OL / Fiorentina - Bonus Track List
18 septembre 2008 à 16:54Les soirées de Ligue des Champions peuvent parfois user les cordes vocales des supporters de l’insupportable. Ne leur restent alors que leurs yeux pour découvrir critiques, accusations et débuts de polémiques le lendemain matin dans la presse. Et leurs oreilles pour écouter la Bonus Tracks List des Bâtards, forcément sensibles quand on a la Viola pour adversaire.
Get Well Soon – Prelude
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On ne pouvait reprendre les affaires qu’avec ce Prélude à la nouvelle saison du fauve. Comme me le faisait remarquer ce matin Val’ – pas l’éditorialiste de Charlie Hebdo qui vomit le foot, hein… -, on a pris l’habitude de dire que l’entrée de l’OL en Ligue des Champions donnait la température de la saison à venir. Je ne sais pas si les maillots fluos ou le clin d’œil de Juni à Benz’ y sont pour quelque chose, mais ses observations ont réussi à faire plus souvent mouche que Mounier (son idole) face au but.
Pour lui, le premier constat de la soirée vient mettre à mal la rengaine la plus souvent entendue ces dernières semaines, celle de la sérénité retrouvée en défense. Peut-être que cette histoire-là tenait davantage au niveau consternant des premières équipes de L1 rencontrées jusque-là (Toulouse, Lorient, Grenoble, Saint-Etienne) qu’aux performances du seul Bodmer, à qui on ne cesse de promettre un destin en bleu à condition de jouer en Blanc. Si on pensait tenir avec la méforme de Cris le responsable des défaillances défensives de samedi dernier, hier soir, les lacunes du grand blond et la soudaine réapparition du Boumsong de Newcastle ont rappelé que le chantier de la défense restait toujours d’actualité.
Toujours dans le prolongement du dernier week-end de Ligue 1, Val’ a la conviction que, gainé dans son 4-3-3 historique, l’OL ne tient plus vraiment son milieu. La faute sans doute à un Mak II qui n’a pas été à la hauteur de son statut de meilleur joueur lyonnais du début de saison. Ou alors à un Toulalan neurasthénique quand Puel l’oblige à limiter sa débauche de courses et de tacles. En se défaisant du Camerounais en seconde période et en passant en 4-4-2, comme samedi dernier, l’OL a enfin retrouvé ces intervalles dans l’axe dont sa colonne vertébrale (Bodmer, Toulalan, Juni, Benzema) a tellement besoin pour reprendre du poil de la bête.
Reste à savoir maintenant si ce système sonnera le glas du jeu en 4-3-3 accords ou s’il n’est qu’un nouveau prélude à ce 4-5-1 aperçu lors de la pré-saison, roi des systèmes quand il s’agit de presser aux 35 mètres et de se projeter en une-deux relances aux abords de la surface adverse. Pour Val’, pas de doute, la messe est dite : « 4-3-3 is dead… »
Pulp – Dogs Are Everywhere
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« Des fois, je m’étonne de ce dogue qui est en moi ». Le système est encore en rodage – et c’est ce qui fait son charme pour la suite de la saison -, mais l’esprit canin est bien là. A la reprise, on se demandait pourtant si Puel saurait en imposer à ce groupe qui venait de passer sa saison à narguer Perrin du haut de ses titres à répétition. Les cadors du vestiaire lyonnais ne se laisseraient pas domestiquer avec la même docilité que les garçons bien élevés du LOSC. A défaut d’avoir perdu de leur assurance, les Lyonnais ont malgré tout démontré en quatre jours qu’ils pouvaient en avoir eux aussi, du chien. La paire symbole de ce nouvel état d’esprit, Makou-Toulalan, peut bien être décevante hier soir, on voit bien sur d’autres lignes que la greffe Puel a pris. C’est Benzema qui redescend pour charcler dans les mollets adverses, Källström qui tacle avec la même énergie que Jérémy, Bodmer qui se découvre match après match une âme de défenseur, Fred qui multiplie les courses pour mettre sous pression la moindre relance de la défense florentine. Vous pouvez faire ensuite entrer Ederson, Piquionne et l’improbable Mounier, l’intensité ne redescendra toujours pas. C’est même là que toute la Viola doit serrer les dents pendant un quart d’heure, bousculée par ce refrain de jeunesse bien agité et signé Jarvis Cocker : « Yeah, Dogues are everywhere ».
Lykke Li – I’m Good, I’m Gone
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Samedi dernier, en voyant Loïc Rémy obliger Cris à baisser sa garde, on se disait que certains devaient nourrir quelques regrets du côté de la cellule recrutement. Comme si on ne s’était jamais vraiment remis de cette étrange pioche estivale, avec l’arrivée de Frédéric Piquionne. Et puis hier soir, on a fini par comprendre. Calé quelque part entre le Bon (Benzema) et les brutes du milieu, Piquionne est venu pour endosser le rôle du truand. Après avoir envoyé la balle sur la main de Hognon face à Nice, le voilà qui remet ça hier soir en plantant ce but quand Zauri est encore à terre. Là où Govou stoppe net sa course, lui vient allumer Frey d’un plat du pied peinard. Depuis le week-end dernier, Internet et la presse en général semblent avoir tranché au sujet des Lyonnais, sacrés plus belle bande de dirty bâtards du moment. Un titre que Piquionne semble bien décidé à incarner et à assumer sans la moindre ambiguïté et qui pourrait bien lui permettre de se faire une place à part dans le cœur de certains supporters puisque. Comme le chante Lykke la Suédoise, si t’es un bon (bâtard), c’est que t’es Gone.
Cornershop – Sleep On The Left Side
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Il faut que l’OL ait bien roupillé sur son côté gauche contre la Fiorentina pour qu’on se mette à regretter l’absence de Grosso. Oui, Fabio, coupable de touts les maux de la terre la saison passée et qui manque tant à ce couloir gauche, comme orphelin depuis qu’il n’y est plus. Benzema peut se démener tant qu’il peut en première période, on voit bien qu’il n’est pas fait pour coulisser dans ce One + One désormais légendaire qui a fait les belles heures du 4-3-3 à la lyonnaise. Du coup, les Florentins ont pu en prendre leurs aises et envoyer deux buts depuis la gauche, rappelant au passage que, oui, il manque quand même un peu Grosso. Sans doute parce que ses premières prestations sentaient une sérénité qu’on ne lui connaissait pas, celle du type qui a compris que Puel a bien prévu de lui dégager tout le couloir pour qu’il puisse s’en donner à cœur-joie question montées, centres et petites combinaisons en attaque. Un rôle sur mesure, celui du grand latéral chargé de réveiller son côté gauche pendant que d’autres (Mak II, Toulalan, Bodmer) s’affairent pour orchestrer les différents replis défensifs. Une réussite jusque-là totale puisqu’avec Grosso à son poste, l’arrière-garde lyonnaise n’a pas encaissé un but de la saison. Non, non, on ne rêve pas…
Sonic Youth – Teenage Riot
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Il fallait bien trouver un sens à ce maillot fluo de Ligue des Champions qui vient prendre la place du noir impeccable des dernières saisons. Un choix esthétique qui déroute tellement qu’il oblige à appeler Sonic Youth à la rescousse. Les kids avaient déjà un hymne pour mener leur révolte indolente grâce à la vieille garde new-yorkaise. Ils ont maintenant un maillot pour la continuer, avec un gros n°10 bleu dans le dos.