OL, une équipe allemande comme les autres
8 novembre 2007 à 11:26
Il y a quinze jours, quelques happy few ont eu la chance d’assister à un spectacle merveilleux. On y retrouvait le goût exquis des rencontres d’autrefois et un art de la mise en scène renversant de justesse et d’innovation. La ZDF investissait les entrailles de l’autre Marakana, à l’Est, pour retransmettre l’entrée en Coupe de l’UEFA du Bayern contre l’Etoile rouge de Belgrade. A coups de caméras rasant les murs humides des souterrains du stade, de plans flous sur des tribunes survoltées, d’histoires annonçant le retour du bon vieux hool’ d’antan – la cannette entre les dents –, le tout au service d’un scénario forcément haletant, la chaîne allemande prouvait que l’UEFA valait bien mieux que les directs miteux sur W9 qui se jouent à l’heure du goûter.
J’imagine que l’Aulassie a tout fait pour passer à côté du premier quart d’heure de gloire de Toni Kroos, dernier grand blond joufflu en classe Biactol, et manquer ainsi le retour des matchs où les Allemands gagnent toujours à la fin - à moins que ce ne soit les Yougos qui préfèrent saborder l’exploit pour une raison qui leur échappe encore.
Heureusement, l’OL a eu droit hier soir à une séance de rattrapage par la grâce de ce match contre le VfB Stuttgart. Une partie où, de l’aveu même de Perrin, "il y a eu à boire et à manger". Du jeu ouvert, percutant, incisif, rythmé, physique et spectaculaire. Des défenses essoufflées, dépassées, en retard. "A boire et à manger" donc, soit l’exacte définition d’un match de Bundesliga.
Bien sûr, revenus à un petit point des Rangers, joueurs et supporters ont toutes les raisons de continuer à croire au ballottage vaguement favorable en vue d’une qualification pour le second tour de Ligue des Champions. Pourtant, au vu de la partie d’hier soir, on imagine mal les exploits de Vercoutre ou de Ben Arfa faire le poids face à une armada blaugrana. Avec son jeu axial destiné à trouver Benzema, l’OL peut vite se faire prendre à revers à la moindre récupération et accélération adverse.
Ce jeu-là, Perrin le sait, est la porte ouverte aux lendemains qui déchantent en Ligue des Champions. A moins de s’obstiner à cueillir une nouvelle humiliation en 1/8ème, quelques précieux millions supplémentaires pour OL Land et un coup de blues délicat au moment de terminer la saison. Pour autant, on ne se plaindra pas de cette débauche d’énergie et de ces parties qui basculent cul par-dessus tête par la grâce d’un tout-à l’avant virevoletant. On peut même dire qu’on a passé un sacré moment de rock’n’kraut. Un de ces matchs où l’OL devient l’équipe la plus passionnante du monde et que l’on doit une fois de plus à une équipe allemande – rappelez-vous le Bayern et le Werder.
Si vous avez eu en outre le malheur de voir l’OL s’ennuyer comme jamais contre Valenciennes samedi dernier, dans un Gerland à peine réveillé par les 20 ans des Bad Gones et le coup de génie de Govou, vous aurez compris que l’avenir de l’Aulassie passe par la bundesligasisation de la L1.
Une étape importante peut avoir été franchie hier soir si Lacombe Bernie, en visionnaire hors-pair, laisse entendre que la suite des aventures lyonnaises sur la scène européenne doit se jouer cette saison sous les sunlights de la Coupe de l’UEFA. C’est tout le mal que l’on souhaite à cette équipe qui, en rejoignant cette compétition, peut prouver qu’elle sait être une équipe allemande comme les autres. De celles qui gagnent toujours à la fin, bien au-delà des huitièmes et des quarts de finale.
Serge Rezza.
» OL, une équipe allemande comme les autres · 8 novembre 2007 13:32 | |
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