OL you need is love
13 décembre 2007 à 10:37
Hier soir, l’OL a renvoyé un peu plus loin le spectre stéphanois en remportant sa finale de Glasgow. Une délivrance qui rend pour une fois la vie de supporter lyonnais un peu plus supportable. De quoi laisser sur le bord de la route quelques vieilles certitudes et se persuader que quelque chose a changé au royaume des bâtards… Passé maître dans l’art des sentances définitives depuis qu’il met moins de coups-francs, Juninho a ouvert le bal la partie à peine terminée : « Oui, ce soir, on est peut-être enfin devenu une équipe de coupe »
Pas si vite, Juni. Parce que Govou, le match tout entamé, laisse entendre que, lui, il ne changera jamais. Passe lumineuse de Juninho dans l’intervalle, la défense des ’Gers est dans le décor. Sid n’a plus qu’à enrouler du gauche l’offrande. Un geste d’une simplicité henrysesque tellement à sa portée qu’il préfère la mettre dans le petit filet. Façon de dire que sa carrière, il continuera à la mener à sa manière. Au diable les changements !
On n’a pas attendu ce soir pour savoir que Govou était à part. Ni pour répéter avec tout le monde que Benzema est bien le joueur du moment, celui qui incarne le changement pour tous. Un portrait paru sur le site de 11 Freunde y allait de son hommage cette semaine, laissant entendre que le garçon avait les épaules, la vitesse et la délicatesse du toucher suffisantes pour endosser le rôle de joueur symbole de demain. La défense écossaise ne lit peut-être pas les papiers en allemand, mais elle paraît aussi secouée que nous devant les déhanchés de Benzi. Ca sent la faute à proximité de la surface autour du 10 brondillant. Comme ce savoir-faire lyonnais n’a pas complètement foutu le camp avec le départ de Malouda, Juni hérite de son coup-franc rituel à l’approche de la 10ème minute. La mire n’est pas encore retrouvée et le tir échoue un rien trop bas. On raye la ligne "Scénario façon Brême".
En même temps, c’est tellement plus beau d’attendre la 15ème et ce mouvement d’amour à trois. Le trident lyonnais qui l’an passé s’épanouissait au milieu dans des échanges pensés par Tiago fait se pâmer un étage au-dessus aujourd’hui. Le voilà le beau changement quand Ben Arfa envoie depuis son côté droit une passe impossible à Benzema. Le gamin centre ou tire, on ne sait plus trop. Une hésitation que le gardien écossais reprend à son compte, s’autorisant une Vercoutre un rien coupable lorsque Govou la repousse dans les filets.
C’est pas encore le paradis, mais ça y ressemble fort. Et je regrette déjà l’amertume du picon dont je me suis privé dans la rue du même nom, près de Gare de l’Est, là où les supporters de l’insupportables se retrouvent, toujours plus seuls contre tous.
La deuxième mi-temps promet d’avoir le goût de l’enfer. A la 49ème, Vercoutre ne veut pas en rester à ses quelques dégagements au poing trop sages pour faire oublierCoupet. Il se paye alors le luxe d’une Sébastien Frey sur un centre plutôt pourri. Un geste sans doute répété à l’entraînement comme vient le rappeler ce dégagement inspiré de Squilacci sur sa ligne. Tiens, Toto, encore un joueur qui adore le changement. Rendu Givet face à Gouffran samedi dernier, le voilà décisif dans la foulée d’une première mi-temps où il a su enfin pratiquer un marquage pas trop à la rue sur les coups de pieds arrêtés adverses.
Déjà bien déstabilisé par ces transformations à répétition, on se demande qui est le joueur qui vient tourner autour de toute la défense écossaise à la 55ème. Un mouvement toute en feintes et vitesse. Des allures de jeune surdoué. Du Ben Arfa dans le texte ? Non, c’est Toulalan qui fait lui aussi son Malouda. A moins qu’il n’ait laissé ses VHS "Nantes 1995" pour le DVD maradonesque livré avec le dernier So Foot. En attendant, c’est un nouveau coup-franc. Juninho y va avec sa gueule de vieux capitaine solitaire. Comme on a décrété le changement et que le temps des victoires pliées en à peine une mi-temps et demi est bien révolu, son tir s’écrase sur la barre. Manière de sonner le début d’une nouvelle partie de coupe, une vraie, tendue et nerveuse comme un Love Will Tear Us Apart.
Ca commence à la 66ème avec ces changements qu’on ne croyait plus possible depuis la jurisprudence milanaise, lorsque Houllier avait fait reculer tout le bloc lyonnais avec l’entrée de Réveillère côté gauche. Le genre de souvenir horrible ramené à la surface avec les sorties de Ben Arfa et Govou pour le grand Mathieu et Réveillère - une nouvelle fois...
Ca ne manque pas. L’OL doit jouer en reculant, avec des ’Gers qui ont compris qu’en insistant côté gauche, ils pouvaient refaire une Inzagghi. Ont-ils oublié qu’ils n’avaient qu’un Jean-Claude plutôt qu’un Filipo à faire jouer dès la 75ème minute ? Il n’a rien perdu de ses ratés et autres mauvais placements en pagaille qui appellent la relance cinglante sur Benzema. Parti plein axe, le voilà qui feinte, accélère, accélère encore. Maintenant seul face au gardien, petit crochet, ballon glissé facile dans le but écossais. Un dernier défenseur revenu de l’humiliation subie depuis le début de partie vient arrêter le but que Karim a sans doute marqué.
La relance est immédiate, côté gauche. Anderson glisse trop tard sur son tacle. Le centre écossais arrive comme par miracle dans les pieds de Darcheville. Miracle ! Oubliés les poteaux carrés ! Oubliés les poteaux milanais qui renvoient les ballons sur les tibias d’Inzagghi ! Cette saison, les centres foireux finissent dans les pattes de Darcheville ! Lequel se fait un plaisir d’expédier la balle hors-cadre, dans les tribunes, déjouant toutes les règles de l’attraction. On ne comprend toujours pas comment un attaquant sur la ligne de but peut réussir pareil exploit...
Comme les temps ils ont changé et que Benzema en est le héraut lumineux, on l’envoie s’amuser avec ce qu’il reste de défense dans le camp écossais. Une première fois, Grosso profite de la confusion provoquée par un changement pour faire réapparaître Karim dans le dos des défenseurs. Un tir entre les jambes du gardien et la qualification est enfin acquise. Deux minutes plus tard, on admire un dernier petit chef-d’œuvre. Un dernier récital qui lance de la plus belle manière l’équipe sur les rampes des huitièmes. Benzema refait le coup de la percée plein axe, feinte et refeinte, accélération démoniaque et tir croisé. 0-3 dans Ibrox. La sale histoire de l’aller est enfin oubliée. Les joueurs peuvent hurler et sauter qui n’est pas lyonnais devant les supporters. Une joie simple, spontanée, évidente qui fait dire que ce soir quelque chose a peut-être bien changé.
Oui, l’OL est une équipe de coupe !
Oui, Love is OL.
Et il peut même qu’Aulas soit amour…
Serge Rezza
PS (ou du moins ce qu’il en reste ) - Voici la liste des possibles adversaires en vue des huitièmes : FC Porto, Inter, Real, Manchester United, Milan AC, FC Séville et Chelsea.
Je ne serais pas contre un retour du fils prodigue Kanouté. On continuerait à voir du beau jeu et on saurait enfin si Lacombe a bien fait de choisir Benzema.
Quel que soit l’adversaire, l’OL tient enfin un liste de prétendants qui permettront de juger sur pièce la nouvelle équipe lyonnaise. "Une équipe de coupe"
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cannois |
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