Retours en grâce

22 août 2009 à 13:09 Retours en grâce

Vendredi dernier, je me suis décidé à la dernière minute de sacrifier la mise en place du collectif lyonnais sur l’autel de la fanfare Airbus. Une décision d’autant plus difficile à prendre qu’on promettait l’apparition du nouveau grand 8 face à Valenciennes, Pjanic, dans un rôle de milieu défonceur façon Pirlo jeune et joueur. Puel qui est décidément un chic type a décidé de reporter de quelques jours la titularisation de Miralem et de me laisser partir l’esprit léger, direction Saint-Malo, pour la Route du Rock.

Tranquille, peut-être pas tant que ça. Il était quand même question d’un premier rendez-vous sur scène avec la fanfare Airbus en question, My Bloody Valentine. Quinze ans que Loveless et Isn’t Anything ? agitent mes soirées, que Kevin Shields reste coincé en studio à se demander comment il va s’y prendre pour réinventer le rock’n’roll. Le genre de retrouvailles que je me suis toujours interdit persuadé qu’un groupe adoré qui se reforme pour relancer sa machine à cash ne peut que décevoir. Sauf pour Pavement bien sûr, seul groupe parfait de coolitude qui ne vieillira jamais, y compris avec un peu de gras au bide et quelques cheveux en moins.

Comme prévu, My Bloody Valentine a joué beaucoup trop fort. Comme prévu, on entendait à peine les filets de voix de Belinda Butcher et de Kevin Shields. Mais j’ai pu quand même pu vivre le grand défilé. Des mélodies qui touchent en plein cœur sous le déluge des réacteurs et surtout un grand groupe taillé pour la scène, entre douce fureur côté section rythmique – Colm Ó Cíosóig et Debbie Googe en pleine représentation pour théâtre d’ombres agitées – et shoegazzing plein de grâce face à Belinda Butcher, cinglée en Audrey Hepburn. Même pris dans le mur sonore d’un quart d’heure balancé au milieu de You Made Me Realise, la joie de retrouver le groupe tel que je me l’étais imaginé et tel qu’il me manquait était bien là.

Après ça, difficile de ne pas imaginer une suite euphorique. Surtout mercredi soir, face aux Mauves d’Anderlecht. D’accord, tout n’est pas encore au point, la défense reste encore limite et la trouvaille Bodmer peine encore à se situer. J’espère qu’on pourra reparler d’ici le printemps prochain de cette belle idée d’un libéro à l’allemande revisité par le grand Mat’. Il y a aussi cette histoire des temps faibles qui manquent parfois de devenir des instants fébriles et qui pourraient très bien tourner au cauchemar face à un adversaire un peu mieux taillé pour les soirées de Ligue des Champions. Dernière inquiétude, l’organisation de l’attaque lors de ces mêmes temps faibles. La suractivité de Lisandro dans un 4-3-3 dans une formation plus ramassée le retient vite dans sa moitié de terrain, ce qui revient à remettre les clés à Gomis. Et là, on a droit à un retour, celui des années Carew où l’OL ne savait pas sortir la tête de l’eau sur des contres a priori limpides.

Pour le reste, Pjanic a enfin compris qu’il valait encore mieux illuminer la rencontre en match officiel, devant les caméras de Canal et les canapés de la So Foot Team que devant sa famille réunie pour un récital le temps d’une rencontre amicale à Belgrade. Avec son 8 dans le dos et son coup-franc en cloche, on a envoyé un peu trop vite du Juni au prodige messin. Ce qui a rendu sa prestation aussi émouvante mercredi soir, c’est le grand retour du petit dribble de dégagement et de la passe ciselée, envoyée le buste droit et le regard au loin. Un jeu qui respire l’intelligence et qu’on se désespérait de ne plus retrouver depuis que Dhorasoo, Carrière et Tiago ont quitté Gerland. Ce qui manquait à Ben Arfa, au point de l’empêcher de gagner sa place dans les cœurs lyonnais, pourtant tout acquis à sa cause à ses débuts.

Histoire de prolonger un peu de la douce euphorie, je me dis que l’apparition de Delgado en fin de partie sous les déclarations enflammées du public lyonnais pourrait annoncer un autre retour en grâce lors une partie de campagne prévue samedi prochain à l’Abbé-Deschamps. D’ici là, il me restera une soirée pour retrouver un peu du sable de Saint-Malo sous les galettes que voudra bien passer la fine équipe de mange-disques du Bottle Shop…






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