Menu:

Présentation

Regroupés dans un collectif à géographie variable, les OL Dirty Bastards assument seuls contre tous le je-m’en-footisme de Govou comme les méthodes du discours aulassien.

Contact

Les autres blogs sur sofoot.com

OL/Bayern - Bonus Tracks List

13 décembre 2008 à 14:52

Trois jours après le succès du Bayern à Gerland et avant de retrouver la Ligue 1 contre l’OM, on aurait pu se contenter de reprendre quelques refrains entendus ici ou là. Une fois de plus, on préfèrera l’exigence de cinq titres qui sortent de sentiers battus, histoire de rappeler qu’on ne connaît pas encore la chanson avec cet OL-là.

Neil Young – Far From Home


Découvrez Neil Young !

J’aime bien Duluc. Le papier toujours impeccable avant chaque soirée de Ligue des Champions. Cette fois, comme l’occasion s’y prête, il a décidé de mêler un peu du folklore de la fête des lumières à l’histoire qui doit se jouer ce mercredi soir. Un début d’essoufflement en Ligue 1 et la menace ribéryste suffisent à rallumer loupiottes et à donner des allures de « cathédrale » à Gerland , dont les chœurs sont visiblement tout près de retenir leur souffle.

Une fois ramené dans le chœur en question, côté Nord, on ne perçoit pas la moindre retenue. Au contraire, ce soir, on est décidé à battre la mesure bien plus fort que ce que promet le papier de Duluc. Chauffé à blanc, le public compte bien prendre à la gorge les Bavarois, ces autres compagnons de l’insupportable, tout droit sortis de leurs pavillons cossus du Sud de l’Allemagne, comme on arrive ici des lotissements proprets de la Plaine de l’Ain. D’ailleurs, au-delà de leur domination sur leurs championnats respectifs, c’est plus sûrement du côté de leurs supporters qu’il faudrait situer cette impression d’intimité qui semble animer les échanges entre la PME d’Aulas et l’institution baviériste.

En attendant, une chose est sûre, le public lyonnais se sent moins à la messe qu’à la maison ce soir à Gerland. Une maison où l’on peut toujours (b)railler et où on aura toujours plus chaud que dans n’importe quelle cathédrale. Où, surtout, on prendra un malin plaisir à patauger les pieds dans la gadoue, comme si les habitudes prises dans le vieux stade de Tony Garnier, avec ces virages découverts, remontaient soudainement à la surface.

De retour dans ce bercail-là, on veut bien croire que la maison de Gerland paraisse plus lointaine depuis la tribune de presse…

Jimmy Scott – Am I Wrong


Découvrez Jimmy Scott !

Klose plante un troisième but pour le Bayern. Sa dernière dédicace de la soirée, la main qui tape sur le cœur, elle est pour Chérif Ghemmour. C’est le moins qu’il puisse faire, tant le papier d’avant-match annonçait la perte en eaux troubles du Koursk jaune fluo.

Bien entendu, ce troisième but comme le papier d’avant-match ont su me glacer comme il faut. Moi qui voyais dans la défaite de samedi dernier à Nantes la preuve que l’OL misait tout sur ce dernier match de Ligue des Champions. C’était oublier quel joueur kolossal reste Ribéry quand son corps le permet et combien Klose doit être le genre d’attaquant à faire pâlir d’envie Bernard Lacombe.

C’est net et sans bavure au vu du score de la première mi-temps. Mais sans doute moins évident qu’il n’y paraît vu des tribunes. Ne serait-ce que pour ce pressing étouffant à souhait d’entrée de match, duquel on voit surgir Ederson.

Technique et physique en diable, on ne l’attend pas à ce niveau dans cette alternance toute juninhesque entre pressing viril et partition soliste. Sans doute qu’il ne s’y attendait pas lui non plus, déclarant la veille dans Le Progrès qu’il était moins fait pour jouer le bon gars du milieu que pour assurer le soutien à l’attaquent. Il s’en faut d’ailleurs d’un poteau pour qu’il remette à plus tard les sombres prédictions à Chérif.

Un peu comme le tandem Mounier / Benzema, invités pour la première fois depuis la venue de Nancy à réciter leur numéro d’enfants terribles sur le côté gauche dès le coup d’envoi du 0-1. Contrairement aux fois précédentes, c’est Karim qui joue cette fois le dark side of the Moun’, manquant le cadre pour un retard coupable.

Benzema incapable de passer son coup de rein dévastateur, ne reste donc plus qu’à s’en remettre aux coups de pied arrêté. Il y en a dans cette première mi-temps, mais l’exercice vire au jeu de massacre. A force de se reposer sur le seul Juni et en ne désignant pas de remplaçant en chef pour assurer l’intérim, il devient soudain plus difficile de combler son déficit de veine et de talent face aux déferlantes bavaroises, côté gauche.

Plus qu’une mi-temps. De quoi ramener ce match à une situation moins sévère, un peu plus normale. Guère plus d’un but d’écart, c’est toujours plus rassurant que la digue qui lâche et ramasse un 6-0. Mais ça ne suffit toujours pas à donner complètement tort aux papiers de Ghemmour sur l’OL en Ligue des Champions.

NTM – C’est Clair


Découvrez Suprême NTM !

Difficile de garder la ligne Clerc. C’est du moins l’amer constat qu’a dû faire jeudi matin Gassama. Ca semblait pourtant bien parti pour lui. Avant que Ribéry ne s’en mêle et sonne en trois temps, trois mouvements Lamine des mauvais jours.

On était jusque-là disposé à voir se reproduire ce drôle de miracle, celui du latéral droit sorti de nulle part ou presque et balancé par défaut dans le jeu lyonnais un soir de Ligue des Champions. Ce miracle qu’on a vécu une première fois avec Clerc, lorsqu’Houllier l’aligne contre le Real, alors que sa carrière de jeune pro est déjà bien entamée. Et à deux doigts de prendre l’eau – il revient tout juste d’un prêt à Toulouse pendant lequel il a le plus souvent goûté aux après-midis de CFA.

Pour que ce sauvetage de carrière opère, il a fallu que Clerc fasse un choix, qu’il définisse notamment ce qui sera sa ligne de défense. Minimaliste, forcément. Se mettre au diapason du jeu en première intention sur les relances et jouer le placement de jeune père de famille. Clerc se contente donc de rester dans sa zone, de presser de façon presque lâche pour ne pas avoir à se jeter et, surtout, attend le soutien de Govou.

Même s’il doit une grande partie de ce sauvetage express à Sid, on soulignera qu’il a aussi fallu du talent à Clerc pour trouver sa ligne et s’y tenir. Celle du joueur qu’on pensait un peu juste et qui se met à jouer juste.

Bien entendu, à peine sorti du centre de formation lyonnais, on veut bien croire que Gassama ait d’autres ambitions que de s’en remettre à cette ligne de conduite pour a suite de sa carrière. Du coup, plutôt que de laisser se perdre un peu plus, Puel a préféré le sortir en seconde période pour réduire le côté droit lyonnais à sa plus simple expression, avec Govou latéral.

Un placement tellement évident qu’il avait jusqu’à présent échappé à pas mal de monde. Pas à Method en tout cas, qui regrettait il y a deux saisons que Houllier ne tente pas le coup, une fois la saison en Ligue 1 pliée, pour voir, «  pour le fun ». Une intuition surgie d’une discussion entre deux verres qui compte depuis jeudi matin son paquet de convertis, parmi lesquels on a déjà repéré Duluc. Autant se préparer pour la suite de la saison : sur le côté, pas devant mais par derrière, le nouveau Saint Sidney Style, c’est Clerc !

Fleet Foxes – He Doesn’t Know Why


Découvrez Fleet Foxes !

Les tirages possible* du huitième du 19 décembre prochain viennent confirmer l’idée que cette équipe lyonnaise risque de se retrouver confrontée aux mêmes limites que la saison passée. Pour peu que le jeu des probabilités soit respecté et que la menace Barça se concrétise, Puel devra se résoudre comme Perrin la saison passée à la nécessité de limiter ses ambitions de jeu.

L’enseignement tiré après ce premier tour est maintenant clair pour beaucoup. On a lu et entendu que l’OL manquait de certitudes défensives , ce qui devrait logiquement ramener le 4-2-3-1 capable de danser en 4-4-2 à un 4-5-1 plus compact, plus prudent aussi. De quoi faire un petit tour de plus et puis s’en va entre fin février et début mars.

Au regard des blessures en chaîne qui l’accablent et des intérims qui se prolongent, la défense n’est peut-être pas celle qui inquiète le plus en vue d’un éventuel gros tirage. Le cœur du jeu lyonnais reste son milieu. Un milieu qui, en début de saison, promettait de retrouver la grosse caisse, la densité et l’intelligence connues sous le règne du roi Djila.

Alors qu’on l’attendait dans ce registre, Mak II est de nouveau resté sur courant alternatif mercredi dernier. Souvent largué dans ses placements, parfois loin du jeu, ne profitant que trop rarement des temps forts de son équipe pour provoquer le surnombre aux abords de la surface, il n’a pas apporté ce supplément physique et tactique dont le milieu lyonnais a tant besoin.

Pour l’instant, le niveau Mak II laisse entendre que la seule possibilité de s’en sortir à Lyon consiste à s’en remettre aux jolis miracles de Benzema. Si vous voulez continuer à y croire, allez-y. Du côté des Dirty Bâtards, on préfèrera à d’hypothétiques miracles le retour d’un milieu moins inconstant. C’est à ce prix que l’OL aura à nouveau son mot à dire sur la scène européenne, deux ans après cette victoire de la Roma qui avait douché pas mal d’illusion et dont les Fleet Foxes ont dû eux aussi se nourrir pour rallier les supporters lyonnais à leurs chants célestes : « You don’t say a single word of your last two years / Well you will be, you’ve reached the frontier »

*Barcelone, Manchester United, Liverpool, Juventus, AS Roma, FC Porto, Panathinaïkos

The Wave Pictures – January And December


Découvrez The Wave Pictures !

Quand les choses tournent mal comme au cours de cette première mi-temps contre le Bayern, le public lyonnais en reste à ce qu’il sait faire le mieux : la dérision plutôt que la pluie de sifflets et d’insultes dans l’instant.

Bien sûr, la critique vacharde a ses bons clients qu’elle ne lâche jamais, quitte parfois à virer à l’acharnement. L’an passé par exemple, à la même période, c’est Perrin qui s’en prenait plein la tête. Cette saison, avec un bilan un brin moins flatteur, Puel est lui complètement épargné. On serait presque prêt à parier que ce sera sans doute le cas pour longtemps encore.

A première vue, ce traitement de faveur a de quoi étonner. Pour qui fréquente le public lyonnais depuis au moins deux décennies, on sait que la préférence va d’abord à un certain esthétisme plutôt qu’au pressing presque rigoriste incarné par Puel.

Ne s’embarrassant toujours pas de la moindre contrariété, Govou a lui aussi joué les convertis à cette gestion des hommes et à ce système de jeu d’apparence plus austère. Pile un an après avoir évoqué le plaisir de jouer direct aux côtés de Benzema et de Ben Arfa, le voilà qui explique préférer le sale boulot que lui donne Puel. Et le turn-over(dose) avec ses invités-surprises (Mounier mercredi dernier), ça doit bien le gonfler un peu Sid, non ? Même pas.

On en revient alors à cette idée qui a accompagne l’arrivée de Puel sur les bords du Rhône cette saison. Cet objectif d’amener les joueurs et le projet tactique à maturation pour le printemps prochain. Avec un effectif à la classe trop moyenne, l’OL n’a de toute évidence pas d’autre choix que de s’en remettre à cette série d’expérimentations de joueurs, de systèmes, de situations pour espérer s’en sortir en Ligue des Champions.

Ce laboratoire à ciel ouvert, on le situait jusque-là assez loin de Lyon, plutôt du côté des rives de la Mersey ; dans le cerveau de Benitez pour être plus précis. C’est en tout cas ce qu’on a retenu de cette interview d’une rare densité livrée par le coach liverpuldien dans le dernier So Foot. Sous influence Sacchi – décidément, on y revient… - , Rafa explique comment il passe son temps à multiplier les expériences avec ses joueurs pour trouver le bon équilibre. Pour s’en convaincre, il suffira de regarder à nouveau Liverpool jouer entre décembre et janvier, ce deux semaines et quelques où les Reds s’appliquent à respecter les consignes qu’ils conserveront pour le reste de la saison.

Une fois l’émoi du sommet contre l’OM passé, on attendra donc avec impatience la reprise de janvier pour voir si Gerland et Govou, son héraut, ont eu raison de faire confiance à ce tournant de la rigueur établi par Puel.

Serge Rezza