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On ne naît pas bâtard, on le devient

26 novembre 2007 à 09:57 On ne naît pas bâtard, on le devient

Il y a à peine trois semaines (une éternité en L1 ), le Stade Rennais était le futur du foot français. Comprenez : l’équipe qui allait enfin mettre un terme à la domination des insupportables lyonnais. Du mélange entre vieux bad boys et jeunes pousses sagement formées, jusqu’aux portraits de Pinault en patron modèle et mécène éclairé, on a vu se dessiner en négatif un club capable d’en imposer à l’arrogance et au cynisme lyonnais.

Il y avait de quoi espérer : une rencontre placée après la défaite contre Marseille, dans la foulée d’une trêve internationale usant un peu plus les nerfs et les corps des internationaux lyonnais, à trois fois rien d’une fin de partie cruciale en Ligue des Champions contre le monstre blaugrana. Et le retour de cette fameuse bête rouge et noire qui a fait tant de mal l’an passé.

En deux matchs contre les Bretons, les Lyonnais avaient réussi à donner la clé à tous leurs adversaires pour les matchs retours – une histoire de pressing haut et musclé pour faire vite. Ils s’étaient retrouvés encombrés d’un attaquant suspect d’idées nauséabondes, avant que tout ça ne finisse en histoire de tapage nocturne interdit aux moins de 16 ans dans un Novotel de Gerland. Le genre de petites contrariétés qui avaient obligé Aulas à surjouer son bonheur d’un sixième titre à coups de mises en scènes foireuses. Au-delà du hakka désespéré de la Place des Terreaux, on n’arrive toujours pas à effacer des mémoires l’image de ces deux vieux lions crachotant et sautant à travers six cercles en feu - "symboles , chers supporters, euh… oui… des six titres historiques de notre équipe préférée" comme le rappelait le speaker de Gerland, flattant au passage le public lyonnais.

Samedi, il fallait bien une première mi-temps menée à un train d’enfer pour se délester de pareils souvenirs et briser les prophéties de triomphe rennais imminent. Sur l’air d’un "On ne naît pas bâtards, on le devient", l’OL a même réussi à en faire pouffer de joie Aulas et son conseiller spécial dans les tribunes de la Route de Lorient devant le récital de Ben Arfa.

Revenu de ses rêves de Bundesliga après la sortie de route marseillaise, le collectif lyonnais a simplement pris soin de rejouer comme la meilleure des équipes de Ligue 1. En bref, avec Toulalan à la place de Fabio Santos. Un retour au strict 4-3-3, sans aventure plein axe, ni balle caressée sous la semelle par un Brésilien les nerfs à vif. Pas de but adverse qui fait basculer la partie cette fois. Le retour solide du milieu aux tempes grises et aux doudounes Tex est bien la preuve qu’au royaume des prophètes, Jean-Louis Murat reste le roi : "Il faut toujours un fan de Sardou dans une équipe*".

Résultat, avec la fin des illusions rennaises et le retour à l’ordre naturel des choses, la Ligue 1 peut à nouveau sombrer dans l’ennui. Grosso a bien compris le message, défendant tout ce qu’il peut pour se mettre au diapason. La sale soirée de mardi en perspective devrait d’ailleurs confirmer la donne et sonner définitivement le glas de l’embellie d’un championnat "à 750 millions d’euros minimum". La faute, entre autres, à la béquille que Benzema ramène de Bretagne. L’attaquant lyonnais ne pourra occuper Puyol et les autres par cet art du mouvement permanent qui, à défaut de se concrétiser en buts, se transforme désormais en ouverture d’espaces pour Sid, Kim et les autres.

Soyons clairs, sans Karim le beau collectif lyonnais est toujours boiteux. A moins d’un retour en grâce de Fred à la mode Carew contre le Real, on ne voit pas comment l’OL va pouvoir s’en sortir.

On ne s’en réjouira pas moins lorsque l’équipe ira goûter aux délices de l’UEFA. Maintenant qu’on sait que l’OL a enfin brisé la malédiction des quarts européens, on se dit qu’on va enfin pouvoir passer à travers les railleries qui ternissent les printemps lyonnais.

Cette nouvelle certitude, on la doit aux filles qui ont arraché un 3-2 dans la boue contre les ladies d’Arsenal, tenantes du titre. Après le 0-0 du match aller joué à Gerland devant 7 000 spectateurs, on a comme une envie de croire que la femme est devenue l’avenir de l’Aulassie…

Serge Rezza

*Dans un de ces portraits dont Le Progrès a le secret, Toulalan avait placé la musique au premier rang de ses passions. On imaginait déjà le garçon secret formé à l’ombre de Jocelyn Gourvenec’h laisser éclater son amour pour l’école pop nantaise (Dominique A, les Little Rabbits, Katerine) et l’oeuvre de Neil Young. Au lieu de quoi, on a eu droit à sa préférence pour les rengaines du vieux chanteur de droite.

Du coup, on a besoin d’un bonus tranquilou pour s’en remettre.


Michel Sardouille
envoyé par serial_cheater





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» On ne naît pas bâtard, on le devient · 26 novembre 2007 15:48

Sans intérêt.

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