OL/Kazan – Bonus Tracks List
OL/Kazan – Bonus Tracks List
18/08/2011
Salut les kids. Comme vous pouvez le constater, je ne peux pas tout faire, écouter plein de disques et vous parler de ce premier match européen de la saison qui vous a tellement plu. Alors pour me racheter, je vous donne plein d'idées de chansons géniales à composer dans le garage du paternel. Il ne vous restera plus qu'à trouver les copains qui voudront bien rejoindre ce groupe de rock que vous aurez le bon goût de nommer The Delvins. Faites moi confiance, c'est sur ce genre de détail que se joue la conquête du monde.
Découvrez la playlist OL/Kazan - Bonus Tracks List avec Bass Drum of Death
The Strokes -; The Modern Age
Is This It ? n'a jamais figuré parmi mes disques du moment. Encore moins en 2001. La faute à ces papiers à rallonges qui annonçaient le retour d'un rock sec et tendu en jeans slim et Converse, à ces tubes qui deviennent hymnes du moment en moins de temps qu'il n'en faut pour voir surgir à chaque coin de rue des clones plus ou moins officiels de Casablancas, à ces soirées où Last Nite se retrouve servi entre un morceau de ska festif et un autre de néo-chanson française avec ses instruments en bois et la gueule qui va avec. Vous voilà désormais fixés : l'été 2001 est bien ce moment précis où je suis devenu un has bene.
Comme d'habitude, il a fallu qu'on m'annonce la disparition toute proche des Strokes pour que Is This It ? se mette à tourner sur ma platine, un rien intrigué d'écouter un de ces albums à côté desquels j'ai préféré passer et qui comptent depuis parmi les monuments du rock'n'roll. Simple retour des choses qui n'a toutefois jamais remis en cause la place toute particulière que je continue d'accorder à la discographie de Pavement en général et à Range Life en particulier -; que les vendeurs de chez Ikea qui lisent ce blog soient rassurés !
Je ne suis pas loin d'avoir le même rapport avec l'OL des années 00. Non pas que la domination sans partage l'espace d'une décennie ait pu me gêner et encore moins les belles séquences qui ont pu la rythmer. Disons que ce n'est qu'à partir du moment où cette période a pris des allures de paradis perdu que je me suis mis à vouloir traquer match après match le moindre signe annonçant un retour en grand du jeu en 4-3-3. Jusqu'à ce qu'une rediff' sur OLTV des parties héroïques du Dark Horse des années Le Guen et Houllier finisse par ruiner les quelques espoirs que je pouvais alimenter à l'occasion.
Pour la première fois depuis longtemps, au moins depuis deux saisons, il y a comme un air de reprise des affaires. Je laisserai le soin à d'autres de s'emporter autour des bienfaits de l'effet Garde. Malgré ses fulgurances, cet OL est encore trop accroché et souvent accrocheur pour ne pas laisser entrevoir des maladresses pas vraiment compatibles avec l'idée qu'on se fait d'une équipe qui domine vraiment son sujet -; et ses adversaires dans le même temps.
Reste le plus important, le bonheur de revoir certaines séquences oubliées, ce souci permanent du mouvement, ces relances qui fusent vers l'avant à la moindre récupération, ces couloirs qui coulissent et, peut-être plus fort que tout le reste, ces grands renversements qui arrivent à destination. Quelque chose qui renvoie aussi à l'histoire de cette équipe, rincée il y a encore deux mois à force de donner dans le pressing parfois brûlant, trop souvent pesant, et qui fait renaître sous nos yeux quelque chose de cette esthétique qu'on avait fini par renvoyer au rang des souvenirs. Bien au-delà du seul score, les gars tiennent là leur vraie victoire, dans cette prise de risques en un minimum de touches de balles qui sait provoquer un maximum d'émotion.
Teenage Fanclub -; Live With The Seasons
La mémoire dure. Celle qui vous tient en retrait de l'enthousiasme qui a résonné à tout va à la fin de ce premier round. D'accord, la prestation a de quoi réjouir, surtout pour qui veut à tout prix pratiquer la comparaison avec la dernière saison duraille des Lyonnais. A ce petit jeu, l'effet Garde a vite fait de devenir spectaculaire.
Pour peu qu'on veuille faire comme les chics types du Teenage Fanclub, à vivre coûte que coûte avec les saisons, ne serait que les deux dernières de l'OL, on peut revenir sur cette façon de voir les choses. Et affirmer que les années Puel ne se réduisent pas à la seule dissolution d'une certaine idée du jeu à la lyonnaise qu'on a bien voulu décréter au plus fort du blues. Pour ceux qui sont prêts à se convaincre que cette équipe reviendrait de nulle part au niveau des intentions de jeu et de la prise de risques, je tiens à votre disposition une VHS d'un Sochaux-OL (0-2) d'il y a à peine six mois, où l'on voit onze Lyonnais envoyer une jolie leçon de choses façon Le 4-3-3 ou le mouvement permanent expliqué aux Lionceaux.
Pour les derniers irréductibles persuadés que Puel est bien le grand fossoyeur de l'OL et de sa domination passée, je veux juste dire trois choses. La première, je ne peux plus rien pour vous, les gars. La deuxième, allez lire le blog de Pierre Ménès. La troisième, faites avant ça un dernier effort. Rappelez-vous combien vous étiez heureux, jeunes et pleins d'espoir la dernière fois que l'OL a participé à un tour préliminaire de Ligue des Champions. C'était à cette même période de l'année et le 4-3-3 envoyé par Puel promettait de plier bien plus qu'une bande de Mauves belges à la peine. Pjanic en meneur tête haute et passes éclairs, Bastos et Licha démonteurs modèles des défenses adverses, la Toule et Mak II qui tiennent en laisse tout le milieu : ce mois d'août 2009, le jeu lyonnais avait déjà un futur. Un été et un automne plus tard, les prophéties d'un retour taille patron de l'OL n'étaient plus qu'un lointain souvenir et, un soir de triste déroute face à Montpellier, JMA en était arrivé à la conclusion qu'il valait encore mieux tout lâcher. Ne restait plus alors qu'à donner un nom au mal qui allait ronger l'OL : Claude Puel.
Bass Drum Of Death -; Young Pros
Hier encore, je pensais que la saison allait être longue. Ne plus pouvoir la ramener avec mes histoires de classe moyenne, de sorties en famille au Buffalo Grill de Limonest, d'hymnes à la Stephen Malkmus qui s'écrivent chaque match devant Jean-Bouin. La faute à ce départ aussi soudain qu'inattendu de Jérémy Toulalan qui menaçait de remettre en cause jusqu'à l'existence même de ce blog.
A l'issue des matchs de préparation, tout me prouvait que le milieu lyonnais survivrait difficilement à cette disparition de la classe moyenne. Gonalons ne ferait pas le poids pour assurer la récup'. A la limite de la brutalité dans ses interventions défensives, trop confus au moment d'envoyer du dribble de dégagement, jusqu'à ses relances suffisamment incertaines pour donner dans la perte de balle à haut risque.
Tout ça, c'était avant qu'un changement brutal surgisse dans ma vie : oublier Toulalan. Mardi soir, je n'ai pas pensé une seule fois à Jérémy, ses tempes argentées, ses chansons de Grégoire dans le iPod, ses détours par la Cafét' Leclerc, ses tacles glissés et ses tirs qui viennent s'écraser sur un poteau. A sa place ou presque, Max a fait comme s'il avait toujours été là : jeu long sec et précis, celui-là même que Domenech réclamait à Jérémy en Afrique du Sud, relances toujours envoyées vers l'avant (90 % de passes réussies) et pile ce qu'il faut de vice pour que le moindre contre n'atteigne ce point où il devient dangereux.
Jusque-là, Maxime Gonalons n'était qu'un jeune pro. Un genre de gars du coin poli et discret à souhait qui se contentait d'envoyer du « Monsieur » à Toulalan. Il peut désormais réaliser la prophétie lâchée par le roi Djila un soir de divine surprise du côté de Santiago Bernabeu : « C'est qui le petit, là ? Gonalons ? Il est bon, lui. Il fait mal. » La classe moyenne n'a peut-être pas complètement disparue. Ce blog peut encore continuer.
The Pastels -; Truck Train Tractor
Gomis, le camion. On savait qu'il ferait des merveilles dos au but pour déménager les abords et jouer les relais précieux. Il ne fallait pas s'attendre à une partie de plaisir face à des gars de l'épaisseur de Bochetti. Pourtant, il a fait mieux que ça, envoyant les chevaux sur une percée en double accélération qui aurait pu rejoindre certaines actions d'anthologie, tel ce scalp de Carew sur Canavaro ou la danse à la tétine de Fred au milieu de la défense du PSV. Michel Bastos en a décidé autrement. Pas grave. Gomis peut rester un des secrets les mieux gardés parmi les attaquants de L1.
Lisandro, la loco. Dans un 4-4-2 monté pour lui et avec ses 11 buts lors de ses 13 dernières apparitions, il était annoncé dans le rôle de celui qui peut tout déclencher. Avec le brassard, il a compris qu'il pouvait être bien plus que ça. Quelque chose comme l'âme d'une équipe.
Källström, le tracteur. C'est le surnom que se traîne le Suédois depuis quelques saisons. La faute à cette apparente lenteur qui en fait une sorte de meilleur 12ème homme du championnat au début de chaque saison, avant de réussir à frayer on ne sait comment dans la peau d'un titulaire indiscutable. Pour en arriver là, Källström n'a pas seulement réussi à faire valoir son intelligence de jeu au-dessus de la moyenne, ni même cet art de la réplique décalée qu'il sait envoyer à chaque interview de bord du terrain. Non, il lui a juste fallu un peu plus d'espace que d'habitude pour assurer quelques-uns des plus beaux renversements de jeu de la partie et s'imposer comme un joueur incontournable pour 4-4-2 en vogue.
The Feelies -; Should Be Gone
Deux saisons qu'on entend dire que Bastos reçoit des coups de fil tout l'été l'invitant à rejoindre les hommes du Mou ou à redonner un peu de sa splendeur perdue à la Vieille Dame. Deux saisons que Bastos finit par reprendre le chemin de Tola Vologe pour esquisser ce qui ressemble à chaque fois à sa meilleure saison lyonnaise. Du côté de l'offensive ou replacé en latéral en seconde période, le plus grand Michel de l'histoire de l'OL a prouvé qu'il savait pratiquer le one+one à merveille, presque à lui tout seul.
Si cette trajectoire ne vous rappelle rien, appelez le standard de l'OGC Nice de ma part et demandez François Clerc. Si vous savez vous montrer suffisamment persuasif, vous pourrez l'entendre vous avouer qu'une grande partie de sa carrière, il la doit à un phénomène du même calibre qui n'a cessé de jouer le coup des adieux chaque été avant d'assurer sa meilleure saison dans la foulée. Et si vous lui présentez le cas Bastos, il vous dira peut-être lui aussi qu'il y a du Sid là-dedans. Vous pourrez alors interpréter ce tir de biais pour but ouvert comme le secret hommage du Brésilien qui manquait tant à celui qui ne pensait pas aller aussi loin.
Serge Rezza