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Regroupés dans un collectif à géographie variable, les OL Dirty Bastards assument seuls contre tous le je-m’en-footisme de Govou comme les méthodes du discours aulassien.

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Sévices minimums

30 octobre 2008 à 17:06 Sévices minimums

Ces rencontres à Auxerre ou à Sochaux sont un des moments que je redoute le plus dans la saison. Non pas à cause d’équipes qui ont pris l’habitude parfois lassante, j’en conviens, d’échouer d’une manière ou d’une autre contre l’OL. Il peut m’arriver bien sûr d’imaginer un instant Kévin Lejeune ou Valter Birsa en train de mettre à sac ce qu’il reste de collectif à Lyon. Avant de retrouver ce qu’il faut de lucidité en dressant la liste des données qui empêchent d’envisager objectivement toute déroute lyonnaise : Benoît Pedretti capitaine, sept victoires consécutives à l’Abbé-Deschamps, Erding absent du côté de Bonal. De quoi faire oublier les derniers tourments de la paire centrale Cris-Boumsong à la frange la plus pessimiste des supporters lyonnais.

Non, si je continue à craindre ces déplacements dans le ventre mou de la L1, c’est pour leur puissance évocatrice auprès d’amis déjà bien préoccupés par l’état de délabrement avancé de ma vie sentimentale. Que je sacrifie certaines soirées de milieu de semaine pour des matchs qui se jouent à Munich ou à Florence, on peut encore comprendre. Mais dès qu’il s’agit de décliner une invitation de dernière minute alors que débute Auxerre-Lyon, je sais que je m’expose à des élans de compassion et d’inquiétude chez celles et ceux pour qui on ne peut être supporter et avoir une vie sociale digne de ce nom.

Qu’importent mes efforts, je suis toujours rattrapé par ces foutus Auxerre-Lyon et Sochaux-Lyon. Dimanche dernier, je décide ainsi de faire preuve d’une grande et belle disponibilité pour un couple d’amis qui déménagent dans un immeuble où, m’expliquent-ils, a habité Nicolas Rey. Je précise au passage que je n’ai lu aucun de ses bouquins, mais je sens bien à travers cette remarque qu’on attend que je me mette au diapason d’une certaine façon d’être trentenaire.

Je slalome donc avec flegme entre gros cartons et petites tensions à coups de vannes à retardement. Parcours sans faute. De quoi m’autoriser un coup d’œil rapide aux notes de L’Equipe à la première pause-picon. Une consultation qui, aussi brève soit-elle, m’oblige à briser la trêve que je m’étais imposé.

Je parviens à m’en tenir au strict nécessaire, en évoquant du bout des lèvres l’impasse collective de la veille et ce déplacement dans l’Yonne qui aurait pu tourner au drame sans une attaque auxerroise plus qu’approximative.

Pas la peine d’aller remuer davantage le malaise qu’on devine depuis quelques matchs chez les cheap types de l’OL et sur lequel Pedretti a cru bon de rajouter : « Ce soir, Lyon n’a pas été souvent dangereux. Ils n’avaient pas beaucoup d’espaces. Ils nous en ont laissé pas mal et on a pu trouver des solutions en profondeur et dans la largeur ». Le genre de constat bien flippant quand on sait qu’il y a une saison, le même joueur expliquait, sourire timide et yeux baissés, qu’il avait dû quitter Lyon après s’être rendu compte que ce groupe-là était trop fort pour lui.

Samedi soir, le trident Toulalan + Källström + Juninho avait tout pour lui rappeler ce passage d’une saison et quelque pendant lequel il n’a tenu qu’une place d’intermittent. Au lieu de quoi il s’est mis à jouer le daron. Une performance largement à sa portée quand il suffit juste de profiter des espaces libérés sur les côtés à chaque montée de Grosso et de Réveillère. Pour rappel, Ederson et Keita ne coulissent presque jamais. D’acord, ce n’est sans doute pas ce qu’ils savent faire de mieux. Reste que dans ce genre de 4-3-3 historique, le milieu de terrain et la défense ont besoin d’un One+One rigoureux dans les couloirs pour s’épargner des déferlantes de Jelen et de Niculae pendant 90 minutes.

On comprendra alors que ce genre de prestation inconsistante et bordélique à la fois puissent me mettre alors dans le même état d’agacement ou presque que Puel à la fin du match. Une lampée de picon plus tard, j’y ai droit : « Eh Serge, c’est drôle cette place qu’a pu prendre le foot dans ta vie… »

Lundi, histoire de bien insister sur la gravité de ma tox’, on m’envoie en plusieurs exemplaires cette tribune du Monde, Le foot, opium du peuple, cosignée par une bande d’universitaires. Comme souvent, la démonstration convoque son lot de débordements historiques, du Heysel à la Marseillaise sifflée, avant d’en arriver à ce diagnostic implacable : « seul le football est capable d’engendrer, et in fine de légitimer ou de banaliser au nom d’une passion infantile qui confine à l’intoxication mentale ». En plus d’être particulièrement nocif à ma petite existence, le football constituerait rien de moins qu’une menace pour la pensée.

Heureusement qu’il existe ce subu-texte de Paul Auster, Le meilleur substitut à la guerre, pour prendre un peu de recul avec la dénonciation précédente - qui a sans doute plus à voir avec la polémique gratuite qu’avec la rigueur scientifique dont elle prétend se parer. D’ailleurs, si les auteurs avaient voulu faire autre chose qu’une charge à sens unique, ils n’auraient pas oublié de solliciter mon avis en vue du prochain déplacement lyonnais, à Sochaux.

Et entendre ainsi parler d’autre chose que d’un quelconque rejet du doubisme ou du désir de revanche des Majorette sur les Peugeot. Avec ces deux points pris en trois matchs et ce jeu qui relève davantage du passage en force que de la belle partition collective, il est avant tout question de cette petite fin qu’on voit se dessiner à chaque mauvaise passe. Une sorte d’entre-deux où, sans forcément se mettre à perdre, il faut se contenter de gagner moins souvent.

Ce match contre Sochaux fait justement partie de ceux qu’on continue à gagner, l’air de rien ou presque. C’est pour ça qu Puel aligne un 4-4-2 qui règle la question des appels d’air dans les couloirs. Grande première pour Gassama qui est titularisé au poste de latéral droit. Govou absent, c’est Réveillère qui sera présent en soutien. Côté gauche, Mounier prend la place laissée par Ederson pour jouer du piston. De quoi éviter à la paire canine du milieu, Toulalan et Mak II, de se disperser loin de l’axe.

Comme prévu, la première mi-temps se passe sans encombre. Au point qu’on se dit enfin prêt à faire confiance au ticket Cris-Boumsong en défense centrale. L’incertitude ne tient qu’à ce plat-du-pied-sécurité manqué par Benzema (22ème minute) sur une déviation de Fred, Benzema. Avant de remettre ça, dix minutes plus tard, d’un peu plus loin, en un peu plus difficile et en extérieur du pied. Son tir prend l’arrête gauche du but de Richert.

Les deux fois, le travail de fixation de Fred est remarquable, preuve que dans ce genre de match le Brésilien fait plutôt bien ce qu’on lui demande. En fin de partie, Puel pourra bien siffler qu’ « on a l’art de se compliquer la tâche » et que « le match peut être plié à la mi-temps », on est quand même satisfait, ne serait-ce qu’en revoyant ces ballons intéressants arriver par les côtés. Façon aussi de souligner le bon travail de Mounier et surtout de Gassama qu’on sent un rien influencé par la ligne Clerc – jouer juste et rien d’autre.

En seconde période, la présence du débutant apporte même un supplément d’assurance à la défense lyonnaise. Le tacle propre et le coup d’épaule qui en impose coupent comme il faut les rares incursions de Carlao. Histoire de conserver cette fébrilité qui a pu faire le charme des dernières journées, Boumsong et Cris font admirer cet art de la relance débraillée dans lequel ils sont passés maîtres.

Au plus fort de la pression sochalienne, il faudra deux récupérations un rien rageuses de Benzema pour faire la différence. Un tir puissant sous la barre (66ème) et une passe à piquer pour Delgado (90ème) suffisent pour continuer à gagner encore un peu. Et permettre à tout le monde de sortir de ces deux déplacements avec un minimum de sévices. Moi compris.

Serge Rezza






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» Sévices minimums · 31 octobre 2008 09:40

Très bon article..... du même niveau que les autres en fait ! BRAVO !

    

» Sévices minimums · 30 octobre 2008 21:04

il écrit bien Serge. Mieux que Nicolas Rey, ça c’est sûr.