OL/PSG - Il pleut aussi des coups durs pour les bâtards

26 avril 2009 à 01:30 OL/PSG - Il pleut aussi des coups durs pour les bâtards

Ces dernières saisons, il m’est régulièrement arrivé d’envier les supporters stéphanois. Non pas à cause de cette affection nostalgique qui continue d’entourer leur club. Pas même pour la fureur qui se dégage certains soirs de match de Geoffroy-Guichard. Non, je leur en voulais à cause de tous ces titres Deep Soul que j’aime tant, où l’on entend des filles désespérées racler en une prise, une seule, une histoire d’amour bien dégueu, où l’on ravale ses larmes après avoir ramassé quelques coups au passage. Il suffisait d’entendre Irma Thomas ou Mitty Collier pour me dire qu’elles chantaient sans doute plus pour une poignée de Foréziens qui, comme elles, ont pu être sonnés à force de voir pleuvoir les mauvais coup et qui continuent d’enfiler, vaille que vaille, un maillot vert chaque samedi.

Depuis hier soir, maintenant qu’il est question de finir la saison à l’abri des regards, quelque part entre la troisième et la quatrième place, je devrais pouvoir faire tourner tous ces disques sur la platine et y trouver à mon tour un écho à ma nouvelle situation du moment, celle de supporter qui s’est mis à encaisser lui aussi de belles saloperies.

La plus belle a quand même consisté à confier aux Parisiens le soin de transformer la chronique de la petite mort lyonnaise en oraison funèbre. De quoi confirmer ce que je pense du PSG – et déjà dit dans un post précédent -, toujours prêt à venir me tourmenter en ramenant à la surface quelques fantômes de mon passé lyonnais (Giuly, Luyindula, Le Guen, Clément). Pour ne rien arranger à l’affaire, j’ai même donné rendez-vous à d’autres gars du crew dans la chaleur du Truskel, du côté de la Bourse. Je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée. Le bar est rempli ras-la-gorge, des supporters parisiens surtout. Ca s’emporte au coup d’envoi comme un étalon en rut à l’idée d’en finir avec ces bâtards de Lyonnais.

Pris dans pareille nasse, avec une entame de match qui sent la fébrilité, il y a de quoi jouer la rengaine nostalgique des belles années où, tu t’en souviens, l’OL claquait en maillot noir et avec son jeu en 4-3-3 accords. La tentation est trop grande pour un supporter lyonnais derrière moi. Le voilà qui convoque tous les ex’ du Dark Horse, le roi Djila, Essien, Malouda et, tiens, même Carew. Avant de sécher quand on lui demande qui peut bien avoir la faveur de Gerland maintenant que tout ça est bien fini. Sans grande conviction, il se prononce pour Toulalan.

C’est vrai qu’un cheap type, c’est ce qu’il y a encore de mieux quand on a besoin d’un héros pour temps de crise. Mais ça ne suffit pas à faire d’une bande de bâtards même inglorious – et sans doute privée de titre cette saison – des losers magnifiques pour lesquels de chics filles se mettent à chanter sur des disques de soul sudiste.

D’accord, avec ce 0-0, les Lyonnais n’ont rien gagné hier soir. Ils ont même perdu dans l’affaire leurs dernières illusions de grand huit. Qu’importe. Au milieu d’un Truskel qui joue les bonbonnières d’un soir et des bilans anticipés de mon voisin, forcément un peu foireux, mieux, dans le turn-over du jour, on a revu le futur de l’OL. Rien que ça.

Comme on pouvait s’y attendre, faut que ça démarre en 4-2-3-1. La surprise, elle vient des quatre types qui sont chargés de l’incarner pour cette fois. C’est au grand Mat’ qu’il revient d’orienter le jeu plein axe. Comme pour toutes les premières, on ne sait trop ce qu’il faut en attendre. A force de tout miser sur sa carcasse pour les piges en défense centrale, on avait oublié le fin technicien. Ses passes mi-longues font merveille, basculant à l’occasion le jeu avec précision. Il remet un peu de patience dans le jeu lyonnais et ne se prive pas pour combiner, avec Pjanic notamment. Comme le prodige de Metz n’a pas encore la caisse pour passer les charges parisiennes, il improvise tout en déviations et autres passes en première intention. C’est trop juste pour y voir la marque du génie. Reste qu’il y a de l’inspiration et toujours ce foutu temps d’avance sur la concurrence qui fait dire que le gamin mérite qu’on lui accorde au moins un strapontin, pourquoi pas côté droit.

Les deux derniers garçons qu’on aimerait voir dans le vent, c’est Clerc et Mounier. Le premier n’a plus rien de l’invité surprise. Il s’est juste contenté de reprendre les affaires là où ils les avaient laissées. On a pu retrouver François dans le rôle de la menace fantôme – le type a priori tellement inoffensif qu’il se fait oublier et réussit à se démarquer comme personne. Toujours orphelin de Govou et avec Pjanic devant lui, cadet pas toujours concerné par les taches défensives, il a manifesté cette assurance qu’on ne lui connaissait plus depuis qu’en deux coups de reins, Michel Bastos et Henry l’avait fait sombré pour ses deux premières titularisations. Faut dire aussi qu’avec Rothen et Armand en face, ça aide sûrement à reprendre un poil de confiance.

De l’autre côté, l’adolescent agité de l’Etoile-sur-Rhône s’est souvenu de quel côté de la ligne de touche déborder pour faire apprécier son goût du crochet. D’accord, on n’est pas encore revenu aux plus belles heures du One + One des saisons Malouda et Abidal. En attendant, Mounier sait comment occuper un couloir et apporter le lot de provocations qui en assurent l’animation. Ce 4-2-3-1 en a besoin s’il ne veut se diluer dans un 4-3-3 souffreteux, pour peu que Juninho s’obstine à foncer plein axe en direction de Benzema dès qu’il s’agit de remonter un ballon.

A moins de tenir à ressentir à son tour coûte que coûte, du plus profond de son âme dirty et bâtarde, le lamento de quelques soul sisters qui savent, elles, ce que c’est que de finir une saison sous les coups.

Pour les curieux, il devrait pleuvoir des titres Deep Soul dans les prochaines heures de ce côté.

Serge Rezza






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