OL/Real – Bonus Tracks List

OL/Real – Bonus Tracks List
24/02/2011

«Ma détox est un fiasco», c'est le titre qu'il faudra que je donne à mon premier single le jour où je monterai un groupe. Comme tous les candidats au rachat permanent, je continue d'écouter trop de disques et je ne décroche toujours pas d'OL TV. Et avec ces retrouvailles face à la Maison Blanche, les choses ne sont pas vraiment arrangées.

Découvrez la playlist OL/Real - Bonus Tracks List avec Eels


- Ron Sexmith -; Ghost Of A Chance

Ron Sexsmith est un chic type. En plus de nous témoigner avec cette constance qui n'appartient qu'aux vieux garçons son goût pour les grandes mélodies, celles où se confondent en général élégance tourments, il a pensé à toi, supporter lyonnais, pour bâtir la bande-son de tous ces huitièmes de finale aller qui se terminent à 1-1.

Le genre de piécette qui se fout bien de toutes ces lignes de stats censées te prouver que l'OL n'est plus qu'à 90 minutes de la sortie. A Lyon, le foot est trop souvent une affaire de chiffres pour laisser une fois de plus les sentiments se laisser déborder par la froideur des calculs.

Et le sentiment le mieux partagé par les Lyonnais hier soir, c'était le soulagement. Soulagement de ne pas avoir rompu le charme des confrontations face aux Merengue où la défaite n'existe pas. Soulagement de pouvoir entretenir cette fois encore l'illusion que Lyon reste une place forte des soirs d'Europe. Soulagement qui fait dire que l'honneur est sauf et qu'il y a encore, qui sait, un peu de place pour un nouvel exploit.

C'est pas loin d'être non plus la meilleure façon d'exprimer sa foi quand on est un bâtard sensible. Quitte à oublier que ce sentiment a contribué à perdre l'OL dans les mêmes circonstances, une première fois face à Manchester United en 2008, la seconde face au Barça l'année suivante.

Bien sûr, il y en aura toujours quelques-uns pour réfuter la loi des (mauvaises) séries et pour croire coûte que coûte que l'OL conserve toutes ses chances. Pour les autres, il reste cet encouragement de Ron Sexsmith à la résignation indolente : «Love don't stand a ghost of a chance».

- Lambchop -; The Old Gold Shoe

Il faut dire aussi qu'à force de retrouver le Real, l'affaire a eu le temps de virer au rituel bien rôdé. Après tout juste dix minutes de jeu et deux approches pas trop farouches, on croit tenir le signe que la bête noire va même reprendre l'allure du Dark Horse des années 00.

La faute à cette foutue nostalgie entretenue ces derniers jours à coups de rediff' en boucles sur OL TV des belles heures lyonnaises face aux Merengue. On a beau savoir que le retour du Serpent à sonnettes n'est pas au programme de la soirée, il suffit d'un pressing un peu plus sauvage et de relances bien senties pour se remettre à y croire.

Après tout, si même Jérémy Toulalan a eu recours à une guérisseuse nantaise pour en finir avec son blues épais, on est bien en droit d'attendre de JMA qu'il en ait appelé lui aussi au vaudou lyonnais pour ressortir des marais infestés de la Dombes quelques restes du beau jeu enfui.

Bon, le problème avec le vaudou lyonnais, c'est qu'on n'est jamais sûr du résultat. D'ailleurs, pour peu qu'ils aient été convoqués, les esprits ont visiblement préféré ramener le wonderkid Benzema de 2008 plutôt que les airs imparables en 4-3-3 accords de 2005-2006. C'est vrai qu'elle était pas mal cette double accélération-feinte-tir à bout de souffle qui maraboute Lloris.

Si, ce qui est plus probable, les esprits n'ont rien à voir avec tout ça, on pourra toujours dire qu'on était prévenus après toutes ces années passées à annoncer au monde entier qu'on avait un gamin peut-être bien taillé pour le conquérir.

En fait, il ne me reste plus qu'à porter plainte contre le responsable des rediff' d'OL TV.

- Eels -; Dog Face Boy

A défaut de nouveau miracle, l'OL a offert une première mi-temps de très haute intensité. Une belle maîtrise des déplacements en bloc équipe, un maillage resserré au niveau des lignes et ces joueurs qui y mettent tout leur cœur pour abattre le boulot qu'on attend d'eux -; harcèlement, récupération, compensation.

A peu de choses près, une certaine idée qu'on s'est fait du jeu de Puel depuis qu'il est arrivé à Lyon. Du moins, tel qu'on se souvient surtout l'avoir vu pratiqué à Lille. De quoi conclure que les Lyonnais n'ont jamais autant l'âme de Dogues que lorsque l'événement les y contraint.

A moins de voir les choses un peu autrement et de se dire que Puel tient enfin un effectif à son image, où le talent qui fait les joueurs de «classe mondiale» (Houllier) a pu laisser place à une forme de rigueur collective qui elle consacre davantage les grands entraîneurs.

- She & Him -; Gonna Get Without You Now

Quand Lovren est arrivé il y a un an, Bernard Lacombe nous avait mis au parfum avec un premier compliment : «Dejan est très à l'aise techniquement des deux pieds». Avant d'envoyer sa petite remarque vacharde de rigueur : «Il me rappelle Edmilson». Un défenseur que les joueurs de la Ligue des Copains lyonnais ont eu vite fait de situer, eux qui peuvent encore se reprocher mutuellement des «relances à la Edmilson». Du moins ceux qui ont encore en tête ce coup du foulard allumé plein axe sur un joueur de l'Ajax dans un match où une qualification pour les huitièmes était en jeu.

Jusqu'alors, tout ce qu'on avait pour situer Lovren, c'était la liste des clubs intéressés par son profil de belle promesse du foot croate : Tottenham et Chelsea. Ouais, un peu comme pour le jeune Patrick Müller qui avait la cellule recrutement de la Juve sur le dos.

Dans les deux cas, pour Edmilson comme pour Patrick Müller, il avait fallu se montrer patients pour apprécier leur pedigree. Un an pour que l'évangéliste prosélyte ne fasse admirer sa technique au-dessus de la moyenne au milieu de la défense et que le sens de l'anticipation du Suisse n'aille s'épanouir aux côtés de Caçapa.

Sa première année lyonnaise, Lovren l'a d'abord passée à être baladé en défense avec quelques piges au milieu. Pour ensuite entrer dans la valse-hésitation à trois de la défense centrale, avec l'idée que le couple Cris-Diakhaté finirait par s'imposer pour faire la loi. L'idée d'un corps du Cris et de l'infaillibilité d'un Pape plaisait beaucoup à Lacombe.

Sans faire de bruit, c'est Lovren qui est en train de devenir le taulier de la défense lyonnaise. Rien de bien flagrant sur ce match aller. Juste la confirmation depuis une poignée de matchs que le renouvellement des cadres suit son cours dans le chantier de la défense, peut-être l'un des plus délicats ces derniers temps. Et le sentiment qu'il peut y avoir désormais une vie après Cris.

- The Delgados -; Coming In From The Cold

C'est bien beau de tenir le titre de mon premier single. Mais à quoi bon partir à la conquête des charts si je n'ai pas le nom du groupe qui va avec. Dommage que The Delgados soit déjà pris par une bande de popeux mélancoliques comme il doit encore s'en former à Glasgow.

C'est vrai que ce nom claquait. Et puis, c'était l'assurance de faire au moins l'unanimité à Lyon, capitale française des mélodistes classieux. D'autant que la cote d'amour pour Chelito a dû monter d'un cran après sa prise d'assaut de la défense madrilène. Un peu plus et il réalisait cette prophétie qu'un fan de la première heure m'avait envoyée quelques heures plus tôt : «OL-Real ? Un massacre delgadiste !»

D'accord, avec ses séjours longue durée à l'infirmerie, on peut en pincer pour ce candidat permanent à la rédemption express. Ses passages par la cellule de dégrisement n'ont pas valu pour autant à Govou le même genre de ferveur. Sid, on l'aimait bien comme on aime un vieux pote. Chelito lui emporte les cœurs comme seuls les joueurs anachroniques savent le faire.

Un joueur sans allure que l'on apprend à aimer parce que son talent a quelque chose de mystérieux. Un mystère qui n'a pas seulement à voir avec ce regard qui part en biais dès que la lumière s'approche un peu trop près de lui. Non, le mystère des types dont le jeu parle au cortex. Dans un football où les qualités de vitesse et d'impact physique servent à faire le tri parmi les candidats au succès, ces joueurs n'ont pas toujours leur place. La preuve, comme pour deux milieux de son calibre, Gava et Tiago, le corps de Chelito est mis à trop rude épreuve pour ne pas en sortir abîmé.

Pas grave, on continuera de leur garder la seule place qui compte, celle d'attrape-cœurs.

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