OL / Steaua - Bonus Track List
6 novembre 2008 à 23:52Hier soir, il a suffi d’un air parti du Virage Nord, le Juninho la-la-lalalala, pour que le capitaine fluobscur décoche un nouveau coup-franc miraculeux , pile avant le retour aux vestiaires. Comme les gars du crew d’ODB ont de la suite dans les idées, ils ont profité de ce lendemain de Ligue des Champions pour sortir les cinq autres titres qui auraient dû scander ce match retour contre le Steaua.
Mendelson – La vie est pleine de surprises
Découvrez Mendelson !
Parmi tous ceux avec qui il m’arrive d’aller voir jouer l’OL, C. est celui qui m’a amené le premier à Gerland. Je lui dois entre autres d’avoir vu jouer Franck Gava et Florian Maurice sous le maillot Justin Bridou, période dont je suis resté bien évidemment nostalgique. Pour les matchs où il n’était pas possible de bénéficier de places à 50 balles côté Jean Bouin, C. parvenait toujours à trouver de mystérieuses cartes d’abonnés permettant de rentrer à l’œil. Il suffisait alors de tendre la carte au poinçonneur du jour et on avait droit à un OL-Guingamp pluvieux qui se finissait en 0-0 .
Au moment de le retrouver aux abords du stade pour partager le picon d’avant-match, j’aurais pu l’interroger sur l’origine de ces cartes et enfin percer le mystère qui les entoure encore après toutes ces années. Je n’ai toujours pas réussi à le faire. La faute à tous ces sujets de discussion essentiels qui touchent d’une manière ou d’une autre au sens de la vie : la naissance toute proche d’un premier enfant pour C. et sa femme, la secousse provoquée par l’élection d’Obama et, surtout, l’envie d’en savoir un peu plus sur cette rencontre avec Jean-Alain Boumsong à la sortie de la Turangalîla-Symphonie de Messiaen jouée à l’Auditorium.
Depuis les apparitions de Dhorasoo dans les salles du CNP et du Théâtre de la Croix-Rousse, on se demandait quel serait le prochain joueur lyonnais à s’aventurer loin des rayons doudounes de Carrefour et de la Halle aux Vêtements. Certainement pas Govou qui en a remis une couche ces dernières semaines, apparaissant tout sourire et pouce levé au milieu des lave-linges, réfrigérateurs et autres cuisinières pour le compte d’un discounteur local.
Loin de ces mises en scène pour cheap types, mais toujours pas franchement rassurant dans ses placements face au Steaua, Boumsong a donc fait le choix des concerts classiques. Un choix qu’on pourrait juger suspect tellement sa radicalité étonne. « Et pourtant… » me laisse entendre C. Bien qu’ayant un patronyme en forme d’hommage à l’histoire du rock’n’roll, voilà un joueur qui, en plus de s’avouer un rien déconcerté par la Turangalîla-Symphonie de Messiaen – ce que je conçois tout à fait-, évoque son regret d’avoir dû laisser passer les sœurs Labèque, venues jouer un concerto de Mendelssohn quelques semaines plus tôt. Un regret qui a pris des allures de trouble lorsqu’on a appris que ce soir-là, Boumsong manquait le concert des deux sœurs pour aller jouer à Bucarest… Si vous ne faites pas le lien, revoyez sa prestation ce soir-là.
En attendant, la vie des supporters lyonnais reste pleine de surprises.
The Clash – Police On My Back
Découvrez The Clash !
A l’autre bout du match, c’est le compagnon des mauvais jours en défense centrale qui vient se manifester. Alors que l’équipe est déjà repartie souffler dans les vestiaires, Cris est réclamé par le Virage Sud. Juni a son la-la-lalala qui raille le gardien adverse avant chaque coup-franc, Govou son chant pour bringue je-m’en-foutiste et Tiago avait cet écho qui résonnait d’une tribune à l’autre. Les interventions les plus autoritaires de Cris se terminent elles par un cri grave, raclé à même la gorge, parfois flippant.
Quand on l’entendait ces derniers temps, on le sentait un rien forcé, comme s’il fallait rassurer un Policier en train d’en baver sévère et se rassurer soi-même devant ce retour à l’ordre dans la défense lyonnaise qui traînait. Contre le Steaua, ce cri a de toute évidence retrouvé de sa spontanéité.
Impeccable dans ses placements et présent à l’impact sur les attaquants adverses, Cris s’est enfin montré à la hauteur de sa réputation en deux matchs. Mieux, il semble avoir retrouvé l’âme d’un premier flic du championnat de France. Un retour en grâce qu’il a d’abord fêté en tête à tête avec Kapetanos au cours de la première période, avant d’aller faire exploser ce Virage Sud qui l’a appelé.
Son suaire fluo lancé à la foule, il peut aller souffler à son tour. Et les supporters aussi, eux qui n’ont plus à se demander ce que fait le Policier. Car cette fois, qu’on se le dise, il est bien parti pour recoller au cul des attaques adverses.
Swell – What I Always Wanted
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Dans son article d’avant-match, Method a ressorti des cartons les plus belles démonstrations de Houllier, faites le temps d’une interview au long cours dans les pages de So Foot en juin 2007. Elles menaient à ce 4-4-2 que l’actuel DTN tenait absolument à laisser en héritage, par et pour le prodige Benzema. Un dernier legs qui a pris depuis des allures de cadeau empoisonné pour ses successeurs.
D’abord pour Perrin qui y a laissé sa tête. Après deux échecs humiliants contre le Barça et les Rangers en Ligue des Champions, son 4-4-2 est scalpé par tout Tola Vologe. Perrin devra se contenter de vivre sur l’héritage du Serpent à sonnettes de Houllier. Lacombe le dit et le répète à qui veut l’entendre, on reparlera plus tard de ces histoires de 4-4-2.
Avec ses pouvoirs élargis, Puel peut très bien se permettre de reprendre le travail là où l’a laissé Houllier. Ce qu’ il ne s’est jamais privé de faire, comme en attestent certaines sorties convaincantes de l’OL en 4-4-2 – contre Le Mans tout récemment.
Pourtant, hier, il est resté fidèle aux principes du jeu en 4-3-3 accords, y compris quand la prestation de son équipe est apparue moins limpide. Une façon pour Puel de dire qu’il regarde ailleurs, comme il l’a fait dans l’interview accordée lundi dernier au Progrès : « On sait que Lyon a un long vécu en 4-3-3. On ne peut pas l’occulter. Mais, pour moi, on doit être capable d’évoluer dans n’importe quel système. (…) Au regard de nos objectifs, on ne peut pas se reposer sur onze titulaires. Ce n’est pas possible ! On a un groupe étoffé avec des postes qui sont doublés, triplés, voire quadruplés, et au début, mon fonctionnement peut interpeller. »
Même en conservant ce 4-3-3 historique au nom d’un « long vécu », Puel entreprend donc d’autres ruptures, tout aussi essentielles. D’abord, en ne se reposant plus sur un seul et même onze-type comme lors des trois dernières saisons. Plus personne n’est irremplaçable – qu’on se souvienne de la tête que l’on pouvait tirer lorsqu’il fallait remplacer Tiago suspendu par Pedretti lors du quart retour contre le Milan AC en 2006. Mieux, le groupe peut conserver davantage de fraîcheur physique et mentale en vue de la seconde partie de saison.
Ensuite, en demandant à certains joueurs de faire preuve de davantage de polyvalence tactique, Puel redonne à son groupe la possibilité de manifester cette intelligence de jeu qu’Houllier a voulu lui apporter. C’est peut-être là que l’incertitude est la plus importante. Du moins tant que Puel fera savoir que tout ce qu’il veut, c’est un pressing constant et une organisation défensive limite rigoriste. Au point parfois de voir l’OL prendre des allures de boring Lyon.
Spoon – The Underdog
Découvrez Spoon !
Avant les deux derniers matchs de groupe, l’OL semble bien engagé pour se qualifier cette saison encore en huitième de finale. Reste à savoir quelle étiquette voudront bien lui coller cette fois les bookmakers et les meilleurs chroniqueurs du monde, Paul Doyle du Guardian ou Martin Samuel du Times.
Celle du Dark Horse dont on parlait dans un post précédent ? Non seulement le maillot fluo apparaît comme un obstacle insurmontable au moment d’envisager pareille éventualité, mais, plus gênant, le niveau de jeu pratiqué par les Lyonnais ne respire pas encore cette maîtrise collective et l’intelligence tactique qui en faisaient le favori secret de la presse européenne.
Il est d’autant plus difficile de savoir ce que vaut cette équipe-là sur la scène européenne dans ce groupe F homogène où, au vu des déboires de début de saison des uns et des autres, les équipes semblent avoir pratiqué un nivellement par le bas.
Ainsi, rien de plus normal à ce que les Lyonnais sortent de leurs deux confrontations contre le Steaua avec six points. Avec des cadres (Radoi, Goian) qui voudraient bien échapper au naufrage qu’on promet à la petite entreprise de Becali, le club roumain a prouvé qu’il était cette année davantage au niveau d’une certaine L1 que de la C1.
Prochain adversaire, la Fiorentina a déjà payé au prix fort son souci d’exemplarité – fair play, belles intentions, discours soigné. Un sens de l’éthique qui devient coupable dans cette compétition et qui a même pu relever à plusieurs reprises à de la naïveté. Soit à chaque match depuis le retour en C1 de la Viola.
Reste le cas du Bayern. Au vu des derniers résultats, les Allemands semblent s’être sortis de la crise qui planait au-dessus de leur tête. En revanche, le contenu des matchs n’a rien de rassurant. Les hommes de Klinsmann continuent de pratiquer un jeu qui colle à merveille aux exigences de la Bundesliga. De quoi leur promettre de sérieuses désillusions une fois confrontés à certaines réalités de la Ligue des Champions – soit à peu de choses près, une disparition corps et biens façon Werder.
On le voit, cet état des lieux du groupe F donnerait presque à penser que l’OL jouera une saison de plus dans le même registre que les Dogues du Losc d’il y a deux saisons – avec plus ou moins la promesse d’une sortie de route en 1/8ème de finale. Il se trouve que les bookmakers ont un nom pour ce genre d’équipe qui se fait sortir de la sorte par plus fort. Ils parlent d’underdog.
The Brian Jonestowne Massacre – When Jokers Attack
Découvrez The Brian Jonestown Massacre !
Comme je continue au nom d’une mauvaise foi assumée à lui préférer François Clerc, je me contenterais de cet hommage minimaliste à Anthony Réveillère, signé d’un autre Anton (Newcombe).
Pas la peine de ressortir des archives sa suractivité lors des succès contre le Real, ni ses belles prestations dans un registre plus offensif depuis que Clerc ne lui colle plus aux basques. De ce but, je retiens surtout la passe qui précède et qui confirme tout le bien que je pense de César Delgado.
A chaque fois qu’il peut jouer, c’est-à-dire pas souvent au regard du nombre de minutes passées sur un terrain sous le maillot lyonnais, Chelito laisse entendre qu’il mérite d’être davantage qu’un simple joker. En arrivant à Lyon, il s’était présenté comme « un joueur à l’ancienne ». Ce que je confirme, en le plaçant dans la plus belle lignée des grands joueurs à la classe moyenne – Gava, Malouda ou Dhorasoo.
Dernier joker du jour, Källström, qui en deux rentrées successives a su faire preuve d’un mordant qu’on ne lui connaissait plus. Une envie prometteuse qui vaudrait une titularisation dans le petit jeu bien rôdé du turn-over à Puel. Réponse samedi, à Monaco.
Serge Rezza
» OL / Steaua - Bonus Track List · 10 novembre 2008 14:51 | |
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