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Regroupés dans un collectif à géographie variable, les OL Dirty Bastards assument seuls contre tous le je-m’en-footisme de Govou comme les méthodes du discours aulassien.

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OL-LOSC, l’éternité et 15 jours

19 octobre 2008 à 17:49 OL-LOSC, l’éternité et 15 jours

On l’avait annoncé la dernière fois : quinze jours devaient suffire à sortir de la mauvaise soirée rennaise. On était d’autant plus optimistes que, sans Cabaye, ni Balmont, le milieu lillois avait tout de suite moins la gueule de l’enragé de service. De quoi retrouver certaines habitudes des lendemains de trêve, quand les matchs peuvent se gagner à l’économie, avec une classe encore plus moyenne, la tête à mardi soir, en Ligue des Champions.

Ce qu’on n’avait pas franchement prévu, c’est l’arrivée entre-temps de la crise. L’action d’OL Groupe qui dévisse, les plans d’OL Land qu’on range discrètement dans les tiroirs et tout le projet qu’on remet à après-demain – pour 2013 aux dernières nouvelles -, les communiqués qui se succèdent pour annoncer que, non, Gerland continue à faire le plein (ou presque), que, non, les kids raffolent toujours autant des maillots fluos.

On rassure son monde comme on peut. Tant que les bilans comptables restent à peu près présentables. On sent bien malgré tout qu’il va falloir changer de discours. Trouver une nouvelle méthode pour éviter d’avoir à la jouer grande repentance. Souvenez-vous, il y a un peu de plus quinze jours, on célébrait encore le triomphe des entrepreneurs et des manageurs du football comme Puel.

Quinze jours, une éternité. D’autant que, lorsqu’on n’a plus que la classe très moyenne comme dernier rempart face au spectre de la crise, il y a cette fois plus de chances de ramasser. Voilà pourquoi au lieu d’entendre Puel répondre un bon millier de fois sur les retrouvailles avec ses Dogues d’hier, on aurait préféré en savoir un peu plus sur cette nouvelle compo’ qui respire davantage le jeu à l’économie que les projets de jeu promis depuis le début de saison.

De toute évidence, le coup foireux du 4-2-4 de Rennes a quelque chose à voir avec ce retour au 4-3-3 ramassé et sommaire. De quoi ramener à la surface quelques vieux souvenirs. Ceux de Lacombe guidant ce vieux supporter aveugle vers le banc lyonnais ou ceux de Tony la Mascotte agitant son drapeau devant la tribune Jean Bouin.

Autant de souvenirs qui rappellent le Boring Lyon de ces années-là, avec sa défense centrale lourde et physique, son ramassis de joueurs laborieux au milieu et toujours ces mêmes élans binaires au moment de penser à l’offensive : contre / centre. Pas pour rien qu’on a précipité le retour de Keita et Grosso dans ce nouveau onze de départ.

A gérer son équipe non plus comme un entrepreneur du foot, mais comme un honnête père de famille, à vouloir la jouer trop prévoyant, Puel en a oublié peut-être le plus prévisible : c’est le LOSC qui vient ce soir et, dans l’art de jouer « chiant », les Lillois sont passés maîtres.

Les dix premières minutes ne montrent rien d’autre. Les Dogues se contentent de réciter la partition du pressing intenable apprise sous Puel, avec d’envoyer Michel Bastos et Obraniak balancer deux-trois centres. C’est simple. Ça se tient d’autant plus que les deux centraux lyonnais du jour (Cris + Mensah), en bons barbouzes des surfaces, multiplient les courses affolées dès que le LOSC manœuvre en contre. Il faut alors s’en remettre aux claquettes de Lloris et aux placements approximatifs de De Melo dans la surface pour ne pas avoir à souper du Pagis cette fois encore.

Avec une possession de balle à sens unique - des stats qui tournent à 70 % pour l’OL sur les premières vingt minutes -, le milieu lyonnais reste pour l’instant aux abonnés absents. Tout occupé à jouer le récupérateur en solo, Makoun ne va pas assurer à la relance. Juninho, lui, patiente en attendant les premiers coups de pied arrêtés. Reste donc Källström pour donner le rythme à ce 4-3-3 très old school.

Il faut comprendre l’état de désarroi dans lequel peut alors se trouver tout supporter au moment précis où il comprend qu’il faudra se satisfaire du service minimum cette fois. Déjà que la soirée est mal partie avec Balbir qui braille toujours aussi fort sur le 1-0 lillois, que le cours du picon s’affole lui aussi, loin de la rue de Paradis…

Keita et Ederson peuvent bien permuter pour tromper l’ennui, l’OL ne sort pas de ce jeu qui se limite aux courses énergiques et foutraques de gars de la trempe de Källström. Avec lui au moins, le milieu lyonnais trouve une réponse aux lois du physique lillois. Surtout, il évite les dépenses inutiles, que ce soit dans le jeu en première intention, la formation de beaux triangles, le geste en rupture. Idéal pour temps de crise.

On espère bien sûr repasser dès mardi soir pour retrouver ce jeu après lequel l’OL court depuis deux ans et qui lui a valu d’être qualifié de « Dark Horse » par la presse britannique, après certains soirs de Ligue des Champions. Là encore, c’était il y a une éternité.


Serge Rezza






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