.

L'animation offensive montrée du doigt en fin de saison dernière et à l'issue de la dernière sortie en date (à Porto) ne saurait se réduire aux lacunes du seul attaquant. Garde l'a suffisamment confié, ce qui lui manque pour le moment, ce sont des joueurs de couloir. Une question qui revient avec d'autant plus d'insistance à mesure que l'avenir de Michel Bastos se dessine en pointillés entre Saône et Rhône. Les titulaires du moment, Lacazette et Briand, évoluent l'un et l'autre dans un même registre : celui des attaquants excentrés. Ce qui explique en partie cette tendance aperçue au fil des derniers matchs à venir apporter des solutions le plus souvent dans l'axe, confiant l'animation sur les côtés à leurs latéraux respectifs (Cissokho et Réveillère). Résultat, faute de pouvoir faire les différences attendues (vitesse, technique), les couloirs se transforment le plus souvent en impasses, sur un centre envoyé en bout de course qui ne peut trouver preneur et/ou un duel remporté par la défense adverse. Avec une base défensive qu'il faut renforcer depuis le milieu, difficile de se contenter de cette occupation des couloirs, au risque d'en faire un déversoir du jeu plutôt que la solution attendue comme telle.

Dernier détail, pour tourner à bloc, le 4-2-3-1 doit reposer sur un onze type plutôt solide qui tourne à plein régime sur une saison. La dimension collective des efforts et leur répétition impliquent de s'appuyer sur des caisses capables de tenir sur la durée. Pour reprendre le seul cas de Gourcuff, son rôle et son jeu dépendront d'abord de sa résistance physique au-delà des trois premiers mois bien plus que de sa technique superlative. Etendu au reste de l'effectif, le problème reste le même : avec un groupe réduit au strict nécessaire et à moins de compter à nouveau sur une hypothétique bonne pioche sortie de la formation, la saison en 4-2-3-1 risque aussi de se jouer sur la corde raide.

Le 4-4-2, le système qui pourrait prendre le relais

Pourquoi ça peut marcher

- Parce que c'est ensemble que Lisandro et Gomis restent les plus efficaces.
- Parce que c'est ainsi que l'OL a fait ses preuves comme équipe de coups – bloc défensif plus compact, exploitation des couloirs réduite au strict nécessaire, explosion sur contres.

Pourquoi ça va foirer

- Et on fait quoi de Gourcuff ?
- Depuis le départ de Källström, l'OL ne compte plus de milieu taillé pour le 4-4-2. A moins que Grenier, Corgnet ou Malbranque…

Le 4-3-3, le système qu'on aimerait revoir

Pourquoi ça peut marcher

- Parce que le retour à l'identité lyonnaise ne peut se faire sans un reprise des affaires du jeu en 4-3-3 accords.
- Parce que triangle médian Gonalons-Fofana-Gourcuff rappelle celui des origines, Diarra-Essien-Juninho.
- Parce que le One+One peut reprendre du service sur les côtés. A gauche, tant que Bastos reste dans le coin. A droite, en jouant l'alternance avec Briand, à son affaire dans le travail défensif façon Govou, et avec Lacazette que Lacombe a bien voulu comparer à Wiltord.

Pourquoi ça va foirer

- Parce que le 4-3-3 à la lyonnaise avait ouvert la voie au jeu sans attaquant en faisant disparaître les siens à tour de rôle : Luyindula, Carew, Fred, voire Benzema. On voit mal l'OL diluer le talent de Lisandro de la sorte.
- Parce que sans une défense retrouvée, la base du triangle lyonnais ne peut apporter le soutien qui vient faire la différence sur phase offensive.

Par Serge Rezza]]>
<![CDATA[Top 10 des joueurs en qui j'ai vu l'avenir de l'OL (et comment je me suis planté) ]]> text/html fr SO FOOT Si le foot français vit au rythme des nouveaux Zidane, Lyon s'emballe à intervalles réguliers pour les Benzema du futur. Samedi dernier, Yassine Benzia est venu occuper la place du nouveau wonderkid maison occupée avant lui par Tafer et Belfodil. De quoi refaire la liste de tous ces joueurs en qui j'ai cru voir l'avenir de l'OL et auxquels je devais un hommage en forme de OL of Shame personnel. 1. Bryan Bergougnoux Vous pouvez toujours faire mine de ne pas en souvenir, mais il y a bien eu un moment Bergougnoux. Il faut revenir quelque part entre 2004 et 2005 quand Bryan…]]> 1. Bryan Bergougnoux

Vous pouvez toujours faire mine de ne pas en souvenir, mais il y a bien eu un moment Bergougnoux. Il faut revenir quelque part entre 2004 et 2005 quand Bryan se met à claquer tout ce qu'il peut – quatre buts selon les mecs qui tiennent à peu près les comptes. Impossible de me demander d'apprécier ces sorties en forme de menace pour le triomphe annoncé de Benzema. D'autant que, d'après mes plans, tout était en place pour que s'applique la jurisprudence Cédric Bardon, celle qui condamne ces attaquants d'un soir à disparaître dans une diagonale du vide qui s'étirerait de Nancy à Guingamp*. Pour Bryan, ce fut pire que ça : le Toulouse Football Club. Pourtant, c'est au creux de la hype Bergougnoux que je sens les prémices d'un retour de flamme. Envoyé au Portugal par René Girard pour tenir la pointe de la plus belle équipe Espoirs de tous les temps, celle de l'Euro 2006, Bryan se révèle lumineux en roi de la baston. Coups d'épaules, jeu bas du front, minasses, il a tout de la petite frappe idéale pour milieu tempéré (Lass', Toulalan, Gourcuff, Gouffran). Le genre de prestation qui en fait le « grand attaquant » dont on déplore alors l'absence dans l'effectif lyonnais. Pas le fuoriclasse qui plante comme il respire, mais celui qui saura se mettre au service du plus beau milieu d'Europe. Problème, Bernard Lacombe n'étant pas abonné à Eurosport cet été là, je suis condamné à assister impuissant à la saison II du Bryan Bergougnoux Massacre.
* Sont également concernés : Frédéric Fouret, Julien Viale et Grégory Béthiol.

2. Marc Crosas

Entre autres rumeurs un peu barrées, l'OL aurait pu être une des dernières destinations de Guardiola après son intermède italien. En janvier 2008, on remet ça avec celui qui était annoncé comme un possible successeur du Pep du côté de la Masia, Marc Crosas. Quelques semaines plus tard, pour sa première titularisation face à Lorient, son sens de la passe pas tout à fait décisive mais déjà tellement juste laisse deviner un milieu au-dessus de la moyenne. Une prestation qui lui vaudra le plus beau des compliments de la part de son capitaine d'un soir, Toulalan : « Il joue vers l'avant, éclaire le jeu et il est un atout de plus pour notre équipe, au point de me faire penser à Tiago. En un peu plus petit... » De quoi tirer deux conclusions : 1. je n'étais manifestement pas le seul orphelin du départ de Tiago à cette époque ; 2. la taille du mec et la tendance au jeu cérébral sont donc deux arguments à même de convaincre Alain Perrin d'envoyer un joueur finir sa saison sur le banc. La suite de la carrière de Crosas (Ecosse, Russie, Mexique) peut bien confirmer pareil choix, je préfèrerai toujours avoir tort avec Jérémy Toulalan que raison avec Alain Perrin.

3. Fabio Santos

Avec son transfert à 8 millions, sa dégaine à la Guy Georges et sa tentative de démontage en règle sur Claude Puel, le passage de Fabio Santos a tout du fiasco de légende. De loin, l'un des ratés magistraux de la filière brésilienne de l'OL, quelque part entre Cléber Anderson et Ederson. Pourquoi y avoir cru alors plus que de raison ? D'abord parce que le gars arrive au moment où il faut reconstruire un milieu de terrain qui vient de perdre en physique (Essien), en autorité (Diarra) et en technique (Tiago). Ensuite, parce que, sur les quelques inspirations qui situent la valeur d'un Brésilien tout juste débarqué à Lyon, Fabio Santos se met en tête de mêler les partitions de ses trois prédécesseurs au poste. De quoi finir par être conquis par les sorties foutraques de ce milieu limite sanguin et en appeler dans un grand moment d'enthousiasme à une réinvention du jeu en 4-3-3 accords. Comme le précisait Juni, suffisait juste de se montrer patient : « Concernant Fabio Santos, je rappelle que j'ai mis deux saisons à atteindre mon vrai niveau. Fabio est encore en période d'adaptation. Chaque fois qu'il a été sur le terrain, il a répondu présent. »
Dommage simplement que Fabio Santos se soit montré aussi peu disposé à faire preuve de patience que Juni et moi.

4. Yanis Tafer

De tous les héritiers annoncés de Benzema, Yanis Tafer reste de loin mon préféré. Pour la simple et bonne raison qu'il ne ressemble en rien à Benzema. Lequel n'a eu de cesse de situer la découverte des exploits de Ronaldo comme le point de rupture de son histoire personnelle. Pour Tafer, l'inspiration serait plutôt à chercher du côté des grands buteurs sans qualité. Des gars moins explosifs, moins physiques, parfois moins techniques, mais tellement plus efficaces que tous les autres. Si la première partie de la description lui correspond bien, il se trouve que la seconde se révèle beaucoup moins évidente. De quoi se retrouver avec une trajectoire à la Trezeguet que j'avais pu lui attribuer à la faveur d'une bonne série de match de préparation, le sens du but en moins. Ce qui reviendrait à annoncer d'un joueur qu'il a le potentiel de Veron, la passe laser en moins. Soit plus grand chose. Pas même la possibilité d'échapper au pire des coups de latte du destin : finir dans l'ombre de l'ombre de Santander à Toulouse.

5. Ishak Belfodil

« S'il y a un joueur à l'OL qui peut gagner le Ballon d'Or, c'est Ishak Belfodil. » En 2010, alors que la presse espagnole vient se rencarder sur les nouvelles pépites de la formation lyonnaise capables de succéder à Benzema, JMA sort le grand n'imp' pour un joueur d'à peine 17 ans. De loin, l'emballement le plus spectaculaire depuis celui envoyé par Lacombe au sujet de Bardon, annoncé à l'époque comme le « Van Basten du futur. » En vrai, sans aller jusqu'au Ballon d'Or, on a été plusieurs à y croire pour cet attaquant qui laissait entrevoir un peu de la vitesse d'exécution à Benz' dans un corps d'Ibra. Pas suffisant pour sortir Belfodil de l'antichambre de la Pro2 et l'empêcher de sortir le numéro du corps aussi impatient qu'incompris : un prêt pour Bologne, avant transfert pour Parme. Une trajectoire qui, si elle se confirme, pourrait bien compter Lecce, Crotone, Châteauroux puis Sofia comme prochaines destination. Un vrai parcours de Ballon d'Or.

6. Christian Bassila

Avec Kanouté, Bassila reste sans doute l'un des plus beaux potentiels à côté duquel l'OL a pu passer. Un joueur trop souvent réduit à ses qualités physiques au-dessus de la moyenne avant qu'il ne soit renvoyé au sein d'effectifs nettement plus hasardeux (Strasbourg, Guingamp) et y fasse valoir, en impeccable vigie du milieu, une épaisseur d'âme propre aux grands meneurs d'hommes.

7. Florent Laville

On ne peut pas dire que la carrière du capitaine de la « génération perdue » de l'OL, celle des Lacombe Boys qui n'ont jamais rien gagné, relève du naufrage. Disons plutôt que le défenseur que l'on a trop souvent réduit à ses habitudes de garçon boucher n'a pas su se montrer à la hauteur des espoirs que j'avais placés en lui. Soit un aller sans retour pour l'équipe de France où il aurait dû former avec un Stéph', Sébastien Pérez, un duo fratricide au sein de la défense centrale. Bon, la Coupe du Monde 98 en a décidé autrement.

8. Joseph-Désiré Job

Longtemps, je me suis couché tard. Parfois, la lumière à peine éteinte, je me suis demandé comment un gars qui claque cinq buts pour ses deux premières apparitions a bien pu s'y prendre pour disparaître aussi vite et aussi loin. Tous les taxis lyonnais qui l'ont ramené au petit matin chez lui plutôt qu'aux grilles de Tola Vologe croient savoir pourquoi.

9. Saïd Mehamha

Difficile d'imaginer ce milieu de poche venir gratter une place de titulaire à Toulalan. Déjà qu'Alou Diarra s'y est cassé les dents, alors Mehamha… Du coup, il ne restait que quelques apparitions en préparation d'avant-saison et un brassard de capitaine en sélections de jeunes pour m'impressionner. Quelques récupérations pleines d'astuce et une jolie tendance à la relance vers l'avant devaient suffire à emporter la mise pour quelques semaines. Avant que l'oubli – qu'il faudrait appeler Jérémy – ne fasse son travail pour la suite de la saison.

10. Sylvain Idangar

Après son but en Ligue des Champions face au Sparta (décembre 2004), les nerds habitués aux matchs de la réserve laissaient entendre que son talent ne serait jamais à la hauteur de ma vision façon « Govou du futur ». La suite ? Valenciennes, El Watani, Sétif, Cassis, Feirense, Bangkok… Les mecs n'avaient peut-être pas complètement tort.

Serge Rezza
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