Realromantisme
12 novembre 2007 à 16:29
Hier matin, en lisant les pages d’un quotidien dominical et sportif, j’apprenais qu’il fallait se ranger du côté de l’étoile marseillaise pour continuer à entretenir la flamme romantique. Quatre jours à peine après la soirée exaltée de Ligue des Champions contre Stuttgart, Caspar David Friedrich et le jeune Werther claquent une nouvelle fois la porte au nez de l’Aulassie. Tous ces efforts pour rien, c’est à désespérer.
En récents convertis à la romantissime Bundesliga, l’OL devait certainement compter sur cette dernière rencontre de la 14ème journée pour se faire une place à l’ombre des tilleuls ou au sommet de quelque barrière rocheuse. Une explication parmi tant d’autres à cet alignement de latéraux tous deux formés à l’école offensive (Clerc et Belhadj), occupant bien seuls leurs couloirs désertés par une équipe trop occupée aux folles aventures plein axe.
Une équipe qui confiait le soin à deux héros d’animer la soirée : Ben Arfa pour la première période et Fabio Santos pour la seconde. Sans Benzema devant lui, le premier a pour rôle de créer l’exploit qui saura rendre l’événement encore plus beau. On ne revient plus sur son récital de vitesse et de technique, sans pour autant y aller de cette comparaison bien flippante lâchée par Christophe Josse : "Ce gamin, c’est Maradona !".
En pleine confiance, Fabio Santos a compris que les grands milieux lyonnais étaient ceux qu’on repérait à partir de la 60ème minute. Sa hargne, son harcèlement de plus d’une heure sur Nasri, sa facilité à éliminer en font un joueur précieux. Un leader en puissance, revenu du fond du banc, méritant un brassard à la manière de Caçapa avant lui. Pourtant, devant une défense en mal de certitudes, Fabio Santos n’est pas encore à sa place. Pire pour lui, le résultat d’hier soir nous rappelle que Toulalan peut aussi manquer cruellement au onze-type actuel.
Perrin doit-il pour autant se priver de Fab’ une fois que Jeremy sera de retour ? Ce serait un crève-cœur de voir à nouveau disparaître ce milieu qui rend l’OL moins insupportable. Son salut viendra, on le sait, du poste où il avait commencé à se montrer très à l’aise en fin de saison dernière. Quelque part au-dessus du n°6. Dans le rôle délaissé par Tiago. Un sosie sanguin de Guy Georges pour remplacer le Babyface killer de sang froid parti se perdre chez une Vieille Dame indigne, voilà qui pourrait faire l’affaire.
Bien sûr, Ben Arfa et Santos qui font virevolter l’équipe lyonnaise en portant le ballon au plus vite vers l’avant ont sans doute fait pousser des râles de plaisir à tous les dépités de la Ligue 1. Y compris à Gerland où personne n’est en reste pour s’animer dès que le spectacle en vaut la peine.
En l’an moins trois avant OL TV, quand Lacombe se chauffait les cordes vocales en consultant câblé, le commentateur qui l’accompagnait lors d’un triste OL-Le Havre lui faisait part de son étonnement devant le peu d’emportement du public lyonnais. Cinglant comme à son habitude, Lacombe lui rappelait cette vérité bonne à entendre quand on vient prendre place dans les travées de Jean Bouin : "Vous savez, ici à Lyon, on n’est ni à Marseille, ni à Saint-Etienne. On vient d’abord au stade pour voir du beau jeu. On ne vient pas pour s’exciter entre supporters !". "Lyon et son public d’esthètes…" avait alors souri un autre supporter de l’insupportable, venu s’ennuyer lui aussi devant l’écran d’un bistro de la Croix-Rousse.
Si la remarque de Lacombe est bourrée de cette mauvaise foi qui fait le sel de ses commentaires sur OL TV – un must indépassable -, elle va bien au jeu du moment, tout en anticipations, en provocations et en terribles approximations. Un jeu qui prend ses distances avec les trois dernières saisons passées à admirer un 4-3-3 plus construit, plus réfléchi, moins instinctif et sans doute moins talentueux.
Comment en est-on arriver là ? Peut-être parce qu’à force de vouloir répondre à la surenchère romantique d’un public venu lui aussi s’embraser pour un jeu plus offensif, autour d’un scénario inédit qui sent la sueur et les larmes, l’OL doit apprendre à dominer avec la même morgue et la même classe spectaculaires que le Real madrilène. Au risque d’abandonner un peu de sa rigueur défensive et de maintien des lignes au milieu. En refilant les clés de la maison au trio maison de devant, argument devenu déterminant quand on veut faire se pâmer les esthètes de tous poils.
En bons supporters de l’insupportable, on n’oubliera pas de demander à Perrin de filer un double des clés à Toulalan au moment de se jeter à l’avant…
Serge Rezza.
Bonus du jour
Je n’ai pas encore entendu le Lacombe de la veille commentant OL-OM pour OL TV. En attendant, vous pouvez toujours vous repasser cet extrait de la confrontation de la saison passée en guise d’avant-goût. Où vous comprendrez pourquoi OL TV n’est pas la chaîne des gens heureux pour rien.
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Guijaune |
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Rem